Les cinq mosquées de Toulouse : des châteaux en Espagne ?

Le paysage de la ville rose ne limite pas ses perspectives aux seuls clochers et, à l’heure où la carence

lundi 10 janvier 2011

Le paysage de la ville rose ne limite pas ses perspectives aux seuls clochers et, à l’heure où la carence de lieux de culte musulmans se fait cruellement ressentir sur le territoire national, Toulouse semble prendre la tête des grands bâtisseurs de mosquées.

La terre toulousaine serait donc celle de la fertilité multiconfessionnelle, pas moins de cinq mosquées étant annoncées à Basso Cambo, Empalot, Tabar, Bagatelle et Reynerie, augurant d’un avenir radieux, loin de l’immobilisme teinté d’ostracisme qui est le lot quotidien d’autres contrées, à ce petit détail près que la pose de la première pierre relève encore de la gageure.

Si l’avenir s’ébauche sous les meilleurs auspices sur le papier, c’est le flou artistique qui prévaut dans la réalité, sans échéances précises, et avec des chantiers ouverts aux quatre vents.

Le silence est d’or pour l’imam de la mosquée « Al Houceine » de Basso Cambo, Mammadou Daffé, par ailleurs directeur de recherche au CNRS, qui préfère ne pas se perdre en conjectures ainsi qu’il l’a déclaré à La Dépêche : « Je ne souhaite pas en parler. Si les gens sont pressés, je ne le suis pas ». Habitué aux préfabriqués, ce dernier continue d’y prêcher, faute de mieux, dans l’attente d’une mosquée qui tarde à sortir de terre, comme c’est le cas pour les quatre autres, où les premiers coups de pelle prometteurs semblent s’être figés dans le temps…

Entre des budgets qui ne sont toujours pas bouclés, des aléas techniques, des extensions en pourparlers, et les contraintes architecturales imposées par la municipalité soucieuse de l’harmonie du cadre de vie, il faut espérer que les cinq mosquées censées faire des heureux parmi les 15 000 familles de culture musulmane, soit 40 000 personnes en période de forte affluence, ne soient pas des châteaux en Espagne !

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