Lettre à Marc-Olivier Fogiel

Monsieur Fogiel, Au cours de votre entretien avec Ayaan Hirsi Ali, auteure du livre intitulé « Insoum

dimanche 5 juin 2005

Monsieur Fogiel,

Au cours de votre entretien avec Ayaan Hirsi Ali, auteure du livre intitulé « Insoumise », vous avez perdu toute objectivité et sens critique, pour finir par la remercier pour son courage. Le fait d’affirmer : « que l’islam n’est pas compatible avec la démocratie », « que le prophète Mohamed est pédophile » , « que c’est une religion qui appelle à la haine », n’a en fait rien de courageux ! Ces propos relèvent tout simplement de la diffamation et de la calomnie.

Qu’elle écrive un livre, c’est son droit, qu’elle insulte une religion c’est sa liberté, mais vous l’invitez sans que personne ne lui apporte la contradiction. Au cours de cette même émission, vous avez dialogué avec Marie- Léonie, à propos de son histoire fantasmatique du RER D. Évoquant la responsabilité des médias dans l’invention de son récit, cette dernière a précisé qu’elle avait notamment côtoyé en banlieue des Français d’origine maghrébine sans jamais connaître de problèmes particuliers. En revanche, soulignant que les médias les mettaient régulièrement en cause, elle en a déduit que son histoire paraîtrait plus crédible.

Il n’est pas un jour en effet où les musulmans ne sont pas stigmatisés. On constate une disproportion dans le traitement de leur image, entre les minorités qui ont une lecture biaisée (souvent ruralo-culturaliste) de la religion, et la majorité qui vit sa foi en toute quiétude.

Je vous invite sérieusement à réfléchir sur l’impact que peuvent avoir certains discours relayés par les médias, après avoir laissé votre invitée véhiculer les pires clichés sur la deuxième religion du monde et de France, et qui n’a jamais été répertoriée comme secte ou un danger pour la civilisation.

J’ai également saisi la Haute Autorité pour la Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (Halde) présidée par Louis Schweitzer en vue d’une enquête sur la couverture médiatique des faits-divers de Perpignan. Où les victimes ont perdu, dans les médias, leur qualité de Français, au profit d’une mythique appartenance communautaire voire clanique, les gitans contre les Arabes.

En tant que citoyen engagé dans la vie politique et attaché à la fraternité, j’espère qu’à l’avenir vous ferez preuve de plus de discernement, car l’usage de certains mots peut être lourd de conséquences.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur Fogiel, l’expression de mes salutations distinguées.

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