Maccarthysme à la française. SOS Racisme fait exclure Vincent Geisser d’un débat à l’Université de Clermont-Ferrand

En tant que citoyens français, l’on se doit de crier notre ras le bol à la dictature de quelques énergum

vendredi 13 mai 2005

Un début routinier

Dans le cadre des crédits libres, l’atelier « sciences politiques » de la faculté de droit de Clermont-Ferrand a décidé d’organiser une conférence-débat sur le thème « l’intégration : mythe ou réalité ? ». Les sept étudiants organisateurs, inscrits en troisième année, ont décidé d’inviter des personnes aux parcours variés afin d’étudier toutes les facettes du sujet. Ainsi étaient initialement conviés M.Vincent Geisser, enseignant à l’IEP d’Aix-en Provence, chercheur au CNRS, en qualité de personnalité scientifique, M.Dominique Sopo, président de SOS-Racisme, en qualité de représentant associatif « médiatique », -le mot est important-, M.Jacques Barou, docteur en anthropologie, enseignant à l’IEP de Grenoble, en qualité de sociologue et Mme Enneceiri Amina, secrétaire générale adjointe du Haut Conseil à l’Intégration, en qualité de personnage politique. Précisons que cette dernière a dès le début décliné l’invitation pour des questions de calendrier a-t-elle avancé, et que M.Barou n’a pas donné suite.

La conférence était prévue pour le vendredi 13 mai, date à laquelle les intervenants pouvaient être présents.

Étonnantes péripéties

Premier retournement de situation, les organisateurs annoncent que la conférence est reportée d’une semaine parce que M. Sopo ne pouvait plus, allez savoir pourquoi, se présenter à cette date. Jusque là rien de grave : il est vrai que les vies de ces personnages médiatiques sont traversées de changements de dernière minute, l’imprévu pouvait donc être prévisible.

Ajoutons à titre de jalon pour l’intelligence de ce qui va suivre que M.Geisser, lorsqu’il a été prévenu, a précisé qu’il aurait une semaine très chargée, avançant quelques dates où il lui était impossible de venir : son interlocutrice devait s’arranger pour que celles-ci ne soient pas retenues. La conférence-débat était donc nouvellement fixée pour le mardi 17 mai.

Une acrobatie disgracieuse

Troisième étape, le responsable de la conférence-débat, un élève de Master 2, téléphone à M. Geisser et lui laisse un message pour lui traduire son plus profond désarroi (sic !) : en effet, malheureusement le jour retenu, le 17 mai ne convenait plus, il fallait de nouveau reporter au 18 mai, date à laquelle commence par dire notre jeune organisateur, M. Geisser ne pouvait pas venir-c‘est en tout cas ce qu‘il croyait-, il devait donc à son plus grand regret (re-sic !) renoncer à sa participation. Mais comble du comble le message se finit par un hypocrite « on espère que vous pourrez venir » alors même qu’il indiquait au début que cela était impossible.

Manque de chance, M.Geisser était libre à cette date là et le rappelle, sentant bien dans le ton du message que quelque chose d’ « anormal » -nous hésitons à employer le terme, car ce n‘est pas la première fois que l‘on assiste à de tels agissements- se tramait. Se confondant en excuses le jeune responsable dans d’inaudibles borborygmes n’a su que dire pour se justifier, la vérité étant que les représentants de SOS-Racisme avaient dit qu’il y avait un « problème » avec l’un des invités, M.Geisser. Lorsque davantage de précisions ont été demandées, la réponse fut concise : M.Geisser a critiqué leur association et ils ne partagent pas les mêmes idées. M.Sopo a sûrement dû oublier de vérifier le sens du mot « débat » dans son dictionnaire, il aurait vu qu’il était requis que tous les intervenants n’aient pas la même opinion pour que s’instaure le débat, sinon, il s’agirait de blabla.

En tant que citoyens français, l’on se doit de crier notre ras le bol à la dictature de quelques énergumènes médiatisés qui se prévalent du nom plutôt laudatif d’une association, en l’occurrence SOS-Racisme -même si l’association est loin de faire l’unanimité-, pour se permettre les plus basses iniquités.

Peu importe qu’il s’agisse de M.Geisser ou M.Dupont, c’est une question de principe sur laquelle on ne peut transiger, c’est contre les procédés et leurs auteurs que nous nous révoltons, non contre la mise au ban de tel ou tel individu. Que cessent toutes ces manigances enveloppées dans un apparat linguistique enjolivant et que se manifeste la vérité. L’on se doit de faire savoir aux Français comment fonctionne, ou plutôt « dysfonctionne » la prétendue liberté d’expression. Comment ne pas penser au mot que George Orwell emploie dans La ferme des animaux, et dire « tous sont libres mais il y en a de plus libres que d’autres ».

À nous de faire flotter haut l’étendard de la justice, et fièrement dénonçons cet échafaudage de mensonges -nous entendons par-là toutes les raisons faussement invoquées pour rendre compte de ce retournement, mais surtout les fausses apparences dont se revêtent certains pour montrer leurs plus beaux atours quand bien même ceux-là n’existeraient pas, la première fonction de l’habit n’est-elle pas de montrer ce qu’on n’est pas ?- destinés à blanchir un homme des moins loyaux, qui s’habille hypocritement des vêtements de la justice-Monsieur doit lutter contre les discriminations- pour couvrir ses mesquineries.

Ne nous laissons plus tromper par les mots, le verbiage n’a jamais était producteur de faits, mais considérons plutôt les fallacieux procédés de ce genre de personnes qui craignant d’être mis en porte-à-faux, bâillonnent leurs « adversaires » intellectuels sans même l’assumer. Car tout cela se passe en coulisse, ce sont les étudiants qui ont fait le « sale travail ». Officiellement Monsieur n’a fait que répondre à une invitation, il se garderait bien d’énoncer les conditions qu’il a imposées pour ce faire.

N’exemptons pas pour autant les coupables de leur responsabilité : l’étudiant de Master 2 responsable de cet événement, a, nous a-t-on dit, décidé, probablement en accord avec l’administration, de courber l’échine devant ce personnage sans scrupules et de maintenir l‘invitation de ce maître chanteur moyennant l‘annulation de celle de M. Geisser, même si, par ailleurs il en est profondément désolé.

Quelles raisons ont poussé à ce déni de droit ? Parce que la lâcheté aussi a ses raisons que le cœur ne connaît pas.

M.Sopo est un personnage médiatique : encore des gens qui n’ont pas compris que la visibilité d’un homme ne témoignait en rien de ses qualités, mais homme « célèbre »-on se demande par quoi-, M.Sopo devrait « attirer » du monde, ainsi l’université accorde-t-elle plus facilement ses crédits.

Là n’est pas tout, cette décision renferme de croustillants secrets : en effet si l’invitation de M.Sopo était maintenue, -nous avons vu quelles en étaient les conditions-, SOS-Racisme, dans son extrême générosité -rappelons les difficultés financières où patauge encore l’association-, payerait les frais de déplacement, et devinez quoi, elle offrirait aussi le repas d’adieu à tous les participants. Si ça c’est pas du chantage...

Nous regrettons simplement que les organisateurs aient accepté de céder, la justice et la dignité humaine auraient commandé de refuser cet ignoble marché en signifiant à M.Sopo qu’ils n’étaient pas à vendre. Ainsi aurait-il été plus juste de maintenir l’invitation de celui qui ne posait pas de conditions, ou, à la rigueur, d’annuler l’événement sans manquer de faire un communiqué en vue d‘informer les gens de ces infamies .

La conférence est maintenant prévue pour le mercredi 18 mai, il n’y aura que deux intervenants, M.Sopo et Chafia Mentalecheta, représentante du Parlement Européen à l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, personnalité locale qui « remplacera » les autres intervenants.

Mais une question nous tracasse : quelles raisons peuvent bien conduire un homme à refuser le débat et à aller jusqu‘à faire pression pour annuler une petite intervention en Province ? Appliquons la méthode scientifique mise au point par Claude Bernard et procédons par hypothèses et vérifications.

  • Insuffisance intellectuelle ? M. Sopo craindrait donc d’affronter un universitaire de renom ? Possible, mais en vertu de son statut de professeur, M. Geisser aurait pu lui donner quelques leçons à méditer. Pourquoi avoir laisser passer l’occasion ?

  • Désir de se rassurer sur la question très contestée de son autorité ? Probable, rappelons que la légitimité de son « élection » à la présidence de ladite association fut très contestée, surtout par les maisons filles du sud qui sont allées jusqu’à faire scission avec la structure nationale. En effet, certaines personnes qui devaient participer au vote n’avaient pas reçu leur convocation. Fâcheux oubli ? Ainsi M. Sopo doit être bien content de se montrer maître dictatorial de la scène médiatique en réussissant à faire annuler l’invitation de quelqu’un qu’il n’aimait pas parce qu’il ne pensait pas comme lui, raison invoquée par la personne qui a imposé les termes du contrat. Monsieur manquait de reconnaissance, il fallait bien trouver un moyen, aussi pernicieux soit-il, pour que son caprice fît loi.
    Quelle prouesse ! Réussir à se soumettre une poignée d ‘étudiants. Que disons-nous ? Obtenir la complicité de quelques membres du groupe lesquels se sont ingéniés à obliger les autres à accepter cette arbitraire décision , injuste, injustifiée et injustifiable. Rendons hommage à celui qui se sera révolté contre cet autoritarisme déplacé.

  • Geissérophobie ?, ah, si c’est le cas Monsieur Sopo, il faudra céder la place, parce que SOS-Racisme lutte contre TOUTES les formes de discrimination, n’est-ce pas ? Et puis M.Geisser n’est pas le seul à ne pas bénéficier de l’ « honneur » de pouvoir échanger avec M.Sopo, et plus généralement avec les membres de SOS-Racisme.

Moralité d’une histoire pas très morale

Bel exemple pour notre jeunesse !, à peine lancés sur le chemin de l’engagement que les voilà livrés à un individu qui use des moyens les plus pernicieux pour corrompre des esprits indépendants.

Soyons optimistes, espérons au moins que les électeurs présents s’étaient entendus pour élire le plus mauvais d’entre eux, cela expliquerait la mise à l’écart des électeurs « oubliés » peut-être davantage conscients de la réalité.

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