Lettre d’invitation à mes frères musulmans,

Voici venu le temps d’un évènement discret mais non moins vertueux. Le pèlerinage Islamo-chrétien des Se

samedi 3 juillet 2004

Voici venu le temps d’un évènement discret mais non moins vertueux. Le pèlerinage Islamo-chrétien des Sept-Saints à Vieux-Marché en Bretagne. Voici 50 ans que Louis Massignon et ses amis chrétiens français, orientaux et musulmans créaient cet évènement ayant découvert par hasard ( !!!) lors d’un séjour de remise en forme en Bretagne un lieu où se vivait humblement une parcelle de l’Amour Divin. Louis Massignon était arabophone et fut guérit d’une grave maladie grâce à la prière de frères musulmans ce qui lui valu de quitter le chemin des ténèbres et se tourner vers le Dieu d’Abraham en s’inspirant des écrits du mystique musulman Al-Hallaj.

Dans son heureuse et invincible Intelligence, dans sa Miséricorde infinie, Dieu, le Dieu d’Abraham, Allah, par la pure tradition du commerce naval de l’étain faisait connaître aux bretons la tradition des Sept Martyrs de la Foi au temps de la domination de l’Empereur payen Decius, auquel ils n’ont pas voulu se soumettre au nom de la foi en Dieu. L’histoire des Gens de La Caverne, provenant du Maroc est arrivée dans la tradition bretonne sous la forme d’un chant profond en langue bretonne (sans musique) appelé Gwerz et qui date du 12e siècle ressemblant étrangement au texte du Coran et à des textes encore connus des chrétiens du Moyen-Orient, ce qui fit un déclic dans l’esprit de Louis Massignon qui fit le rapprochement et s’y intérressa.

Les 24 et 25 juillet prochain a lieu un pèlerinage islamo-chrétien greffé comme un sarment de vigne, sur un Pardon breton célébrant la Résurrection Finale des corps, promise aux croyants par Dieu lui-même, dans les Livres Saints de La Torah, l’Evangile et Le Coran. J’ai eu la chance l’an dernier en ces temps troublés de vivre ce pèlerinage. Ce que je n’imaginait pas à sa juste mesure c’est que Dieu autrement dit sa Providence allait agir avec vigueur pour l’homme que je suis et pour tous les femmes et les hommes présents à cette grande fête : bretons, algériens, marocains, tunisiens, syriens, palestiniens, peuls, pèlerins d’ici et d’ailleurs...

En divers lieu au monde on vénère Dieu au travers de cette Tradition notamment en Algérie au sud de Sétif à Guidjel, en Alllemagne, en Turquie à Ephèse, en Syrie ... jusqu’en Chine.

C’est peut-être l’occasion de rassembler des informations sur cette tradition dans le monde, Baraka, Laoufik par avance.

Je me doit de vous expliquer en premier comment se déroule cette rencontre. En premier lieu, le samedi midi, commence le colloque qui rassemble des croyants des religions du Livre que sont les chrétiens et les musulmans. Comme il se doit on n’y prie pas, et on ne s’attaque pas aux dogmes de chacun. Ensemble on réfléchit à une société meilleure, plus juste, plus libre par la pensée, les actes, la prière en France et ailleurs. Cela se traduit par des conférences d’intervenants divers et bien choisis sur des sujets de société qui touche et préoccupe toutes les communautés. Ce moment est important car il enracine l’évènement du Pardon islamo-chrétien dans la réalité d’aujourd’hui, avec ses joies et ses peurs de l’avenir. Ces interventions de chrétiens et de musulmans sont suivies de questions. C’est donc un pèlerinage interactif où tout pèlerin peut aussi intervenir par la parole ou le silence à l’écoute de l’autre permettant à chacun de ressassé dans son cœur les problèmes du monde afin de les offrir plus tard à Dieu dans la prière personnelle et la prière communautaire distincte et respective.

En effet ces réflexions sont suivies par le lancement du « Pardon » breton à l’heure du Maghreb (du coucher de soleil) où les croyants musulmans sont appelés à prier. A une heure proche du déclin du jour tout le monde se met en route vers le lieu de prière de la chapelle des Sept-Saints ou vers la fontaine.

Les fidèles chrétiens se rendent à la messe et les musulmans peuvent prier dans le champs en face de l’Eglise en direction de la Kibla. Dans le vallon boisé qui mène à la chapelle vous pourrez descendre à pieds car les distances sont courtes, vous apercevrez la fontaine humblement nichée au fond de la vallée. Ce lieu a été nouvellement aménagé par le Maire du lieu pour accueillir les pèlerins. La République veille donc au bon déroulement du pèlerinage, remercions son humble représentant. Cette fontaine peut être le lieu des ablutions rituelles comme cela s’est passé pour certains l’an dernier, l’herbe propre vous servant de tapis. C’est une eau bénie et c’est le lieu où sera psalmodiée la sourate du Coran « Al Kahf » le dimanche midi en clôture du Pardon et traduite en français pour les personnes qui ne connaissent pas l’arabe.

Louis Massignon fit sont dernier pèlerinage en juillet 1962 à Vieux-Marché avec un étudiant musulman Mohamed Taki qui récita la Sourate à la Fontaine et qui devint grâce à Dieu plus tard président des Comores.

Chacun peut donc trouver sa place dans ce pèlerinage musulman-chrétien et faire sa place dans la nature qui est là, ouverte pour la prière, sans aucune association rassurez vous. Ici le respect et la fraternité universelle des êtres humains sont premiers, de manière « bon-enfant » et joyeux grâce à la Miséricorde infinie que Dieu fait descendre ce jour là sur les divers croyants et aussi sur ceux qui cherchent et qui viennent simplement en observant le mystère de la Foi donnée aux uns et aux autres.

Ce qui est commun aux chrétiens et aux musulmans c’est la foi en Dieu et en la Résurection finale fêtée royalement dans ce modeste lieu. Avis aux amateurs de Résurection promise et de conversion plus profonde et authentique. Oui Dieu a voulu cela pour subjugué nos doutes, nos orgueils respectifs, notre Nefs si puissants lorsqu’il s’agit d’être violent à en perdre la raison. Au pèlerinage des Sept-Saints c’est le règne de la Paix et de la Miséricorde de Dieu.

Le soir sur la place publique il y aura un grand feu signifiant la Lumière d’Allah sur les ténèbres du mal. Ce feu s’appelle en breton le « TanTad » littéralement la Foi des Pères en langue bretonne et est suivi d’un Fest-noz (fête de nuit) l’an dernier animé par un groupe Berbéro-Breton.

Le lendemain a lieu la messe du dimanche puis une procession conduit les chrétiens vers la fontaine où est récitée la Sourate de La Caverne psalmodié par un musulman choisi. Donc ainsi se clôture le Pardon en lui-même. L’après-midi a lieu un concert de musique bretonne et orientale. Le programme est disponible à la Mairie.

Ainsi mes frères,venez, emmenez des tapis de paille que vous pourrez étendre sur les champs fraîchement moissonnés à l’ombre des arbres si il pleut. En Bretagne la pluie est perçue comme une bénédiction, elle est légère. Pour l’accueil des pèlerins il faut prévenir du nombre approximatif en téléphonant à la Mairie, la tradition veut que les pèlerins soit accueillis. La viande Hallal sera prévue mais chacun peut amené de sa nourriture traditionnelle du pays d’où il vient pour enrichir la fête et le partage fraternel qui se fait aussi dans les humbles repas. Dans cet espace ouvert il faut se sentir libre.

Cette année a lieu le 50e anniversaire du pèlerinage et je ne saurais vous dire le combien-t-iemme Pardon breton car cela remonte la nuit des temps bretons. Rappelons que les bretons ont débarqué il y a 1500 ans environ en provenance du Pays de Galles dans ces lieux fuyant l’esclavage des tribus anglo-saxonnes de l’époque qui n’était pas alors converties. Des moines venus d’Irlande sont venus en bateau convertir le peuple breton en la foi d’Abraham par Jésus, quelques années après le débarquement (je suis breton et ne suis pas historien, mais en gros c’est cela). Cette terre est donc pour les bretons comme la terre promise pour le peuple de Moïse, une terre de dignité et de profonde foi. Des générations de croyants y ont vécus et y sont enterrés (Paix à leurs âmes).

Peu de temps après la création de ce pèlerinage Islamo-chrétien, est survenu la guerre d’Algérie. Malheur pour ces deux nations. Bonheur aujourd’hui de se retrouver sous la banière d’Allah, le Dieu d’Abraham des chrétiens, des juifs et des musulmans. En effet il est bon de savoir que Louis Massignon et ses fidèles amis qui ont fondés ce nouveau pèlerinage était des défenseurs fermes et pacifistes de la « question algérienne », en ces temps là, certains comme Gandhi agissant par le jeune sacré, d’autre en souffrant des tortures infligés par leurs propres concitoyens français de l’époque, dont on sait qu’ils se sont adonnés à des actes immondes. Qu’Allah les pardonne et pardonne tout ceux qui reviennent à lui dans le repentir, et nous pardonne si nous donnons un jugement car Dieu seul connaît les cœurs. Je n’ai que la quarantaine aussi vous comprendrez que je laisse aux anciens, aux témoins, aux sages et aux historiens de bonne volonté algériens et français de vous en parler, de ces jours sombres, qui tiennent de l’horreur ; au l’on considère que c’était une guerre civile ou un affrontement entre deux nations libres. La cloche grave, nommée le Bourdon, de la cathédrale d’Alger (qui sonne le glas pour avertir les hommes en des temps troublés) est dans l’église de Vieux-Marché.

Voici un appel à tous les hommes et femmes de bonne volonté à faire mémoire et prier chacun dans sa religion, sa différence, son appel intérieur, sans association aucune avec les îdoles de notre temps, à braver les soifs de puissance et de haine de certains en ce moment, pour construire une civilisation planétaire de la Paix en Dieu, Salam Alaïkum, Shalom ; de la Victoire (Mansour) en Allah. Alors osons venir, osons bouger ou si nous ne pouvons venir osons prier dans le secret de nos cœurs pour la Paix du monde que Dieu à créer, qui est dans la main de Dieu qui nous responsabilise aussi par nos mains et nos voix de batisseur de Paix, pour changer le monde par la fraternité, pauvre, exigente et joyeuse comme à Vieux-Marché. Merci à la population locale et à l’Evêque d’Alger de nous accueillir tous dans le comté du Trégor. Rappelons que notre belle Bretagne française fut alliée librement à la France par un mariage au 16e siècle sans aucune domination mais bien sûr avec quelques garanties écrites exigées par Anne de Bretagne avant de devenir Reine de France.

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