Liès Hebbadj : un « cas de société » de l’ère Sarkozyste

La mise au vert du pouvoir sans Liès Hebbadj pour pimenter notre été nous aurait réservé un mois d’aoû

lundi 9 août 2010

Liès Hebbadj : un « cas de société » de l’ère Sarkozyste

La mise au vert du pouvoir sans Liès Hebbadj pour pimenter notre été nous aurait réservé un mois d’août terriblement fade et monotone, nous privant de cette saveur épicée de l’acharnement typiquement Sarkozyste contre son nouvel épouvantail exotique, aux chefs d’inculpation longs comme un palmarès hors norme.

Pour sortir du lot, le monstre de foire qu’incarne Liès Hebbadj fait indéniablement figure de pièce rare dans le paysage français, tout le distinguant du citoyen lambda et du citoyen musulman ordinaire, jusqu’à des accusations en série qui flairent la grosse machination politicienne aux relents rétrogrades.

Sale temps pour le nantais de 35 ans pris dans des mailles du filet hautement répressives, au grand dam de son avocate qui établit un lien entre "les discours assez nauséabonds sur la déchéance de la nationalité française et la situation de M. Hebbadj aujourd’hui", présumé coupable de polygamie, d’escroquerie, de fraudes aux allocs, de violences, de viols aggravés, d’intégrisme… rien de moins !

Les délits pleuvent, mais quand on sait que c’est Brice Hortefeux qui veille au grain, une autre anomalie à la française, égérie de la vraie fausse idéologie portée par Sarkozy, lequel se plaît à conserver ses brebis galeuses en dépit de toute condamnation, même pour « injures raciales », on ne peut s’empêcher de penser que ce « cas de société » un peu trop singulier pour être représentatif de la réalité hexagonale, recouvre un énième piège xénophobe indigne de la République.

Alors que les chassés-croisés entre juillettistes et aoûtiens se poursuivent au gré d’une transhumance rituelle, le traquenard nationaliste de l’Elysée profite d’une société au ralenti et au repos pour déployer ses leurres, et préparer le terrain d’une rentrée qui ne lésinera pas sur les artifices et les subterfuges de tous ordres.

De là à ce que le cas Liès Hebbadj s’invite à la prochaine université d’été de l’UMP, il n’y a qu’un pas que des ministres au teint hâlé et en bras de chemise pourraient franchir alertement, histoire de draguer des sympathisants très demandeurs en flattant un populisme latent. Sans les voir ressurgir pour autant, prudence oblige, il y a cependant fort à parier que les bons vieux « Auvergnats » ne seront jamais très loin…

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