Lettre ouverte sur les relations France-Israël

Le 10 avril 2002, le Parlement européen a adopté une résolution qui « demande à la Commission et au Cons

lundi 12 juillet 2004

Attention : Monsieur Jacques Chirac, Président de la République Française et Chef de ses armées
Palais de l’Elysée - 55, rue du faubourg Saint-Honoré - 75008 Paris

Madame Michèle Alliot-Marie, Ministre de la Défense
14, rue Saint-Dominique - 75007 PARIS

Objet : Lettre Ouverte à Monsieur le Président de la République et Madame la Ministre de la défense concernant les rapports franco-israéliens

Monsieur le Président, Madame la Ministre,

Le 10 avril 2002, le Parlement européen a adopté une résolution qui « demande à la Commission et au Conseil (...) la suspension de l’Accord d’association euroméditerranéen UE-Israël », la politique de l’État Israélien étant, en effet, en contradiction totale avec l’article 2 de cet accord qui stipule que « les relations entre les parties, de même que toutes les dispositions du présent accord, se fondent sur le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques qui inspire leurs politiques internes et internationales et qui constitue un élément essentiel du présent accord »

L’État d’Israël s’est bâti, voilà un peu plus de cinquante ans, sur l’expulsion ethnique de plus de 800,000 palestiniens, la destruction de plus de 400 de leurs villages et les abominables massacres, dont celui de Deir-Yassine où plus de 200 personnes furent lâchement et froidement assassinées.

Depuis, l’État d’Israël n’a cessé d’être la plus grande source de tension pour la région et pour le monde, provoquant, en moyenne, une guerre ou un affrontement par décennie, agressant des pays allant de l’Irak jusqu’en Tunisie, occupant depuis des décades des parties de la Palestine, de la Syrie et du Liban, allant chaque fois un peu plus loin dans ses massacres et ses crimes de guerres, alimentant les extrémismes, racismes et instabilité à l’échelle mondiale, tout en institutionnalisant une politique et des lois racistes à l’égard de ses propres citoyens d’origine palestinienne, sans parler de ceux qu’ils maintient depuis plus de 35 ans sous une occupation hideuse.

Détenteur, pour ces crimes et agressions, du triste record du nombre de condamnations par toutes les instances internationales, ONU en tête, l’état d’Israël bénéficie pourtant, et depuis trop longtemps, d’une indulgence, voire d’une complicité, scandaleuse de la part des pays occidentaux y compris la France.

Ignorant la position du parlement européen, la France continue à entretenir des relations commerciales privilégiées avec l’État israélien et à avantager les marchandises israéliennes sur son sol par une exonération douanière. La France participe ainsi au renforcement de l’économie israélienne et donne à son gouvernement, non seulement un signe d’acceptation de ses crimes, mais aussi les moyens financiers de les maintenir et continuer sur la même voie. Suite à la visite du Président israélien en février de cette année 2004, le gouvernement français a même proposé de resserrer et amplifier ses liens avec l’État israélien et est allé jusqu’à adopter une position honteuse face au jugement du mur de l’apartheid israélien par la Cour Internationale de Justice à La Haye.

A l’occasion de la récente visite du ministre des affaires étrangères au Proche-orient , le Quai d’Orsay s’est même félicité, dans sa déclaration du 17 juin 2004, de « la très riche relation franco-israélienne (.) et du nouvel élan imprimé à nos relations bilatérales depuis juillet 2002. ». Bref, plus le gouvernement israélien - avec un criminel de guerre à sa tête - se radicalise, vote des lois racistes, colonise, oppresse, dépossède et assassine, plus la France le soutient, lui tend la main et renforce

ses « relations bilatérales et très riches » avec ce gouvernement colonial et d’extrême droite.

Du 14 au 18 juin, ce n’est pourtant pas n’importe quelle « commerce » qui fut soutenu et ce ne sont pas n’importe quelles « marchandises » israéliennes qui furent exposées. Les entreprises d’armement israéliennes ont eu une place de choix dans le salon d’armement Eurostary qui s’est tenu à Paris Nord Villepinte. Des généraux de cette armée israélienne, responsable de tant de crimes et d’horreurs, sont venus s’y pavaner et, comble de tout, la France a signé un contrat de plusieurs dizaines de millions de dollars avec l’armée israélienne et ses entreprises. 

Le ministère de la défense entend ainsi lancer son projet de « guerre du futur  », le contrat portant d’ailleurs sur un projet de drones militaires auquel la France participe depuis longtemps sous le masque de la « recherche ». Le plus important contrat d’armement conclu entre les deux pays depuis l’embargo sur les armes imposé par la France suite à la guerre de 67, nous informe la presse.

Pourtant, et loin d’être finie, l’occupation résultante de cette guerre de 67 n’a fait qu’empirer et ce contrat ne fait que passer la France d’une complicité passive, à l’égard à la politique coloniale israélienne, à une complicité active dans les crimes de cette occupation.

On aurait pu s’attendre à autre chose d’un pays au passé colonial aussi chargé et aussi frais dans les mémoires et dont la devise - pays des Droits de l’Homme

  •  est : « Liberté, Egalité, Fraternité » ! Or ce genre de complicité avec une politique coloniale et raciste aboutit à l’exact contraire de cet idéal, il conduit tout droit à la participation et la promotion de « Occupation, Discrimination, Haine ».

    Monsieur le Président, Madame la Ministre,

    - Etant personnellement plus tourné vers « paix et justice tout de suite » que vers votre « guerre du futur »

  •  Refusant de devenir moi-même aussi complice dans les crimes de l’armée et du gouvernement israéliens que le sont vos gouvernement et ministère respectifs

  •  Considérant que votre complicité est financée avec l’argent des contribuables, dont je suis

    Je tiens à vous informer que, dorénavant et tant que cette complicité honteuse continuera, je ne paierai plus aucune taxe ou impôt à l’état français et je m’engage à reverser les sommes équivalentes à ces impositions à des ouvres caritatives, humanitaires et militantes pour les Droits de l’Homme, contre l’occupation et pour la justice. Je m’engage aussi à faire connaître cette démarche auprès du plus grand nombre de personnes et organisations possible et à y inciter un maximum de citoyens de cette République.

    En espérant que « Tous les hommes naissent libres et égaux en droits », veuillez croire, Monsieur le Président, Madame la Ministre, en mon plus sincère attachement à « Liberté, Egalité, Fraternité » .

    Respectueusement

    M.F.BARATLI

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