Jeudi 21 August 2014
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Les églises chrétiennes du Proche-Orient (2⁄2)

Les églises chrétiennes du Proche-Orient (2⁄2)
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Nous publions la suite de l’article sur les Eglises du Proche Orient, proposé initialement à nos lecteurs dans la première moitié de la décennie 2000. Le contexte de ce signe de fraternité a changé depuis dans ses détails et nous pouvons craindre que les évènements actuels et les réactions qu’ils suscitent chez les habituels excités et les éternels diviseurs rendent plus urgents encore le maintien du sang froid, de la connaissance mutuelle et du"respect têtu" dont parlait notre ami Mohammed Talbi.

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Nous publions la suite de l’article sur les Eglises du Proche Orient, proposé initialement à nos lecteurs dans la première moitié de la décennie 2000. Le contexte de ce signe de fraternité a changé depuis dans ses détails et nous pouvons craindre que les évènements actuels et les réactions qu’ils suscitent chez les habituels excités et les éternels diviseurs rendent plus urgents encore le maintien du sang froid, de la connaissance mutuelle et du"respect têtu" dont parlait notre ami Mohammed Talbi.

Ce signe de fraternité , il y a déjà quelques années, se donnait à voir à travers la mise à disposition de chacun, musulman comme chrétien d’occident, d’une synthèse claire et rigoureuse propre à faire connaître la richesse et la complexité de cette réalité chrétienne d’orient, toujours présente aux côtés des musulmans du Machrek et dont chacun de nous souhaite qu’elle reste et se renforce définitivement en toute terre d’islam, hors de toute ingérence et tutelle, dans la liberté et dans la paix.

Schéma général.

Nous avons ainsi dans l’orient arabe, pour nous résumer schématiquement, deux grandes divisions essentielles d’une chrétienté qui a survécu jusqu’à nos jours dans l’espace musulman. Il s’agit des Eglises chalcédoniennes et des Eglises non chalcédoniennes. Il s’y ajoute une autre catégorie, celle des Eglises non chalcédoniennes qui se sont unies à Rome entre le dix septième et le dix neuvième siècle.

Certains les nomment Eglises « uniates », selon un terme qui ne convient guère et auquel il faut préférer « Eglises orientales catholiques » rassemblant sans distinction toutes les Eglises de la région actuellement en union avec Rome quelle que soit leur histoire.

Un autre rapprochement a eu lieu également, avec l’Eglise orthodoxe grecque de Constantinople, à laquelle les Eglises non chalcédoniennes se sont toujours opposées. Depuis lors le terme « orthodoxe » est revendiqué par nombre de ces Eglises qui l’utilisent désormais, de même que des mentions nationales ou ethniques qui ne simplifient pas les choses. Jusqu’alors l’on réservait le qualificatif « orthodoxe », par commodité, à l’Eglise grecque chalcédonienne de Constantinople et aux Eglises d’Europe orientale issues des populations slaves converties par Byzance.

Aussi peut-il être utile de se rappeler les grandes divisions et les intitulés officiels qui demeurent les plus clairs pour toutes ces Eglises du domaine arabe, le seul que nous explorons ici, disons-le encore, à l’exclusion des Eglises de l’Arménie et de l’Inde, qui constituent aussi une chrétienté orientale originale.

Eglises chalcédoniennes du monde arabe.

Eglise maronite

 Pas d’évolution de l’intitulé ni de sa situation fondamentale

Eglise « melkite » ancienne

A. La majorité non unie à Rome porte aujourd’hui le nom d’Eglise grecque orthodoxe

B. Une forte minorité unie à Rome depuis 1724 porte le nom d’Eglise melkite

Eglises non chalcédoniennes du monde arabe

Monophysites d’Egypte


A.
La majorité non unie à Rome porte aujourd’hui le nom d’Eglise copte

B. Une minorité unie à Rome en 1741 porte le nom d’Eglise copte catholique

Monophysites de Syrie Palestine

A. La majorité non unie à Rome porte aujourd’hui le nom d’Eglise syrienne occidentale, mais le terme d’Eglise syrienne « orthodoxe » commence à s’imposer.

B. Une minorité unie à Rome porte le nom d’Eglise syrienne catholique


Chrétiens issus de l’Eglise de Perse, improprement appelés « nestoriens »

A. Une minorité non unie à Rome est désignée sous le nom d’Eglise syrienne orientale, mais le terme Eglise assyrienne d’orient tend à prévaloir

B. La majorité des chrétiens dit « nestoriens » se sont unis à Rome dès 1551, on les a nommés chaldéens

Nous pensons qu’à partir de ces éléments les grandes lignes de la diversité chrétienne du monde arabe apparaissent claires. Il reste à rappeler très brièvement, l’histoire de ces quelques branches et leur situation actuelle.

Les Eglises chalcédoniennes.

Les Eglises chalcédoniennes rassemblent à l’origine un grand nombre de fidèles en Syrie Palestine, dans les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem. Ce sont l’Eglise maronite et l’Eglise melkite ancienne.

Les maronites

La première est de rite syriaque, c’est à dire qu’elle utilise la langue sémitique parlée anciennement dans le nord de la Mésopotamie, particulièrement dans la ville d’Edesse (aujourd’hui Urfa, dans le sud de la Turquie). On appelle également cette langue l’araméen, plus volontiers lorsque l’on fait référence aux cultures païennes qui l’utilisèrent. longtemps

Depuis qu’ils existent, les maronites sont étroitement liés à la papauté, à laquelle ils sont demeurés fidèles, même après le schisme de 1054. Ils ont de ce fait accueilli les croisés d’une manière qui a pu leur aliéner certains musulmans. Cette longue connivence avec la chrétienté latine influença l’Eglise maronite qui perdit certains de ses caractères liturgiques. Elle tente de les retrouver aujourd’hui.

Mais à contrario, l’influence des maronites s’est faite sentir au concile eocuménique de Latran en 1215, dont certains canons sont rédigés en arabe et où l’on retrouve la formule coranique du Dieu « non engendré et non engendrant ». Malgré cela les maronites reçoivent plus de l’Eglise latine qu’ils ne lui donnent. A partir du XVIe siècle l’influence des jésuites est incontestable, un collège maronite est créé à Rome en 1584, qui forme les membres du clergé venu des monts du Liban. En retour les maronites initient les humanistes à leur culture syriaque, toujours riche et vivace dans leur communauté.

A cette époque s’élabore la thèse de la « perpétuelle orthodoxie » de l’Eglise maronite, bonne élève toujours dans l’opinion droite et fidèle au pape. Elle est ainsi la seule Eglise orientale à n’avoir pas eu besoin de s’unir à Rome à l’époque moderne puisqu’elle n’en a jamais été séparée.

Pendant des siècles, à l’apogée de la puissance ottomane comme à son déclin, les maronites sont des intermédiaires du pape, qui leur conféra une primauté sur toutes les autres Eglises orientales, primauté qui n’est plus affirmée aujourd’hui. Ils sont au XVIIIe siècle à la pointe de l’entreprise d’union des Eglises orientales séparées de Rome. A la naissance de la nation libanaise, ils jouent un rôle majeur par leur nombre, leur compétence et leurs appuis en occident.

Aujourd’hui elle est dirigée par le patriarche maronite d’Antioche et de tout l’orient, Nasrallah Pierre Sfeir, qui réside à Bkerké au Liban et il existe une paroisse maronite à Paris, à Notre Dame du Liban.

Les melkites.

Les melkites sont ainsi appelés par les partisans d’Eutychès en référence au terme melek en syriaque, (malik en arabe) parce qu’ils avaient accepté l’édit du souverain grec de Byzance Marcien en 451. Les Arabes musulmans conquérants au septième siècle les appelèrent aussi Rum (= romain d’orient, c’est à dire byzantin), parce qu’ils utilisaient le grec dans leurs rituels et demeuraient attachés culturellement à Byzance.

Au fil du temps l’arabe prend de la place dans leur liturgie ainsi que les langues des lieux où ils résident. Pendant presque toute leur histoire, les melkites gardent cette fidélité à Byzance, dans les territoires musulmans où ils vivent, sans être particulièrement persécutés.

Après le schisme de 1054 où le pape de Rome et le patriarche de Byzance se séparent, les melkites demeurent fidèles à Constantinople et restent dans le cadre de l’Eglise orthodoxe grecque séparée de Rome. Ils constituent aujourd’hui les patriarcats de « l’Eglise grecque orthodoxe » de Syrie, du Liban, d’Israël, de Jordanie et d’Egypte, avec un siège patriarcal à Antioche, un siège patriarcal à Jérusalem et un siège patriarcal à Alexandrie, pour l’Egypte. Un seul titulaire a juridiction sur tous ces sièges, il réside à Damas depuis le XIVe siècle.

Ce n’est qu’au dix-huitième siècle, au cours du mouvement général de rattachement de certaines Eglises d’Europe orientale et du proche orient, qu’un tiers des melkites s’unit à Rome, en l’année 1724. C’est ce que l’on appelle la branche catholique, officiellement intitulée « Eglise melkite ». Comme la branche grecque orthodoxe, elle est dirigée par un seul patriarche, dit « d’Antioche et de tout l’orient, d’Alexandrie et de Jérusalem », depuis qu’en 1772 le pape a étendu sa juridiction à l’Egypte et Jérusalem. Comme pour la branche orthodoxe, son siège est à Antioche, mais le patriarche réside à Damas ou au Caire.

Il a autorité sur trois diocèses patriarcaux (pays du Nil, Damas et Jérusalem) et treize diocèses suffragants, sept au Liban, quatre en Syrie, un en Jordanie et un en Israël. Le titulaire actuel est depuis novembre 2000 Grégoire III Lutfi Lahham. En France, deux paroisses de l’Eglise melkite existent à Paris, à saint Julien le pauvre et à Marseille à saint Nicolas de Myre.

Il faut ajouter à ces Eglises chalcédoniennes la minorité de chrétiens du patriarcat d’Alexandrie qui ont accepté les décisions de Chalcédoine. Ils sont demeurés fidèles à Constantinople après ce concile, en 451, et après le schisme de 1054 qui consomme la rupture entre Rome et Constantinople. Ce sont donc des membres de l’Eglise grecque orthodoxe d’Egypte. Ils sont aujourd’hui sous l’autorité du patriarche grec orthodoxe d’Alexandrie et d’Afrique, Sa béatitude Petros VII Papapetrou.

Les Eglises non chalcédoniennes.

Les Eglises non chalcédoniennes dans le domaine arabe du proche orient sont formées par les monophysites alexandrins, qui ont toujours constitué « l’Eglise copte », laquelle porte encore ce nom aujourd’hui, et rassemble la plus grosse communauté chrétienne du monde arabe avec plusieurs millions de fidèles, avec un siège à Alexandrie et un « pape » au Caire.

Il y eut ensuite les monophysites de Syrie Palestine, dits jacobites, qui forment « l’Eglise syrienne occidentale », avec patriarcat théorique à Antioche et patriarcat réel à Damas. Enfin nous trouvons ceux que l’on appelle improprement les Nestoriens, habitants de l’Irak. Ils composent aujourd’hui la « Sainte Eglise apostolique et catholique de l’orient », avec un patriarcat à Baghdad.

Les coptes

Les coptes constituent presque toute la population de l’Egypte à l’arrivée des conquérants arabes musulmans. Ils parlent un ensemble de dialectes issus de l’égyptien ancien, écrits en caractères grecs. Le christianisme a commencé à s’implanter au nord de l’Egypte païenne au IIe siècle puis descend vers le sud progressivement jusqu’à toucher la majorité de la population seulement au VIe siècle, peu de temps avant la conquête musulmane.

Pendant toute cette période, le monachisme se répand et l’influence d’Alexandrie croît dans le monde chrétien. Après la rupture de Chalcédoine, le monophysisme devient une manière d’exprimer son identité égyptienne, avec un rituel en langue copte. Mais le pays reste une province byzantine, soumise à un lourd impôt et à une tutelle religieuse grecque, toujours présente, pour surveiller l’Eglise copte naissante.

Lorsqu’arrivent les musulmans, aucune conversion n’est imposée, le clergé garde un statut favorable, les églises des Grecs enfuis sont données aux coptes. Mais peu à peu, au fur et à mesure que l’afflux de richesse diminue, que les dépenses publiques du califat augmentent, les coptes, clergé compris, sont soumis à plus de pression fiscale et subissent jusqu’au XIXe siècle le statut de dhimmi, qui leur paraît de moins en moins acceptable au fur et à mesure que progressent les idées d’égalité venues de l’Europe des lumières.

Pendant tout ce temps les coptes sont devenus musulmans. On suppose que l’Egypte est restée majoritairement chrétienne jusqu’au neuvième siècle et même jusqu’au onzième. Mais même après ce basculement, il reste toujours une importante proportion d’Egyptiens chrétiens, avec une liturgie originale où survit la langue copte, même si l’arabe prend une place plus grande.

Ils participent à la vie sociale, politique, administrative et s’arabisent quand la langue du prophète s’impose comme langue du pouvoir et de la culture. C’est un architecte copte qui construit par exemple, au neuvième siècle la mosquée d’Ibn Tulun.

A l’époque contemporaine, les coptes sont de même engagés aux côtés de leurs concitoyens musulmans dans la lutte de libération nationale et le développement du pays. L’action des islamistes ces dernières décennies a pu leur porter préjudice directement ou indirectement mais le mouvement d’ouverture commencé au XIXe siècle n’a pas cessé.

Dès 1954, l’Eglise copte participe au Conseil eocuménique des Eglises et elle envoie des observateurs au concile de Vatican II. Son chef est depuis plus de trente ans Chenouda III, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique, pape d’Alexandrie et patriarche de la prédication de saint Marc. Il rencontre en 1973 le pape Paul VI avec qui il organise une commission permanente de dialogue où sont discutées un certain nombre de questions faisant litige depuis toujours. Il crée en France à la même époque une « éparchie » dirigée par un évêque.

Vint ans plus tard, en 1994, Chenouda III institue cette éparchie en Eglise orthodoxe copte française dans la cathédrale saint Marc du Caire. Il la confie dans la même cérémonie à un métropolite, Abba Marcos, siégeant à Toulon, et le fait assister par un évêque auxiliaire, Abba Athanasios. Il existe ainsi treize lieux de culte copte en France et un en Belgique. Celui de Paris est la paroisse saint Jean Cassien et sainte Geneviève dans le neuvième arrondissement

Comme d’autres églises non chalcédoniennes, l’Eglise copte a vu certains de ses fidèles et de son clergé s’unir à Rome. Ainsi quelques dizaines de milliers de coptes ont ils accompli cette union en 1741, formant « l’Eglise copte catholique », avec son siège à Alexandrie. Son patriarche depuis 1986 est Stéphanos II Ghattas, que le pape Jean Paul II a créé cardinal en 2001. Les langues liturgiques de cette Eglise sont le copte et l’arabe.

L’Eglise syrienne (ou syriaque) occidentale

La chrétienté non chalcédonienne de Syrie Palestine a été renforcée et organisée par Jaques Baradaï au sixième siècle, nous l’avons déjà vu. Elle est implantée depuis longtemps dans les tribus ghassanides qui gardent la frontière désertique pour le compte de Byzance.

Il faut rappeler aussi que de nombreuses tribus arabes nomadisent dans la région et y jouent un rôle bien avant l’arrivée des musulmans, comme les Banu Kalb de Syrie orientale, qui s’islamisent très vite et sont le principal soutien des califes omeyyades pendant un siècle ou les Banu Judham du golfe d’Akaba ou les Banu Thaqif de haute Mésopotamie, qui restent chrétiens, vendent leurs chevaux au musulmans et participent à leurs conquêtes.

Les fidèles de l’Eglise monophysite de langue syriaque occidentale, accueillent aussi favorablement la nouvelle religion et ses adeptes. Ils n’en sont pas persécutés mais l’histoire est longue, il est plus avantageux d’être musulman dans l’empire musulman et les royaumes qui en procèdent et les conversions se multiplient. Il arrive aussi que la situation se tende, quelques persécutions purent avoir lieu, mais les chrétiens de cette région survivent jusqu’à nos jours où ils vivent en Syrie et en Irak mais surtout aux Etats Unis et en Europe, dirigés par le patriarche d’Antioche résidant à Damas, depuis 1980 Ignace XL Zakka Ier Eiwas.

Des fidèles de cette Eglise syrienne se sont unis à Rome dès 1662 et le mouvement s’est accentué à une époque de troubles dans l’empire ottoman, entraînant des persécutions en 1783. Ils sont « l’Eglise syrienne catholique », avec siège à Antioche et responsable à Beyrouth. Ce dernier dirige depuis 2001 les archevêchés du Liban, de Syrie, de Turquie, de Jérusalem, d’Irak et d’Egypte. Il se nomme Ignace Pierre VIII. Une église de ce rite syriaque existe à Paris, c’est saint Ephrem, dans le cinquième arrondissement.

Les Eglises issues de la chrétienté perse.

On se souvient enfin de cette chrétienté de l’empire sassanide, cherchant à survivre face au mazdéisme triomphant et à se démarquer de Rome et de Constantinople pour ne pas apparaître complice de ces dernières quand de constantes guerres opposent la Perse à ces puissances de la Méditerranée.

A l’arrivée des Arabes musulmans, qui défont les Perses à la « reine des batailles », à Qadisiya, vers 637, le catholicos de Ctésiphon peut continuer à exercer son autorité sur ses ouailles et se transporte à Baghdad quand la cité abbasside devient la plus grande ville du monde un siècle et demi plus tard. L’Eglise « nestorienne » profite alors de la prospérité de l’empire musulman pour s’implanter très loin en Asie dans la Mongolie, le Tibet, la Chine et l’Asie centrale.

Elle est prospère dans les tribus turques et mongoles et jouit de la faveur des conquérants mongols qui détruisent Baghdad en 1258, les khans Il Khan de Perse, eux même de confession nestorienne ou mariés à des nestoriennes. C’est ainsi qu’un turc ouighour est élu catholicos à la fin du XIIIe siècle, sous le nom de Yabhallaha III.

Cette complicité avec les nouveaux maîtres mongols, qui d’ailleurs s’islamisent au XIVe siècle, leur vaut un certain ressentiment de la part des populations musulmanes et la fortune des « nestoriens » décline au fil du temps. Ils ne sont plus qu’une minorité dans l’espace musulman d’Asie, après avoir été la plus puissante chrétienté du continent.

Au XVIe siècle, la majorité des fidèles et du clergé accepte de résilier la doctrine issue de l’école d’Antioche et de l’école d’Edesse, tout en gardant la langue liturgique, le syriaque oriental. l’Eglise est dénommée alors « chaldéenne » et des accords avec Rome confirment l’union, au XVIIe et au XVIIIe siècles. Elle a des diocèses surtout en Irak, mais aussi en Iran, au Liban en Syrie et en Turquie. Deux vicariats patriarcaux ont aussi été créés, l’un à Jérusalem, l’autre à Paris, où l’église Notre Dame de Chaldée pratique le rite en langue syriaque orientale. Le patriarche actuel, siégeant à Baghdad, est Raphaël Ier Bidawid.

La branche restée séparée de Rome compte environ moitié moins d’adeptes. Sa langue liturgique est la même mais elle a voulu rester fidèle à la doctrine défendue par Nestorius au Ve siècle. Elle perpétue le mode de succession pour le catholicos, qui est désigné dans une même famille, les Ichay, et dont la charge est transmise d’oncle à neveu En 1976 le qualificatif de « nestorien » est officiellement rejeté et prévaut peu à peu la désignation par le terme « Eglise assyrienne de l’orient ».

Le catholicos est de moins en moins à Baghdad et de plus en plus en Grande Bretagne et aux Etats Unis où se trouve le siège, à Chicago. C’est à San Francisco que le dernier patriarche de la famille Ichay est assassiné en 1975. Il est remplacé par le métropolite assyrien d’Iran, Khananiya Dinkha, qui n’est nullement son neveu, et devient le patriarche Mar Dinkha IV en 1976.

Une autre branche non unie à Rome, plus ou moins dissidente, a toujours son siège à Baghdad et garde juridiction sur des fidèles en Irak, en Syrie et au Liban, mais surtout en Inde, où ses adeptes sont les plus nombreux. Elle est dirigée par le patriarche Mar Addaï II, qui réside à Baghdad.

Autorités ecclésiastiques dispersées.

Il faut ajouter à cette complexité chrétienne du proche orient arabe la présence de quelques autres autorités ecclésiastiques dans des villes de l’espace traditionnellement arabe depuis des siècles. C’est ainsi que le catholicos arménien de la Cilicie, (région de Turquie), a sa résidence au Liban, il est patriarche de Cilicie, catholicos arménien d’Antelias et réside à Beyrouth, c’est sa sainteté Aram.

Il existe aussi un patriarche arménien de Jérusalem pour Jérusalem, avec le titre de patriarche du trône apostolique de saint Jacques. Enfin, un catholicos de « l’Eglise arménienne catholique », unie à Rome en 1742, réside à Beyrouth, avec autorité spirituelle sur la diaspora arménienne, c’est, depuis 1999, Narsès Boudros XIX Tarmouni. Enfin la papauté a ressuscité en 1827 un des patriarcats latins du temps des croisades, celui de Jérusalem. Il était de tradition d’y nommer un Italien jusqu’à ce que le pape y désigne un palestinien, Sa Béatitude Michel Sabbah.

Du côté orthodoxe tel qu’on l’entend depuis 1054, c’est à dire ce qui procède de l’Eglise de Constantinople, il existe un patriarcat de Jérusalem. Il est dirigé par la Confrérie grecque du Saint Sépulcre, chargée de la garde des lieux saints, avec autorité sur un certain nombre d’archevêchés de la région, entourée d’un clergé arabe et sous l’autorité d’un patriarche grec, élu parmi les membres, actuellement sa béatitude Irénée.

Ce patriarcat coiffe un archevêché particulier, celui du mont Sinaï, où vivent, dans le couvent de sainteCatherine, une centaine de moinesorthodoxes, qui ont élu leur archevêque il y a trente ans, sa béatitude Damianos. Enfin, siège à Damas le patriarche orthodoxe arabe d’Antioche avec autorité sur tous les orthodoxes arabes de Syrie, Liban, Irak et même des Amériques, c’est depuis vingt cinq ans sa béatitude Ignace IV Hazim.

Au-delà de tout cela, la presque totalité des ordres chrétiens, des confréries diverses, ont des représentants dans le monde arabe, et particulièrement dans les Lieux Saints. Nous avons simplement voulu évoquer ici les Eglises qui ont vécu la majeure partie de leur histoire dans le monde arabe et les Eglises peut être venues de l’extérieur du monde arabe, mais qui ont autorité sur des chrétiens arabes ou dont les responsables ont trouvé refuge dans le monde arabe.

Que ce petit résumé, où sans doute des erreurs n’ont pas manqué de se glisser, soit reçu comme une marque de l’intérêt et du respect que des musulmans peuvent porter à des chrétiens, en apprenant d’abord à les connaître dans leur longue histoire et dans leur diversité. Qu’il soit un témoignage d’amitié en cette fin d’année 2007, où la violence secoue encore des terres arabes, patrie de musulmans et de chrétiens.

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