Les élèves-infirmiers de Limeil-Brévannes en immersion dans la connaissance de l’islam

Sanctuaire de soins, que quelques cas extrêmes ont suffi à surmédiatiser en haut lieu de tensions avec l’

vendredi 14 janvier 2011

Sanctuaire de soins, que quelques cas extrêmes ont suffi à surmédiatiser en haut lieu de tensions avec l’islam, l’hôpital n’en a pas moins érigé le respect de la liberté de culte en principe fondamental, l’inscrivant noir sur blanc dans l’article 8 de la charte du patient hospitalisé.

Au même titre que les premiers gestes élémentaires que doit exécuter tout personnel soignant digne de sa charge, concilier une bonne gestion des soins et la pratique religieuse, autant que faire se peut, fait partie intégrante de la déontologie du métier.

Une enquête du Parisien apporte un nouvel éclairage sur une démarche initiée par l’hôpital Emile-Roux de Limeil-Brévannes, fondée sur la connaissance et la sensibilisation à la religion musulmane qui, pour être la deuxième de France, caracole en tête des confessions les plus stigmatisées. Ainsi, après les bouddhistes à la pagode de Joinville, la synagogue de Créteil, ou encore l’église orthodoxe de Paris, une trentaine d’étudiants de l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) de l’hôpital Emile-Roux ont assisté à une conférence conduite par l’Union des associations musulmanes de Créteil (UAMC), qui gère la mosquée, sur le thème : « Le milieu hospitalier et l’islam ».

Intarissables, les étudiants ont multiplié les questions très concrètes, en prise direct avec le terrain, qui renvoient à l’historique personnel de leurs futurs patients. Quelle attitude adopter face à un « Coran écrit en arabe tombé du lit, puisqu’il paraît qu’un non-musulman ne peut pas le toucher ? » Réponse : « Vous pouvez le ramasser avec une couverture, il faut que quelque chose fasse barrière ».

Don du sang et don d’organes, jeûne du ramadan et grossesse, crémation…, rien n’est oublié par les professionnels en devenir. Il serait souhaitable que ce pas louable vers l’entre-connaissance, qui fera peut-être des émules du côté de l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif, soit suivi de grandes enjambées mutuelles, au-dessus du torrent houleux des préjugés, sur la passerelle du Vivre-Ensemble.

Publicité

commentaires