Dans la sourate La Cité, Dieu fait suivre l’invitation, faite à tout un chacun, à « gravir la voie ascendante », à franchir les obstacles inhérents au cheminement vers Dieu, par le fait de libérer le captif (être prisonnier de son ego est la forme la plus vile de ce que renferme la notion de captivité), nourrir le parent orphelin, par temps de disette, ou un misérable terrassé par la faim.
Dans la sourate La Cité, Dieu fait suivre l’invitation, faite à tout un chacun, à « gravir la voie ascendante », à franchir les obstacles inhérents au cheminement vers Dieu, par le fait de libérer le captif (être prisonnier de son ego est la forme la plus vile de ce que renferme la notion de captivité), nourrir le parent orphelin, par temps de disette, ou un misérable terrassé par la faim. Comme le précise Hassan El Bassri et d’autres éminents savants musulmans, le fait de franchir les obstacles est donc bien une invitation divine à concrétiser au cours du passage sur terre et non dans la vie dernière.
Abdoul Kader Jilani résumait le cheminement en définissant les épreuves comme condition et la capacité à les surmonter, à patienter face à elles, comme le remède. « Patienter » implique à la fois la capacité à se maîtriser face au désir de pêcher, face aux tentations ; à faire face aux différents maux et calamités qui peuvent atteindre l’homme ; à persévérer dans l’accomplissement des œuvres pies. Cette patience s’apprend à bonne école et en compagnie des véridiques : « Fait patienter ton ego en compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur, matin et soir, recherchant Sa satisfaction » (Sourate La Caverne, verset 28).
Dans cette même sourate, verset 17, Dieu associe l’égarement de l’homme au fait qu’il soit privé de la compagnie d’un waly mourchid, d’un élu de Dieu, d’un guide, qui a la permission d’appeler les hommes à Lui. Ahmed Rifai, grand maître de la spiritualité musulmane, disait que le fait de se détourner de la compagnie des élus de Dieu était en soi un poison mortel ! La quête de la compagnie des meilleurs moralement et dont la sincérité de l’engagement a été mise à l’épreuve, est le premier pas sur la voie du renouveau de la spiritualité dans sa compréhension globale et d’une présence salutaire de l’Islam dans le monde.
La dimension collective, l’édifice d’un idéal de fraternité partagé, vécu dans la chaleur des relations cordiales et humaines est la quintessence de l’appel divin et le moteur d’une action fondée sur la concertation et guidée par la détermination sans faille de voir se réaliser la justice sous toutes ses dimensions. L’Islam compris et vécu statiquement laisse place à une perception dynamique du cœur et de l’esprit éclairé par l’intelligence du terrain social, politique, économique, culturel et environnemental.
La fréquentation des meilleurs
Dieu fait suivre dans le Coran, l’annonce de l’envoi de Mohammed (BSDL) par le fait d’être « avec lui ». Ceci constitue la première caractéristique des hommes et des femmes de foi au temps du Prophète (BSDL), aujourd’hui et à toutes les époques. La miséricorde, l’amour et la compassion qui régissaient les relations humaines aux premiers temps de l’Islam constituent un fondement immuable de cette union fraternelle transcendante que les musulmans sont appelés à restaurer.
Une relation de cause à effet existe entre le fait de suivre par la voie de l’amour le Messager de Dieu et l’amour de Dieu lui-même : celui qui bénéficie de la proximité du Messager de Dieu (BSDL) est en fait avec Dieu, celui qui fait allégeance au Messager de Dieu (BSDL) a fait allégeance à Dieu et celui qui aime le Messager de Dieu aime Dieu. Cette lumière divine, dont a été dépositaire le Prophète Mohammed, se propage de cœur à cœur, de génération à génération par compagnie, amour et apprentissage. La compagnie des meilleurs a été et restera toujours un gage incontournable d’arriver à bon port, la clé de voûte du cheminement spirituel. Dieu dit : « Suit le chemin de celui qui revient repentant vers moi » (Sourate Luqmân, verset 15), « Il est le Miséricordieux. Interroge sur Lui un connaisseur en la matière ! » (Sourate Le Discernement, verset 59).
Les élus de Dieu, les awliyas, sont évoqués explicitement dans les textes : « Ceux qui avaient la foi et craignaient (Dieu) » (Sourate Younous, verset 63). L’amour, le respect, les éloges à l’égard des rapprochés de Dieu constituent la voie privilégiée pour accéder à Sa proximité et à Son amour. Nous héritons d’une formule d’invocation particulière en leur faveur. Celle-ci découle du fait qu’ils sont nos prédécesseurs dans la foi et qu’ils nous l’ont enseignée :
« Quant à ceux venus après eux : Seigneur. disent-ils, pardonne-nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédé dans la foi, ne mets pas en notre cœur d’amertume contre ceux qui croyaient déjà. Seigneur, Tu es Tendre et Miséricordieux ». (Sourate Le Regroupement, verset 10)
D’aucuns adoptent un comportement respectueux envers les personnes pieuses ayant quitté ce monde, éprouvent vis à vis d’eux de l’amour et proclament des éloges à leur égard, persuadés qu’aucun élu de Dieu ne vit à leur époque. Seule la compagnie d’une personne bien vivante peut générer des fruits tangibles sur le plan de la foi. Si la personne dont on recherche la compagnie est véritablement un élu de Dieu et celle, en quête de cette compagnie, est sincère dans sa volonté de cheminer, alors, les fruits de la souhba verront le jour.
L’Islam enseigne que l’homme aura le même degré de foi que son ami intime et nous recommande la plus grande vigilance dans le choix de notre compagnie. Toute l’histoire de l’humanité témoigne de la clairvoyance du cœur de celui qui appel à Dieu, qu’il soit Prophète ou élu. De cette source, des générations de pieux ont puisé, à travers la persévérance dans l’effort et l’apprentissage de la foi, les liens d’amour et de compagnonnage. Les fruits de cette relation sont conditionnés par le degré de foi et d’aboutissement spirituel de la personne dont on recherche la compagnie.
Aimer Dieu et Son Messager (BSDL)
La compagnie de ceux que Dieu a élus a un but unique : c’est de guider à la voie menant à Dieu et à Son amour. Atteindre le sommet de la montée menant à Dieu, décrite dans la sourate La Cité, consiste à emprunter un chemin ardu en s’acquittant prioritairement de tout ce qui est de l’ordre de l’obligation, puis à persévérer dans la l’accomplissement des actes surérogatoires, jusqu’à mériter l’amour de Dieu.
Il devient ainsi l’ouïe du serviteur avec laquelle il entend, sa vue avec laquelle il perçoit le monde, sa main avec laquelle il agit et ses pieds avec lesquels il marche, comme cela est rapporté dans une tradition prophétique. Le serviteur goûte ainsi réellement à la saveur de la foi. Il ne devient préoccupé que par son Seigneur, sa seule motivation est la recherche de Son agrément et de Son amour.
Son souhait le plus grand est que l’amour du Messager de Dieu (BSDL) pénètre son cœur. Ce privilège est réservé uniquement à ceux dont l’amour de Dieu et de Son Messager (BSDL) a plus de valeur que leur propre être, que leurs parents, leur progéniture et le commun des mortels. Le Messager de Dieu (BSDL) a en effet dit : « Par Celui dont mon âme se trouve entre Ses mains, personne ne possèdera vraiment la foi tant que l’amour qu’il éprouve pour moi ne surpasse celui qu’il éprouve pour lui même, pour ses parents et pour ses enfants » Rapporté par El Boukhari. L’amour du Messager de Dieu (BSDL) constitue donc explicitement, une condition principale d’authenticité de la foi. Sans cet amour, celle-ci serait dépouillée de sa principale substance.
S’aimer en Dieu
Nous avons souligné plus haut que l’Islam, comme voie menant à Dieu, appelle à la rencontre d’un guide et d’une compagnie pieuse. Le Messager de Dieu (BSDL) a dit, en attribuant ces paroles à Dieu : « Mon amour est dû à ceux qui s’aiment en Moi, Mon amour est dû à ceux qui se font des recommandations en Moi, Mon amour est dû à ceux qui se portent conseil en Moi, Mon amour est dû à ceux qui se visitent en Moi, Mon amour est dû à ceux qui se font des dons en Moi. Ceux qui s’aiment en Moi seront sur des sièges de lumière (dans la vie dernière), enviés par les Prophètes et les martyrs » Rapporté par l’imam Ahmed, Ibn Hibbân et El Hâkim.
La compagnie des meilleurs, le fait de leur rendre visite, de faire honneur à l’hôte ainsi qu’aux hommes de science, aux hommes pieux, à la famille du Prophète Mohammed (BSDL), le respect des personnes âgées et la douceur prodiguée à l’égard des enfants, constituent l’épine dorsale du cheminement spirituel. L’Islam considère la fraternité et les liens de compassion entre les individus comme le socle de tout projet social. La fraternité implique les valeurs de respect et de bienfaisance.
Suivre le modèle prophétique dans sa manière d’être
Tout son être était mû par la recherche de l’amour de Dieu. Il donnait à chacun le droit qui lui revenait. Il faisait preuve de générosité et de miséricorde envers tous. Ses qualités sont exposées dans les ouvrages traitant spécifiquement de son auguste personnalité. Son modèle doit être suivi à la fois pour les grandes affaires comme pour les choses banales du quotidien. Le sens de la vie prend source dans l’aspiration à suivre ce modèle béni. Seul celui-ci est à même de rassembler l’être autour d’un projet unique de cheminement qui mène à la proximité de Dieu. Suivre ce modèle intrinsèquement et dans tous les actes de la vie est en soi une preuve de véracité.
Commentaires
Salam,
Je trouve que c’est bien d’avoir un guide spirituel. De nos jours, on a tous besoin de pratiquer avec un groupe qui n’aurait pour motivation que la quête spirituelle car allah dit dans surat al-Kahf verset 28 :"Fais montre de patience en demeurant avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir par désir de Sa Face, et ne détourne pas d’eux ton regard en vue de rechercher les beautés de ce monde ! et n’obéis pas à celui dont nous avons rendu le coeur indifférent à notre souvenir, qui se conforme à ses passions et adopte un comportement laxiste".D’un côté ce verset nous insitent à s’approcher des groupes de dhikr, donc les confréries soufites et d’un autre côté le folklorisme lié à leur pratique et l’allégeance aveugle faite à leur maîtres montrent une certaine forme d’association.
Qui suivre et à qui obéir si les dirigeants des musulmans de notre époque n’obéissent qu’à leur propres désirs ?
Que Dieu nous guide vers le droit chemin
et nous épargne l’égarement.
Amin
C’est drôle le premier messager de Dieu qui me vient à l’esprit quand je lis cette article n’est autre que Jésus, par l’exemple de sa vie même.
Autrement pour les questions d’amitié il y a "l’Ethique à Nicomaque" d’Aristote qui est édifiant à ce propos.
@ "StAugustin", il n’est pas étonnant, au choix de votre pseudo, que vous en veniez très rapidement, à citer Aristote. Mais ne vous ni ne nous y trompez pas, ce qui est en référence ici, ce n’est pas Aristote mais bien plutôt Platon. Pour Jésus, nul doute, vous voyez juste et votre surprise n’est pas celle de ceux qui justement suivent "la religion de l’amour".
Pour ce qui est de telle ou telle tariqat, je partage absolument l’avis de "messi" (curieux pseudo, mais qui suis-je pour critiquer ?), pour ses réserves. En bref, je pense que rien ne peut égaler l’élévation spirituelle fortuite, même si une certaine préparation, une hygiène alimentaire et de conduite sinon une ascèse, sont plus ou moins nécessaires. Et je ne comprends pas le déni qu’apporte l’auteur de l’article aux bienfaits que peuvent apporter "ceux qui ont quitté ce monde", réservant cette générosité à
« Seule la compagnie d’une personne bien vivante »
C’est faire bien peu de cas de la Walayat, que d’autres mystiques nomment la Communion des Saints. Pareille assemblée, n’a tout simplement aucune ligne entre la vie et la mort. Et je ne parle même pas ici des apparitions et interventions archangéliques, le Coran est assez explicite.
Salam aleykoum. Certe de nos jours et même par la passé denombreuses Tariqa ou courant aux cœur d’une Tariqa sont tombé dans un folklorisme voire des déviation par rapport à l’orthodoxie sunnite. Cependant la grande majorité reste attachée a l’enseignement prophétique , et sont trés sobres . De nombreux grand savants du Fiqh ou du Hadith en on fait et en font encore parti. Les courants les plus visibles ne sont pas forcément représentatif de la réalité du Tassawuf.
Messi est simplement le dimunitif de mon prénom Messaouda.