Les sociologues français tentés par le modèle communautaire américain

La gestion « communautaire » US des quartiers difficiles passerait-elle de l’exemple à ne surtout pas

lundi 28 septembre 2009

La gestion « communautaire » US des quartiers difficiles passerait-elle de l’exemple à ne surtout pas reproduire au parangon de cohésion sociale à méditer ?

Un colloque, organisé le 25 septembre à l’Ecole normale supérieure à Lyon, a révélé l’intérêt accru d’une partie de nos éminents chercheurs pour la capacité des villes américaines à mobiliser leurs habitants, en favorisant leur participation citoyenne dans les quartiers sensibles, comparativement à « la grande faiblesse » dont pâtit notre politique de la ville en la matière.

Ancien « organisateur de communauté » dans les quartiers sud de Chicago, lorsqu’il était jeune, Barack Obama est l’incarnation même de la mise en œuvre d’une politique de la ville participative, grâce à laquelle les habitants sont incités à se fédérer pour la défense de leurs intérêts face aux bailleurs sociaux, aux banques, aux municipalités... Une démarche, à l’origine de l’émergence de leaders et de pouvoirs locaux sur le devant de la scène publique.

Nul besoin d’être grand clerc pour mesurer le fossé immense qui sépare l’approche américaine de notre vision française, incorrigible réfractaire au « communautarisme », une notion fortement connotée d’une « forme régressive de citoyenneté » : « Là où, dans d’autres pays, les initiatives dans les quartiers à problèmes viennent des habitants, une culture de défiance envers la société civile continue de caractériser nos administrations, niant la légitimité des demandes des habitants, par ailleurs mal représentés politiquement » insiste Mme Gendrot, professeur de sciences politiques.

Alors que les résultats se font désespérément attendre sur le terrain, le gouvernement Sarkozy ne déroge pas à sa stratégie misant tout sur le bâti, à raison d’une injection de 40 milliards dans la rénovation urbaine d’ici à 2013, et rien ou presque sur l’humain.

Comment ne pas se tourner vers notre experte nationale ès banlieues, Fadela Amara, dont les seuls faits d’armes au sein de NPNS ont suffi à propulser secrétaire d’Etat en charge d’un programme qui n’est que de la poudre aux yeux ?

Sauvée par l’affaire providentielle de la burqa qui lui permet de faire diversion en porte-drapeau d’une loi anti-voile intégral, l’autre ministre alibi de l’immigration promue par Sarkozy n’est que le séide d’une politique qui installe des délégués des préfets dans les cités pour rapprocher les quartiers des services publics, discréditant au passage, lors des dernières élections municipales, les listes autonomes de ces mêmes quartiers en les estampillant du label repoussoir : « communautaires ».

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