Libye : Sarkozy s’en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine...

L’interventionnisme français en Libye est un sale coup pour les révolutionnaires arabes qui veulent renverser les régimes liés aux Etats-Unis et/ou à Israël, et qui tiennent à ce que leur mouvement libérateur soit indépendant de toutes influences étrangères.

Nicolas Sarkozy, ci-devant Président de la République française, chef de ce qui reste des Armées, veut sa guerre. A la demande expresse du « philosophe », « tiers-mondain », pro israélien, Bernard-Henry Lévy, il a reçu trois représentants du Conseil national intérimaire de transition libyen (CNT), une des tendances de l’opposition libyenne réfugiée à Benghazi. Et, à la stupeur de ses partenaires européens, il a reconnu le CNT comme « représentant légitime du peuple libyen », va envoyer un ambassadeur à Benghazi, et envisage d’effectuer des « frappes aériennes ciblées » sur des objectifs militaires tenus par les forces gouvernementales libyennes… si les Nations unies le décident.

A dix jours des élections cantonales qui s’annoncent désastreuses pour son camp, il espère peut-être regagner des points sur Marine Le Pen, présidente du Front national, qui grignote des pans entiers de son électorat. Tant pis pour les dommages collatéraux prévisibles en Libye, les pertes militaires françaises, les effets déstabilisateurs en Méditerranée et pour l’image de la France dans le concert des nations. On se demande ce qu’Alain Juppé, nouveau ministre des Affaires étrangères, est allé faire dans cette galère…

L’interventionnisme français en Libye est un sale coup pour les révolutionnaires arabes qui veulent renverser les régimes liés aux Etats-Unis et/ou à Israël, et qui tiennent à ce que leur mouvement libérateur soit indépendant de toutes influences étrangères.

En jetant aux orties le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, Sarkozy donne raison à Mouammar Kadhafi qui n’en demandait pas tant. Nul doute que l’aventurisme élyséen sera perçu par beaucoup en Libye et dans le monde arabe, comme une résurgence du vieux colonialisme français.

Une voie royale – pour ne pas dire califale - s’ouvre devant les partisans de l’Emirat de Barqa (Al-Qaïda en Libye), implantés dans l’ouest du pays depuis l’époque où Oussama Ben Laden résidait au Soudan, et qui sont très actifs dans les combats qui se déroulent actuellement.

Blog Gilles Munier

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Auteur : Gilles Munier

Auteur du livre Les espions de l’or noir (Ed. Koutoubia), Gilles Munier est journaliste indépendant, il a également dirigé la traduction de « Zabiba et le Roi » un conte prémonitoire écrit par Saddam Hussein et publié aux éditions du Rocher.

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