Les conditions de la réalisation de l’ ijtihad consensuel (2/2)

 consensus. Le sujet nécessite qu’on l’étudie d’une manière

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jeudi 10 avril 2003

 consensus.

Le sujet nécessite qu’on l’étudie d’une manière détaillée sur deux plans. Le premier, sur le plan du mujtahid, le second sur le plan de l’action d’ijtihâd.

 

a) Le mujtahid.

 

Est un savant capable d’exercer l’effort déductif des statuts juridiques à partir de leurs prescriptions. Il est considéré comme étant mujtahid, tout savant ayant une spécialité, dans n’importe quelle discipline. Que ce soit dans une matière religieuse ou scientifique.

On appelle également tout mujtahid : Jurisconsulte (mufti), détenteur de l’opinion et de l’effort (ahl al-ray wa al-ijtihâd), ou détenteur de l’autorité (ulu al-amr).

Il faut discerner tout de même que les savants ont divergé au sujet de l’autorité scientifique. Confère-t-elle une autorité légitime au savant ou non ? Les compagnons ne se sont pas mis d’accord à ce propos. Ibn ’Abbâs a soutenu que les détenteurs de l’autorité sont, bel et bien, les savants. D’autres ont soutenu qu’ils ne le sont pas.

Selon nous la question tourne autour de la spécialisation. En effet, chaque spécialiste constitue un homme d’autorité dans son domaine. Cela au même titre qu’il peut être un ahl zikr. Cela est étayé par le verset : « Interrogez les gens du savoir si vous ne savez pas ».

Les qualités du Mujtahid.

 

La Connaissance.

 

Razès (Al-Râsî) à dit : « La science la plus importante pour le mujtahid est la science des fondements du droit ou uçûl al-fiqh ». Al-Gazzâlî à, aussi dit : « La science la plus noble dans le domaine de l’ijtihâd comprend trois disciplines ; Le hadîths, la linguistique et les fondements du droit ».

Donc, les mujtahid, ce sont les savants habilités à conclure le consensus. Lesquels sont capables de connaître le licite et l’illicite, tant dans les textes qu’en dehors de cela. Al-Safi’î dit : « Je ne prétends pas, ni moi ni l’un des gens du savoir, que telle question fait l’objet du consensus, que lorsque tu ne trouve pas un savant qui ne le dit pas, en le transmettant de ses prédécesseurs, comme les quatre rak’ats du Zuhr, et la prohibition de la consommation du vin .. etc. »

 

Bilan partiel sur l’ijtihâd.

D’un point de vue simplement linguistique, le terme » ijtihâd  » signifie « déployer son possible dans une action difficile ». Autrement dit, il suggère l’effort. Et cette notion d’effort (juhd), revêt une grande importance dans le langage des juristes pour acquérir un sens technique. Surtout lorsqu’il s’agit de l’usage de cet effort dans la maîtrise des statuts légaux chez celui qui se livre à l’exercice de l’ijtihâd. Donc, il s’applique à la connaissance et à l’agencement des principes de base (uçûl), avec un esprit d’entière objectivité.

La connaissance des fondements du droit, aussi, mais le champ des uçûl est vaste. Le mujtahid, devra-t-il l’explorer entièrement ?La norme lui impose la connaissance d’environs cinq cent versets du Coran (âyât al-ahkâm). De la Sunna, il retiendra ce qui se rattache aux statuts juridiques (ahâdîth al-ahkâm). Afin d’appliquer le principe de préférence (tarjîh), il devra savoir ce qui, du Coran et de la Sunna, est abrogeant et abrogé. Il apprendra quels sont les hadîth qui offrent de bonnes garanties d’authenticité et ceux qui sont faibles. Quels sont les statuts sur lesquels il y a consensus. D’autre part, il acquerra des notions de grammaire et de linguistique arabe pour discerner dans le discours (khitâb), ce qui est explicite, ce qui est évident ou au contraire équivoque, le sens propre et le sens figuré ; il ne perdra, cependant pas de vue que tout ceci n’est qu’un chemin d’approche vers le Coran et la Sunna.

 

Remarque sur les conditions de l’ijtihâd.

 

Ce programme est considérable, il ne saurait être pris à la lettre. Puisqu’il n’est pas demandé au mujtahid de connaître toutes les ramifications (furû’) du fiqh. C’est-à-dire tous les cas d’application des hukm (statuts juridiques). Ni d’arriver au degré d’ijtihâd en toutes les disciplines. Mais, seulement, dans celles dont il connaîtra personnellement les preuves (adilla). Ainsi en fut-il pour les Compagnons et les imams qui les ont suivis. L’imâm Ibn Hajar Al-’Asqalâny déclarait que les conditions instituées par les savants n’ont pas d’appui scripturaire, car aucun Compagnon n’a vraiment réuni toutes ces conditions qui constituent un énorme fardeau.

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Auteur : Tahar Mahdi

Docteur en langue et civilisation arabes section droit musulman de PARIS 8, auteur de plusieurs ouvrages, Tahar Mahdi est détenteur d'une Licence en langue et civilisation arabo-islamique, de l'université des sciences islamiques Damas (Syrie), et d'une Maîtrise de Droit jurisprudence de cette même université. Il est également titulaire d'un D E A « Anthropologie et Histoire des Religions » Sorbonne E P H E section IV des sciences religieuses.

Le Dr Tahar Mahdi a écrit :

  • Le Destin et l'arrêt à  travers le Coran et la Sunna
  • Sache qu'il n'y a de Dieu que Dieu
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