Les défis du souverain saoudien Abdallah

Proclamé souverain à la mort de son frère Fahd en 2005, l’octogénaire roi Abadallah n’en est pas moins

mardi 31 mars 2009

Proclamé souverain à la mort de son frère Fahd en 2005, l’octogénaire roi Abadallah n’en est pas moins toujours mû par de grandes ambitions à la fois pour son pays et plus largement pour le monde arabe.

Soucieux de marquer son règne d’une empreinte réformatrice et d’impulser une modernisation en douceur dans la très conservatrice Arabie Saoudite, le monarque précurseur d’une nouvelle ère a dû attendre février 2009 pour faire tomber trois bastions emblématiques de l’ultra conformisme ambiant, en limogeant simultanément le ministre de la Justice, le chef de la police religieuse et le ministre de l’Education.

Bravant les plus rigoristes, il a parachevé cette mini révolution nationale de main de maître en envoyant un signal fort : la nomination de la première femme vice-ministre, Noura al-Fayez, quand bien même son rôle se trouve cantonné à l’éducation des filles.

L’homme ébranlé par le 11 septembre, engagé dans un combat sans relâche contre l’islamisme violent, est un roi obnubilé par l’impasse du conflit israélo-palestinien, et profondément tourmenté par le risque de désintégration du monde arabe et la montée en puissance de l’Iran.

Aussi, place-t-il tous ses espoirs dans le sommet de la Ligue arabe qui s’est ouvert lundi au Qatar, pour parvenir à apaiser les dissensions intestines de la grande famille arabe, et esquisser les contours d’un processus de paix viable et équitable au Proche-Orient.

Mais la diplomatie se heurte à des forteresses imprenables, et en dépit des efforts déployés, le président égyptien Hosni Moubarak, l’autre pilier régional, devrait boycotter le sommet, en signe de protestation contre le soutien total du Qatar au Hamas palestinien.

Si l’opiniâtreté du monarque briseur de tabous parvient à décloisonner lentement la société saoudienne et à faire entrevoir aux femmes de nouvelles perspectives, dont sa fille, la princesse Adela, se fait la porte-parole, des résistances persistent, et la récente nomination du conservateur prince Nayef au poste de deuxième vice-premier ministre n’est pas sans plonger dans la plus grande perplexité quant à la pérennité du processus réformateur.

Dans un écheveau national et international des plus complexes à démêler, les défis du roi Abdallah sont de vraies gageures.

Publicité

commentaires