Les raids aériens en Afghanistan : l’armée américaine désavouée

Le 4 mai dernier, dans le district de Bala Buluk, l’armée américaine s’est rendue coupable de bombardeme

mercredi 3 juin 2009

Le 4 mai dernier, dans le district de Bala Buluk, l’armée américaine s’est rendue coupable de bombardements en rafale, provoquant la mort de dizaines de civils innocents, dont la funèbre comptabilité évalue le nombre à 140 victimes, selon le gouvernement afghan.

Suscitant l’indignation générale de la population afghane et les plus vives récriminations du président, Hamid Karzaï, cette grave dérive militaire a fait l’objet d’une enquête interne diligentée par l’armée américaine, qui vient de conclure à la responsabilité irréfutable de ses troupes.

Publié par le New York Times, le verdict tombe comme un couperet sur la « bavure » de trop, symptomatique du sentiment de toute-puissance qui anime les forces d’occupation américaines. Aveuglés par leur traque des talibans, les soldats se sont mis à tirer dans le tas pendant sept heures d’affilée, transgressant dans un raid aérien criminel tous les codes et charte éthique en vigueur.

Estimant la responsabilité de l’armée américaine à "20 à 30 civils" et 60 à 65 insurgés, ce rapport accablant est « la plus claire reconnaissance américaine d’une erreur en lien avec ces attaques », précise le journal.

Le fraîchement nommé commandant des forces américaines et alliées en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, s’est formellement engagé à tout mettre en œuvre pour que de telles fautes professionnelles ne se reproduisent plus à l’avenir.

Les Nations Unies rapportent qu’ en 2008, 2.118 civils ont été tués dans les violences en Afghanistan, dont 39% du fait des forces pro-gouvernementales, essentiellement lors de bombardements.

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