Les craintes du puissant lobby américain pro-israélien, l’AIPAC

Labourant son sillon sans relâche, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), qui veille plus que

mardi 5 mai 2009

Labourant son sillon sans relâche, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), qui veille plus que jamais au grain, serait en proie à une certaine inquiétude face aux premiers signaux ambivalents envoyés par le successeur de George W.Bush, le très regretté président de l’influent lobby, qui incarnait l’âge d’or de la concorde américano-israélienne.

Vouant un culte à l’intouchable terre promise, l’abnégation dont font preuve les forces vives de l’Aipac pour assurer la protection d’Israël est à l’image des fortes pressions, souvent illégitimes, qu’elles ne craignent pas d’exercer sur les décisions américaines au Proche-Orient. Loin d’être la tête de liste du groupement pro-israélien lors de la présidentielle, Barack Obama, dont les paroles et les actes sont passés au crible, a éveillé dernièrement les craintes les plus vives du lobby, lui faisant redouter l’impensable !

Dans l’ordre, il y eut la nomination de George Mitchell en tant qu’ envoyé spécial au Proche-Orient, suivie de la réponse inattendue d’Obama à Nétanyahou soulignant que les problèmes de la Région sont certes importants, mais qu’aucune négociation n’a vocation à être "infinie"... sans oublier une missive rédigée par dix personnalités américaines, démocrates et républicaines, incitant le président américain à établir un dialogue avec le Hamas palestinien, et la question iranienne, objet de tous les tourments…

Une anxiété très perceptible a ainsi gagné les rangs de l’Aipac, aiguisée par une prise de conscience de la presse, qui jette un double discrédit sur l’impact de la stratégie du lobby et d’Israël. En janvier, le Time titrait : « Pourquoi Israël ne peut pas gagner », expliquant que son recours systématique à la force pour venir à bout du problème palestinien constitue une faiblesse politique, qui met son existence même en péril.

J. J. Goldberg, ancien directeur du journal juif The Forward, atteste de son côté : « On ne perçoit pas combien l’opinion américaine a évolué défavorablement avec la guerre israélienne à Gaza ». Si l’administration Obama semble déterminée à impulser une nouvelle dynamique diplomatique en faveur de la résolution du conflit au Proche-Orient, gageons néanmoins qu’entre Washington et Jérusalem l’heure est plus que jamais aux tractations en coulisses.

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