MAM : deux vols en jet privé pour une escapade tunisienne en pleine révolte populaire

La Tunisie de Ben Ali, ses fragrances despotiques capiteuses, ses « Tontons Macoute » pittoresques, son co

dimanche 6 février 2011

La Tunisie de Ben Ali, ses fragrances despotiques capiteuses, ses « Tontons Macoute » pittoresques, son couple de tortionnaires exotiques, mi-racailles en col blanc, mi-bourreaux aux mains sales, et son hôte française de marque, inconditionnelle d’une contrée où le mirage démocratique était plus doux au soleil, surtout quand il rimait avec luxe, calme et… jets privés…

MAM, car c’est bien de notre apparatchik des Affaires Etrangères qu’il s’agit, aimait particulièrement se muer en ambassadrice des airs dans les cieux tunisiens ! Indécente inconséquence, ou inconséquente indécence, ce n’est plus un vol mais deux, à bord d’un avion somptueux appartenant à des proches de la famille Ben Ali, que notre chef de la diplomatie a effectués fin décembre, survolant son lieu de villégiature préféré bien au-dessus des nuages pour mieux détourner le regard de la terre ferme, où la révolte populaire historique faisait vaciller le pouvoir.

Notre ministre, qui n’est « plus ministre quand elle est en vacances » comme elle se plaît à le répéter à l’envi, est au cœur de la tourmente hexagonale, riche en critiques tardives et en mea-culpa timorés, recevant en pleine face l’effet boomerang de l’insurrection tunisienne.

Ce ne sont pas les scrupules qui étouffent celle qui n’hésite pas à laisser son ministère régalien, son sens du devoir et des responsabilités aux vestiaires, dès que l’heure de la récré ministérielle a sonné, et qui a brodé un rocambolesque conte à dormir debout pour justifier l’injustifiable : fouler le sol d’un pays qui était à feu et à sang en compagnie des puissants alliés d’un dictateur, artisan du massacre.

Arguant de sa rencontre « fortuite » avec l’ami de longue date, l’homme d’affaire Aziz Miled, et de son aller-retour non moins « fortuit », entre Tunis et Tabarka, à bord du jet tombé du ciel de ce dernier, le mensonge déjà grossier de Michèle Alliot-Marie se doublait d’une omission, fortuite cela va de soi… Un deuxième vol à bord du même jet affrété aux frais de la princesse, entre Tabarka et Tozeur, le 29 décembre dernier, voilà un petit plaisir, relaté par le Nouvel Observateur, que notre responsable de la diplomatie française, en pleine escapade tunisienne, n’a pas boudé.

Passant depuis plusieurs années d’un maroquin prestigieux à un autre en digne professionnelle de la politique, Michèle Alliot-Marie est aujourd’hui une ministre discréditée, à la tête d’un ministère fantoche, prise la main dans le sac ! Mais gageons qu’à l’instar de ses collègues et illustres prédécesseurs, telle une huître accrochée à son rocher, elle ne dérogera pas à la grande tradition républicaine du « j’y suis, j’y reste ! »…

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