Désaffiliés du prophétique, les hommes sont le plus souvent l’otage de la vanité et de l’orgueil (istikbâr). Ainsi avons-nous pu entrevoir, dans la première partie de cet essai, le colonialisme comme une conséquence directe du fait que les hommes, lorsqu’ils s’affranchissent de la tutelle initiatique, ont tendance à passer la tête sous le joug de l’istikbâr : lorsqu’ils se perçoivent eux-mêmes comme la cause efficace de leur succès et de leur génie (découvertes, inventions, science) ils se sentent investi de la mission d’imposer leurs vues et leur génie au reste du monde…