Malek Boutih : La copie exotique du beauf gaulois

De la banlieue parisienne où il est né, Malek Boutih n’a gardé ni le sens de l’honneur ni la fierté.

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lundi 12 janvier 2004

Malek Boutih : La copie exotique du beauf gaulois

De la banlieue parisienne où il est né, Malek Boutih n’a gardé ni le sens de l’honneur ni la fierté.

Il y caressait des rêves de blancheur salvatrice susceptible de l’arracher à une condition sociale misérable, quand dans son infinie gratitude, la fée Carabosse s’avisa de le doter d’une ambition dévorante. Depuis, cet opportuniste tout terrain, ronge son frein, à l’affût d’une improbable occasion.

N’ayant ni le talent de Michael Jakson, ni l’adresse de son chirurgien esthétique au coup de bistouri blanchisseur, Malek Boutih trouvera dans la création de SOS Racisme en 1983, un détergent hyperactif qui teintera son discours de la couleur tant convoitée, viatique indispensable à l’assouvissement de ses appétits de pouvoir. Dénué de diplôme universitaire, de bon goût et d’esprit, Malek Boutih possède néanmoins un talent de contorsionniste dont l’échine souple multiplie à l’envi révérences et courbettes. Cependant n’allez pas croire qu’il est toujours à plat ventre. Il sait aussi se mettre à genoux. Et tandis qu’il met ses rotules à contribution, il se prend à rêver d’un destin national. Ses palabres politiques de bonimenteur, de vendeur de merguez à la sauvette au sortir d’une foire de seconde zone ne font-elles pas de lui le tribun de l’intégration ? N’est-il pas devenu, à l’instar de Fadéla Amara, son alter ego féminin, l’indispensable caution ethnique des islamophobes ? Indifférent aux discriminations que subissent les « afro-maghrébins », l’ex Président de SOS RACISME ne se fait-il pas fort d’expliquer le sionisme à ses « potes ».

Dépourvu d’autonomie, il obéit servilement à ses mentors et glapit auprès des médias que Tariq Ramadan est un « petit le Pen arabe » défendant une « vision totalitaire »1.

Mais toute la subtilité de ce tribun de trottoir transparaît dans son appréhension des problèmes des jeunes de banlieues assimilés à des : « barbares des cités » avec lesquels « il n’y a plus à tergiverser, il faut leur rentrer dedans, taper fort, les vaincre, reprendre le contrôle des territoires qui leur ont été abandonnés par des élus en mal de tranquillité » (sic).

Ce fin illettré passionné de jeux vidéo, ainsi qu’il l’a déclaré lors d’une émission sur Canal+, se considère comme un modèle d’intégration et décline sa profession de foi : « On veut être des Français moyens, aimant le camembert, buvant du pinard et surendettés. »2.

Avec sa baguette et son litre de gros rouge, un Boutih rayonnant et transfiguré a enfin réalisé son rêve : devenir la copie exotique du beauf gaulois.

Note :

(1) Cf dépêche AFP du dimanche 4 janvier 2004
(2) Cf l’article de Nicolas Weill dans le Monde daté du 15 novembre 2002

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Auteur : Saïd Branine

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