Tel est le titre du petit roman que vient de faire paraître Max GALLO, qui nous conte là l’histoire tragique d’un universitaire admirateur des Lumières, qui sera sauvagement assassiné par des fanatiques que l’on suppose islamistes, après s’être insurgé contre la conversion de sa fille unique à l’islam. Curieux roman que celui-ci, aux allures d’essai, voire de pamphlet anti-musulman...
Tel
est le titre du petit roman que vient de faire paraître Max GALLO
href="#_ftn1" name="_ftnref1" title="">
class=MsoFootnoteReference>[1],
qui nous conte là l’histoire tragique d’un universitaire admirateur des
Lumières, qui sera sauvagement assassiné par des fanatiques que l’on suppose
islamistes, après s’être insurgé contre la conversion de sa fille unique à
l’islam.
Curieux
roman que celui-ci, aux allures d’essai, voire de pamphlet anti-musulman... Mais
ne dénaturons pas la pensée de l’auteur : nul doute que si Max GALLO,
ancien ministre de la République, avait voulu nous dire ce qu’il pense de
l’islam, il ne se serait pas caché derrière un personnage fictif mais, à
l’instar de l’un de ses héros de romans, il nous aurait dit avec courage, en
son nom, ce qu’il croit en savoir. Ne nous trompons donc pas : dans ce
roman, Max GALLO a certainement voulu nous montrer, et il y réussit, à quelles dérives
l’islamophobie peut conduire les esprits les plus éclairés, à quel point la
haine de l’Autre conduit à la reconstruction de l’identité de celui-ci, et
surtout, quelles sont les faiblesses intimes qui conduisent à ces sentiments de
haine.
Arrêtons
nous tout d’abord sur le héros tel qu’il nous est présenté. Vieux
quinquagénaire à la virilité désormais incertaine
name="_ftnref2" title="">
class=MsoFootnoteReference>[2],
« homme des Lumières, laïc, disciple de Voltaire »
name="_ftnref3" title="">
class=MsoFootnoteReference>[3],
professeur d’histoire romaine à la Sorbonne, se définissant comme « invisible »
href="#_ftn4" name="_ftnref4" title="">
class=MsoFootnoteReference>[4],
ayant « choisi de vivre comme un musulman, maître de ce que j’appelais
un “harem informel” et pratiquant une “polygamie de fait”. Et j’étais heureux
que l’islam, religion aussi favorable aux mâles, fût devenue la deuxième de
France. » dit-il de lui-même.
Que
de choses déjà dans ces quelques lignes ! Elles sont révélatrices (à leur
insu ?) de l’opinion d’une part non négligeable de la population
cultivée : l’islam était intéressant, sympathique, voire passionnant, dès
l’instant qu’il restait lointain, exotique... un islam débauché et sensuel,
moralement permissif, dans lequel le harem, sorte d’antichambre du paradis,
cristallisait les fantasmes... Désormais l’islam est à nos portes, chez nous... et
la sympathie tombe avec la confrontation à la réalité.
Ce
qui cependant semble dominant chez le narrateur sont la lâcheté et les
sentiments d’humiliation et d’impuissance. Ces thèmes sont constants tout au
long du roman : Pierre Nori s’interroge sur le fait d’être « parmi
les vaincus »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[5]après
avoir lu HUNTINGTON, répète sans cesse qu’il se sent « impuissant »
ou dans un état de déréliction
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[6],
méritant « de souffrir. Et même de mourir. »
name="_ftnref7" title="">
class=MsoFootnoteReference>[7] ;
il est perpétuellement humilié
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[8] ;
la politesse même, lorsqu’il serre la main de son gendre, ce monstre
manipulateur qui lui a volé sa fille, étant vécue comme une capitulation
supplémentaire devant un ennemi !
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[9]
C’est
une bien étrange conception des rapports sociaux qui se révèle d’ailleurs à ce
détour de phrase, car qu’est-ce donc que la politesse, si ce n’est précisément
le moyen d’entrer en rapport avec autrui en évitant le conflit systématique, en
gommant les aspérités qu’engendrent presque toujours les relations sociales, en
écoutant ce que l’autre a à nous dire ? En arabe cela se dit « adab »
et cela implique, tout comme en Europe, non seulement une attitude physique
à égard de ses interlocuteurs, mais aussi une attitude intellectuelle de
respect et d’écoute. Quel autre terrain serait donc a priori plus favorable aux
échanges interculturels ?
Mais
ce sont précisément ceux-ci qui semblent poser un problème à notre narrateur.
Les
partisans et acteurs du dialogue interreligieux sont en effet, dans ce roman,
de bien pitoyables personnages : il s’humilient honteusement
href="#_ftn10" name="_ftnref10" title="">
class=MsoFootnoteReference>[10],
ont des visages qui expriment la soumission
title="">
style=';'>[11],
sont fascinés par la force et paralysés par la lâcheté
name="_ftnref12" title="">
class=MsoFootnoteReference>[12]...
Jamais un mot positif pour les qualifier n’est écrit. Idiots utiles ou
sinistres pantins, plus ou moins consciemment complices d’interlocuteurs
pratiquant la duplicité, prêts à abandonner leur civilisation pour une assiette
de lentilles...
Serait-ce
la virilité incertaine du narrateur qui lui fait douter à ce point de lui-même
et tenir de tels propos ? Il se décrit en effet, après une conquête
féminine, comme « Apaisé, rassuré - comme tout vieux quinquagénaire
pour qui chaque femme est un défi qu’il ne craint de pouvoir relever et que,
l’épreuve franchie, le plaisir donné et reçu comble de vanité... »
href="#_ftn13" name="_ftnref13" title="">
class=MsoFootnoteReference>[13]
Est-ce cette peur de ne pouvoir franchir les épreuves qui fait voir à cet homme
au sperme rare les « vainqueurs », nécessairement autres,
« jeunes et virils » ? Un paragraphe mérite d’être cité in
extenso : « Peut-être était-ce là le destin de l’Occident
européen, sceptique, lâche, épuisé par tant de combats, écrasé par une si
longue histoire, vieilli, seulement soucieux d’agoniser en paix ?
« Je
l’ai imaginé - je me suis
moi-même imaginé
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[14] - en retraité aboulique qui ne peut plus se faire obéir ni respecter par de
jeunes serviteurs qu’il a autrefois, quand il disposait de la force et de la puissance,
traités rudement. Ces jeunes gens découvrent jour après jour ses faiblesses.
Alors on ne le sert plus, on le malmène, on le frappe, on le relègue dans une
pièce sombre où il va pourrir au milieu de ses déjections.
« Les
serviteurs, devenus maîtres de la demeure, en changent la décoration et le nom.
Et la fille du vieil impotent est devenue l’épouse des vainqueurs jeunes et
virils. »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[15]
Il
nous est d’ailleurs dit plus loin
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[16] que
sa fille est heureuse auprès de son gendre Arabe, qui incarne « la force ».
Curieuse
vision de l’Occident, de son mythique déclin, alors précisément que nos
valeurs, les valeurs de l’Occident, s’imposent à l’ensemble de la planète,
alors que le commerce mondial se fait à notre profit, que notre culture, notre
cinéma, notre musique, notre information, sont des étalons de plus en plus
universels - on peut d’ailleurs regretter l’uniformisation culturelle qui en
résulte ; curieuse vision d’esclaves devenant les maîtres - assortie de
quels regrets ! - au moment où l’actualité nous révèle les expulsions
d’enfants de sans papiers, ou des clandestins vivant dans des conditions
déplorables...
Vision,
étrange sous la plume de M. GALLO, d’une nouvelle version de l’expression
conservatrice, pour ne pas dire réactionnaire, du XIX° siècle :
« classes laborieuses, classes dangereuses et vicieuses »... Je
croirais, en lisant ces propos, entendre une vieille dame de ma connaissance
qui avait longtemps vécu « aux colonies » et me disait un jour sur le
ton de la confidence : « Jean-Michel, vous savez, pour l’argenterie,
rien ne vaut les petites négresses : elles aiment tellement ce qui brille
qu’elles la font à la perfection ! »
title="">
style=';'>[17]
On
retrouve d’ailleurs cette vision coloniale dans les qualités prêtées à la femme
de ménage « indigène », bonne généreuse et honnête, si caricaturale
que l’on s’étonne presque de ne pas l’entendre appeler la fille du narrateur
par un « Oui, Mam’zellle Scarlett ! »
Curieuse
vision, mais partagée par beaucoup, pour qui toute amorce de dialogue est
effectivement une capitulation. Je citerai un autre témoignage : à
Strasbourg, une institution catholique de la ville organisait un jour une
conférence sur l’islam, dans laquelle était notamment abordée la question de la
construction d’une mosquée. Une séance de questions était prévue après la
conférence : un assistante se lève alors, non pour poser une question mais
pour dire que cela commençait à bien faire, « on » parle
« toujours » de « ça », « il n’y en a plus que pour
ça », cette thématique est devenue « excessive », alors que l’on
pourrait parler également des « autres » qui ont aussi des
« problèmes ».
Pour
goûter tout le sel de cette remarque, il faut savoir qu’elle se faisait en un
lieu au centre d’un périmètre de 500 mètres environ, dans lequel se trouve :
la cathédrale, deux églises catholiques, deux protestantes, le grand séminaire,
un collège confessionnel... et aucune mosquée !
C’est
cette vision paranoïaque qui est développée dans le roman : que le
dialogue soit aussi une recherche de connaissance, une volonté de
compréhension, le souhait d’éviter que se développe un racisme fondé sur
l’ignorance réciproque, rien de tout cela dans ces pages. Veulerie, lâcheté,
acceptation de la « défaite » face à un ennemi en
« guerre » : c’est cette attitude face à une vision totalement
fantasmatique de l’islam qui est exposée ici.
Je
trouve à ce propos des plus regrettable que Max GALLO fasse tenir à l’un de ses
personnages israélites, Me Weissen, des propos aussi violemment anti-musulmans
que ceux-ci, qui interviennent après avoir cité Sayyid Qotb : « C’est
l’absolu du totalitarisme .Mais, pour l’instant, c’est indicible en Europe. Et
d’ailleurs même dans les pays d’islam ! [...] Les musulmans s’entretuent
donc. Mais même chez les plus modérés des croyants, il y a l’idée que deux
camps existent, et deux seulement : celui d’Allah et celui de
Satan. »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[18]
Certes, le romancier est libre, mais je suis personnellement assez mal à l’aise
devant de telles scènes, reprenant à bon compte soit l’islamophobie supposée
des israélites, soit l’antisémitisme tout aussi supposé congénital des
musulmans.
De
telles caricatures ne font guère avancer le débat. Ceci dit, la scène en
question a l’avantage de pointer du doigt une attitude assez communément
partagée à propos de l’islam, qui consiste à crier bien fort, au moment même où
l’on en dit n’importe quoi, que l’on ne peut précisément « rien » en
dire !
Mais
parlons un peu de a religion de soi avant de parler de la religion de l’Autre...
le narrateur, Pierre Nori, nous parle souvent de sa foi, qui a une importante
dimension identitaire - plus que spirituelle - et qui consiste bien souvent en
une vision a historique de la religion, élément que nous retrouverons
logiquement quand il s’agira de l’islam.
Il
débute ainsi : « J’ai lu le Coran. Ce n’était pas mon Livre,
et j’ai pensé que le christianisme, confronté à cet éloge de la force, à cette
fusion entre foi et politique, à cet emprisonnement de chaque acte de la vie
dans une tradition intangible, était la religion de la Liberté personnelle, une
affirmation du libre arbitre. »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[19]
Ces propos peuvent paraître étonnants dans la bouche d’un personnage présenté
comme universitaire : le christianisme, pas plus ni moins que l’islam,
n’est en soi affirmation de la liberté et du libre arbitre : si
c’était le cas, Luther, posant à la Diète de Worms, en 1521, l’affirmation de
la conscience individuelle face au poids de la tradition, n’aurait jamais été
condamné ; au XVIII° siècle l’Eglise n’aurait pas non plus condamné la Franc-maçonnerie
qui préconisait le libre examen... Et une fois de plus,
la « fusion entre foi et politique » est-elle bien une spécificité
musulmane ?
Sans
remonter aux Empereurs - prêtres de Byzance ou au sacre des Rois de France qui
faisait de ces derniers des « évêques du dehors », à la condamnation,
par le Pape Pie X de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905
qualifiée de « contraire à la constitution divine »
name="_ftnref20" title="">
class=MsoFootnoteReference>[20]
pourquoi oublier la fondation de la démocratie chrétienne, dont les buts
étaient cependant explicites : la citoyenneté ne pouvant se concevoir en
dehors de l’identité catholique
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[21] ;
que penser également de ces députés brandissant la Bible dans l’Hémicycle ou de
ce préfet invoquant, voici une dizaine d’années, ses « convictions
chrétiennes » dans l’exercice de ses fonctions ?
De
surcroît, au petit jeu des citations qui ne veulent rien dire en soi, Pierre
Nori aurait pu se souvenir de la Bible, s’il l’avait lue... Je ne ferai que deux
citations tirées de l’Evangile selon Saint Matthieu, dans lequel nous pouvons
lire : « « Qui aime père ou mère plus que moi n’est pas digne
de moi, et qui aime fils ou fille plus que moi n’est pas digne de moi ;
[...] qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. »
name="_ftnref22" title="">
class=MsoFootnoteReference>[22],
ou bien : « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui ne
ramasse pas avec moi disperse. »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[23]
Mais ce sont des citations sans doute trop gênantes pour que l’on veuille s’en
souvenir...
Je
ne saurais trop conseiller aux universitaires pouvant ressembler au Pierre Nori
de Max GALLO de lire régulièrement « Oumma.com » pour éviter de
raconter par la suite de telles sornettes.
La
religion du narrateur, ensuite, est avant tout celle de sa grand-mère, religion
mêlée de superstitions siciliennes
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[24] ;
la quitter est une « folie doublée d’une trahison de ses origines, [...
un] suicide »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[25],
foi de ses origines qu’il a été incapable de transmettre
name="_ftnref26" title="">
class=MsoFootnoteReference>[26]
et qui s’élargit ensuite aux Lumières, dans une même faillite : « Tout
au long de ma vie j’avais au contraire stigmatisé la civilisation et la foi que
l’on m’avait léguées. J’avas oublié « nos » religions : la
judéo-chrétienne, puis celle du progrès et des Lumières. »
name="_ftnref27" title="">
class=MsoFootnoteReference>[27]
Faut-il
revenir sur ces invraisemblances ? Compte tenu de son âge, le narrateur -
et a fortiori sa grand-mère ! - on été élevés dans les valeurs de l’Eglise
préconciliaire
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[28] :
l’expression « judéo-christianisme » est postérieure à la seconde
Guerre Mondiale et n’avait en aucune manière cours dans l’Eglise au sein de
laquelle a été élevée la grand-mère du narrateur qui parlait encore du peuple
déicide et dans laquelle on « crachait sur le juif perfide » !
Ce n’est donc qu’une valeur pseudo traditionnelle, une reconstruction
idéologique a posteriori, qui pour être fausse n’en n’est pas moins efficiente.
Quant
à la référence aux Lumières, posée dès le prologue du roman, elle semble elle
aussi singulièrement sélective : Voltaire est invoqué à plusieurs
reprises, le narrateur s’identifiant à lui pour faire de la conversion de sa
fille sa propre « affaire Calas »
title="">
style=';'>[29] !
Ici encore de la méconnaissance : Jean Calas a été torturé parce qu’il
était protestant, minoritaire, et Voltaire l’a défendu parce qu’il était
innocent. Quel rapport avec la volonté d’un père de lutter contre la conversion - volontaire ! - de sa fille à l’islam ? Aucun ! Aucun si ce
n’est une absence de lumières du narrateur pour oser faire de telles
comparaisons !
Si
les lumières son invoquées dans leur aspect anti-religieux - et il faut quand
même dire ici que dans son « Mahomet » Voltaire visait en réalité
l’Eglise catholique - le narrateur ignore aussi, semble-t-il, que c’est de
l’époque des Lumières, précisément, que date la réappréciation d’autres
cultures, de la culture musulmane en particulier. Les premières pages de
l’ouvrage classique de Paul HAZARD : La crise de la conscience
européenne, 1680 - 1715
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[30],
s’ouvrent quasiment sur le contraste entre la vision antérieure, très négative,
de l’islam et de Mohammed, et le réexamen qui est fait à cette période, à la
fois grâce aux voyageurs et aux savants tels d’Herbelot, Antoine Galland en
France, Pococke et Ockley en Grande Bretagne, Reland en Hollande : « En
vérité, leur [les Arabes] religion était parfaitement cohérente, et
noble, et belle ; allons plus loin : leur civilisation était
admirable ; après que la barbarie eut recouvert le monde, qui a maintenu
les droits de la pensée et de la culture ? Les Arabes... »
href="#_ftn31" name="_ftnref31" title="">
class=MsoFootnoteReference>[31]
Il
est difficile d’imaginer, à la lecture du roman, qu’un Simon Ockley ait pu
écrire voici plus de deux cent ans : « ... si l’Ouest a ajouté
quelque progrès que ce soit, si petit qu’il soit, à la sagesse de l’Est, je
dois avouer que je me trompe singulièrement »
name="_ftnref32" title="">
class=MsoFootnoteReference>[32] .
Il écrira par la suite une « Vie de Mahomet » dans laquelle le
Prophète figurera la sagesse des Arabes, comme le Christ avait figuré celle des
Juifs
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[33].
L’on pourrait en dire autant, après les Arabes, des autres peuples musulmans,
Turcs ou Persans, don l’exemple sans doute le plus représentatif d’image
positive est celle du pacha Selim, l’un des héros de « L’Enlèvement au
Sérail »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[34],
qui, bien qu’amoureux de Constance, la rendra à son fiancé Belmonte, ou bien de
celle sympathique qu’en présente Gluck dans son opéra « Les pèlerins de la
Mecque ».
Rien,
mais alors rien de tout cela dans le roman de Max GALLO : son gendre arabe
est « coupable et manipulateur »
title="">
style=';'>[35],
une photo de son visage donnant « l’impression de se cacher afin
que l’on ne retînt de ses traits qu’une vague sensation de douceur »
href="#_ftn36" name="_ftnref36" title="">
class=MsoFootnoteReference>[36] ;
les « représentants policés de tous les fanatismes »
href="#_ftn37" name="_ftnref37" title="">
class=MsoFootnoteReference>[37]
se donnant rendez-vous à Genève : « Ceux-là, aux ongles soignés,
se contentaient, entre deux parties de golf, de prêcher et de financer la
haine. »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[38]
Ces fanatiques sont installés « au coeur de notre système,
l’utilisant avec habileté et en même temps le rejetant, cherchant à imposer sa
loi et sa foi. »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[39]
Ce sont des « chevaux de Troie, à l’intérieur de la Ville »
href="#_ftn40" name="_ftnref40" title="">
class=MsoFootnoteReference>[40]
A
travers ces derniers personnages, Max GALLO nous présente en fait un islam
essentialisé, brutal, violent, sabre au clair à la conquête de l’Europe.
Est-ce
pour faire plus exotique ? Il en rajoute dans les transcriptions :
« Allah akbar » devient « Allah akhbar »
href="#_ftn41" name="_ftnref41" title="">
class=MsoFootnoteReference>[41],
sa compagne s’appelle Zuba Khadjar, alors que Qadjâr aurait sans doute suffi et
aurait été plus valorisant... - plus c’est guttural, plus c’est
« sauvage » sans doute ? on prépare un couteau pour « égorger
un koufer » - alors qu’un « kafir » aurait suffi
faute de plusieurs « koufar »... Mais ce n’est pas le plus important...
Le
texte regorge tout d’abord de « citations », dont on ne sait d’où elles
sont tirées. C’est l’avantage du roman, qui permet de ne pas citer ses sources...
La seule référence que l’on trouve est celle de la troisième sourate du
Coran : « Allah effacera les infidèles », placée dans la
bouche du gendre du narrateur.
Je
suppose - il est impossible de faire plus ici - qu’il s’agit en réalité d’une
citation du verset 12 de cette sourate : « Dis aux
incrédules : « Vous serez vaincus ; vous serez rassemblées dans
la Géhenne ». - Quel détestable lit de repos ! - »
href="#_ftn42" name="_ftnref42" title="">
class=MsoFootnoteReference>[42]
Outre que tous les prophètes ont proféré les mêmes menaces, rappelons quand
même que cette sourate est aussi celle qui raconte la naissance de Jésus. Il
aurait de plus été possible d’en tirer aussi la citation suivante : « nul
autre que Dieu ne connaît l’interprétation du Livre. »
name="_ftnref43" title="">
class=MsoFootnoteReference>[43]
Mais voilà qui est sans doute trop contraire à la version
« totalitariste » de l’islam...
Effectivement,
tous les poncifs de l’islamophobie traînent au fil des
name="_ftnref44" title="">
class=MsoFootnoteReference>[44]
pages : le fanatisme des convertis dans la lettre de la fille du
narrateur, l’islam perçu comme une régression et une drogue
name="_ftnref45" title="">
class=MsoFootnoteReference>[45],
une peste des âmes
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[46],
faisant l’apologie du suicide
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[47], un
foi qui « ne laissait aucun espace à l’incertitude, à la
réflexion »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[48]et
qui « ne pouvait être que conquérante »
name="_ftnref49" title="">
class=MsoFootnoteReference>[49],
dans laquelle l’amour est absent
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[50], ne
pouvant apporter d’autre paix que celle de l’aveuglement et du fanatisme
href="#_ftn51" name="_ftnref51" title="">
class=MsoFootnoteReference>[51],
voire celle de la mort
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[52].
En
outre, une citation de Tabari apparaît deux fois dans le texte : une
première fois en exergue - il est donc permis de penser que Max GALLO la reprend
à son compte, une deuxième fois dans le corps du roman : Quiconque se
sert de son seul jugement pour traiter du Coran, même s’il atteint sur ce point
la vérité, est cependant dans l’erreur par le fait d’en avoir traité par son
seul jugement. » et une deuxième fois citée par le narrateur
href="#_ftn53" name="_ftnref53" title="">
class=MsoFootnoteReference>[53].
C’est,
une nouvelle fois, un sentiment d’accablement qui saisit lorsque ces pages nous
tombent sous les yeux. Une fois de plus, pour parler de l’islam, n’est retenu
que le discours extrémiste, ultra minoritaire dans les faits mais omniprésent
sur les ondes. Mais renoncer à le dénoncer serait s’en faire complice.
Commençons
donc par l’exergue. Afin d’en relativiser d’entrée la portée, signalons que
Tabarî, sans nier l’importance de ses « Chroniques », ne fait l’objet
que d’une seul citation (p. 44) dans l’ouvrage d’Henry CORBIN : Histoire
de la philosophie islamique
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[54]. La
question de l’autonomie du jugement et de la raison est cependant une affaire
trop importante pour être évacuée ainsi, quasiment d’un trait de plume.
Commençons
par le cas - certes contesté dans le sunnisme - de l’école mo’tazilite, qui
repose sur ceux principes : la transcendance absolue de Dieu d’une part et
le principe de la liberté individuelle de l’homme, qui entraîne la responsabilité
immédiate de ses actes, et qui fait de la raison une source autonome du
raisonnement, ce principe de responsabilité étant par ailleurs totalement admis
dans le shi’isme. Comme l’écrit Henry CORBIN
title="">
style=';'>[55] :
« l’ingéniosité de l’école mo’tazilite fut de fonder le principe, de
l’action morale et sociale sur le principe théologique de la justice et de la
liberté de l’homme. »
Faut-il
aussi rappeler l’oeuvre d’Al-Kindî et sa conviction de la possibilité d’un
accord entre la recherche philosophique et la foi prophétique ? Il
distinguait entre une science humaine comprenant la logique, le
« quadrivium » et la philosophie, et une science divine révélée aux
seuls prophètes
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[56].
Faut-il aussi rappeler celle d’Ibn Sînâ - Avicenne - qui avait rédigé une
encyclopédie, le « Livre du jugement impartial » (le titre en soi
est intéressant ici !), en vingt volumes, dont ne subsiste qu’une
partie (dont le Livre de la théologie dite d’Aristote)
name="_ftnref57" title="">
class=MsoFootnoteReference>[57] ?
Les références sont trop nombreuses pour être toutes citées... Il est vrai que
certains semblent s’imaginer qu’elles n’existent pas simplement parce qu’ils
les ignorent.
Je
terminerai sur la question de l’absence d’amour dans l’islam, développée, si
j’ose dire, affirmée serait plus exact, dans les pages 161 et162 du
roman : « On partageait aux côtés de l’Autre la foi, le jeûne du
mois de ramadan, le pèlerinage à la Mecque, mais ce qu’on lui devait en
particulier, ce n’était pas l’amour, plutôt ce « cinquième pilier de
l’islam » : l’aumône. » Pourquoi, tout d’abord, mettre entre
guillemets cette expression de « cinquième pilier de l’islam » à
propos de l’aumône, puisque celle-ci est bien un pilier de l’islam ?
Mystère...
Dernière remarque préliminaire, il semble que le narrateur ait oublié, pour
autant qu’il l’ait jamais su, que dans le christianisme le premier commandement
est d’aimer Dieu « de tout son coeur, de toute son âme et de toute sa
pensée »
class=MsoFootnoteReference>
style=';'>[58],
l’amour du prochain ne venant qu’ensuite. Islam et christianisme sont donc bien
d’accord sur ce point.
Venons
en aux faits. Sur l’amour, je distinguerai shi’isme et sunnisme.
Dans
le shi’isme, est postulée l’existence d’un sens caché des Ecritures (bâtin),
qui vient compléter le sens apparent de celles-ci (zâhir), la clé d’accès à ce
sens caché étant l’Imâm (‘Ali et ses descendants), l’Imâm étant pour la
communauté spirituelle ce que le coeur est pour l’organisme humain :
à la fois objet et moyen de la Connaissance. Eux-mêmes aimés de Dieu - le lien
qui les unit se dit en arabe walâyat - ils se donnent à connaître
et donnent à connaître au fidèle à proportion de l’amour qu’on leur porte.
Equivalents de l’Arche d’Alliance dans le judaïsme - puisqu’ils connaissent le
nom suprême de Dieu - ils sont au centre de toute sainteté et (re)conduisent le
fidèle dans son ascension spirituelle (ta’wil).
Dans le sunnisme, le soufisme,
coeur de l’islam selon l’heureuse expression d’Eric GEOFFROY, ne peut se
comprendre sans la notion d’amour, l’amour que le soufi porte à son sheikh, à
son maître, lui ouvrant les portes de la Connaissance. Je préfère ici laisser
la parole à Ghazâlî : Lorsque l’amour existe réellement, l’amant [c.a.d.
le fidèle] devient la nourriture de l’Aimé [c.a.d. Dieu] ; ce
n’est pas l’Aimé qui est la nourriture de l’amant, car l’Aimé ne peut être
contenu dans la capacité de l’amant (...) Le papillon qui est devenu l’amant de
la flamme, a pour nourriture, tant qu’il est encore à distance, la lumière de
cette aurore. C’est le signe avant-coureur de l’illumination matutinale qui
l’appelle et l’accueille. Mais il lui faut continuer de voler jusqu’à ce qu’il
la rejoigne. Lorsqu’il y est arrivé, ce n’est plus a lui de progresser vers la
flamme, c’est la flamme qui progresse en lui. Ce n’est pas la flamme qui
est une nourriture, c’est lui qui est la nourriture de la flamme. Et c’est là
un grand mystère. Un instant fugitif il devient son propre Aimé (puisqu’il est
la flamme). Et sa perfection, c’est cela. »
name="_ftnref59" title="">
class=MsoFootnoteReference>[59]
Théorie ? Il faut avoir vu
la chaleur des relations entre maître et disciple au sein d’une confrérie, l’amour
à la fois brillant et doux que les soufis portent à leur sheikh et celui
attentif soyeux qu’il leur rend pour comprendre à quel point l’islam peut-être aussi
une religion d’amour.
Evidement, faire un livre avec tout
cela aurait été plus difficile que de retenir la version catastrophiste de
l’islam et des musulmans. Bien sûr, n’est par Rûmî ou Ghazâlî qui veut...
Je retiendrai cependant une
version optimiste de ce roman : bien entendu, il n’était pas
dans les intentions de Max GALLO de dénoncer ce que tout le monde dénonce, de
faire une profession de foi quasi barrésienne sur la terre et les morts - en
l’occurrence sa grand-mère..., de préférer le cortège des loups à celui des
vainqueurs. Si c’était le cas, il aurait fait un essai digne de ce nom, avec
des références pour les citations afin que l’on puisse s’y retrouver et
vérifier ses affirmations.
Il prend bien la précaution dès
la première page : « Roman = « mentir vrai ». Toute
concordance, tout rapprochement avec des noms, des circonstances, des propos,
des lieux réels, seraient purement fortuits. » Non, je crois plutôt
qu’il a voulu nous montrer à quelles dérives, à commencer par les dérives
intellectuelles peut conduire l’islamophobie, qui fait des musulmans les Juifs
du XXI° siècle : êtres pervers, voleurs de filles, adeptes du double
discours, hypocrites et bas, fanatiques, préparant la conquête de l’Europe dans
le seul but d’imposer leur obscurantisme. On prête par ailleurs assez peu
attention au fait que l’antisémitisme n’ayant pas disparu, islamophobie et
antisémitisme se nourrissent ainsi mutuellement, pour le plus grand profit de
l’extrémisme politique, absent dans les pages de Max GALLO.
Regrettons simplement que
celui-ci ne prenne pas la précaution de mettre le lecteur en garde contre de
tels dangers. Qui sait ? certains pourraient être tentés de lire son livre
au premier degré...
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[1] lang=EN-GB> Ed. Fayard, 2006250 pp.
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[2] lang=EN-GB> p. 203
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[3] lang=EN-GB> p. 13
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[6]
pp. 89, 132, 133, 182, 230, 239...
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[8]
pp. 111, 148, 180,235
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[14]
C’est moi qui souligne.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[15]
pp. 101 et 102
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[17]
Ce propos est -hélas ! - absolument authentique...
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[20]
cf. entre autres références DANSETTE (Adrien), Histoire religieuse de la
France contemporaine, éd. Flammarion, 1965 ; REMOND (René), Histoire
de l’anticléricalisme, éd. Complexe, 1985, p. 174 et s ; du
même : Religion et société en Europe, éd. du Seuil, p. 201 et s.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[21]
cf. BIRNBAUM (Pierre), La France aux Français - Histoire des haines
nationalistes, éd. du Seuil, coll. XX° siècle, 2006, 413pp. et notamment le
chapitre « Identité catholique et suffrage universel ».
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[22]
Chapitre X, 37 -39(Trad. du chanoine Osty)
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[23]
Idem, chap. XII, v. 30.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[28]
On appelle ainsi l’Eglise avant le concile de Vatican II (1962 - 1965) qui a
profondément renouvelé la doctrine de l’Eglise catholique.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[30]
éd. Fayard, coll. Les grandes études littéraires, 1961, 429 p
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[31] lang=EN-GB> HAZARD (P.), op. cit. p. 15
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[34]
Créé à Vienne en juillet 1782
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[42]
Le Coran, trad. De D. Masson, éd. Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[43]
Idem, verset 7
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[50]
pp. 161 et 162
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[54]
éd. Gallimard, coll. Folio Essais, 1986, 546 p.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[55]
in Histoire de la philosophie islamique, op. cit. p. 164
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[56] lang=EN-GB> idem, p. 222
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[57] lang=EN-GB> id. p. 240
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[58] lang=EN-GB> cf. Matthieu XXII, 37 - 39
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[59]
In Les intuitions des fidèles d’amour
Commentaires
Bonne critique de ce livre qui prouve l’islamophobie de Gallo !
Bravo Jean-Michel Cros dont j’apprécie le style et l’argumentation tranchante comme une lame de rasoir
Quel imposteur ce Max Gallo !
Merci Jean-Michel Cros pour cette critique remarquable.
Max Gallo dévoile sa véritable nature dès lors qu’il s’exprime sur l’islam. Cet historien dit de gauche est plus proche de l’extrême droite !
On se demande qui est fanatique Gallo ou les "islamistes" qu’il dénonce !
Max Gallo est un intellectuel du système, il est donc parfaitement logique qu’il soit islamophobe, c’est le meilleur gage de sa longévité au sein de ce système dont il tire un profit évident !
Super bravo à Jean-Michel Cros
Il faut avoir à l’esprit que Max Gallo est un fanatique de Napoleon qui a rétabli l’esclavage. Rien donc de surprenant à ce Gallo soit islamophobe !
Max Gallo qui se veut un historien universel, n’est qu’un petit écrivaillon defenseur d’une conception franchouillarde de l’Histoire. Ce type à une mentalité néo-coloniale, bien de gauche, qui reprend à son compte tous les préjugés sur l’islam. Et Jean-Michel Cros le démontre parfaitement !
Depuis plusieurs mois Max Gallo a fait de la lutte contre "l’islamisme " sa priorité pour ne pas dire le combat de sa vie. Cet intellectuel a deux balles, joue au Voltaire, et veut nous faire croire que l’islamisme menacerait sa sainte liberté d’expression. Mais ce discours est porteur et fait paniquer aussi bien le bourgeois que le beauf "fanatique" de l’équipe de France. Gallo a compris qu’il y avait là un filon qu’il exploite a fond. Cet intellectuel d’opérette connait aussi bien l’islam que l’animateur Cauet la philosophie !
Coup de chapeau à J.M Cros qui a réussi un bon "démontage de texte" avec une lucidité remarquable. mais faut-il s’étonner de ce qu’il révèle de Max Gallo ? L’islamophobie, la haine du musulman, nouveau "juif" de l’Occident conquérant sont parfaitement dans l’air du temps. Restons stoïques devant ce déferlement de mépris car en réalité, on voit bien qu’il s’agit de l’exploitation éhontée d’un fonds de commerce juteux. Gallo n’apporte strictement rien à la pensée universelle, il la parasite au contraire.
Toutes mes salutations à Jean-Michel Cros pour cette lecture critique du Livre de Max Gallo.
Un régal !!!
Max Gallo est un ultra-laïciste, sectaire, qui voue un culte à la laïcité transformée en dogme indépassable. Laïcité qui est une religion dont Gallo est un des fanatiques !
Max Gallo ou Max la menace, cet individu a prononcé à plusieurs reprises des propos pour le moins durs à l’endroit de l’islam ! Merci Jean-Michel Cros pour votre texte qui nous éclaire sur l’ignorance de Gallo
Max Gallo est un partisan de l’assimilation intégrale ! Pour lui un musulman doit avant tout être un admirateur inconditionel des philosophes des lumières, qui sont détenteur de l’unique et seule vérité.
Max Gallo n’a d’historien que le nom, Gallo est avant tout un sous idéologue, rêvant d’une France mythique réduite à sa dimension judéo-chrétienne. L’islam est perçu par Max Gallo comme exogène à la société française, logique donc qu’il réduise également cette religion à l’islamisme qui lui même est une conception dévoyée de l’islam
Les mêmes paroles sont désormais ressasés pour pointer du doigt les barbares des temps modernes qui vont inéluctablement provoquer l’effondrement de "Rome la contemporaine, illuminée par les idées des siècles des lumières".
Il y a un dicton qui dit que la nature a horreur du vide. Des laïcs extrémistes voient toujours le mal dans d’éventuelles sources religieuses, sources de tous les obscurantismes. Pendant ce temps, heureusement, ils vont tourner en rond, car étant détachés réellement des vraies lumières du Créateur des Mondes, ils sont pris dans leur propre piège et par leurs propres démons. Ils vont ressentir des dualités atroces au fond de leurs âmes qu’ils ne peuvent résoudre avec leur mental asservi à leur égo tyrannique. Cette violence interne de leur égo malade trouve victime idéal chez le musulman qui risque de devenir génant, comme jadis, si on ne prend pas les mesures qui s’imposent.
Il est évident que la deconnexion des énergies de l’âme et du corps va faire un effet désastreux chez les laïcs à court d’idées, car il sentent désormais qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans leur for intérieur et qu’ils n’ont plus de modéles ni de miséricorde à présenter à ces jeunes donts les parents furent dociles et serviles, qui furent éblouis par la magie des apparences. Il y a un mur quelque part, par manque d’imagination créatrice, car les dernières cartouches s’épuisent vers le néant.
Quant à l’Islam, dernière religion révélée, elle est toujours une source à profusion qui abreuve ses fidèles qu’aucune autre idéologie n’est arrivée réellement à supplanter. Il est probable que les musulmans doivent aussi avoir le courage de se remettre en cause, de relever le défi de surmonter les mauvaises interprétations et de proposer avec sincérité des modèles viables pour toute l’humanité, portant des lumières novatrices, satisfaisant simultanément rationalité, spiritualité et toute vérité possible, qui pourraient inspirer des laïcs en manque de repères. Car, indubitablement, sans la reconnaissance primordiale du Créateur, aucun courant ne s’intégrera jamais ni sur terre ni nul part dans l’univers. Ce dernier, vrai musulman à Son Créateur, soumis et humble, fonctionne admirablement, continuellement, sans peine, et ce depuis la nuit des temps, avec les mêmes lois immuables du Seigneur.
A bon entendeur salut !
ce max machin ne mérite même pas qu’on perde notre temps à parler de lui, ou bien lire ses serpillières de roman à la va vite "un simple commerce" eh ben oui l’islam est le sujet tabou en france donc il en profite...
Euh j’aimerais juste préciser que "les lumières" viennent du fait que des gens représentatifs de l’époque étaient adeptes du "porteur de lumière", surnom de Lucifer. Une bande d’illuminés de Bavières, Illuminati, organisateurs de la pseudo révolution française.
...je me délecte à l’avance des critiques littéraires que nous allons pouvoir bientôt lire et entendre dans les médias sur un "Ô combien fooormidable auteur" et sur son "Ô combien fooormidable roman"...
Mais Ô, ce que je peux être de mauvaise foi... moi qui n’est même pas lu une seule ligne de ce livre...mea culpa, mea maxima culpa...
Brillante critique Jean-Michel Cros , précise et avec une connaissance maîtrisée de l’histoire de l’islam et de ses courants mystiques !
Chapeau !
Voilà en effet une critique de livre, qui nous change des éloges convenues que ce livre de Max Gallo a reçus dans certains médias !
Il devient évident que Max Gallo nous sert un discours islamophobe depuis quelques années : en fait il recycle les discours
qui circulaient juste avant la colonisation de l’Algérie et étaient portés par des "intellectuelles éclairés" comme Jules Ferry et
Tocqueville . Tellement éclairées qu’ils tenaient des propos des plus racistes que M. Gallo reprend en y mettant plus de forme et se dissimulant derriére la Raison qui combatterait un soi disant mouvement religion qui pronerait la barbarie.
Tout cela en réalité masque le manque de culture de M. Gallo , son incapacité intellectuelle.
Je suis laïc et plutôt athé, mais je suis scandalisé par le discours de certains laïco-républicains de la trempe de Max Gallo qui transfert leur anticléricalisme primaire vers l’islam ! Le texte de Jean-Michel Cros nous informe citations à l’appui, des stupidités pour ne pas dire plus, véhiculées par ces derniers.
Souvent quand on veut se dédouaner de ses propres intolérances, on accuse l’autre "de fanatiques "par exemple. C’est ce que fait Max Gallo à grand renfort médiatique, mais cela est risible, et plutôt lâche
Abdelamajid a dit : " Il faut avoir à l’esprit que Max Gallo est un fanatique de Napoleon qui a rétabli l’esclavage. Rien donc de surprenant à ce Gallo soit islamophobe ! "
Excepté que Napoléon était très loin d’être islamophobe. Bien au contraire ; encore Général en chef en Egypte, Bonaparte s’adresse ainsi aux Oulémas du Caire dont les coeurs sont lourds d’affliction, après une victoire de Bonaparte contre les Ottomans : " Certes, je vous ai dit à plusieurs reprises et fait savoir par différents discours que je suis, moi, musulman unitaire et que je glorifie le Prophète Mohammed et que je suis le bienfaiteur des Musulmans, et vous jusqu’à présent nous ne me croyez pas... ". Autre fait significatif, l’entrée en Islâm sous le nom d’Abdallah du Général Menou ( alors que Bonaparte pris celui d’Ali ) qui se verra féliciter par ce dernier de sa fréquentation des mosquées ...
Je ne peux à ce sujet, que conseiller l’ouvrage " Bonaparte et l’Islam ", de Christian Cherfils, disciple d’A.Comte entré en Islâm, aux éditions AlCAZAR PUBLISHING.
Ensuite il n’y a aucun rapport entre le fait d’être esclavagiste et celui d’être islamophobe. L’esclavagisme a été de toutes les civilisations, notamment celle islamique. Et à ce que je sais, ni le Qûr’an, ni la Sunna ne le condamne.
Malik a dit : " Max Gallo dévoile sa véritable nature dès lors qu’il s’exprime sur l’islam. Cet historien dit de gauche est plus proche de l’extrême droite ! "
Il faut arrêter avec ce genre de clivages qui ne reflètent rien de réel. Il y a aujourd’hui les partisans du système capitaliste, et ses ennemis. L’Islâm, par sa condamnation de l’usure, se place d’office dans le camp des ennemis ( et j’ai envie de dire que c’est tant mieux ). Et la gauche a prouvé depuis longtemps qu’elle faisait partie intégrante du système...
L’extrême-droite n’est pas islamophobe, par essence. Seule une partie de celle-ci, instrumentalisée par le Système, dérive dans ses tendances, entretenuent soigneusement afin de neutraliser les ennemis de la société capitaliste.
L’antagonisme entre entrême-droite déviante (qui est aussi, hélas, la plus nombreuse) et musulmans (assimilés sciemment aux immigrés, avec l’aide tout à fait consciente des médias, etc .. ), est ainsi le garant du maintiens du système capitaliste. Il neutralise ainsi deux de ses ennemis potentiels. Le même schéma est reproduit entre extrême-gauche et extrême-droite, extrême-gauche et Islâm etc ...
Max Gallo ce grands défenseur du régime de Milosevic et du nationalisme serbe, ça m’etonne pas qu’il soit islamophobe.
Pour lui les serbes sont les défenseurs de l’occident chrétiens contre les Bosniaques et Albanais forcément islamistes.
Max Gallo un ’ultra laic’ ?
En defendant le nationalisme serbe sous le signe de l’orthodoxie au lieu de defendre le concept ’d’unité et fratérnité ’ de la Yougoslavie titiste regime vraiment laic lui ?
Super top le texte de Jean-Michel Cros !!!!! Vraiment intéressant !!!!!
il faut pas chercher trop loin pour découvrir la grande "stupidité" de ce, max gaulois. ce demi-intellectuel ou pas du tout a dit,(la france est avant tout,"judéo-chrétienne") ! sic..tout est dit. c’est un peu comme s’il veut dire,(toi monsieur,jamel bouras et tes frères muslmans),vous devez vous taire quand je parle.
Le personnage de ce roman dont la fille se convertit à l’Islam et se marie avec un musulman n’évoque pas en vous une sorte d’allégorie ?
Le laïc hard -l’auteur ?- vieux et las, perd le dernier combat de sa vie : Sa fille chérie et idéalisée -la république laïque ?- s’est convertie à l’Islam -démographie et/ou évolution de la mentalité française ?- et se marie logiquement avec un musulman -Tariq Ramadan président de la République ?-
Condition féminine dans l’islam oblige, selon l’islamophobe averti, que La femme soit...de ménage.
Condition masculine dans l’Islam oblige, selon l’islamophobe averti, que les jeunes serviteurs -La descendance masculine des immigrés musulmans ?- devenus les maitres de la maison France, ne respectent pas l’ancien maitre laïc des lieux.
Alors allégorie/allégresse ?
Wa salam !
le fait de rédiger une expression fondamentale qu’est soit-même, ne fait que du bien, pour ceux qui sont pour et ceux qui sont contre.
le problème de la tolérance, est d’actualité...
« des milliers de gens qui payent la follie des grandeurs..
les forts qui le sont, veullent l’etre d’avantage, et gare à celui qui veut sortir de la masse, et tenter de se mesurer à eux, on ne joue pas dans la cour des grands »
nous nous voilons la face, avec berceuses..
que du placébo, pas de concret, on banalise tout acte inhumain, de torture, violence, viols, bavures enfin de dépassement des droits les plus élémentaires et essentiels, qu’est honneur et dignité des êtres humains en général.
car les grands dirigeants utilisent des penseurs comme Gallo, pour mettre en oeuvre leur tactiques, pour...
Pour répondre à certains messages :
- les lumières ce n’est pas une référence à un fantasmatique complot des illuminatis, mais à l’antagonisme vis à vis de l’obscurantisme dogmatique qui avait été imposé à l’europe au cours des siècles précédent, la remise en cause de ce qui empêchait d’accéder à la culture, la connaissance et à la réflexion.
Ainsi la seule chose permanente dans l’opposition droite gauche et qui qui repose sur des bases idéologiques des mouvement à partir des quels ont été déterminé le clivage, c’est que la gauche favorise l’égalité dans les différents domaines que ce soit au niveau du droit, de l’économie ou au niveau de la société civile, et s’oppose donc aux privilèges.
Tandis que les bases de la droite sont l’ordre et la tradition, et c’est d’autant plus vrai pour l’extrême droite.
Si la gauche combat le capitalisme et la droite le défend c’est bien parce que le capitalisme crée des inégalités et crée un ordre que certains considèrent qu’il doit être défendu. Mais l’opposition au capitalisme n’est pas en soit un critère pour placer sur l’échiquier politique un mouvement, d’ailleurs pour une partie de l’extrême droite l’état doit controler en partie l’économie, mais pas pour les mêmes raisons que la gauche.
Au delà de l’opposition purement idéologique gauche/ droite, il s’ajoute les opposition identitaires, qui font que des gens aux visions voisines sur le fonctionnement de la société mais n’appartenant pas à la même ethnie//nation/religion peuvent s’opposer à en devenir des ennemis mortels car ils ne font pas allégeance au même ordre, aux mêmes symboles, à la même tradition.
L’antagonisme entre l’exême droite européenne et les musulmans est de nature purement identitaire, elle s’oppose à eux parce qu’ils ne font pas allégeance au même ordre, à la même culture que eux, celà n’a rien à voir avec les valeurs et l’idéologie sur le fonctionnnement de la société que peuvent avoir les musulmans ou supposés tels, et qui ne sont pas homogènes.
As Salamou ’alaykoum wa ra’hmatoullah,
Bismillah,
Je voulais juste rappeler que l’atitude du Prophète (sAaws) et ce qu’il nous a enseigné contraste avec l’attitude de certains musulmans, même si ceux-là ne sont peut-être pas si nombreux qu’on le dit. Je ne critique en rien les frères et les soeurs qui se sont exprimés sur cet artcile de J.M Cros. Il est évident que Max Gallo connaît la culture musulmane comme je connais l’astrophysique, j’en ai vaguement entendu parler, j’ai lu quelques ouvrages de vulgarisation sur le sujet, mais je suis loin de pouvoir en parler en toute connaissance de cause. Ce que je voulais faire remarquer, c’est que le fait de répondre aux provocations n’est pas ce qui nous est enseigné par notre religion. Souvenez-vous du juif de Médine qui déposait chaque matin ses ordures devant la porte du Prophète (sAaws), celui-ci ne s’en est jamais plaint. De même, lorsqu’un bédouin était venu uriner dans la mosquée, il le laissa faire et lui expliqua gentiment que ce n’était pas convenable. Quand un rustre lui réclama de l’argent en l’étranglant presque, le prophète sourit et ordonna qu’on donne à l’importun ce qu’il demandait. Ainsi, j’ai entendu dire qu’un "musulman" avait craché au visage de Michel Houellebecq à cause des propos que ce dernier avait tenu sur l’islam. Mais ce n’est pas là l’attitude la plus judicieuse pour un musulman, d’après ce que nous enseigne l’islam. En effet, on doit dire "Paix" (salam) aux ignorants. Il faut prier pour ce Houellebecq, pour sa guidée, faire preuve de compassion et ne pas répondre à l’insulte par l’insulte : il faut être plus intelligent ! Si Max Gallo se prend pour Voltaire et écrit des sornettes sur l’islam et les musulmans, il faut bien entendu le lui faire remarquer, en relevant ses erreurs et en les dénonçant, il faut déplorer son manque de rigueur intellectuelle et en montrer les signes. Mais on peut le faire avec "courtoisie" (adab), en cherchant à modifier son jugement et son comportement, en priant pour lui. Même si nous ne parvenons pas à le faire changer d’attitude, au moins aurons-nous relevé et divulgué ses erreurs, nous aurons fait preuve d’honnêteté intellectuelle et nous aurons résisté, mais nous l’aurons fait en donnnant l’exemple, en donnant une bonne image de nous-mêmes (qui doit être meilleure que celle des autres, c’est-à-dire excellente, et pas seulement "bonne"). Nous aurons dénoncé la sottise tout en essayant de la faire cesser, nous aurons manifesté notre détermination (qui est plus déterminé à faire changer quelqu’un que celui qui lui veut du bien ?), mais aussi notre calme, notre circonspection, notre pondération et, surtout, notre compassion. Cettte attitude, qui est tout à fait dans l’esprit de la tradition à laquelle nous appartenons, forcerait bon nombre de gens à modifier leur regard sur l’islam. Il faut que l’adjectif "extrémiste", appliqué à l’islam, change de sens dans l’esprit des occidentaux. Je m’explique : certains de ceux qu’on qualifie ainsi ne poussent pas la logique de l’islam à l’extrême en agissant d’une certaine manière, mais au contraire s’éloignent de cette logique. Je fais le souhait, je prie même, pour que le comportement du Prophète (sAaws) inspire notre communauté (aimer le Prophète, d’après la sounnah, c’est d’abord mettre en pratique ses enseignements !). Comme il l’a dit, ne répondons pas au mal par le mal, mais répondons au mal par le bien (sauf bien sûr lorsqu’une solution pacifique à un conflit n’est pas possible, comme dans le cas, par exemple, d’une agression physique violente). C’est ainsi que certains non-musulmans cesseront de nous injurier ! Non seulement il ne faut pas donner le bâton pour nous faire battre, mais il faut encore faire en sorte que ces injures paraissent déplacées, voire incongrues, irraisonées ! Et Dieu est plus savant.