Mise au point de la rédaction du Monde diplomatique

Un certain nombre de textes circulent sur Internet liant la démission d’Alain Gresh et de Dominique Vidal d

lundi 20 mars 2006

Un certain nombre de textes circulent sur Internet liant la démission d’Alain Gresh et de Dominique Vidal de leur poste de rédacteur en chef et de rédacteur en chef adjoint à une « inflexion » de la ligne du journal vers des positions plus proches de celles du gouvernement israélien. Une telle interprétation est ridicule.

L’intérêt de notre mensuel pour le Proche-Orient et le conflit israélo-arabe est ancien. Il s’est traduit par une multitude de textes, reflétant des positions parfois diverses, mais défendant toujours la nécessité d’une solution comprenant la création d’un Etat palestinien. Nous avons donné la parole à de nombreux responsables palestiniens et israéliens, ainsi qu’à des intellectuels tels qu’Edward Said, Elie Barnavi, Pierre Vidal-Naquet, Maxime Rodinson, Mattitiyahu Peled, Mahmoud Darwich, Daniel Barenboïm, Noam Chomsky et bien d’autres. Tout en soutenant les accords d’Oslo, nous avons montré très tôt leurs limites, dues surtout à l’interprétation qu’en faisaient les gouvernements israéliens successifs.

Nous avons aussi dénoncé fermement la répression menée par les forces d’occupation contre les Palestiniens, tout en condamnant les attentats qui frappaient la population civile israélienne. Nous avons également, à contre-courant, montré que le gouvernement israélien, avec sa politique de colonisation et son refus d’accepter un retrait de tous les territoires occupés en 1967, portait la responsabilité essentielle de l’échec du processus d’Oslo - une thèse qui est aujourd’hui admise par la plupart des recherches faites sur le sommet de Camp David de juillet 2000.

Nous restons des partisans convaincus de la paix au Proche-Orient fondée sur la création d’un Etat palestinien indépendant et viable, avec Jérusalem-Est comme capitale, vivant aux côtés de l’Etat d’Israël dont la sécurité serait garantie. C’est cette « philosophie » qu’a toujours défendue Le Monde diplomatique et qu’il continuera à défendre. Aucune « inflexion » ne s’est produite ou ne se produira, d’autant qu’Alain Gresh et Dominique Vidal demeurent, au sein de notre rédaction, chargés de ce dossier.

La rédaction

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