Les familles algériennes des « disparus »des années 1990 réclament justice

Les années s’écoulent, et l’impossible deuil se fait toujours plus insupportable. Parents proches, frèr

mercredi 11 mars 2009

Les années s’écoulent, et l’impossible deuil se fait toujours plus insupportable. Parents proches, frères, maris, fils, mères ou sœurs, les victimes de la terrible répression civile qui a déchiré sans distinction les entrailles de l’Algérie, au cours d’une décennie de tragique mémoire, se chiffreraient entre 8 000 à 15 000 personnes.

Une sinistre comptabilité qui atteste des milliers de rafles perpétrées par les forces de sécurité ou les groupes armés islamistes, mobilisant depuis des années le collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA), en partenariat avec les associations algériennes Djazairouna et Somoud, dans une incessante quête de vérité.

Exigeant une commission vérité sur le modèle de celles instaurées en Afrique du Sud et en Amérique latine, ces centaines de familles hantées par l’absence d’êtres chers n’ont jusqu’à présent trouvé aucun écho au plus haut sommet de l’Etat algérien, et pire sont désormais confrontées à un rempart administratif difficile à contourner : " la Charte pour la paix et la réconciliation nationale", un véritable bouclier législatif présenté par les autorités et adopté par référendum en septembre 2005, qui assure une immunité à la plupart des anciens combattants islamistes, tout en interdisant l’assignation en justice des forces de sécurité, pourtant jugées responsables par les ONG de la majorité des enlèvements.

Soufflant le chaud et le froid, le texte légal permet aux proches d’un disparu de prétendre à un versement d’indemnités financières, tout en menaçant également de prison tout sujet jugé séditieux car cherchant à « instrumentaliser les blessures de la tragédie nationale ».

Illustrant la chape de plomb qui paralyse l’Algérie, un séminaire organisé par les familles en 2007 sur une commission vérité a été interdit à Alger, alors que, comble de l’hypocrisie, le pays avait ratifié la Convention de l’ONU contre les disparitions forcées quelques jours auparavant.

Le 5 et 6 mars, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et les associations algériennes qui défendent les victimes du terrorisme, se sont réunies à Genève dans le cadre d’une conférence intitulée "Vérité en Algérie : bilan et perspectives un an après les recommandations onusiennes".

Publicité

commentaires