Des sondages faussement neutres et vraiment orientés, des éditoriaux agressifs et donneurs de leçon, des bavures médiatiques, des indignations publiques à géométrie variable (suivant que vous serez puissant ou misérable, blanc ou noir, catho-laïque ou musulman), des inventions lexicales faussement bienveillantes (comme la mixité ou la diversité) ou franchement malveillantes (comme le communautarisme et la repentance), des évolutions idéologiques inquiétantes (la lepénisation, le sarkozysme, l’islamophobie (...)
style=''>Des sondages faussement neutres
et vraiment orientés, des éditoriaux agressifs et donneurs de leçon, des
bavures médiatiques, des indignations publiques à géométrie variable (suivant
que vous serez puissant ou misérable, blanc ou noir, catho-laïque ou musulman),
des inventions lexicales faussement bienveillantes (comme la mixité ou la
diversité) ou franchement malveillantes (comme le communautarisme et la
repentance), des évolutions idéologiques inquiétantes (la lepénisation, le
sarkozysme, l’islamophobie et ses déclinaisons faussement
« laïques-et-féministes »), et enfin la radicalisation et la
« décomplexion » du racisme, du sexisme et du mépris de classe :
tels sont les principaux sujets qu’aborde le recueil Les mots sont
importants, qui résume en trente-et-un textes dix années de critique
sociale.
style=''>Ce livre rassemble trente-et-un
textes issus de dix années de travail au sein du Collectif Les mots sont
importants. À côté des raisons biographiques ou sociologiques qui expliquent
notre intérêt pour le langage et notre goût pour la critique, les raisons
politiques qui nous ont poussé à investir le champ de la critique du langage et
plus spécifiquement de la langue des dominants, n’ont au fond rien d’original
ni de nouveau. Georges Orwell, dès les années 1940, les expliquait avec
force :
style=''>« À notre époque, les
discours et les écrits politiques sont pour l’essentiel une défense de
l’indéfendable. Des événements comme la continuation de la domination
britannique en Inde, les purges et les déportations en Russie, le lancement de
la bombe atomique sur le Japon, peuvent bien sûr être défendus, mais seulement
avec des arguments que la plupart des gens ne peuvent pas reprendre à leur
compte, et qui ne s’inscrivent pas dans les buts professés par les partis
politiques. Ainsi le langage politique consiste-t-il pour une grande part en
euphémismes, pétitions de principe et pure confusion. Des villages sans défense
sont bombardés par l’aviation, les habitants sont chassés vers la campagne, le
bétail est passé à la mitrailleuse, les maisons sont incendiées : on
appelle cela pacification. Des millions de paysans se font voler leur ferme et
sont jetés sur les routes avec pour seul viatique ce qu’ils peuvent
porter : on appelle cela transfert de population, ou rectification de
frontière.
style=''> Des gens sont emprisonnés pour
des années sans jugement, ou abattus d’une balle dans la nuque, ou envoyés
mourir du scorbut dans les camps de bûcherons de l’arctique : on appelle
cela élimination des éléments suspects. Une telle phraséologie est nécessaire
pour susciter les images qui leur correspondent. Prenez par exemple un
professeur anglais qui vit à l’aise et qui défend le totalitarisme russe. Il ne
peut dire d’un trait : “je crois qu’il faut tuer ses adversaires toutes
les fois qu’on peut en tirer un résultat profitable”. Par conséquent, il dira
plutôt quelque chose de ce genre : “Tout en concédant volontiers que le
régime soviétique affiche certains traits que les humanistes sont enclins à
déplorer, nous devons, je pense, reconnaître qu’une certaine restriction du
droit de l’opposition politique est un corollaire inévitable des périodes de
transition, et que les rigueurs avec lesquelles le peuple russe a été confronté
ont été amplement justifiées dans la sphère des réalisations concrètes”. »
href="#_ftn1" name="_ftnref1" title="">
class=MsoFootnoteReference>[1]
style=''>Le fait qu’Orwell ait ciblé son
travail critique sur des régimes totalitaires ou coloniaux et que nous nous
consacrions pour notre part à des contextes démocratiques et post-coloniaux ne
change pas fondamentalement l’enjeu, bien au contraire : plus un régime se
dit démocratique et égalitaire, plus il doit légitimer la violence qu’il exerce
et l’ordre inégalitaire qu’il instaure.
style=''>Quant au rôle politique de plus
en plus important que jouent les images du fait de l’essor et de la
quasi-hégémonie des médias audiovisuels, s’il appelle en réponse une attention
critique spécifique aux choix d’images, à leur cadrage et à leur montage – celle d’un Serge Daney, par exemple
title="">
style=';'>[2] –
il n’annule pas, loin s’en faut, la centralité du langage dans la sphère du
combat culturel et idéologique. Pierre Bourdieu l’a souligné :
style=''>« En fait, paradoxalement,
le monde de l’image est dominé par les mots. La photo n’est rien sans la
légende qui dit ce qu’il faut lire – legendum –, c’est-à-dire bien
souvent des légendes qui font voir n’importe quoi. Nommer, on le sait, c’est
faire voir, c’est créer, porter à l’existence. Et les mots peuvent faire des
ravages : islam, islamique, islamiste – le foulard est-il islamique ou
islamiste ? Et s’il s’agissait d’un fichu, sans plus ? Il m’arrive
d’avoir envie de reprendre chaque mot des présentateurs qui parlent souvent à
la légère sans avoir la moindre idée de la difficulté et de la gravité de ce
qu’ils évoquent et des responsabilités qu’ils encourent en les évoquant, devant
des milliers de téléspectateurs, sans les comprendre et sans comprendre qu’ils
ne les comprennent pas. Parce que ces mots font des choses, créent des
fantasmes, des peurs, des phobies ou, simplement, des représentations
fausses. »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[3]
style=''>Il est dès lors assez
indifférent, du point de vue de notre travail, que les discours critiqués
émanent de la presse écrite, de la radio ou de la télévision – cela
d’autant plus que c’est la même langue qui s’y exprime… et souvent les mêmes
locuteurs : ces fameux éditocrates
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[4]
(Alain Duhamel, Laurent Joffrin, Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy, Alexandre
Adler, Christophe Barbier, Nicolas Baverez, Caroline Fourest, Jacques
Marseille, Jacques Julliard, Philippe Val et une poignée d’autres) qui sont
devenus, que nous le voulions ou non, les ténors de l’air du temps.
style=''>Il serait bien entendu abusif
d’envisager de manière trop massive la langue des grands médias, en
méconnaissant son hétérogénéité : même si la soumission à l’ordre établi
demeure en tout lieu la règle, et même si l’on peut affirmer que tous les
grands médias promeuvent pour l’essentiel une langue normalisée et appauvrie,
une certaine hétérogénéité se manifeste toutefois. D’abord entre des médias populistes
comme TF1, RTL ou Le Parisien, qui propagent une version
pauvre, caricaturale et édulcorée de la culture populaire : la culture de
masse – avec son avatar linguistique : une langue de masse –
et des médias élitistes comme Le Monde, Le Nouvel Observateur, France
Culture ou Arte, qui cultivent davantage la distinction et la
cuistrerie.
style=''>Ensuite entre les programmes de
divertissement (jeux, reality-shows, talk-shows sans dimension
politique affichée), la fiction, les programmes culturels, l’information, le
commentaire politique et les « débats de société ». Du point de vue
de la critique de la langue, tous ces types d’émissions méritent une lecture
politique même si, de fait, nous concentrons pour notre part l’essentiel de
notre attention sur l’information, le commentaire et le débat, en pointant deux
langues sensiblement différentes, mais passibles des mêmes critiques :
style=''>- la langue du journalisme
d’information ou d’enquête, dont nous dénonçons la fausse neutralité, la
croyance naïve au « fait » et la méconnaissance de sa construction
sociale (nous avons par exemple produit plusieurs analyses déconstruisant
l’apparente réalité objective du « problème de l’immigration », du
« problème des quartiers sensibles », du « problème de
l’insécurité » et du « problème du voile à l’école », ou encore
la fausse évidence, considérée comme acquise dans la plupart des reportages,
d’une augmentation et d’une spécificité banlieusarde et
« arabo-musulmane » des violences sexistes).
style=''>- la langue du commentaire
autorisé, désormais rebaptisé « décryptage », dont nous dénonçons la
fausse impartialité en mettant à jour leurs partis-pris implicites, leurs
points aveugles et leurs présupposés idéologiques.
style=''>Nous avons donc retenu
trente-et-un textes, regroupés en sept thématiques. Un premier chapitre,
intitulé « Poupées ventriloques », analyse à partir d’exemples précis
la manière dont la parole populaire est confisquée par ceux là-même qui
prétendent la recueillir et la publiciser : les éditorialistes armés de
sondages qui font dire à « l’opinion publique » absolument tout ce
qu’ils veulent. Le chapitre suivant, « La France d’en bas vue d’en
haut », s’intéresse à la manière dont ces mêmes éditorialistes, populistes
lorsque le peuple opine sagement aux « inquiétudes » et aux « réformes »
que lui ont concoctées les sondeurs, deviennent tout à coup anti-populistes à
chaque fois qu’émerge une expression populaire authentique et autonome :
la grève, l’émeute ou cette émeute électorale que fut la victoire du Non au référendum
européen de 2005. Dans ces moments incontrôlés où les élites ne parviennent
plus à « parler le peuple », le commentaire politique autorisé change
de registre et parle du peuple – en des termes révélateurs d’un
profond mépris de classe.
style=''>Ce qui est en question dans ces
deux chapitres est en somme la distribution de la parole : qui est sujet
du discours autorisé, qui n’est qu’objet ? Bref : qui parle de
qui ? On l’oublie trop souvent : les rapports du pouvoir s’expriment sur
le plan linguistique autant que sur le plan politique, économique ou social. Le
dominant est entre autres choses celui qui a la parole tandis que le dominé
doit sans cesse la conquérir. Quand le second doit se battre non seulement pour
avoir la parole mais aussi et surtout pour être écouté (c’est-à-dire pris au
sérieux) et entendu (c’est-à-dire au moins compris, à défaut d’être approuvé),
le premier est investi d’une autorité symbolique qui lui donne à peu près toute
légitimité à dire à peu près tout ce qu’il veut sur à peu près tous les sujets
et sa parole jouit d’une légitimité, d’un intérêt et d’un crédit
quasi-naturels.
style=''>C’est ainsi par exemple que,
parallèlement à la domination militaire, politique et économique que la France
coloniale a exercé et exerce sur une bonne partie de l’Afrique noire, s’est mis
en place un ordre symbolique qui répercute la division sociale du travail sur
le terrain linguistique en instituant les Français blancs dans le rôle de sujet
ou d’agent d’énonciation tandis que les Africains sont relégués soit au rang d’objet
soit à celui de destinataire des discours – c’est ce qu’a illustré sous
une forme particulièrement brutale l’ahurissant Discours de Dakar de Nicolas
Sarkozy
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[5].
style=''>Le troisième chapitre poursuit la
réflexion en s’attardant sur le contenu des discours : comment nos clercs,
éditorialistes et journalistes parlent-ils du peuple et de ses différentes
composantes – immigrés, jeunes des quartiers populaires, lesbiennes,
femmes émancipées ? Une même réponse se dégage, au-delà des différences et
des nuances : mal. Le discours est mal construit, mal fondé
logiquement, mal étayé empiriquement, mauvais en somme d’un strict point de vue
technique au regard des exigences du bon journalisme, mais aussi malveillant et
malfaisant. Stigmatisation des pauvres et des étrangers, légitimation de la
violence économique, raciste, sexiste et homophobe : les raisons sont
nombreuses d’intituler ce chapitre « Mauvais traitements ».
style=''>Cette analyse qualitative du
contenu des discours est prolongée dans le chapitre suivant par une perspective
quantitative : comment, à quelle échelle et à quelle intensité ces
discours autorisés sont-ils diffusés ? Quel bruit médiatique
font-ils ? Quelle est leur force de frappe politique ? La
signification et les effets sociaux d’un discours dépendent en effet autant de
ce qui est dit que de qui le dit et de la manière dont le discours est
reçu. Nous soulevons en particulier un effet de quantité
particulièrement opérant ces dernières années : la figure du deux poids
deux mesures, en particulier dans la manière de publiciser, réprouver et
combattre les différentes formes de violence raciste ou sexiste. Toujours au
détriment des mêmes…
style=''>Le cinquième chapitre resserre
encore plus la focale en se concentrant sur des mots. Il porte
plus précisément sur ce que Gille Deleuze appelait les gros
concepts : ces grands mots d’apparence savante qui ont en commun
d’intimider et de servir à ne pas penser. À la fois vides (de sens)
et trop pleins (de présupposés et de moralisme), ils forment l’armature de ce
qu’Orwell a nommé la novlangue du pouvoir. Alain Bihr en a répertorié un
certain nombre, en particulier dans le domaine des discours socio-économique
href="#_ftn6" name="_ftnref6" title="">
class=MsoFootnoteReference>[6],
nous en avons retenus quatre, apparus récemment et vite devenus hégémoniques :
la mixité sociale et la diversité (coefficientées positivement), le
communautarisme et la honte d’être français (coefficientés négativement).
Ironiquement intitulé
« Grandes questions », le sixième chapitre vient contester le
monopole de l’objectivité et du discours vrai que se sont réservé les clercs de
l’ordre dominant, qu’ils soient écrivains, éditorialistes, chargés de
cours à Sciences-Po ou histrions télévisuels – ou, comme c’est souvent le
cas, tout cela à la fois. Nous y proposons des analyses approfondies qui ont en
commun d’aller à contre-courant des interprétations dominantes de divers
phénomènes : le racisme, la nature du sarkozysme et les raisons de son
succès, les enjeux de la lutte contre le sexisme en banlieue, mais aussi la
construction-même de cet objet politique très particulier qu’est la banlieue.
style=''>Nous avons réuni pour finir
plusieurs textes d’intervention sur l’hétérosexisme, et plus précisément sur
ses formes machistes et virilistes, telles qu’elles se manifestent dans les
hautes sphères de la politique, de la culture et de la
communication – ce Gotha qu’on nous présente toujours comme policé et
courtois par opposition aux maris violents, jeunes violeurs et autres
harceleurs supposés tous d’origine populaire, pas très française et pas très
catho-laïque. En épinglant entre autres Julien Dray, Ségolène Royal, Xavier
Darcos, Eric Zemmour, Alain Soral, Patrick Buisson et Dominique de Villepin,
sans oublier notre petite bite sur pattes nationale, Nicolas Sarkozy, ces
textes sont autant d’occasions de rappeler que le sexisme, y compris le plus
grossier, est loin d’être l’apanage des gueux et des basanés.
De cet
ensemble se dégage, nous l’espérons, un souci qui anime le travail de
publication poursuivi depuis dix ans autour du site lmsi.net : contribuer
avec bien d’autres collectifs et médias alternatifs, à promouvoir une
contre-culture anticapitaliste, antiraciste et antisexiste.
Ce travail et ce livre sont dédiés à toutes celles et ceux qui, loin des radicalités aristocratiques, du communisme mondain et des poses prophétiques, s’engagent en pensée, en paroles et en actes, et s’efforcent jusque dans leur vie professionnelle et affective de faire vivre un minimum les mots émancipation, égalité et amitié.

title="">
style='font-size:10.0pt;'>[1]
style='font-size:10.0pt;'> George Orwell,
« La politique et la langue anglaise », in Tels étaient nos
plaisirs et autres essais. 1944-1949, Ivrea, 2005.
title="">
style='font-size:10.0pt;'>[2]
style='font-size:10.0pt;'> Cf. notamment Le
salaire du zappeur, P.O.L, 1993 et Devant la recrudescence des vols de
sac à main, Alea, 1993
title="">
style='font-size:10.0pt;'>[3]
style='font-size:10.0pt;'> Pierre
Bourdieu, Sur la télévision, Raisons d’Agir, 1998
title="">
style='font-size:10.0pt;'>[4]
style='font-size:10.0pt;'> Cf. Mona
Chollet, Olivier Cyran, Sébastien Fontenelle, Mathias Reymond, Les
éditocrates, La Découverte, 2009
Commentaires
De cet ensemble se dégage, nous l’espérons, un souci qui anime le travail de publication poursuivi depuis dix ans autour du site lmsi.net : contribuer avec bien d’autres collectifs et médias alternatifs, à promouvoir une contre-culture anticapitaliste, antiraciste et antisexiste.
On se demandait où tout ce verbiage d’un parti pris ahurissant devait nous conduire.
Petit manuel à l’usage des contestateurs professionnels et des bigots tiers-mondiste. Ceux qui cherchent des propositions intéressantes, passez votre chemin, il n’y a rien à voir !
Meme si l’ouvrage (que je ne connais pas) semble offrir un tableau plutot sombre et sans trop de nuances, il a peut-etre touche son but, au vu des reactions navrees de laics bien-pensants qui reagissent ici. Tout ce qui envenime les angoisses de ces racistes (la laicite est l’autre nom de l’islamophobie, n’est-ce pas ?), de cette France qui avance a reculons devant la condition postcoloniale, a quelque chose de rejouissant.
"...à promouvoir une contre-culture anticapitaliste, antiraciste et antisexiste." Ajoutez "antireligieuse", et je suis preneur !
"...des réactions navrées de laïcs bien-pensants qui réagissent ici."
Faut pas rigoler : quatre contributeurs dont un seul positif ! Cela porte un nom : FIASCO. Faut téléphoner aux copains, les gars, qu’ils se remuent.
Ya les mots, les images, mais aussi le ton, le jeu, bref la mise en scène.
Il y a des français qui n’ont pas encore pris conscience que la France est un pays multi-racial et qu’il n’y a là rien qui soit anormal.
C’est rigolo ce que dit laïc.
la moquerie ,le sarcasme et l’ironie sont l’apanage des sots.
N’est ce pas narquois ??
N’est-il pas efficace le "téléphone arabe"lorsqu’on veut répandre le bruit ?
Pourquoi le suggérer alors que vous en usez si tant ?
Juste un courant d’air,une douce caresse que ce vent qui souffle sur vos préjugés et murmure à vos oreilles la raison qui vous a conduit jusqu’ici..
Bravo et Merci. C’est franc, direct et surtout JUSTE. Cordialement.
Salam Narquois, salam Flobecq,
Un petit cadeau pour vous, gratos.
On doit à Nietzsche cette prophétie fulgurante et incontestablement réalisée - et le fiel de vos posts en apporte comme une preuve manifeste :
“L’homme des civilisations tardives et à clartés déclinantes sera un individu, en gros, plutôt débile”.
A bon entendeur, salams.
"Les mots sont importants"
Dommage que les auteurs n’aient pas appliqué cette conviction à leurs propres écrits.
Quant au "sans oublier notre petite bite sur pattes nationale, Nicolas Sarkozy", d’une rare vulgarité écrite, cela témoigne d’un époque où un certain milieu culturel s’imagine que la vulgarité est "branchée", que c’est un "must".
On m’avait appris que la vulgarité, comme la violence, est la force des faibles. Aujourd’hui, je pense que c’est devenu d’un conformisme atterrant.
Allez, on se détend !
Oui, les mots sont importants, suivant le sens qu’on leur donne.
Exemple : le mot "Branche" !
Un étudiant noir va se plaindre au proviseur qu’un de ses professeurs l’a traité de singe.
Le proviseur, outré, convoque immédiatement le professeur qui se défend : Mais pas du tout, je lui ai simplement dit que si les sciences ne l’intéressaient pas, il pouvait toujours changer de branche.
Et, alors, l’élève : Ah, vous voyez, il recommence !
Ah non, ne me dites pas que c’est une blague raciste. Oui, bon alors, le verbe "arrêter".
Un rabbin rentre dans un taxi et avant que celui-ci démarrage, un voleur ouvre la portière et pique la sacoche du rabbin. Le chauffeur sort de son véhicule et court après le voleur. Le rabbin baisse la vitre et crie : Mais arrêtez, mais arrêtez !
Le chauffeur rattrape le voleur, lui reprend la sacoche pendant que le rabbin continue de crier : Mais arrêtez, mais arrêtez !
Le chauffeur remet la sacoche au rabbin tout en lui disant qu’au lieu de gueuler, il devrait plutôt le remercier.
Et, le rabbin continue : Mais arrêtez, mais arrêtez ... le compteur !
Ah bon, c’est antisémite, là vous exagérer.
Alors, une blague corse avec le verbe "voler" :
Deux vieux corses se rencontrent :
Alors, Doumé, que deviens ton fils ?
Ben, il est dans l’aviation !
Ah, alors, il vole ?
Oui, un bidon de kérosène par ci, un bidon par là !
Bon, là, ça va ?
N’empêche, j’espère qu’il y a des photos dans le bouquin, j’aimerai bien voir les couilles de Villepin !
Les couilles d’un noble ont peut-être une perruque, va savoir ?
Au point où l’on en est !
Cordialement
Jean-Pierre CHAMBARD dit "j’aimerai bien voir les couilles de Villepin ! Les couilles d’un noble ont peut-être une perruque, va savoir"
Décidément, la vulgarité fait des petits ! C’est la mode, ou ça voudrait faire "djeun".
Quand une idée s’exprime dans l’outrance ou la vulgarité, on retient l’outrance ou la vulgarité, pas l’idée. D’ailleurs, y a-t-il une idée derrière cette phrase ?
Fermion a dit :
Décidément, la vulgarité fait des petits ! C’est la mode, ou ça voudrait faire "djeun".
Je reconnais avoir une plasticité importante et je m’adapte facilement.
Et puis, j’avoue ne pas avoir un niveau intellectuel très élevé, ceci pouvant expliquer cela.
Cordialement
« On m’avait appris que la vulgarité, comme la violence, est la force des faibles. Aujourd’hui, je pense que c’est devenu d’un conformisme atterrant. »
Pourquoi tant de pudibonderie Fermion ? N’ayant rien trouvé à redire sur le fond vous vous montrez aussi pointilleux sur la forme ?
Des mots comme "bite" ou "couilles", s’il est vrai qu’ils n’appartiennent pas au registre de langue le plus soutenu, ne sont pas pour autant spécialement violents. Pas plus que certains discours stigmatisant certaines catégories sociales (immigrés et leurs enfants, homosexuels, femmes) sous le couvert d’une formulation hypocritement policée. La vulgarité a l’insigne mérite de la franchise par rapport à de nombreuses "proses civilisées" que l’on peut entendre régulièrement dans les médias dominants ...
Assez d’accord avec vous Karim.
Je crois que la pire vulgarité n’est pas dans les mots contenu dans une phrase, mais dans le sens de la phrase.
Qu’est ce qui est plus vulgaire : entre ces deux phrases :
" Lui au moins il a des couilles "
ou
"les noirs et les arabes remplissent les prisons" ?
La vulgarité c’est comme la classe, certains sont dans la vulgarité quoi qu’ils fassent quoi qu’ils aient. D’autres sont la classe incarnée quoi qu’ils disent, quoi qu’ils fassent et quoi qu’ils aient !
Erratum je m’adressais à Halim et non pas Karim comme je l’ai ecris. Un lapsus de ma part ...peut être !
Halim,
Je suis en désaccord avec vous. Ce n’est pas de la pudibonderie, c’est la conviction que la vulgarité (au sens grossièreté) salit les idées. En outre la vulgarité n’appelle que la vulgarité en retour, et à un niveau encore plus gras.
La vulgarité est donc une fermeture.
Mais je pense aussi qu’une certaine mode sévit, mais celle-ci associe la vulgarité des mots à la vulgarité croissante des idées émises.
"Je suis en désaccord avec vous (Halim). Ce n’est pas de la pudibonderie, c’est la conviction que la vulgarité (au sens grossièreté) salit les idées."
Ma conviction est que votre fixation obsessionnelle sur la forme de ce livre intitulé "
Les mots sont importants
" trahit une incapacité certaine à l’attaquer sur son contenu réel.
Je ne suis que partiellement d’accord avec vous quand vous dites que la vulgarité est (obligatoirement) synonyme de salissement des idées exprimées. Il est des fois où, bien au contraire, des idées gagnent en force quand elles sont exprimées sur un registre plus familier : des mots comme "bite" ou "couilles" sont chargés d’un fort pouvoir évocateur, que n’ont pas les mots "verge" ou "testicules" par exemple. Ce qu’il faut comprendre ici, c’est la symbolique puissante de certains mots qui sont employés à dessein : ne pas s’arrêter sur l’apparente vulgarité d’une expression comme "petite bite sur pattes" et bien noter qu’il s’agit en fait d’une façon de railler l’attitude machiste et viriliste de certaines personnalités phallocrates.
Oui ! merci de votre passage sur France inter, mais surtout à Daniel qui vous a invité : cela ma fait beaucoup de bien de savoir que je n’étais pas la seule à bondir sur ce qui est dit et comme cela nous est dit. Enfin des gens subtils, j’y croyais plus...
je vais vous lire très vite...
Bonne continuation
A vous deux et votre équipe