Les nouveaux « intouchables » et les kilotonnes « démocratiques »

Aucun diplomate français ou européen en exercice n’a le droit de toucher aujourd’hui la main d’un mem

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dimanche 10 décembre 2006

Aucun diplomate français ou européen en exercice n’a le droit de toucher aujourd’hui la main d’un membre du gouvernement palestinien ou de sa majorité parlementaire. Il est vrai que pour qui accepterait d’outrepasser le veto politique, un tel exercice serait particulièrement difficile.

Ce n’est pas seulement dans les ruines du ghetto qu’est devenu Gaza qu’il faudrait chercher les vainqueurs du scrutin de janvier 2006 mais, pour plusieurs dizaines d’entre eux, au fond des geôles israéliennes, là où le gouvernement de « la seule démocratie du Proche Orient » et ses alliés complaisants laissent croupir depuis plusieurs mois ces nouveaux « intouchables » de notre temps.

L’Iran se chauffera au pétrole et au charbon ! Pas de nucléaire, fut-il civil, pour les fous de Dieu ! Pendant ce temps, dans le seul pays de la région à détenir un imposant arsenal nucléaire, le chef de l’extrême droite la plus explicitement raciste vient d’accéder au poste de vice premier ministre « chargé des affaires stratégiques ». Dormez en paix, citoyens du Proche-Orient, ces « kilotonnes » là et les « fous de Dieu » qui pourraient en faire usage sont … « démocratiques ». !

L’avenir électoral permet-il d’espérer un peu plus d’universalisme dans la vision française du monde ? A quand l’établissement d’un minimum de communication avec les vainqueurs des urnes, désignés ou potentiels, de la plupart des pays de notre voisinage arabe ?

Au Liban, dans l’antichambre du Proche-Orient compliqué, notre candidate socialiste à l’élection présidentielle a certes rappelé la nécessité - aussi lumineuse qu’elle est simple (sinon facile)- de discuter avec « tous les représentants démocratiquement élus ».

Las, comme tant d’autres, cet universel là n’a pas résisté à l’air de Tel-Aviv. Et Mme Royal est prestement et pitoyablement rentrée dans le rang des plus forts. Tout comme les nouveaux « intouchables » de ce siècle, nos espoirs devront donc attendre des jours meilleurs.

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Auteur : François Burgat

Politologue.

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