Le vendredi 9 juillet 2010, correspondait au 27e jour du mois lunaire de Rajeb 1431. Avant l’Hégire, l’Emigration vers Médine, un événement unique dans l’histoire de l’humanité a eu lieu. Le Prophète de l’Islam vécut une expérience que personne d’autre avant lui et après lui, n’a pu ni ne peut connaître : El Isrâ et Miraj, le voyage miraculeux, nocturne de La Mecque à Jérusalem et l’ascension céleste du Dôme du rocher à l’au-delà. Ce récit spirituel est relaté par le Coran et la tradition prophétique. Durant ce voyage céleste furent prescrites comme don les cinq prières canoniques avec, comme valeur, cinquante prières.
Le vendredi 9 juillet 2010, correspondait au 27e jour du mois lunaire de Rajeb 1431. Avant l’Hégire, l’Emigration vers Médine, un événement unique dans l’histoire de l’humanité a eu lieu. Le Prophète de l’Islam vécut une expérience que personne d’autre avant lui et après lui, n’a pu ni ne peut connaître : El Isrâ et Miraj, le voyage miraculeux, nocturne de La Mecque à Jérusalem et l’ascension céleste du Dôme du rocher à l’au-delà. Ce récit spirituel est relaté par le Coran et la tradition prophétique. Durant ce voyage céleste furent prescrites comme don les cinq prières canoniques avec, comme valeur, cinquante prières.
L’idée de s’inscrire dans l’accueil du Mystère, de voyage vers l’infini et la capacité de l’être humain à s’approcher de la vérité sont centrales dans ce paradigme. Cette histoire fantastique, privilège incomparable octroyé au Sceau des prophètes, a influencé des auteurs majeurs du monde entier. Les rigoristes et autres extrémistes qui instrumentalisent la religion occultent pourtant ce récit d’un fait surnaturel avéré, tout comme ils réduisent l’importance de la célébration du Mouloud Enabaoui, la naissance du Prophète, événements historiques qui permettent pourtant de se souvenir d’un modèle excellent pour apprendre à vivre.
Aujourd’hui, le recul de la connaissance au sujet des phénomènes coraniques et de la civilisation islamique est préoccupant. En Orient, les discours sont souvent superficiels et fermés. En Occident, les grands islamologues ont disparu et les discours dominants ne sont pas favorables au savoir approfondi sur le Coran et l’Islam. Pour cette raison et compte tenu des enjeux, un de mes prochains ouvrages s’intitulera Lire le Coran aujourd’hui. Parmi mes préoccupations, reste le fait de découvrir des essais modernes sur ce sujet, de ce même oued. Parmi la nouvelle génération de chercheurs, qui se rattache aux études en islamologie, à partir des sciences humaines et sociales, comme la philosophie et la psychanalyse, un auteur mérite d’être signalé.
Jean Michel Hirt, psychanalyste et professeur d’université, spécialiste de psychologie clinique interculturelle, qui a publié plusieurs essais sur le religieux dans la vie psychique vient de nous gratifier d’un ouvrage brillant, avec comme toile de fond El Isrâ et Miraj, intitulé « Le voyageur nocturne », avec un sous-titre explicite : « Lire à l’infini le Coran. » Ce livre, publié aux éditions Bayard, Se veut une réactivation de la possibilité d’interpréter à titre personnel, une navigation à travers l’océan inépuisable du Coran.
Hirt renoue, avec finesse, avec la tradition de ces maîtres que furent Henri Corbin, Louis Massignon et Jacques Berque. Il aborde la lecture du Coran avec le recul du chercheur soucieux d’objectivité scientifique et en même temps avec le respect que suscite le Livre sacré. D’emblée, il reconnaît que le Coran est trop peu connu alors qu’il énonce un discours passionnant sur les prophètes depuis Adam jusqu’à Mohammed. L’auteur invite le lecteur à un voyage spirituel inédit pour contribuer à tenter de comprendre l’horizon de l’Islam et découvrir les enjeux prophétiques proclamés par le Coran.
Il déconstruit et réfute les calomnies que l’Occident a longtemps forgées contre le Prophète. Hirt saisit que le Prophète est conscient de sa mission d’Envoyé, réceptacle du Message et qu’il éprouve que la source de la parole révélée ne s’origine pas en lui, comme celle des poètes, mais en « Dieu ». Hirt résume en outre une idée-clé : « Tel un océan qui englobe îles et continents, le Coran rassemble en lui les appels et les paroles délivrés aux hommes par les innombrables prophètes... »
C’est à l’universel, à l’interprétation à l’infini et au discernement que l’auteur de cet essai appelle. Il cite avec précision les versets du Coran qui illustrent les questions du rapport entre le fini et l’Infini, entre le Prophète, cette lampe précieuse qui diffuse la lumière et la source de la lumière : L’Absolu.
Hirt explique avec justesse qu’un des enjeux décisifs du Coran consiste dans une affirmation : personne ne peut voir le divin, que par le sens lisible contenu dans le livre révélé. Il affirme avec force, que lire le Coran avec les yeux de notre temps c’est accéder aux promesses qu’il contient et ouvrir son coeur et sa raison sur l’étendue de l’héritage confié à l’être humain, l’empreinte divine confiée à l’espèce humaine, et faire face au défi du conflit entre la lumière et les ténèbres.
Un voyage dans la spiritualité
La lecture personnelle d’Hirt est une sorte de parallaxe par rapport aux postures habituelles. Parallaxe est l’incidence du changement de position de l’observateur sur l’observation d’un objet. C’est l’impact de changement de position de l’observateur sur un objet observé. Hirt, comme les chercheurs, qui respectent leur champ d’observation, contribue à changer le regard occidental au sujet d’un texte religieux de surcroît méconnu. Comme Hirt me le disait, lors de notre première rencontre, il s’étonne que comme cette terre aride qui ne veut pas de la pluie, l’Occident refuse de découvrir le Coran.
D’un autre côté, la Rive Sud tarde à renouer avec les belles traditions de l’ijtihad. Hirt avec la patience du voyageur qui traverse les océans et les déserts, en prenant comme personnage de son essai original la figure d’Ismaël, fait partager sa lecture du Coran, et les significations possibles qu’il en tire, sans jamais prétendre à l’exclusivité de la vérité, mais avec humilité et hardiesse, arrive à sortir des lectures idéologiques et orientalistes fermées. Cet effort mérite d’être salué. Il se démarque nettement à la fois des discours islamophobes, qui dénigrent, prétendent désacraliser et mettent sur le dos des mythes et des fictions le texte religieux, et des discours apologétiques intégristes qui n’arrivent pas à faire jaillir le sens profond et confisquent le texte pour leurs propres fins.
Il s’agit aujourd’hui d’œuvrer pour que l’obscurantisme d’un côté et l’islamophobie de l’autre reculent.Un seul chemin : la capacité des êtres humains à retrouver du sens qui ne soit pas un trop-plein en prétendant combler le vide et de vivre de manière ouverte et non fermée afin de préserver et de réactiver de la civilisation. La culture supposée de la désacralisation et de l’humanisme est dans une impasse. Le livre d’Hirt nous invite au voyage de l’interprétation pour lever les voiles de l’Altérité. D’autant que le retour de la religion est marqué, non pas par des semences du renouveau et de l’inventivité, mais des formes rétrogrades, qui n’effacent pas l’image d’un système opposé à la liberté. L’époque en crise devrait amener les uns et les autres à de la vigilance.
C’est lorsqu’une forme de vie a perdu sa jeunesse et sa vivacité, voire agonise, que l’acte de penser et l’acte de foi doivent resserrer leur lien.
Hirt est convaincant lorsqu’il constate avec lucidité que le Coran est un livre ouvert qui invite chaque lecteur à se retrouver en chaque prophète. Il se confie en précisant même : « Combien de fois ai-je eu en le lisant (le Coran) la sensation d’être éclairé par le texte, d’être rendu lumineux par l’éclairage qu’il dispense... » Malgré en Occident, l’air du temps consumériste et le refus de connaître l’altérité des musulmans, dont le socle est le Coran, qu’eux-mêmes peuvent perdre de vue, avec ce type d’essai, on peut dire que sous des angles nouveaux, les études en islamologie devenues si rares en rive Nord, peuvent revivre.
Ce livre « Le Voyageur nocturne » est un pont. Il incite à ne pas s’abandonner à la lassitude et à l’indifférence.
Il est possible de partager, de comprendre et intérioriser des significations profondes, à se mettre à l’écoute de Voix irremplaçables et d’engager des luttes à contre-courant de l’air du temps, à partir d’un regard neuf et de solidarités transfrontalières. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer l’ignorance et la sécheresse de notre temps, mais de faire l’effort de « Lire », de changer un mode de représentation ancré dans la subjectivité collective au sujet de la source de vie de l’autre différent.
Commentaires
Mustafa Cherif s’intéresse ici à la psychanalyse, c’est-à-dire à l’analyse de l’âme humaine et à son fond religieux.
Son introduction, tout comme le titre de son article, Le voyage céleste, nous rappelle la sourate 17,1 Al-isrâ,qui évoque le voyage nocturne du Prophète Muhammad, suivi de son mîraj ascension vers le ciel. Il veut montrer que le Coran supporte une lecture philosophique voire psychanalytique.
Le Coran nous oriente vers l’infini alors même que nous vivons dans un environnement limité. Il ne peut connaître Dieu, de visu, mais il peut lire Son message, celui de tous les prophètes.
Mustafa Cherif nous invite à lire Jean-Michel Hirt, un psychanalyste contemporain, partisan du transculturel et fondé sur les productions de l’inconscient. Je n’ai pas encore lu cet universitaire mais je viens de reprendre l’appendice IV du Message du Coran de Muhammad Asad qui commente la sourate (17 ;1) et qui conclut :
"le voyage nocturne de la Mecque à Jérusalem, qui précède immédiatement son ascension, visait apparemment à montrer que l’islam n’était pas une nouvelle doctrine, mais la poursuite du même message divin que celui qui avait été prêché par les prophètes des temps anciens, dont Jérusalem avait été la patrie spirituelle."
Il y est aussi question de symboles à analyser avec soin pour découvrir les conséquences du voyage du dernier des prophètes.
Cordialement.
Liliane Bénard
Mille merci à Mustapha Cherif pour cet excellent article qui montre que l’intelligence et la foi musulmane sont possibles et liées ! L’ascencion celeste est un des plus beaux symboles de l’islam ! C’est un plaisir de lire ce type d’article.
"Un évènement unique dans l’histoire de l’humanité", tu parles ! Les musulmans, comme les juifs, sont victimes d’un complexe de supériorité qui les rends antipathiques et explique autant le rejet général de l’islam, que l’antisémitisme. Quand les religions cesseront de nous bassiner en prétendant être les "seuls" à détenir la vérité, peut-être un véritable dialogue sera alors possible.Je ne crois pas en dieu, mais je ne crois pas non plus être le seul et unique détenteur de la vérité ; certainement pas ! laissez tomber votre orgueil et votre prétention, et vous verrez que vos geignardises continuelles sur "l’islamophobie" imaginaire cesseront d’elles-mêmes:bref, apprenez ce qu’est une vraie ouverture aux autres, apprenez le respect envers les opinions différentes, et le climat s’apaisera...en avez-vous le courage ? Je demande à voir, aprés quatorze siècles de dogmatisme rigide et stérile.
Alex, parlons de cet événement unique dans l’histoire de l’humanité. Il est unique comme tout phénomène historique, situé en un temps et en un lieu.
Jean-Michel Hirt en recherche un sens valable pour le monde entier. Il s’agit d’une expérience mystique qui est à distinguer d’un rêve de la nuit. Elle nous oriente vers l’au-delà.
Mustapha Chérif nous présente ce psychanalyste comme un parallaxe, c’est-à-dire un instrument de mesure, à partir de points de vue différents. Le point de vue d’un croyant est différent de celui d’un homme qui n’a pas la foi, mais pourquoi ne pas essayer de comprendre ces points de vue différents sans les mépriser. Ne disposons-nous pas tous d’un psychisme qui dispose de capacités étonnantes ? il est même capable de comprendre le pluralisme cher à Oumma !
Amitiés.
Liliane Bénard
Je retiens la formule
« je n’ai aucun compte à régler avec ce sinistre personnage »
mais je ne me souviens pas du nom de genre de la figure rhétorique qu’elle illustre de façon hilarante. Qui saurait me le dire ?
Bravo à Mustapha Cherif, penseur vigilant, pour cette critique constructive qui montre bien que le Coran est un Livre ouvert que toute l’humanité peut recevoir !
Alex est un dogmatique , il parle comme un integriste et un extremiste, il a la haine de la religion !
Personne n’a dit que l’on détient le monopole de la vérité ; et chacun a le droit d’affirmer que ce qu’il croit est beau et vrai ! c’est légitime, cela n’empeche pas de respecter le droit à la difference et d’etre ouvert. Alex juge que l’islamophobie n’existe pas , qui peut le croire ?
Liliane Bénard a raison ! Mustapha Cherif nous invite à lire un ouvrage d’interpretation avec notre sens de la raison ouverte sur l’altérité !
Waglioni a dit :
Je retiens la formule
« je n’ai aucun compte à régler avec ce sinistre personnage »
mais je ne me souviens pas du nom de genre de la figure rhétorique qu’elle illustre de façon hilarante. Qui saurait me le dire ?
Merci de me donner ainsi l’occasion de préciser que mon premier commentaire a été censuré. En retour, je me fais un plaisir de vous signaler ici, que la phrase que vous citez de moi, n’a rien d’une figure de style ; c’est juste une précaution d’usage.
Mais nul ne saurait vous empêcher de rester hilare, si tel est votre bon plaisir ; on dit que le rire c’est bon pour la santé. Au moins physique.
Ce Abdelkader Dehbi semble habité par la haine et le ridicule ! Waglioni a raison d’en rire. Mais c’est grave que ce Dehbi insulte et calomnie une personne, Allah déteste ceux qui diffame leur frères ou tout être humain !
Ce bel article de Mustapha Cherif au sujet d’El Isra et Miraj montre que le Prophète et le Coran méritent que l’Occident les découvre. Il est urgent de décloisonner et désenclaver les savoirs afin que le savoir l’emporte sur l’ignorance et la tolérance l’emporte sur la confrontation nuisible. Tout le reste n’est que polémique stérile !
Il est évident que la pensée de Mustapha Cherif, que je connais bien, qui déconstruit et analyse dans cette contribution passionnante permet à de nombreux lecteurs de découvrir les interprétations des ressources infinies du Coran. J’apprécie vraiment quand il défend notre belle religion contre tous les extrêmes et écrit : "Il s’agit aujourd’hui d’œuvrer pour que l’obscurantisme d’un côté et l’islamophobie de l’autre reculent" . En effet l’islam est universel et est au dessous de tout.
Le déni d’Alex qui fait partie des mécanismes de défense d’un locuteur pourrait avoir un sens. Mustafa Chérif le trouble parce qu’il n’a pas peur de dialoguer avec les chrétiens d’un point de vue religieux et avec les psychanalystes d’un point de vue scientifique.
Les religions doivent être reconnues comme égales et les religieux doivent apprendre les sciences qui ne sauraient contredire l’oeuvre du Créateur des mondes.
Liliane Bénard
Il fait chaud et j’ai écrit Alex à la place d’Abdelkader DEHBI qui disait qu’"il n’a aucun compte à régler" sous forme d’un déni peut-être...
Le rire est bon pour la santé physique mais aussi pour celle mentale. Passons alors sur les figures de style auxquelles on se livre même malgré soi, et profitons en effet de chaque occasion qui nous est donnée de rire.
Je ne lirai sans doute jamais le livre dont la lecture est conseillée ici, pour la raison que les sources qui sont citées ici me sont connues et qu’il ne m’apprendra rien. Mais tout ouvrage traitant de ce Voyage céleste est estimable et mérite d’être cité et consulté. Si j’avais un conseil de lecture à donner ce serait celui d’Ibn ’Arabi (5e Hg), dont la version française,
Voyage vers le Maître de la puissance,
est disponible aux éditions du Rocher, avec les commentaires d’Abdul-Karim Jili (7e Hg). Hormis le Tao-tê-king, je ne connais rien d’aussi puissant d’écrit par un humain, en effet.
Ibn Arabi est le cheikh Al Akbar , le plus grand des Maitres, Mustapha Cherif justement, comme le signale son site www.mustapha-cherif.net, son modele et maitre à penser est l’Emir Abdelkader disciple, par delà le temps, du Cheikh Al Akbar, le cite souvent dans ses ouvrages et articles, et précise que c’est un sommet universel incomprable du rapport à l’Absolu ! C’est ce même Ibn Arabi qui disait "mon coeur est apte à recevoir tous les etres..." ! Mustapha Cherif n’a pas peur d’entrer en dialogue avec les chrétiens, les athées , les humanistes..., et montrer le vrai visage de l’islam ! En sachant que les extremistes ( et bornés) de tous bords refusent ce type de démarche. L’invitation à dialoguer , ou à lire de maniere critique tel ou tel livre est toujours un acte d’ouverture. Chacun est libre de se faire une opinion.
À propos du voyage nocturne, le commentaire d’Ibn Arabî se trouve aussi et disponible dans la traduction faite par Denis Gril sous le titre : Le dévoilement des effets du voyage aux éditions de l’Éclat. Le livre entier peut être lu en ligne sur ce lien : http://www.lyber-eclat.net/lyber/ibnarabi/voyage.html
Mamily, j’apprécie le commentaire naïf : "Le point de vue d’un croyant est différent de celui d’un homme qui n’a pas la foi".
Que faites-vous des gens qui pratiquent le terrorisme, et qui, s’ils sont suffisamment convaincus, se font éclater partout et avec n’importe qui pour gagner le paradis ???
Reno qui semble cultiver l’islamophobie , (tout comme ce Dehbi semble cultiver la calomnie et le refus du dialogue interreligieux), doit savoir que comme l’écrit M Cherif dans ses nombreux articles le terrorisme c’est d’abord celui des puissants, qui colonisent, répriment agressent...par contre le terrorisme des faibles ; injustifiable ; est une réaction irréfléchie à l’injustice ! Ceux qui veulent le lier à l’islam sont des ignorants ou des racistes !
Cher Reno,
Ce n’est pas être naïve que d’observer que certains croyants se trompent aussi bien que des incroyants.
Les terroristes dont vous parlez agissent sous l’emprise du désespoir bien plus que de la foi qui espère et demande à quiconque d’être responsable de ses actes.
Il est aussi important de concevoir que celui qui a la foi est plus capable d’envisager un point de vue religieux que d’autres. Il conçoit la volonté de Dieu différente de celle des hommes et la vie dans l’au-delà, en présence de l’éternité.
Comprendre le voyage nocturne du Prophète Muhammad demande sans doute pour en dégager un sens mystique, un esprit religieux ?