Législatives au Liban : vers une victoire de la coalition du Hezbollah ?

S’apprêtant à voter pour une échéance politique majeure, le Liban pourrait voir l’ascension au pouvoir

samedi 6 juin 2009

S’apprêtant à voter pour une échéance politique majeure, le Liban pourrait voir l’ascension au pouvoir suprême des chiites du Hezbollah et du Amal, associés au parti chrétien de Michel Aoun, détrônant dans une écrasante majorité l’actuelle coalition pro-occidentale.

Un tel revirement, craint comme la peste par les farouches adversaires du Hezbollah, propulserait à la tête du pays du cèdre un mouvement très populaire, connu pour sa posture inflexiblement anti-israélienne et anti-américaine.

A la veille d’un scrutin encore incertain, le scénario de la victoire du Hezbollah, que d’aucuns considèrent comme le pire scénario catastrophe, n’a pas manqué d’aviver les tensions intestines de l’électorat à l’influence décisive, les chrétiens.

Extrêmement sollicitée par l’ensemble des candidats, la communauté chrétienne se scinde en deux camps hostiles : les fervents partisans du camp pro-occidental, et les militants acquis à la coalition menée par le Hezbollah.

Jouant sur la corde sensible de la peur, les factions pro-occidentales, alarmistes, font planer la menace de l’apocalypse si les chrétiens portaient au pouvoir le Hezbollah, préfigurant un avenir sous le joug d’un conservatisme islamique belliqueux, qui déterrerait inéluctablement la hache de guerre contre Israël.

" C’est votre choix entre la paix et la guerre ", martelait récemment Sami Gemayel, candidat du parti chrétien Kataëb, prévenant les chrétiens que le succès du Hezbollah sonnerait le glas du pays le plus libéral du Moyen-Orient pour laisser la place à un nouveau Gaza.

Cette alliance entre les chiites et les chrétiens, que des détracteurs politiques jugent contre nature, perdure et a même consolidé ses liens trois ans après sa formation, et ce en dépit d’un historique politico-culturel que tout a constamment opposé.

Dans un entretien à l’Associated Press, le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, visiblement très confiant à la veille du scrutin, se hasardant à prédire une victoire de l’ordre de 67 à 70 sièges, soit la majorité absolue, a affirmé que la coalition qu’il représente se ferait fort, en cas de victoire, de convier ses adversaires de l’opposition pro-occidentale à rejoindre un « gouvernement d’union nationale ».

Verdict des urnes : dimanche 7 juin

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