Les pays arabes du Golfe à la conquête du 7ème Art

Alors que le glamour et le luxe gravissent chaque jour les marches du plus célèbre palais des Festivals, les

vendredi 14 mai 2010

Alors que le glamour et le luxe gravissent chaque jour les marches du plus célèbre palais des Festivals, les pays arabes du Golfe ont choisi d’afficher leur nouvelle ambition à la 63ème édition du prestigieux rendez-vous de la Croisette, mais côté Marché du Film, le poumon de l’industrie cinématographique.

A l’image d’Abou Dhabi, qui a pris ses quartiers dans un pavillon smart et spacieux, là où les contrats se négocient à prix d’or et qui, en pionnier, produira prochainement son premier long métrage de fiction, les émirats se sont tous mis à l’heure cannoise du 7ème Art, espérant bâtir un nouvel "Hollywood Persique", valorisant leurs spécificités culturelles et religieuses.

"On tourne des films depuis les années 1970 mais nous n’avions pas d’industrie", a déclaré le directeur adjoint du Festival du film d’Abou Dhabi, Kellen Quinn, qui souligne combien l’attente est grande parmi la population des émirats, très friande de films, son festival faisant salle comble chaque année.

Découvrant les fastes de Cannes pour la première fois, le Qatar a également envoyé une délégation, attiré lui aussi par une industrie qui a manifestement de l’avenir, les Qataris délaissant de plus en plus le petit écran de leur foyer pour se ruer chaque week-end vers les salles obscures. "Nous avons déjà 50 écrans pour 1,2 million d’habitants. Le week-end, les cinémas sont pleins", affirme la porte-parole de l’Institut du cinéma de Doha, Fatma Al Remaihi, qui constate l’ampleur d’un phénomène somme toute récent.

Abou Dhabi, le Qatar, deux émirats qui ont vite compris les ficelles du métier, en se dotant de leur grand festival respectif, vitrine indispensable pour faire briller les productions locales sous le scintillement, non moins obligé, de stars internationales, telles que Orlando Bloom, Demi Moore, Hilary Swank...en 2009, tout en instaurant un système d’aide financière destiné aux plus talentueux de leurs réalisateurs.

Derrière l’empire industriel qui s’annonce des plus florissants, c’est un cinéma engagé, d’auteur, qui sera encouragé, aspirant à s’exporter de l’autre côté des frontières du monde arabe pour humaniser une vision sociale et culturelle, qui rime trop souvent encore avec mépris, ignorance, ou la pire fantasmagorie.

Publicité

commentaires