Face aux peurs légitimes, les occidentaux musulmans ne peuvent pas se contenter de minimiser, voire d’éviter les questions. Il est urgent qu’ils élaborent un discours critique qui refuse la position victimaire et qui dénonce les lectures radicales, littéralistes et/ou culturelles des textes religieux. Au nom même des principes de l’islam, ils doivent s’opposer à l’instrumentalisation de leur religion pour justifier par exemple le terrorisme, la violence domestique ou les mariages forcés.
Il y a de quoi être inquiet. Durant ces vingt dernières années la situation des musulmans dans les sociétés occidentales n’a globalement pas été très facile et force est de constater que cela a empiré durant ces cinq dernières années. La guerre contre le terrorisme lancée après le 11 septembre 2001, la répétition des attentats terroristes à travers le monde ajoutée aux multiples tensions dues aux divers problèmes sociaux ou à l’immigration a fini par associer l’islam et les musulmans à l’expression d’une menace pour les sociétés occidentales. La peur s’est installée avec son lot de réactions émotives et irrationnelles, parfois légitimes et compréhensibles, parfois instrumentalisée à des fins politiques ou électoralistes.
Du Canada à l’Australie, en passant par les Etats-Unis et l’Europe, il n’est point une société occidentale qui soit épargnée par les questionnements identitaires, les tensions dues à « l’intégration » et les débats concernant la place des musulmans en leur sein. Ces derniers sentent que l’atmosphère est plus lourde, que la suspicion est de plus en plus répandue et qu’ils sont l’objet de débats politiques pas toujours transparents ni très sains.
Les musulmans sont devant une alternative on ne peut plus explicite : soit ils subissent les événements et adoptent l’attitude défensive de la « victime », « minoritaire » et « discriminée », qui se recroqueville ou ne cesse de se justifier ; soit ils font face aux difficultés qui sont les leurs, deviennent sujets de leur Histoire, et décident de s’engager à réformer la situation. Ils peuvent certes se plaindre des traitements qu’ils subissent, critiquer le racisme et les discriminations journalières mais au bout du compte la balle est dans leur camp et rien ne changera vraiment s’ils ne décident de se prendre en main, d’être constructivement critiques, et autocritiques, et de répondre à la lente évolution de la peur par une déterminée révolution de confiance.
Face aux peurs et aux questions légitimes
Ces dernières années ont mis les populations occidentales devant des réalités et des questionnements profonds et difficiles. La présence de plus en plus visible de millions de musulmans parmi eux leur a fait réaliser que leurs sociétés avaient changé, que l’homogénéité culturelle était une donnée du passé, que la question de leur propre identité se complexifiait et que la mixité sociale était un idéal difficile à atteindre a fortiori quand les problèmes sociaux (chômage, racisme, marginalisation, etc.) se multiplient.
Cette instabilité (ajoutée à la perception de la présence d’une religion et de cultures « étrangères ») a produit des angoisses et des questions légitimes même si parfois elles s’expriment dans la confusion : les musulmans peuvent-ils vivre dans des sociétés sécularisées, leurs valeurs sont-elles compatibles avec celles de la démocratie, sont-ils prêts à vivre et à se mêler à leurs voisins non musulmans, peuvent-ils lutter contre les comportements choquants produits en leurs noms (terrorisme, violence domestique, mariages forcés,etc.), peuvent-ils sortir de leurs ghettos sociaux où se répand le chômage, l’insécurité et la marginalité ?
Face à ces questions, les musulmans doivent s’assumer et exprimer la confiance qu’ils ont en eux-mêmes, en leurs valeurs et en leur capacité de vivre et de communiquer sereinement dans les sociétés occidentales. La révolution de confiance que nous appelons de nos vœux passe d’abord par une confiance en soi et en ses convictions : il s’agit de se réapproprier son héritage et de développer à son endroit une attitude intellectuelle positive et critique. Etre capable de dire que les enseignements islamiques appellent essentiellement à la spiritualité, à l’introspection et à la réforme de soi.
Affirmer avec force que les musulmans sont tenus par le respect des législations des pays dans lesquels ils vivent et auxquels ils se doivent d’être loyaux : des millions de musulmans prouvent tous les jours que « l’intégration religieuse » est acquise, qu’ils sont chez eux dans les pays occidentaux dont ils ont fait leur le goût, la culture, la psychologie et les espérances.
Face aux peurs légitimes, les occidentaux musulmans ne peuvent pas se contenter de minimiser, voire d’éviter les questions. Il est urgent qu’ils élaborent un discours critique qui refuse la position victimaire et qui dénonce les lectures radicales, littéralistes et/ou culturelles des textes religieux. Au nom même des principes de l’islam, ils doivent s’opposer à l’instrumentalisation de leur religion pour justifier par exemple le terrorisme, la violence domestique ou les mariages forcés.
L’avenir de la communauté spirituelle musulmane exigera forcément des institutions de formations religieuses (études islamiques, islamologie, formation d’imams, etc.) établies en Occident et qui puissent répondre aux attentes des citoyens occidentaux. Avec la même attitude critique, il est important qu’ils ne cautionnent pas la confusion ambiante dans les débats de société : les problèmes sociaux, le chômage, la marginalisation et l’immigration ne sont pas des « problèmes religieux » et n’ont rien à voir avec l’islam. Il est impératif de refuser l’ « islamisation des questions éducatives et socio-économiques » : ces dernières exigent des solutions politiques et non religieuses.
L’un des moyens de répondre aux peurs légitimes consiste à déconstruire les problématiques sans déconnecter les différents aspects qui les composent. « Déconstruire sans déconnecter », cela signifie de s’imposer d’abord de distinguer le fait strictement religieux des problèmes scolaires, sociaux ou liés aux migrations puis d’analyser ensuite comment s’établissent les relations de cause à effet sur le terrain sociopolitique.
Les citoyens de confession musulmane doivent participer à une meilleure reformulation des questions politiques du jour. Ainsi, le chômage, l’échec scolaire et la délinquance n’ont, comme nous l’avons dit, rien à voir avec l’islam, mais il importe de comprendre quelles sont les causes qui expliquent que ce sont les citoyens et résidents musulmans qui sont les plus frappés par ces réalités. Comment proposer de nouvelles politiques sociales et urbaines qui réformeraient cet état de fait et permettraient la lutte contre la ségrégation, et l’auto-ségrégation, et entraîneraient plus de justice et de mixité sociales ?
La peur instrumentalisée
Le discours qui, hier, était l’apanage des partis d’extrêmes droites tend malheureusement à se normaliser au sein des partis traditionnels. De plus en plus de leaders jouent la carte de la peur pour mobiliser les électeurs et promouvoir des politiques de plus en plus dures sur le plan de la gestion des problèmes sociaux, de la sécurité ou de l’immigration.
En panne d’idées politiques novatrices et créatrices pour promouvoir le pluralisme culturel ou lutter contre le chômage et les ghettos sociaux, ils se contentent d’une rhétorique dangereuse sur la protection de « l’identité » et l’homogénéité culturelles, la défense « des valeurs occidentales » et l’imposition d’un cadre strict « pour les étrangers » avec, bien sûr, l’appareil des lois sécuritaires pour lutter contre le terrorisme.
Ces discours politiques jouent sur les angoisses, entretiennent la confusion des domaines et promeuvent une approche binaire des questions sociopolitiques. Ce qui implicitement ressort des termes des débats revient à distinguer deux entités : « Nous, les Occidentaux » et « Eux, les musulmans. », même quand les citoyens sont musulmans et tout à fait occidentaux.
Le retour permanent des mêmes questions dans les débats politiques nationaux (violence, femmes, intégration, etc.) n’est pas innocent et la question de « l’islam » est souvent devenue la balle de ping-pong avec laquelle les partis jouent pour tenter de mettre à mal leurs adversaires politiques et attirer à eux des électeurs.
Des propos racistes et xénophobes se généralisent, on relit le passé en niant à l’islam la moindre participation à la formation de l’identité occidentale désormais purement « gréco-romaine » et « judéo-chrétienne », on fait passer des examens aux frontières qui testent arbitrairement la « flexibilité morale » des immigrés et les lois sécuritaires s’imposent naturellement en ces temps de peurs et d’instabilité. Sans oublier les discours et les politiques intransigeants qui finissent par criminaliser les immigrants et les demandeurs d’asile.
Face à ces instrumentalisations, et parfois les manipulations qui en découlent, les citoyens de confession musulmane doivent faire exactement le contraire de ce qui pourrait être la réaction naturelle : plutôt que de se retirer du débat public et de s’isoler, ils doivent se faire entendre, sortir de leurs ghettos religieux, sociaux, culturels ou politiques et aller à la rencontre de leur concitoyens.
Le discours de ceux qui instrumentalisent la peur a pour objectif de produire ce qu’ils disent combattre : en accusant en permanence les musulmans de ne pas être intégrés, de s’isoler, d’établir des barrières entre « eux » et « nous » et de s’enfermer dans leur appartenance religieuse considérée comme exclusive, les intellectuels qui mettent en garde contre la « naïveté » des politiciens, « le danger de l’islam » ou de « l’échec » de la société plurielle ou du multiculturalisme sèment la suspicion, créent les fractures et cherchent en fait à isoler les musulmans.
Les citoyens doivent établir une critique rigoureuse de ces discours alarmistes qui cachent mal l’idéologie qu’ils promeuvent : c’est au nom des valeurs des sociétés occidentales elles-mêmes qu’il faut combattre la diffusion d’un discours qui normalise un racisme ordinaire, des traitements discriminatoires et la stigmatisation d’une partie de la population. La vraie loyauté citoyenne est une loyauté critique : il s’agit de refuser d’avoir à systématiquement prouver son appartenance à la société et, en connaissant ses responsabilités, de revendiquer ses droits et d’établir une critique de fond des politiques gouvernementales quand celles-ci trahissent les idéaux des sociétés démocratiques.
Un nouveau « Nous »
S’il est une contribution que les occidentaux musulmans peuvent apporter à leur société respective, c’est bien celle de la réconciliation. Confiants en leurs convictions, porteurs d’un discours critique franc et rigoureux et armés d’une meilleure connaissance des sociétés occidentales, de leurs valeurs, de leur histoire et de leurs aspirations, ils sont à même de s’engager avec leurs concitoyens à réconcilier ces sociétés avec leurs propres idéaux.
Ce qui compte aujourd’hui, ce n’est point de comparer les modèles de société ou les expériences en entrant dans un débat stérile sur le meilleur des modèles occidentaux (comme on a pu le voir entre les Etats-Unis, le Canada, la France et la Grande Bretagne) mais plus simplement, et de façon plus exigeante et plus stricte, d’évaluer chaque société en comparant les idéaux affirmés et revendiqués par ses intellectuels et ses politiciens et les pratiques concrètes sur le terrain social, les droits humains et l’égalité des traitements (entre les femmes et les hommes, les différentes origines, la couleur de peau, etc.)
Il faut soumettre nos sociétés à l’épreuve de la critique constructive qui compare les discours et les actes : cette saine attitude autocritique que les musulmans doivent manifester à l’égard de leur communauté, tous les citoyens doivent la produire vis-à-vis de leur société.
Nos sociétés ont besoin de l’émergence d’un nouveau « Nous ». Un « Nous » qui réunit des femmes et des hommes, des citoyens de toute religion ou sans religion, et qui s’engagent ensemble contre les contradictions de leur société, le droit au travail, à l’habitat, au respect, contre le racisme et les discriminations de toutes sortes ou les atteintes à la dignité humaine. « Nous » représente désormais ce rassemblement et cette dynamique de citoyens, confiants en leurs valeurs, défenseurs du pluralisme de leur commune société, respectueux des identités plurielles et qui désirent, ensemble, se battre au nom de leurs idéaux partagés au cœur de leur société. Citoyens, intégrés, loyaux et critiques, ils s’engagent ensemble dans cette révolution de confiance pour résister à l’évolution de la peur : face à l’émotion et aux réactions épidermiques, voire hystériques, s’imposent la rationalité, le dialogue exigeant, l’écoute et l’approche raisonnable des questions sociales complexes et difficiles.
Local, National
C’est d’abord au niveau local que se joue l’avenir pluriel des sociétés occidentales. Il est urgent de mettre en branle des mouvements nationaux d’initiatives locales où des femmes et des hommes de différentes religions, cultures et sensibilités créent des espaces de connaissance mutuelle, d’engagement en commun : des espaces de confiance. Ce sont les projets communs qui doivent désormais les réunir et donner naissance pratiquement à ce nouveau « Nous » citoyens. Certes les dialogues « interculturels » ou « interreligieux » sont importants et nécessaires mais ils ne pourront être aussi efficaces que l’engagement commun sur tous les dossiers prioritaires : l’éducation, les fractures sociales, l’insécurité, les racismes, les discriminations, etc.
C’est ensemble qu’ils doivent questionner les programmes d’enseignement et proposer des approches plus inclusives des mémoires qui constituent les sociétés occidentales contemporaines. Ces dernières ont changé et l’enseignement de l’Histoire doit intégrer la multiplicité des mémoires et, notamment, les périodes les plus sombres de ladite Histoire (et dont les nouveaux citoyens d’Occident ont parfois été les premières victimes) : avec les Lumières, les progrès scientifiques et les acquis technologiques, il faut enseigner quelque chose de l’esclavage, de la colonisation, du racisme, des génocides, etc.
Objectivement, sans arrogance ni perpétuelle culpabilisation. Sous peine de provoquer une compétition des mémoires victimaires blessées, il faut officialiser l’enseignement d’une Histoire plus objective des mémoires qui participent de la collectivité actuelle. Sur le plan social, il faut s’engager à penser une plus grande mixité dans les écoles et dans les villes : des politiques sociales et urbaines plus courageuses et plus créatives sont nécessaires mais les citoyens peuvent déjà lancer des initiatives qui imposent la rencontre dans et par les projets de démocratie participative locale. Les autorités nationales doivent accompagner, faciliter et encourager ces dynamiques locales.
Les sociétés occidentales ne gagneront pas la lutte contre l’insécurité sociale, la violence et la drogue par les seules politiques sécuritaires. Des institutions sociales, l’éducation civique, la création d’emplois locaux et des politiques de confiance sont impératives aux niveaux des villes. Les autorités politiques locales peuvent faire énormément pour transformer les atmosphères de suspicion qui règnent et les citoyens, dont les musulmans, doivent désormais ne point hésiter à frapper leur porte et à leur rappeler qu’en démocratie c’est l’élu qui est au service de l’électeur et non le contraire.
Il est urgent de s’engager dans les affaires nationales et de ne pas se laisser emporter par la passion de la scène internationale. Il demeure néanmoins évident qu’un discours critique sur la gestion de l’immigration s’impose en Occident : on ne peut piller le Tiers-monde de ses richesses et criminaliser celles et ceux qui fuient la pauvreté ou les régimes dictatoriaux. C’est injuste et inhumain : c’est intolérable.
Etre et demeurer la voix des sans voix, de l’Irak, de la Palestine, du Tibet ou de Tchétchénie ou encore des femmes maltraitées et des victimes, notamment africaines, du Sida (alors que les médicaments sont disponibles), c’est aussi faire preuve de « réconciliation » au nom des idéaux occidentaux de dignité, de droits humains et de justice trop souvent bafoués sur l’autel des calculs politiciens et des intérêts géostratégiques. Au temps de la mondialisation, c’est la confiance mutuelle au niveau local et l’esprit critique global qui ouvrent la voie à la réconciliation entre les civilisations.
Une révolution de confiance, une loyauté critique, la naissance d’un nouveau « Nous » porté par des mouvements nationaux d’initiatives locales, tels sont les contours d’un engagement responsable de tous les citoyens dans les sociétés occidentales. Parce qu’ils revendiquent les bienfaits d’une éthique citoyenne responsable, parce qu’ils veulent à tout prix promouvoir la richesse culturelle de l’Occident et parce qu’ils savent que sa survie sera au prix d’une nouvelle créativité politique. Les citoyens doivent travailler sur le temps long, au-delà des échéances électorales qui paralysent les politiciens et empêchent l’élaboration de politiques innovantes et courageuses. Lorsque l’élu est dans l’impasse, lorsqu’il n’a plus les moyens de ses idées ; c’est à l’électeur, au citoyen, de revendiquer et de s’approprier les moyens de ses idéaux.
Une version courte de l’article a été publiée dans le Monde du 21 septembre.
Commentaires
Bonjour, je suis une fêmme "occidentale" et sans appartenance religieuse et adhère complètement à l’intégralité de votre appel . . . j’y ai retrouvé beaucoup de constatations personnelles, cette fracture de nos 2 mondes , pourtant si riches tous 2 en tous points ! je suis depuis 20 ans et de nombreux voyages en quête d’une société qui saurait mettre à "profit" nos Richessses et nos Talents . .
Puiser et non lutter contre nos Différences .
Ressentir de la Curiosité, de l’Intérêt pour "l’Autre" au lieu d’en avoir peur car il est différent !
Or le fossé est devenu canyon en quelques années !
Et votre texte , écrit par vous, "occidental musulman" devenait urgent ! ! vous êtes un maillon très important , vous êtes "à l’Intérieur" et devez vous dissocier de ce noyau intégriste . . pour vous même et votre Foi, et aussi pour être reconnus différents d’eux aux yeux des occidentaux !
J’étais et serai + encore aujourd’hui à vos côtés pour le Nouveau "NOUS" , je véhiculerai votre texte du " Nouveau Monde " que je souhaite si fort pour NOUS et pour tous les Enfants Terriens de Demain ! ! !
Merci monsieur Ramadan !
Ce texte dit très bien ce que beaucoup
de musulmans, la très grande majorité d’entre eux ressentent et ce à quoi ils aspirent au plus profond de leur coeur.
Sauf que la route est longue car il s’agit de transformer les mentalités. Celles-ci se réformeront par la confiance retrouvée en nous même et en autrui.
Mais, en effet, comment y arriver ? C’est précisement en acceptant la critique et l’autocritique positives et sans concession de nos pratiques quelques soient nos confessions, croyants ou non.
Courage, menons à bien cette mission que nous ont confiés ceux qui se sont battus justement pour que nous puissions vivre l’un avec l’autre et non l’un contre l’autre. Et pour cela, que Dieu nous aide. Amen
Bonjour mon frère,
En cette période de Ramadan, je méditais et je me demandais à quelle occasion, je pourrai un jour poser ces quelques questions à des érudits musulmans, afin de m’éclairer pour répondre à ceux des mes frères, soeurs, et à mes amis qui ne sont pas mususlmans et qui comme moi d’ailleurs ne comprenent pas :
Mon frère Ramadan, j’ai lu et aprouvé votre dernière intervention concernant la réaction de certains musulmans à la suite de l’exposé du pape.
J’ai même envoyé votre contribution à des amis catholiques qui ne vous apprécient pas.
Mais comment leur parler de l’Islam quand Al kaïda qui tue au nom d’Allah appelle les irakiens à tuer encore et plus durant ce saint mois de Ramadan ?
D’ailleurs, dans ma note à la suite de votre dernier papier, je m’inquiétais de ce que les tueries reprendraient de plus belle avec le Ramadan, ça n’a pas loupé, dès la première nuit, il y a eu des morts, des innocents, an Irak !
Vous mes frères et soeurs qui lirez ces lignes, je vous en prie, aidez-moi, aidez-moi, je suis une convertie à l’Islam et je ne comprends pas cette violence, cette barbarie entretenue par des musulmans et de façon récurente pendant le Ramadan.
Merci à vous tous et si notre frère Tariq Ramadan pouvait me repondre, il me rendrait un énorme service et m’aiderait à mieux comprendre ma réligion.
Merci à tous et bon Ramadan à tous et à toutes !
Bonjour Tariq
Je suis bien content de m’être encore une fois faché avec Caroline Fourest (ma dernière engeulade avec elle date du FSE d’Athènes) et de t’avoir soutenu contre vents et marrées médiatiques.
Ton appel a l’accent de la sincérité mais surtout il est une base sur laquelle nous pouvons construire une république nouvelle... sans vouloir t’instrumentaliser, mais ce genre de paroles feraient du bien dans la tête de nos candidats présidentiels. Je vais sûrement me faire canonner mais je pense que le petit Nicolas pourrait ne pas être insensible à ton argumentation. Mais bon, chacun ses opinions politiques.
Je me joins à cet appel et vais le diffuser autour de moi.
Emile Ahram
français libre-penseur de culture islamo-arabe
Consciemment ou non, votre “ Manifeste pour un nouveau "nous" ” a complètement escamoté l’une des causes majeures de la fracture grandissante entre le monde Chrétien et le monde Musulman : j’ai nommé le long et patient travail de sape et de dénigrement orchestré contre l’Islam et l’immigration musulmane par certains médias– presse écrite et presse audiovisuelle confondues – Le rôle d’ "acteur déstabilisant et de facteur retardant" dans le Moyen-Orient, volontairement joué par l’Etat d’Israël pour le compte de l’impérialisme occidental – moyennant protection inconditionnelle de celui-ci – s’est dangereusement potentialisé avec la fin de la bipolarité idéologique, en raison du fait que le monde musulman est devenu rapidement l’objet de la "nouvelle peur" de l’Occident, en remplacement du bloc communiste. Cette "peur" a été concrètement et opportunément soulignée par les attentats du 11 Septembre – Avoir peur de l’Islam est aujourd’hui une "attitude politiquement correcte". Aussi correcte que d’afficher sa sympathie pour l’Etat d’Israël. Il y a même un Ministre de la République comme M. Sarkozy – vous vous souvenez, M. Tarik, celui qui vous avait obligé par son arrogance, de vous taire sur des Textes clairs du Coran, à propos du hidjab – qui a foulé au pied son devoir de réserve pour déclarer sur TF1, en pleins bombardements criminels de l’armée sioniste sur les populations civiles du Liban, qu’il était l’ami d’Israël, c’était d’ailleurs le jour même où l’on venait de rapatrier – dans la plus grande discrétion de la presse française dans son ensemble - le corps du jeune "soldat franco-israélien" Johan Zerbib, un pauvre garçon de 22 ans, tombé au combat au Liban. C’est pourquoi j’imagine difficilement M. Tarik, l’avènement de cette concitoyenneté si généreuse mais si utopique si, demain, par malheur, Sarkozy, venait à s’emparer du pouvoir. Je dis bien : "s’emparer" du pouvoir, si j’en juge par la mobilisation précoce et la mise en "ordre de bataille" de tout ce qui compte de forces médiatiques et de forces de l’argent, en vue de le soutenir lors de la prochaine présidentielle française. Nous aurons certainement l’occasion d’en reparler. Croyez m’en.. (Abdelkader DEHBI).
Bonjour et grand Merci pour cette démonstration intellectuelle. Je suis de tout coeur avec toi et surtout avec "Nous".
Faisons que le pire du futur soit le meilleur du passé, avec l’aide de Dieu.
A quand les prochaines interventions en région parisienne ?
Au delà des séquelles de la colonisation, des origines ethniques, des guerres associatives, des intérêts personnels ?
Assalam ’alaykum frère Tariq,
Votre article est pertinent, mais manque de lucidité, voire utopique. Si nous ne formions qu’un bloc uniforme, comme se plaisent à le dire certains politiciens, certaines littératures alarmistes, certains médias, certains rapports, cela faciliterait le changement, l’action, comme le souhaite chacun de nous, à l’image de votre article. Or, c’est faire l’impasse de la réalité, de l’histoire. Aujourd’hui ce qui pose problème, c’est notre désunion : racisme nationalisme inter-maghrébin (mosquées marocaines, algériennes, tunisiennes), et des idéologies salafistes, tabligh, soufis, frères musulmans, qui cassent l’unité ; course au pouvoir et à la reconnaissance : l’UOIF n’en est que plus illustratif ; "guerres" associatives, intérêts divergents : affinités avec telle ou telle parti poltitique, mairie ; fonctionement non démocratique des associations, léthargie de la masse française de confession musulmane : comportemlent typique de l’homoconsoméricus, etc, etc.
Bref, toutes il faudra dabord surmonter toutes nos divergences, faire un effort, changer les mentalités. Il faudra apprendre à nous aimer nous-mêmes, avant d’aller vers les autres.
Bien à vous Tariq (qu’Allah vous fasse miséricorde), et merci de pouvoir nous laisser nous exprimer. (Oumma.com)
Bon ramadan à tous.
Bonjour Tariq,
j’approuve totalement votre démarche "inclusive" et citoyenne mais je crois aussi qu’il est nécessaire de procéder à quelques "exclusions" de ceux qui participent à la confusion entre l’Islam et les violences politiques en cours ici ou là.Tracer une telle frontière éthique me semble essentiel pour la dynamique du "Nous". Peut-être que l’élaboration d’une Charte des Devoirs (commençons par le plus simple : ne pas fumer dans une salle d’opération..., au plus compliqué : refus total du mariage forcé) serait la bienvenue afin de lever les équivoques s’ils existent et faire taire les mises en examens permanents de l’Histoire et de la foi de l’Islam.
Votre réaction aux propos de Benoit XVI était la plus appropriée quand d’autres "organisations" se perdaient dans le doit-il-s’excuser-ou-pas. Comme si l’affaire des caricatures n’a rien servie aux "représentants communautaires" (je regrette cette expression)
Il n’est pas interdit aux Français et Européens musulmans de former une délégation et demander audience au pape pour écouter et parler.
Mais comme vous l’avez justement indiqué, c’est au niveau local qu’il faut travailler. Il me semble que les présidentielles à venir, parce qu’elles poseront les questions sociales, économiques et politiques, seront une bonne occasion pour élaborer puis transmettre aux élus locaux et aux fédérations des partis un Document de Principe sur chaque question : école, habitat, média, emploi, solidarité, culture etc. dans lequel seront rappellés les idéaux communs, les dérives constatés et les solutions souhaitées. Le niveau d’élaboration d’un tel document (national ou local ou en interactivité) doit être défini avec le souci de valoriser les parcours et les acteurs locaux.
Merci encore pour votre souci de karcheriser la bêtise et l’inaction.
Bon Ramadan, Tariq :-)
et à tous
Assalamou Alikoum.
Monsieur Ramadan,
Ce que vous enjoignez à la population musulmane occidentale est au fond ce à quoi aspirent tout les musulmans de France. Vous conseillez à tous de prendre son destin en main, s’investir au sein de la vie de la cité, combattre en soi cette position de victime, agir pour une réconciliation nationale par le dialogue, l’échange et les éclaircissements. Je vous rejoins totalement quand vous dites qu’il est aussi très important que nous fassions notre auto-critique, car la remise en question est la clé d’une entente cordiale et apaisée.
Votre optimisme vous honore, car il est vrai que seules ces initiatives pourront à terme nous permettre à tous (musulmans ou non) de vivre dans une atmosphère la plus harmonieuse et paisible possible.
Seulement voilà, comme vous les avez énumérés, la stigmatisation des musulmans et l’accentuation de la peur envers ceux-ci sont la technique éléctoraliste en vogue de la classe politique actuelle. Elle se traduit par des déclarations ciblées, des sous-entendus, des faits divers instrumentalisés, etc...
Je veux dire que vous oubliez l’essentiel dans votre texte : le pouvoir des médias. La volonté de la plupart des musulmans de France est justement de combattre les passions suscitées par les clichés et à prioris qui datent de bien avant la naissance de la jeunesse musulmane occidentale. Le fait que nous devenions de plus en plus visible est un fait, cependant cette visibilité n’est pas révélée par notre simple présence, mais surtout par les divers faits relatés par nos médias. Vous conviendrez que ceux-ci ne sont guère reluisants pour l’image musulmane, surtout losrqu’ils sont matraqués à longueur de journée.
Une image de paix de l’Islam (sans pour autant oublier les causes politiques et sociales qui mènent aux désastres commis en son nom) ne peût être assimilée par l’esprit occidental que par le média le plus consulté : la télévision.
Monsieur Ramadan, vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a un autre fléau qui nous donne beaucoup de fil à retordre lorsque nous nous efforçons de véhiculer ce message de paix et d’éclaircissement loin des clichés : ce fléau s’appelle suspicion.
Lorsque le discours se fait éloquant, cohérant et objectif tant sur le plan sociologique qu’hisorique ou même religieux, nous sommes très rapidement taxés d’adeptes du double discours.
Vous en êtes l’exemple même, et votre assassinat médiatique par M. Sarkozy en est la parfaite illustration.
Même avec toute la bonne volonté du monde, nos origines ou religion nous sont renvoyées à la figure comme les gages de notre perfidie présupposée. Il est très difficile de ne pas baisser les bras, car nous sommes présumés coupables avant même de pouvoir nous exprimer.
Je n’ai pas la solution, et je suis ouvert à tout conseil qui pourrait nous permettre de faire face à cette déferlante médiatique qui nous stigmatise jour après jour depuis les événements du 11 Septembre. Celle-ci s’accentue à l’approche des échéances éléctorales de l’année prochaine et franchement, Dieu me pardonne, mais je n’ai pas votre optimisme.
Je souhaite à tous un heureux mois de Ramadan.
Je suis sceptique sur une possible entente entre musulmans occidentaux et occidentaux non musulmans. Malheureusement, il n’existe aucun pays au monde où les deux communautés religieuses vivent en paix actuellement. Regardez le Liban, le Kosovo, la Bosnie, etc. Les Libanais chrétiens se considèrent comme les "véritables" Libanais autochtones et considèrent toujours les Libanais musulmans, qu’ils ont laissés s’installer dans leur pays au XXème siècle, comme des "étrangers" ou des "résidents temporaires". Pourtant, les chrétiens libanais sont devenus minoritaires dans leur pays, autrefois majoritairement chrétien. Au début du XXème siècle, il y avait 80 % de chrétiens au Liban ; il n’en reste plus que 15 % en 2006... Je suis très pessimiste ; à mon avis, nous nous dirigeons vers une société de type "apartheid". En afrikaans, "apartheid", mot d’origine française, signifie : "séparation"...
Bonjour,
Je voudrais ici exprimer ma reconnaissance à Tariq Ramadan de profiter de sa position visible pour exprimer ce que je pense très sincèrement. Etant convertie à l’Islam, je suis profondément peinée de voir comment mes concitoyens accusent l’Islam de tous les maux. La France a un rôle à jouer dans la réconciliation entre les populations vivant dans les pays musulmans et l’Occident. Il suffit de voyager un peu pour se rendre compte du désir d’exemplarité que resssentent beaucoup de Musulmans algériens, égyptiens... vis à vis de la France. Si elle veut rester la République des Droits de l’Homme, la France doit assumer son passé colonial et prendre conscience de sa richesse née de toutes les cultures des Français de souche ou non. Les Musulmans eux doivent aller voter, et enfin exercer leurs droits de Français à part entière.
Salamalaykoum !
Merci de clarifier avec tant de précisions ce que tous citoyens, quels qu’ils soient, se doivent d’admettre :
un "Nous" local, national ET international !
Salamalaykoum à tous les citoyens du monde.
IBRAHIM
Je viens de lire ce manifeste et je le trouve cohérent. J’ai peur que discours ne s’arrête seulement à une certaine élite minoritaire du fait que la majorité de ceux qui doivent faire ce travail sont dans la logique victimaire ou ne croit même pas appartenir à la société occidentale malgré le fait qu’ils y sont citoyens.
"Eux" et "nous" existe de deux côté, il est dans la tête, car être natif d’un pays ne suffit pas pour être citoyen de ce pays, encore faut il avoir le sentiment réel d’appartenance et d’amour vis à vis de ce dit pays. Bcp de nos frères et soeurs crient qu’ils sont européens (nnes) mais n’ont pas le sentiment de l’être. La déconstruction doit commencer me semble t il à ce niveau et dans la tête plus dans la conscience...
Bonne réflexion
Je pense que contrairement a ce qui semble aquis, que la seule facon de vivre sont islamité et de quitter l’occident. Non pas par peur mais pour le salut de l’ame. "L’occidentalisation" en TGV de l’occident le siecle dernier a largement sécularisé les populations et ce n’est qu’une question de temps avant que cela n’arrive aux musulmans d’europe ; regarder l’islam (ancien) pratiqué par les bosniaques, bulgares, (avant la derniere guerre balkanique) .. etc
Le salut de l’ame n’est d’ailleurs pas forcement en terre dite d’Islam, mais l’occidentalsiation entraine un eloignement du spirituel (c’est le Pape qui le dit) et c’est vraiment etre aveugle que de croire que "l’islam protege".
Le combat au non des musulmans pour l’intégration est un débat faussé car il doit relevé de la sphère privé (j’ai par exemple donné mon avis plus haut), ce débat est utilisé pour occulté le vrai débat qui est celui de la représentativté des minorités nouvelles en terre de France, tellement diverses. La mise en avant de l’intégration de l’islam est un faux débat car meme le christianisme n’est plus intégré depuis longtemps dèjà.
A bon entendeur, salem
Salam Alaykhoum,
Merci Mr Ramadan pour votre analyse pertinente du rapport qu’ont les sociétés occidentales avec leur population "Musulmanes".
Comme beaucoup de lecteurs je suis admiratif devant autant de perspicacité à la lecture de votre texte. Je partage profondémment le constat de la position latente du "Nous" face au triste tableau qui s’offre à nous.
Etant un élément de la partie musulmane du "Nous" je me permets de contribuer à l’autocritique et aider modestement, en prenant le pinceau, à redonner un peu de couleur d’espoir à cette peinture.
Il peut parraître utopique de penser que nos mentalités puissent changer et je crois que chacun de nous a un exemple au quotidien à raconter.
Ce changement passe non seulement par une éducation en phase avec son temps et son contexte mais surtout par une remise en question du "Moi". Comment créer un "Nous" ambitieux et porteur de valeurs avec une somme de "Moi" pour le moins discutable ?
Pourquoi ne pas utiliser notre capacité à critiquer l’autre (et Dieu sait que nous n’en manquons pas) pour justement effectuer, ce qui devrait être un devoir d’introspection ?
L’autre n’est pas toujours la cause de "Mon" malheur, il n’est en aucun cas une légitimité à une réaction déraisonnée. Il "Me" suffit d’établir un canal d’échange, de lui expliquer ce que "Je" représente, ce que "Je" suis et comment en tant que "Moi" je vis.
Mais pour cela, en tant que personne morale, il faut avant tout être un garant des valeurs que sont celles de l’Islam et des sociétés occidentales au sein desquelles nous avons choisi de vivre.
Suis "Je" moins irréprochable que les critiques adréssées à l’autre ?
Un des moyens utiles et de "Nous" appliquer une théorie basée sur quatres cercles.
Le cercle du "Moi"
Le cercle de la "Famille"
Le cercle de la "Communauté locale"
Le cercle de la "Commuanauté globale"
A chaque niveau les difficultés existent et les actions nombreuses.
Mais nous conviendrons tous que le degré de difficulté étant inversement proporsionnel au diamétre du cercle, le temps et les efforts consacrés devraient être concentrés sur le 1er cercle. Le "Moi".
Mais combien de personnes respectent cet ordre ?
Pour que le "Nous" deviennent ce que nous tous lui "ambitions" soyons exigeant envers nous même et faisons que notre but se réalise.
A partir de là je pense que chacun de nous se sentira armé pour passer au cercle suivant.
A partir du second et cela jusqu’au quatrième cercle, comme nous le rappelle Tariq, les actions prioritaires sont claires d’évidence.
Il me semblait utile d’apporter en préambule aux différents vecteurs d’amélioration que vous énnoncez Tariq, un rappel au plus grand des efforts que chacun de nous se doit d’accomplir.
Merci pour votre temps et votre éclaircissement Tariq.
Je reste persuadé d’une destinée heureuse car avec l’aide de Dieu "Nous" en sommes les artisans .
Bon Ramadan à toutes et tous.
Sur la Charte des Devoirs :
Il me semble qu’une telle Charte doit être soumise à toute "association" qui se dit musulmane, fut-elle de "musulmans athés" ou de "dingues du Beaujolais"...
Je propose que l’association des "musulmans fous de Jazz", que je présiderai quand je la créerai, soit admise d’office...
Cette Charte sera une sorte de "label", comme le "Halal", pour tous ceux qui voudront ou tenteront de parler aux noms des musulmans.
Ensuite, cette Charte doit affirmer son adhésion totale aux valeurs de la "France des lumières" (puisqu’on nous parle de l’Islam des lumières, il n’a que ça à la bouche le Blablabla-Hahaha-Lililola), c’est-à-dire, non seulement la devise de la République (liberté, égalité, fraternité : ajoutons dans la rubrique "islamisation de la France", Solidarité...) mais aussi les principes de politique étrangère de Charlemagne, François 1er, etc. jusqu’à De Gaulle, celui de la Résistance et celui d’après, comme principes essentiels qui fondent la spécificité de la France dans ses rapports avec le monde arabe et musulman, donc de la paix et la coopération entre les nations.
le moment "colonisation" sur lequel il faut sans cesse revenir et l’éclairer, doit être considéré comme un moment de trahison de la France des lumières et non un discours de culpabilisation permanent et contre-productif.
En somme, dénoncer les crimes coloniaux c’est défendre la France et l’embellir et l’aimer encore plus.
Sur ce, je remet Miles Davis en attendant le Adhan...
Saha ftourkoum
Bon appetit à tous
A l’extrême limite du courant de pensée actuel, impérialiste à outrance dans toutes ses visions, démarches et activités, qui veut absolument transformer toute la planète en un immense supermarché, où l’humanisme authentique demeure le produit rare des rayons de vente, il est normal de pressentir venir certaines menaces sérieuses. Pourtant, ceux qui les préparent, refuseront rigidement de revenir en arrière pour voir clair dans leur jeu et corriger le tir en conséquence. Ils préfèrent défouler leur manque d’honnêteté et de sincérité sur les maillons faibles, qui eux par contre n’ont vraiment aucun pouvoir décisionnel. Devant les déchaînements médiatiques et la dernière déclaration du pape, dans les coulisses, les talentueux metteurs en scène préparent le musulman à devenir le bouc émissaire de la situation actuelle, une fête de sacrifice susceptible de rendre la joie et l’espérance, faute de remplaçant, comme ce fut le cas aux temps de l’affaire Dreyfus où on se permettait d’accabler et d’accuser le juif de toutes les misères de la terre. Il est navrant aussi, que les musulmans soient divisés entre eux, qu’ils n’aient pas encore surmonté les causes de leurs discordes antérieures qu’ils exportent en tout lieu. Depuis longtemps on parle des savants géniaux du passé, désormais à présent il faut susciter et voir de nouveaux des savants au présent et au futur pour résoudre les équations complexes d’aujourd’hui. Pour éviter un quelconque holocauste visant les musulmans, il y a lieu de retenir cette sagesse d’un sage parmi les sages : « Ceux que les gens n’apprennent pas par sagesse, ils l’apprennent par le malheur » L’exemplarité, l’ancrage sur des valeurs universelles, un projet commun surmontant les divisions, les bonnes mœurs et l’accomplissement désintéressé des bonnes oeuvres en n’importe quel lieu pourra avoir un impact réel à long terme. Conformément aux préceptes coraniques, le rôle du musulman est de bâtir des civilisations et non les détruire. Les préjugés et les peurs existent, mais, de part et d’autre, il faudrait les faire disparaître grâce à la justice, à une vraie rationalité et à l’apprentissage de l’acceptation de l’autre. Car les habitants de la terre seront toujours différents les uns des autres et les meilleurs seront toujours ceux qui accepteront de vivre ensemble, avec la diversité et qui sauront tendre la main dans la direction de la paix et de la justice. Et bon Ramadan à tous.
As-salâmou a’leykoum
D’accord avec certains qui disent que le frère en islam Tariq fait dans l’utopie.
Les Occidentaux musulmans ont le même problème que tous les autres musulmans : comment être de bons adeptes du Prophète (psl) cf Coran 48 dernier verset. Le verset les décrit et indique qu’ils sont tels dans le Tawreth et dans l’Injiil : ne soyons pas sectaires ; les autres « eux » sont adeptes et ne le savent pas. On peut le leur apprendre par l’exemple : c’est comme ça que l’Islam est allé partout et non par le glaive.
Etre de bons adeptes suivant les trois ordres :
1. islâm : la pratique assidue et stricte des actes cultuels, éducation du corps ; si on ne les exécute on n’est pas un bon musulman et quand on commet des tueries on est un mauvais musulman pour répondre à Noura
2. imân : la crainte révérencielle sincère, éducation de l’esprit : la méditation des versets du Coran en est le principal moyen ; on devient mou’mine. Notre religion s’adresse à des gens intelligents, aux doués de raison : le Coran le rappelle à suffisance
3. ihsâne : la bonne action la meilleure, s’abstenir quand on ne sait et aller apprendre les enseignements du Coran et du Prophète (psl) serait-ce en Chine ; on devient mouhsine.
Tout le reste relève de l’obscurantisme : de la bonne longueur de la barbe au port du voile dans un Etat qui l’interdit par une loi par ailleurs contestable mais loi quand même. Malheureusement la plupart de nos frères n’ont même pas entammé leur parcours du premier ordre.
Les conditions de vie du Prophète (psl) à La Mecque étaient bien plus dures : vous avez une belle occasion d’accéder à l’excellence dans le comportement plus que tout autre musulman.
Je vous recommande vivement la méditation de ce verset en ce mois béni.
Wa ‘aleykomous-salâm
Sallam et bonsoir à tous !
Je vous ai tous lu, et je trouve ça très beau. C’est vrai lorsque l’intelligence s’exprime on ne peut être qu’admiratif.
Je me demande pourquoi j’écris ces quelques lignes, peut être pour donner un avis de musulman né en occident et qui a vécu dans plusieurs pays européens.
Tout d’abord je ne comprends pas pourquoi les musulmans réagissent aussi vigoureusement à des propos ou des caricatures. Bien sur je pense que les caricatures n’étaient pas innocentes mais quand même..
Pour les terroristes, je me refuse à être pris en otage en tant que musulman. Je ne me reconnais pas en eux, je n’ai rien à voir avec eux même si il faut l’avouer celà fait longtemps que nous sommes les spoliés de l’histoire politique, économique culturelle...
Evidement, ce retard nous savons tous que c’est le fait d’une minorité de mafiosis placée à la tête de nos pays d’origines.
Monsieur Ramadan intellectuel qui pousse au respect même si on n’adhère pas. Respect de l’intelligence.
Monsieur Ramadan donc pourrait être un penseur musulman que tous les hommes politiques et philosophes ( ceux la même qui se servent de notre religion pour semer l’ostracisme) pourrait citer en exemple et encourager à prendre plus la parole.
Nous avons tous vu ce qu’il en a été !!
Nous sommes ( nous musulmans) repsonsables de notre conditions.
Alors je ne crois pas à ce nous international. Comme l’a dit plus haut un commentateur méditons sur ce que l’Islam nous apprend.
Etre meilleur chaque jour !!
réponse au message de NOURA. DE LA PART DE SAMI.moi aussi je ne comprends pas cette violence et de tuer le plus souvent des gens innocents qui n’ont rien demandé.Est ce ca l’ISLAM ? je ne crois pas.Sinon je n’ai encore rien compris ama religion
.
salam
et bien je commencerais donc par ce mot qui est en soi beau et ilustratif si je peu me permette de notre religion
car bien sur et surement la langue du paradis est l arabe et les gens se saluent par salam au paradis......
bref jai envie de dire de clamer a certaines personnes qui profitant"lduchamps médiatique qui leur est octroyé de faire plus atention et detre plus attentionné sur leur propos de ne pas ségarer dans une dialectique qui perd son sens
ayez avant tout une bonne intention et un but clair et précis
salam
et cest ainsi que chaque jour est nouveau...........
Salam alaikoum !
Ceux qui tuent des innocents au nom de l’Islam ne doivent pas déformer votre jugement : il faut juger une religion sur son Livre et non sur ses croyants égarés !
Salam,
Il est donc acquis que le terrorisme est islamique ? On en est plus à la déjà dramatique "peur de l’autre".
Ceux qui dénoncent le terrorisme ne tisse-t-il pas un écran de fumée pour cacher et justifier les massacres ? (on a déjà oublié le Liban, bravo les médias). Je trouve indigne que d’un côté l’on regarde des civils se faire massacrer snas sourciller et que de l’autre l’on se plaigne d’acte terroriste fantomatique.
Lier Islam et terrorisme, c’est en soit du terrorisme, du harcèlement morale. Cela ne consiste-t-il pas à transformer l’Islam et les musulmans pour les rendre "compatibles" avec la référence dominante ? On est appelé "intégriste" si l’on refuse cette soumission.
Il y a pourtant de par le monde de nombreuses et diverses voix qui s’élèvent pour réclamer un monde différent : c’est bien la preuve que l’intégrisme n’est pas que musulman.
J’ai fait un rêve disait Martin Luther King…
Inchallah !
Tout est dit, nous sommes au 21ème siècle. Tout les peuples ont eu des prophètes, des philosophes, des saints, des sages, tous ont répétés : Aimez votre prochain. Les mouvements hippies des années 70 ont tout écrit sur la guerre et la paix. Il existe des millions de livres sur la paix dans toutes les langues.
Mais.
Mais pendant que les masses modérées vivent réellement et concrètement la paix au quotidien, des vendeurs d’armes, de pétrole, de drogue et d’argent, des hommes de pouvoirs organisent sciemment les conflits. Et passent à l’acte.
Quelle réponse a le modéré ? Lui qui par nature est non-violent et occupé à ses affaires.
Cette question ne regarde pas que les musulmans, tout les modérés du monde sont les bras ballants devant l’horreur, l’ampleur et la furie de ces guerres au terrorisme contre des peuples musulmans entiers.
S’organiser, s’affermir, reprendre confiance, s’entre-aider, se mélanger, montrer l’exemple, beau programme, signer un appel ! Changera quoi ?
Ne pas faire le mal, ne veut pas dire faire le bien. Faire le bien c’est aussi une question de passage à l’acte, concrètement.
Il n’y a pas 36 solutions. Tant qu’un groupe ne déclenchera pas une « révolution culturelle » capable de motiver et rassembler un grand nombre de modérés mis en actions constructives, il ne se passera rien en France. Sans un véritable passage à l’acte.
Passer à l’acte pour défendre la paix et la justice entre les peuples ne veut pas dire servir de chaire à canon à Al Quaïda en posant des bombes aveugles par vengeance, mais ça ne veut pas dire non plus rester inactif.
Penser, lire, écrire, débattre, c’est déjà bien, c’est ce que font le mieux les modérés…
Mais de toutes ces activités qui se pratiquent assis, voir allongé sur un sofa pour les soufi, combien sont-elles des passages à l’acte concrets ?
Et si là était notre à faille à « nous ? »
Et on voudrait me faire croire que la jeunesse des banlieues n’est pas en attente d’un projet concret ?
Allez, où est-ce qu’on se donne rendez-vous ? Pour faire quoi ? Quand ? Je veux du concret ! Une réunion ? Vous êtes sur ? J’ai parlé de révolution.
Modéré, d’accord, les bras croisés, jamais !
Le projet qui suit me motive, et vous ?
Création assemblée nationale des musulmans de France, où chaque groupe sera représenté également selon son identité, et non selon le nombre des ses coreligionnaires. Si les Algériens, les Marocains et les Turcs acceptent, c’est possible. Cette assemblée éliera en son sein différents conseils de sages et sera indépendante du CFCM et du ministère de l’intérieur.
Création d’une école de l’Ijthihad français. Un laboratoire.
Création d’un groupe d’intervention humanitaire et d’un mouvement de jeunesse.
A bon entendeur salut !
Vincent Després Levard
Fraternités des Ignorants
fraternitesdesignorants@laposte.net
Cher Tariq et Cher(e)s Ami(e)s,
Assalams et tous mes do’as pour un très profitable Ramadhan,
Les deux grands mérites de Tariq
1° Merci de publier avec autant d’énergie et de témoigner de l’intelligence et de l’implication des musulman(e)s qui vivent en Occident
2° Merci de susciter autant de réactions positives auprès de cette belle communauté d’âmes musulmanes
De la nécessité d’énoncer inlassablement le message clair et simple qui définit l’Islam et la quête universelle du musulman
En effet, le mot clé de l’incompréhension qui existe et est entretenue par les milieux et personnalités hostiles à l’Islam et aux musulman(e)s est l’ignorance.
Aussi faut-il s’armer d’un seul et clair message qu’il nous faut faire passer avec sagesse, pédagogie et beaucoup de constance et d’abnégation généreuse : celui du credo de base de l’Islam ; malheureusement très peu colporté et donc quasiment méconnu.
Le message credo : L’Islam n’est pas UNE religion comparable à celles qui ont précédé le message coranique. C’est LA religion universelle, voulue et agréée par Dieu, synthèse de toutes les révélations précédentes et dernière provision de route, sur le chemin de notre vie/passage terrestre, pour toutes les âmes qui croient en Dieu unique et sans associé et qui espèrent dans le retour bienheureux de TOUTES les âmes vers leur origine commune : l’Autre monde, lieu de félicité et de paix éternelle pour TOUS et TOUTES.
Le prophète Mouhammad -saouas- est défini comme miséricorde de tous les mondes et de TOUT LE MONDE a fortiori et comme l’exemple parfait à suivre à travers sa tradition.
Du comportement des musulman(e)s demandé par Dieu
En phase avec ce message credo, la posture demandée par Dieu est celle de l’amour et de la sagesse (miséricorde et compassion) en toutes circonstances vers TOUTES les autres créatures - sans s’oublier soi-même.
Ainsi, de la recherche permanente de cette posture découleront les comportements à terme et avec l’aide de Dieu qui sauront avoir raison des fossés et des murs d’incompréhension que d’autres s’acharnent à construire - ignorants eux-même le plus souvent de leur réelle condition humaine qui est avant tout spirituelle dans son origine comme dans sa finalité.
Voilà pour la contribution à ce noble et beau forum (les effets du mois Moubarak de Ramadhan se font sentir) inspiré par l’article de Tariq de la part d’un musulman tablighi et tasaoufi franco-algérien de 45 ans impliqué en tant qu’amant et aimé comme il le peut dans la vie professionnelle, familiale, associative et sociale sur le lieu où Dieu le conduit dans Sa miséricorde infinie et dont le premier souci est d’abord d’essayer de servir correctement - après sa famille - en donnant son droit voulu par Dieu à son voisinage immédiat - chrétien et/ou agnostique, en l’occurence.
Assalams, que le jeûne et les prières soient profitables à toutes les âmes : passées, incarnées présentes et futures. Amine !
Djamel / Dabeldi
PAix SUR VOUS TOUS. pour combien de temps encore ?
Avant de parler d’un "NOUS" hyptothétique, je voudrais parler d’un "JE" réel.
A force de lutter, de vouloir changer le monde à mon échelle, je me suis épuisé parce que les problématiques quotidiennes de chômage et de précarité reprennent nécessairement le dessus et finissent par vous laminer dans votre fort intérieur, dans vos idéaux les plus nobles et parfois dans la vitalité de ma foi ; parce que les musulmans maghrébins de France se comportent encore pour la plupart comme de bons indigènes bien soumis et dociles, parce que ma femme convertie à l’islam est désespérée du comportement des hommes vis à vis des femmes dans les mosquées et au sein meme de la communauté (je sais de quoi je parle), parce que j’en ai marre de me casser les dents sur un bloc de granit qui est la "douce France profonde", parce que... la liste est encore longue.
Mon frère Tariq, grâce à Allah vous donnez un visage et une voix à mon for intérieur mais je n’y crois plus à tout ça. Du moins pour le moment...
A ce jour je préfère me battre pour ma famille, qu’elle soit heureuse et épanouie. SAlam mon frère et qu’Allah vous vienne en aide.
OK pour le nouveau"Nous" mais l’intérêt de tout ceci c’est de nous faire réfléchir aussi : c’est toujours une minorité qui pollue le débat mais posons des questions comme celles de Noura car elles font mouches ; celles de J.RAZIER aussi...Entre parenthèses, m. RAMADAN dit à un moment qu’il y a plus de chômeurs musulmans que d’autres religions : a-t-il demandé à ces personnes quelle est leur religion ou aurat-il des apriori "racialistes"qui lui indiqueraient la religion d’une personne rien qu’en la regardant ?
salam Tariq j’ai bien lu votre article et je l’ai trouvé tout a fait legitime et surtout en ces temps de desfonnctionnement de la personnalité sinon du psychisme de nous autres musulmans .A vrai dire ,il esr urgent que tous les citoyens de confession musulmane prennent conscience de leur existance sinon de leur propre decheance :en toute simplicité ,nous sommes des aliénés de l’histoire car nous avons et de longues dates subis la culuration qui ns est imposée malgré nous .cela a laissé un vide non seulement culturel mais le plus grave est identitaire.sincermnt qui parmi nous qui se sent à l’abri de cette alienation ?ouvrons les yeux regardons nous la realité en face ?on fuit alors que le fontome de la realité nous suit sinon nous guette et enfin nous toture et ns rend malades .Et nous voila c’est jadis nous ccritiquons ce monde sinon cette societe qui est malade rendant ses sujes malades .Nous sommes devenus les nouveaux malades de la societé occidentale.quelle est la reponse alors sinon quelle est le remede ?Dieu je ne pense pas peut etre je me trompe et je l’espere ?mais une chose est sure:reste le savoir les connaissances des armes qui peuvent non seukmnt changer notre quotidienmais plutoy nous changer ns meme :voila l’essence du message divin.Deconstruire pr tt simplement mieu se reconstruire.et celui qui arrive pas à suivre il faut disparaitre cedant la place à ceux qui veulent sincermnt changer le cours de l histoire ceux qui ayant le courage de dire Non avec conviction.merci
Réponse au message de NOURA de la part de Philippe. l’Islam n’est pas la religion de haine et de violence que certains chefs autoproclamés veulent imposer en s’appuyant sur une lecture tronquée des Textes Coraniques, oubliant que « Dieu préfère les patients » et que toutes les sourates commencent par Au nom de Dieu, le Miséricordieux, le tout Miséricorde ».L’islam n’est pas la religion de zombies flingueurs suivant des gourous armés de flingues brandissant le Coran comme certains médias alliés objectivement aux « gourous » veulent convaincre les occidentaux. Slama, et Bon mois de Ramadhan, Philippe