Le voisinage

Il est nécessaire d’en parler car nous sommes tous des voisins. On ne peut pas vivre seul, on a tous des co

mercredi 19 juillet 2000

Pour aborder ce thème, nous nous sommes appuyés sur la sunnah du Prophète Mohamed (PSBDL : Paix, Bénédiction et Salut de DIEU soit sur Lui) à travers ses dires rapportés dans les hadiths et sur les versets d’ALLAH dans le Coran.

Il est nécessaire d’en parler car nous sommes tous des voisins. On ne peut pas vivre seul, on a tous des contacts au quotidien avec nos voisins. Ainsi, vos collègues de travail sont vos voisins, à l’école, les personnes que l’on côtoie sont nos voisins puis il y a surtout les gens qui habitent à côté de chez nous, ce sont les voisins proches.
Les êtres humains sont par nature voués à avoir des relations et des contacts au quotidien c’est pour cela qu’il faut apprendre à vivre ensemble. Et lorsque l’islam parle du voisin, il ne précise pas le voisin musulman ou le voisin non musulman, riche ou pauvre, il parle du voisin point final.

C’est vrai que le voisin musulman a sans doute plus de droit que le voisin non musulman, le voisin qui est un proche parent a plus de droit que celui qui n’est pas proche mais ce qui est sûr et certain c’est que l’islam insiste sur le fait qu’un bon musulman est un bon voisin et il doit tout faire pour avoir une bonne relation et un bon contact avec qui ? avec son entourage.

Et les savants vont plus loin puisqu’il considère l’époux comme un voisin et l’épouse comme une voisine et je pense que notre épouse c’est notre voisine la plus proche et l’époux le voisin le plus proche.

Ainsi, tout ce qu’on va dire s’applique à toutes ces personnes ; nos proches avec qui nous partageons le même toit, le voisin celui qui habite à côté de chez nous, ceux que l’on côtoie au travail, lorsqu’on étudie, bref, tout contact que vous aurez avec une personne qu’il soit long, permanent ou court, fait de cette personne un voisin Donc il a des droits et nous avons des devoirs à son égard.

Deuxièmement, vous savez tous que notre religion n’est pas une religion au sens occidental du terme. La religion en occident signifie une relation entre la créature et le créateur, entre le croyant et la personne en qui elle croit c’est à dire DIEU. C’est ça que veut dire le mot ’ religion ’ ici en occident.

Pour nous, la religion est quelque chose de beaucoup plus vaste et beaucoup plus large : C’est une relation entre DIEU et nous mais aussi une relation entre nous et eux. Et c’est qui eux ? Ce sont les êtres humains, les animaux, les plantes bref, toutes les créatures de DIEU. Ainsi, l’islam est une religion qui nous dicte notre conduite dans le domaine spirituel (la relation entre DIEU et nous) et dans le domaine temporel (la relation entre les créatures de DIEU). Et quel est le volet de notre religion le plus important ? Est ce qu’on peut mettre le paquet entre DIEU et nous au dépend des relations que nous devons avoir avec les êtres humains et les autres ; ou le contraire ?

En fait, notre religion est la religion de l’équilibre, elle nous demande d’assurer nos devoirs et de donner à chacun son dû.

Mais il est évident que les devoirs qui nous incombent vis à vis des créatures de DIEU sont plus important que les devoirs par rapport à DIEU.(Hassan Iquioussen a dit de ne pas prendre à la lettre ce qu’il vient d’être dit, il va s’expliquer par la suite sur ce qu’il voulait dire par là).

En d’autres termes, si tu n’a pas fait ta prière, DIEU peut te pardonner, vous le savez ça. Si tu n’a pas jeûner, DIEU peut te pardonner si tu te repends donc on voit que DIEU punit ou pardonne(ça passe ou ça casse) en sachant que tu n’avais pas assumé tes devoirs vis à vis de DIEU.

Cependant, si tu a été injuste envers ton voisin, tu lui a fait du mal là cela casse sûr et certain si le voisin ne pardonne pas .

En d’autres termes, quand on commet un péché, une faute, quand on s’égare par rapport à DIEU, c’est grave, mais c’est pas si grave que la faute que l’on commet vis à vis des êtres humains, c’est pas moi qui dit ça, c’est la philosophie de notre religion.

Le Prophète Mohamed (salla la’o ’alaye’i wa sallam) dit : 

’ DIEU pardonne aux martyrs tous les péchés qu’il a fait et il va au paradis sauf un péché vous savez lequel ? les dettes. Et c’est quoi les dettes ? c’est de l’argent qu’il doit à quelqu’un ’ donc vous avez vu nos devoirs vis-à-vis des êtres humains sont très importants .

Un autre hadith parle d’une femme (on est venu parler d’elle au Prophète Mohamed (PBSDL) en ces termes :

’ Oh Prophète, une telle qui est décédée priait de jour comme de nuit c’est-à-dire qu’elle faisait des prières obligatoires mais en plus des prières surérogatoires, elle jeûnait durant le mois de Ramadan et durant l’année des jours non obligatoires, en plus, elle faisait des sadaqa (l’aumône). Cependant, elle avait un défaut, elle a commis un pêché :elle était mauvaise avec son voisin. Elle s’est mal comportée avec ses voisins, elle a fait du mal à son voisin. Elle a été injuste avec son voisin. Vous voyez que cette femme avait une bonne relation avec DIEU, elle ne se contentait pas de ce qui était obligatoire mais elle faisait même ce qui n’était pas obligatoire. Cela prouvait quoi ? cela prouvait qu’elle aimait DIEU puisqu’elle faisait plus ce que DIEU lui a demandé de faire impérativement mais elle a mal compris la religion car elle pensait que c’était une histoire de relation entre DIEU et nous. Le Prophète va tenir ce commentaire en disant : ’ Nul bien en cette femme, elle est en enfer ’(la khayela fi’a, ’iya fi nalle).

Ainsi, ces prières non obligatoires, ces jeûnes non obligatoires ne l’ont pas secourus. Sa soi-disant bonne relation avec DIEU ne lui a été d’aucune utilité dans un premier temps, elle doit aller au purgatoire, pourquoi ? pour payer une faute grave qui est, le mauvais voisinage. Et vous avez remarqué que DIEU ne lui a pas pardonné pourquoi ? parce que les voisins ne lui ont pas pardonné.

Inversement, on vient et on dit au Prophète :

’ tu sais, une telle, elle est décédée et c’était une pratiquante mais qui se contentait juste des obligations religieuses : les 5 prières , pas une de plus pas une de moins ; les 30 jours de Ramadan, pas un de plus pas un de moins (le strict minimum) mais cependant, c’était une voisine extraordinaire :

Elle était aimé par ses voisines et elle leur faisait du bien .

Qu’en est il de cette femme, Oh Envoyé de DIEU ?

Le Prophète va tenir ce commentaire et va dire : ’ elle est au Paradis . ’

Qu’est ce qui a sauvé cette femme ? ce n’était pas sa piété rituelle(al ’ibadati) mais c’était sa piété relationnelle (les relations avec les gens). Qu’est ce qui a rabaissé l’autre femme, la voisine de tout à l’heure ? C’était ses erreurs, ces fautes à l’égard de ses voisins. Donc, on voit que la religion insiste sur les relations entre les êtres humains.

En effet, si les êtres humains ont de bonnes relations entre eux , ils ne commettront plus de péchés, de fautes puisqu’ils vont s’aimer. Lorsqu’on a de bonnes relations avec quelqu’un, on s’aime et on fait du bien. Et, si on fait du bien, on gagne le Paradis et quand on a des relations électriques avec son voisin, on commet des péchés. La preuve : quand on a un voisin, on passe son temps à parler sur son dos ; et parfois, on dit du vrai de lui. Mais, aussi, on en a tellement marre de lui, on est tellement dégoûté qu’on en rajoute, et là, on tombe dans le péché.

Le voisin, qui était mauvais dont on se plaignait, a fini par nous entraîner dans l’erreur, l’égarement et la faute, si bien que peut être on va faire plus de mal que lui. En effet, on va peut être dire qu’il a fait des choses qu’il n’a jamais faites. On va l’accuser alors qu’il est innocent dans certains domaines. Pour autant, cela n’excuse pas son égarement et ses erreurs. Quand on est en bonne relation avec ses voisins, on est bien dans sa peau, tout le monde est content donc on ne fait pas de péché, on ne s’égare pas on ne se trompe pas. DIEU dit dans le Coran (verset 36 sourate 4 Les femmes(anissa) :

’ Adorez DIEU et ne lui associez aucune divinité. Agissez avec bonté envers vos pères et mères, vos proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur et les esclaves en votre possession car ALLAH n’aime pas en vérité le présomptueux et l’arrogant ’.

Ce verset est clair. Il nous dit d’être excellent avec nos voisins et tout type de voisins.

C’est notre mari, notre femme ; ce sont nos voisins proches, de palier, ceux d’en haut, ceux d’en bas.

On a questionné Aïcha en lui disant :

’ Ton voisin , il commence où, il s’arrête où ? ’.

Elle a dit :

’ 40 maisons à l’est et 40 maisons à l’ouest, 40 au nord et 40 au sud ’.

Le voisinage est donc beaucoup plus large qu’on le pense. Ainsi, notre religion, est la religion du voisinage.

Le Prophète Mohamed (PBSDL) a dit :

’ L’ange Gabriel m’a recommandé d’être bon avec les voisins . Il m’a dit de lui transmettre ses enseignements et il a tellement insisté que j’ai cru à un moment donné que le voisin avait le droit à l’héritage ’.

Mais en fait, ça peut arriver ça, vous savez pourquoi il y a tellement, tellement de bonnes relations entre les voisins qu’il n’y a plus de frontières, la porte est ouverte, le porte-monnaie est ouvert, l’héritage c’est de l’argent parfois le voisin devient le membre de la famille, parfois il est beaucoup plus proche qu’un membre de la famille tellement les relations sont extraordinaires, sont belles.

Ainsi, le voisin peut passer à un autre stade qui est le stade d’un membre de la famille parce qu’il est tellement proche des cœurs qu’il n’y a plus de murs de séparation aussi bien physique que psychologique entre lui et son voisin.

Le Prophète Mohamed (PBSDL) dit :

’ Lorsque DIEU veut du bien d’un être humain, il l’emmielle ’.

On dit au Prophète :

’ Qu’est ce que ça veut dire emmieller ? ’.

Le Prophète a dit :

’ DIEU fait tout pour que cet individu soit aidé par ses voisins ’.

En fait, cet individu devient comme quelqu’un recouvert de miel : Il est tellement bon qu’il attire ses voisins si bien qu’ils l’aiment (il devient du sucre ). Quand quelqu’un est aimé par ses voisins c’est que DIEU l’aime. Quand les voisins aiment quelqu’un, c’est que DIEU veut du bien pour cette personne. Donc, il faut avoir chez soi un thermomètre pour rendre la température spirituelle : est ce que DIEU m’aime ou ne m’aime pas ? Comment savoir que DIEU m’aime ? Je regarde mes relations avec mes voisins : si mes voisins m’aiment, cela veut dire que DIEU m’aime. Si tous mes voisins me détestent, cela veut sans doute dire que DIEU ne m’aime plus. On ne parle pas des voisins qui sont égarés, mauvais. Ceux-ci ne sont pas pour nous des thermomètres pour voir si on est bien ou non. On parle des voisins normalement constitués.

De même, notre Prophète dit dans un hadith qui doit nous faire peur : ’ il ne croit pas, il ne croit pas, il ne croit pas ’. Donc ce n’est plus un bon croyant. C’est un musulman en apparence mais c’en est pas un en réalité.

’ Qui est donc ce pseudo-musulman, Ô Prophète ?

Ce n’est pas celui qui ne prie pas, ne jeûne pas.

En fait, le hadith parle de qui : ’ il ne croit pas, il ne croit pas, il ne croit pas celui dont les voisins ne sont pas à l’abri de ses méfaits ’. Ainsi, celui qui dérange ses voisins si biens que ses voisins le maudissent matin, midi et soir, n’est plus un bon croyant. Il a beau prétendre être un bon musulman puisqu’il prie, va à la mosquée, il est allé au pèlerinage. Tout cela n’est qu’un critère qui ne concerne que l’individu : sa relation avec DIEU, son adoration. Ce qui est le plus important est sa relation avec les êtres humains.

Anecdote :

Un jour, il y avait un musulman qui était terrible : il dérangeait son voisin. Celui-ci a patienté et à la fin, il en pouvait plus. Il a dit : ’ Ma patience a des limites ’, alors il est allé se plaindre auprès du Prophète.

Le Prophète lui a dit :

’ Retourne chez toi et tu mets tous tes meubles à la porte, dehors ’. (Tu sors tes meubles tu les mets sur le trottoir et tu t’installes sur le trottoir).

C’est choquant : vous avez une maison et vous squattez le trottoir avec vos meubles. Tout cela attire l’attention. Toute personne qui va passer, va s’arrêter et va se poser des questions : ’ soit, il est fou, soit il a un problème. Donc, lorsqu’il a fait cela, les gens se sont arrêtés et le questionne :

’ Qu’est ce qu’il t’arrive ? Pourquoi t’as mis tes meubles dehors et tu squattes le trottoir ? ’

Il a dit :

’ j’ai fait cela parce que mon voisin me rend fou ’.

Et là, les gens se mettaient à maudire le voisin. A chaque fois que quelqu’un passe, il s’arrête et lui dit  :

’ Qu’est ce qu’il t’arrive ? ’.

Il lui répond :

’ C’est à cause de mon voisin ’.

Les gens maudissent le voisin, frappent à sa porte et lui tirent les oreilles en lui disant : ’ Tu n’as pas honte, regarde tu as poussé ton voisin à bout si bien qu’il s’est retrouvé sur le pas de sa porte ’.

Ce voisin, qui faisait du mal à son voisin, alors que les gens n’étaient pas au courant, fait la une des journaux.

On craint tous pour notre réputation, notre honneur.

Il a alors décidé d’aller voir son voisin et il lui a dit :

’ S’il te plait, rentre tes meubles, rentre chez toi, je jure par DIEU qu’à partir d’aujourd’hui, je ne te ferai plus de mal ’.

Et il est rentré chez lui. Le problème a été résolu de cette manière. Cela se déroulait à une époque où les gens avaient peur pour leur fierté, leur honneur. Aujourd’hui, les voisins, qui sont mauvais , n’ont en rien à faire de la honte. D’ailleurs, s’ils avaient un peu de honte, ils ne se comporteraient pas comme cela. C’est malheureux d’en arriver à ce stade. Que voulez-vous ? C’est comme cela malheureusement.

Le Prophète a dit :

’ Le meilleur des voisins sera celui qui sera le meilleur avec son ami ’.

C’est comme s’il voulait dire que DIEU met des notes à chaque individu. Le voisin qui aura 20/20 sera, au jour de la Résurrection, celui qui aura été le meilleur avec son voisin. Donc il ne suffit pas de ne pas faire de mal à son voisin ; il faudrait aussi leur faire du bien pour être considéré comme le meilleur des musulmans, le meilleur des voisins. Cela est dur : ne pas faire de mal à la rigueur, ce n’est pas compliqué. Tu te retiens, tu te mets des menottes, du scotch sur ta bouche. De manière générale, quand on est normalement constitué, on se retient. Par contre faire du bien, donner : c’est plus dur car cela demande des efforts plus intenses. Ainsi, le Prophète nous a enseigné ces belles paroles en nous disant  :

’ 4 choses feront le bonheur, de même que 4 choses feront son malheur ’.

Les 4 choses qui contribueront au bonheur du croyant sont :

  • une belle maison,
  • une belle voiture (à l’époque, il parlait du chameau, une belle monture : tu te réveilles le matin, tu sais qu’elle marche)
  • une bonne épouse pour un homme (un bon mari pour une femme)
  • un bon voisin (quand tu as un bon voisin, tu es en paix de jour comme de nuit. Tu veux partir en vacances, il arrose les fleurs. Aujourd’hui, on a plus besoin de voisin pour arroser les fleurs. On en a besoin pour protéger notre maison des cambrioleurs : il ouvre la lumière la nuit, il l’éteint à un moment donné.)

Sa maison et l’autre maison sont protégées : on est en paix avec soi-même. Aujourd’hui, les gens vont jusqu’à payer d’autres personnes pour squatter les personnes pendant les vacances. On vous paie pour habiter alors que normalement, on doit payer la location : c’est le comble.

Un mauvais voisin fait partie du malheur. Des gens sont contraints de déménager à cause du voisinage. Cela arrive à beaucoup de gens et de plus en plus. On dirait qu’on va vers une société où il y aurait des zones où il ne faut surtout pas habiter, et des zones où l’habitat serait plus acceptable. Tout le monde serait gagnant si tous les voisins s’entendaient.

Les relations entre les êtres humains sont des échanges : je te donne, tu me donnes ; Je te fais du bien, tu me fais du bien. Pourquoi alors se faire du mal puisque tout le monde est perdant lorsqu’on se fait du mal ? Si on se fait du bien, tout le monde est gagnant. Cela démontre que l’Homme est bizarre. Généralement, le mal est gratuit (il y en a qui font le mal pour leur plaisir propre) De même, le Prophète nous dit :

’ Il y a des petits péchés, des moyens, des grands et des très grands péchés. Parmi les grands péchés, se trouve le vol. ’

Le Prophète a dit :

’ Le vol fait partie des 7 péchés capitaux mais il dit que c’est moins grave pour le voleur de cambrioler 10 maisons que de cambrioler la maison de son voisin. ’

En effet, tu as trahi ton voisin. En principe, on est en sécurité entre voisins, et voilà que celui qui me donnes un coup de poignard est celui qui me croises tous les jours. En principe, on a confiance, on a la conscience tranquille. C’est pour cela que voler, c’est un péché ; voler son voisin, c’est un péché puissance 10.

De même, le Prophète nous dit :

’ L’adultère fait partie des péchés capitaux, mais commettre l’adultère avec sa voisine c’est 10 fois pire que le commettre avec une étrangère. ’

En effet, tu as trahi ton voisin. Ainsi insulter un étranger, c’est un péché ; insulter son voisin, c’est 10 fois pire. Donc, les péchés sont multipliés lorsqu’il s’agit des voisins. Il faut vraiment faire attention à nos relations avec notre entourage, avec nos voisins.

De même, le Prophète implorait DIEU et disait :

’ O SEIGNEUR ! Protège-moi d’un mauvais voisin ici-bas ’.(Alla’oma ini a’odo bika mine jali sohi fi dali mokamati)

Il faut faire des invocations pour que DIEU nous protège des voisins pervers et mauvais. En effet, quand on a des mauvais voisins, on ne dort plus la nuit. Le jour, dans l’insécurité, vous ne pouvez laisser vos enfants sortir quand vous craignez votre voisinage. Bref, vous êtes dans une prison, entourés de mauvais voisins.

Le Prophète nous dit :

’ Il n’est pas croyant celui qui mange à sa faim alors que son voisin à ses côtés est affamé ’.

Dans une autre version du hadith, il est dit :

’ Il ne croit pas, il ne croit pas, il ne croit pas ’.

Les Compagnons le questionnèrent :

’ Qui donc, Ô Prophète ? ’,

Le Prophète répondit en disant :

’ Celui qui a le ventre plein alors que son voisin a faim ’.

Anecdotes :

Récemment, on pouvait lire dans les actualités qu’à Paris ou dans sa banlieue, il y avait une vieille dame d’un peu plus de 80 ans. Elle vivait dans une cabane au fond d’un jardin sans couverture sociale, sans aides sociales. C’était une boniche des propriétaires de la belle maison. Ils ont dû déménager et elle s’est retrouvée seule dans la cabane. Elle ne sortait que les nuits pour faire les poubelles pour trouver la nourriture. Le comble est qu’elle est dans cet état depuis plus de dix ans et personne n’était au courant. Les voisins qui la voyaient de temps en temps ne se sont jamais posé la question : comment est elle ? Comment va-t-elle ? Qu’est de qu’il en est d’elle ? Rien du tout : chacun pour soi et Dieu pour tout le monde. De plus, il n’y a plus de Dieu dans la tête des gens si bien que l’on peut vivre à côté de quelqu’un qui est dans la détresse et on n’est même pas au courant.

A Roubaix, il y a une personne âgée qui mourut et ses voisins n’étaient même pas au courant. Des mois, il est resté sur son fauteuil et son corps s’est transformé. Après plusieurs mois, on l’a découvert du fait de l’argent qu’il ne versait plus pour payer l’électricité, l’eau. S’il payait ses factures par chèque, il serait resté dix ans. Sa tombe aurait été son fauteuil car ses voisins ne se sont même pas posé les questions suivantes : ou est il ? Pourquoi les volets sont fermés ? S’il était parti en vacances et si les voisins étaient des individus normalement constitués, ils seraient au courant. C’est grave cet égoïsme des voisins.

Quels sont nos devoirs à l’égard de nos voisins ?

On sait qu’il ne faut pas faire de mal à son voisin mais lui faire du bien.

Le Prophète interrogea les Compagnons en leur disant :

’ Connaissez-vous les droits du voisin ’,

Ils dirent :

’ Prophète, enseigne-nous ’.

Il dit alors :

’ S’il vous demande de l’aide, aidez-le ’. Si ton voisin te demande de l’aide et que tu en as la possibilité alors aide-le. En effet, si tu refuses de l’aider sans raison, tu commets une faute et un péché.

’ S’il te demande de l’argent, prêtes-en lui ’. Si ton voisin est dans la difficulté, le besoin et qu’il te demande de l’argent, alors prêtes-en lui et ne laisses pas ton argent dans la banque. Tu es sa banque dans la mesure de tes capacités.

’ S’il est pauvre et dans l’indigence alors prends le en charge en fonction de tes moyens ’. Vous savez aujourd’hui, vous êtes riches, demain, vous serez pauvres. Aujourd’hui, vous vivez dans l’aisance, demain, vous serez dans la difficulté. Alors, si ton voisin se retrouve dans la difficulté, tu dois être à ses côtés pour lui venir en aide. La Pauvreté n’est pas que physique ou matériel, elle peut-être aussi psychologique. En effet, on peut se sentir bien aujourd’hui et ne plus avoir le moral le lendemain. Comment voulez-vous que le moral vous revienne si vous quelqu’un à qui parler, qui vous écoute, vous comprend, vous réconforte et vous soutient. Si on n’a pas de voisin, on tombe dans la déprime, dans l’alcool, la drogue ou on se suicide. Mais, si on sait que dans la difficulté matérielle ou psychologique, il y a des gens sur qui compter, croyez bien que le fardeau de la vie est beaucoup plus léger. Parfois, une parole peut effacer les difficultés de toute une journée, la fatigue de toute une journée.

’ Si un bien le touche, félicite-le ’. Ce bien peut-être une naissance, une réussite, etc. Dans ce cas-là, il ne faut surtout pas le jalouser car un des péchés les plus répandu aujourd’hui c’est la jalousie entre voisins. On ne supporte pas qu’un ait ce qu’on a pas ou qu’on ne peut pas avoir. Aussi, on attend toujours des compliments de ses voisins alors que l’on leur en fait jamais. Cela s’explique par le fait qu’on est jaloux donc on ne veut pas faire de compliments ni l’encourager ni le remercier ou le féliciter.

’ Lorsqu’un malheur le frappe, tu es à ses côtés pour le soutenir dans son malheur, lui faire des condoléances ’. Ce serait malheureux d’avoir des voisins qui ne pensent qu’à vous que lorsqu’ils on besoin de vous, mais lorsque vous avez besoin d’eux, ils n’existent plus. Un vrai voisin est celui qui est avec toi aussi bien dans la difficulté que dans l’aisance.

’ Et s’il vient à décéder, tu l’accompagnes vers sa dernière demeure durant ses funérailles. Et ne construitspasta maison plus haute que la sienne’. En effet, tu vas le priver d’air et de lumière.

’ Et ne lui faites pas de mal avec les ordures de ta cuisine. Si tu fais un bouillon, envoie-lui un peu de ton bouillon ’. Si tu fais à manger, donne-lui en un peu. Si un jour, tu prépares un gâteau ou du pain, il faut penser à en donner un bout à son voisin. Si tu achètes quelque chose et que tu rentres chez toi avec tes courses dans les mains sans empêcher le voisin de les voir, donne lui un fruit. Si tu n’as pas les moyens de lui donner, ne lui fais pas montrer ce que tu as acheté. Tu fais rentrer tes courses en cachette chez toi dans ce cas précis. Aussi, ne laisses pas tes enfants sortir de chez toi avec dans sa main une sucette, de la glace car les enfants de ton voisin n’en ont peut-être pas. Cela signifie que tu penses même aux enfants de ton voisin qui pourraient-être jaloux du fait que tes enfants aient quelque chose qu’ils n’ont pas. C’est une véritable solidarité. Tu penses à ton voisin comme tu penses à toi-même. Tu prends soin de lui et de ses enfants comme tu prends soin de toi-même et de tes enfants. En fait, un voisinage comme çà ressemble plus à de la fraternité qu’à du voisinage. Celui qui se comporte comme çà avec son voisin, son voisin n’est plus un voisin. Il devient un membre de sa famille. Voilà les règles à suivre pour tout bon croyant.

C’est pour cela que le Prophète nous dit :

’ Celui qui croit en Dieu et au jour dernier, qu’il ne fasse point de mal à son voisin, qu’il reçoive ses invités de la meilleure façon, qu’il dise du bien ou se taise ’.

Cela fait donc partie de la foi que d’honorer son voisin et les invités.

De même, le Prophète nous dit : 

’ Il n’entrera pas au Paradis celui dont les voisins ne sont pas à l’abri de ses méfaits ’. S’il est croyant, il entrera en Enfer pour payer sa faute : c’est le Purgatoire. Il entrera au Paradis uniquement après avoir payé pour sa faute. On se trouve devant DIEU le jour de la Résurrection, on est content parce qu’on a prié, on a jeûné, on a lu le Coran, et voilà que DIEU nous dit stop, pas de Paradis pour l’instant. ’ Pourquoi SEIGNEUR ? ’, DIEU dira : 

’ Vous vous souvenez avec votre voisin, vous avez fait ceci, cela. Vous allez d’abord prendre une douche en Enfer pour vous purifiez de vos fautes et seulement après vous viendrais au Paradis ’.

Si les musulmans étaient des bons voisins les non-musulmans apprécieraient les musulmans et leur religion qui les a poussés à être de bons voisins. Les jeunes croient en ce qu’ils voient avant de croire en ce qu’ils entendent. Si chacun donnait l’exemple, on serait heureux, on rendrait heureux, on ne serait plus montrer du doigt comme étant des terroristes fanatiques, intégristes, fondamentalistes. En effet, toute personne qui a connu et qui connaît dans sa vie un bon musulman donc un bon voisin ne pourra que démentir ce qui est dit sur l’Islam et les musulmans. Mais, si une personne a un voisin musulman qui est pire que le diable, ce qu’il entend, ce qu’il lit sur la presse va confirmer son opinion qu’il avait sur mes musulmans et de l’Islam. En effet, il ressent au quotidien les méfaits des musulmans et de l’Islam. De même, il y avait un compagnon qui s’appelait Abdullah Ibn Ammi Ibn’As : il faisait partie des 4 Abdullah : Abdullah Ablas, Abdullah Ibn Masoud Abdullah Ibn Omar Ibn Al-Khattab. Ce sont 4 Compagnons qui étaient tous savants et enseignaient la religion aux gens. Lorsque la Fête du Mouton arrivait, Abdullah Ibn Ammi disait à son boucher : ’ As tu donné une partie du mouton à notre voisin le juif ? ’. Il lui dit : ’ Pas encore ’. Et il revient à l’attaque et lui dit : ’ As tu donné une partie du mouton au juif ? ’. Le boucher lui dit : ’ pas encore ’. Abdullah après quelques secondes lui repose la même question. Le boucher lui dit :

’ ¨Pourquoi tu insistes tant pour que je donne une partie de ce mouton à ton voisin le juif ’. Il lui dit : ’ Le Prophète a dit que l’Ange Gabriel m’a tellement recommandé d’être bon avec mon voisin que j’ai pensé qu’il allait faire partie de mes héritier. Va donc lui donner une partie de notre mouton ’.

Anecdote  :

Un homme qui s’appelait Abdullah Ibn Al-Mubarak avait un voisin et ce voisin a décidé de déménager un jour pour une raison inconnue. Il a mis sa maison en vente 20 unités (200000 Francs : chiffre inventé) les gens lorsqu’ils viennent pour acheter la maison ils lui font la remarque suivante : Ta maison ne vaut pas 20 unités mais elle n’en vaut que 10. Tu exagères diminue le prix. Il leur dit : effectivement, vous avez raison. Elle ne vaut que 10 unités mais les 10 autres unités c’est pour payer le voisinage parce que vous ne savez pas à côté de qui vous allez habiter. C’est pas une maison que vous achetez uniquement, vous achetez une maison plus un voisin qui s’appelle Abdullah Ibn Al Mubarak. Cela signifie que la maison prend de la valeur grâce au voisin. De même, il y a des maisons qui perdent de la valeur à cause du voisin.

L’Imam Abu Hanifah avait un voisin qui était sans foi, ni loi.

Son voisin buvait la nuit. Quand quelqu’un boit, il perd la raison, il ne sait plus ce qu’il dit, donc il crie, il hurle, il ramène ses amis, il chante, il danse. L’Imam patiente et cela dure des mois, des années. L’Imam avait remarqué que ce voisin lorsqu’il chantait, il chantait une chanson dans laquelle il y avait un passage qui disait : ’ Et de nos jours, les voisins ne sont plus des amis. Quand vous êtes dans la détresse, ils ne sont pas à vos côtés pour vous secourir ’. L’Imam a remarqué que son voisin ne faisait pas de bruit et il était étonné. Cela choque lorsqu’un voisin est calme. Qu’est-ce qu’il se passe ? Le lendemain matin, il va se renseigner et l’épouse du voisin lui dit que son mari est en prison car il avait des dettes et qu’il ne les a pas payé. L’Imam va alors au tribunal et va voir le juge. Il lui paye alors les dettes de son voisin. Celui-ci voit le geôlier qui vient et qui lui ouvre la porte. Il lui dit qu’il est libre et lui explique que quelqu’un lui a payé ses dettes. Le voisin lui dit : ’ Qui ? ’. Le geôlier lui répond : ’ Je ne sais pas, Tu vas voir le juge ’. Lorsqu’il sort de prison, il trouve l’Imam Abu Hanifah dans une belle monture. Il lui dit : ’ Monte, je te ramène chez toi. Alors nous sommes dans une époque où, les voisins ne sont plus des amis. Quand on est dans la détresse, ils ne sont pas à nos cotés ’. Le voisin lui dit : ’ Je jure par DIEU, qu’à partir d’aujourd’hui, aucun méfait de ma part ne t’atteindra ’. Il a réussi à transformé son voisin, à gagner son cœur et le ramener à sa cause avec son geste extraordinaire. Que DIEU bénisse cette génération qui était des gens patients, capables de faire de grands sacrifices. De même, le Prophète est un modèle dans ce domaine. Quand il était à la Mecque, il avait un voisin terrible s’appelant Oqba ibn Abi Morayth, un diable né. A chaque fois que le Prophète sortait de chez lui, il trouvait les poubelles auprès de sa porte. Quand il le croisait, il disait à Oqba, c’est ça le voisinage. On sait que chez les Arabes, le voisinage était important. Mais, dès que le Prophète leur parle de l’Islam, ils n’ont même plus respecté le voisinage car il était musulman. Mais, avant que le Prophète ne soit musulman, et ne prêche l’Islam, il respectait le Prophète car il était un arabe comme eux. Dès qu’il est devenu musulman, ils ont bafoué tous leurs principes moraux et entre autre le voisinage. Le Prophète a alors fait preuve de patience si bien qu’il a réussi à gagner le cœur de pas mal de gens.

Un hadith dit que le Prophète avait un voisin juif à Médine. Ce voisin molestait le Prophète et le dérangeait. Le Prophète patientait, et voilà qu’un jour le Prophète découvre que son voisin ne le dérange plus. Le Prophète va frapper à sa porte. Le père ouvre la porte et le Prophète lui dit : ’ Ton fils, je ne le vois plus. Que lui est il arrivé ? ’. Le père lui dit qu’il est gravement malade . Le Prophète rentre et lui demande de ses nouvelles. Il le réconforte. Et là, le jeune homme lui dit ’ Alors papa, qu’est ce que je fais ? , je le suis ou non ? ’. Le père lui dit : ’ Suis-le ’. Ce jeune homme s’est converti à l’Islam et il est mort quelques instants après sa conversion. Le prophète dira aux musulmans : ’ Prenez votre frère et enterrez-le dans le cimetière musulman ’. Qu’est ce qui a sauvé ce jeune homme ? N’est ce pas ce geste : le prophète qui lui a rendu visite ? Lorsque ce jeune homme et son père ont vu la bonté, la grandeur d’âme du prophète, ils ont été touchés par cet homme merveilleux à qui on a toujours fait du mal, mais il a toujours répondu par du bien. Ainsi, notre religion est la religion du voisinage.

La règle d’or est  : ’ aimer à son voisin ce que l’on aime pour soi-même et ne pas vouloir à son voisin ce que l’on aimerait pour nous-mêmes ’. Il suffit d’avoir cette règle dans la tête et l’appliquer au quotidien.

Aujourd’hui, en France, dans notre société, comment mettre en pratique cette philosophie du voisinage. Les savants musulmans disent qu’il y a 3 types de voisins :

  • On peut avoir un voisin proche musulman.
  • On peut avoir un voisin qui est un voisin musulman.
  • On peut avoir un voisin qui n’est ni proche, ni musulman.

Les savants musulmans disent que devant ces 3 types de voisins, nous avons tous des droits à leur égard.

Le devoir commun à ces 3 c’est le devoir du voisinage. On les a déjà cité plus haut. Cependant, quand c’est un proche parent, il y a d’autres devoirs. Quand il est musulman, il y a encore d’autres devoirs car entre musulmans, entre proches, il y a des choses que l’on se permet, que l’on ne se permet pas avec un étranger.

Le voisin peut nous permettre d’entrer au Paradis avec facilité comme il peut à cause de nos méfaits nous envoyer en Enfer le jour de la Résurrection.

Comment gagner le cœur de nos voisins ?

-1- Le sourire : il véhicule un état d’esprit. Quand vous aimez quelqu’un, vous lui voulez du bien, vous lui souriez. Quand quelqu’un vous déplait, vous ne lui souriez pas, au contraire, vous lui faites la tête.

-2- La salutation : saluer quelqu’un c’est le minimal vital.

-3- Le dialogue : si vous pouvez créer le dialogue entre vous et votre voisin, faites-le. En effet, de la discussion jaillit la lumière ( la lumière du respect, la lumière de la fraternité, la lumière de l’entraide).

-4- La générosité : on peut gagner le cœur de quelqu’un par des gestes de bonté et de générosité. Dans la société française, donner à son voisin à manger, dire à son voisin ’ Viens manger avec nous ’, cela ne se fait pas dans leurs coutumes. Cela se faisait avant en France : on partageait le pain, on buvait un verre ensemble… Aujourd’hui, à la rigueur, c’est au café que l’on peut retrouver cette convivialité. Si tu te retrouves avec ton voisin au café, tu lui paies un café. Mais, entre voisins, ce n’est plus dans les mentalités de manger ensemble. Chez nous les musulmans et les arabes, c’est normal et naturel. Vous savez on est chez nous, il y a quelqu’un qui rentre, on mange avec lui sens problème.

Il faut donc essayer d’exposer et d’imposer intelligemment notre coutume, notre manière d’être. Il faut casser ce mur de la gène. Il faut que çà soit un peu plus humain, un peu plus naturel.

-5- L’entraide  : on peut gagner le cœur de quelqu’un en l’aidant au moins une fois dans sa vie.

-6- La solidarité : on vit ensemble donc on doit être solidaire pour nous défendre contre un malheur qui va tous nous frapper, ou frapper quelqu’un aujourd’hui et moi demain. Il ne faut pas hésiter à être solidaire même quand on y gagne rien. Par exemple, votre voisin se plaint de quelque chose, vous ne vous plaignez pas de la même chose, mais qu’est ce que çà vous coûte d’être solidaire avec lui ?

Il y a un compagnon qui s’appelait Ad-Dahak. Il avait un champ, et son voisin Mohammed Ibn Al-Moslama avait un autre champ. Leurs champs étaient voisins. Et Dalak voulait faire passer de l’eau (une rigole) dans le champ de son voisin pour qu’il puisse arroser son champ et il demande à son voisin s’il est possible de faire passer l’eau dans son champ pour mon intérêt sans que son voisin soit perdant. Il lui dit : ’ Tu auras de l’eau, tu pourras t’abreuver de cette eau et arroser ton champ. Tous les deux nous sommes gagnants. Les frais sont à ma charge ’. Son voisin lui dit non. Ad Dahak lui dit que cela ne lui coûte rien. Cela ne peut pas le déranger. Son voisin lui dit : ’ Je ne veux pas que tu fasses passer ta rigole dans mon champ ’. Une autre personne Amma vint épauler Ad-Dahak en disant à Mohammed : ’ Si tu ne veux pas, çà va faire du tort à lui. Et tu dois penser à ton voisin, tu dois lui vouloir du bien ’. Mohammed refusa encore. Amman lui dit alors : ’ La rigole passera dans ton champ malgré toi ’, et il a imposé à Mohammed par autorité judiciaire que la rigole passe dans son jardin. En effet, cela ne coûtait rien à Mohammed, et il n’était pas perdant alors que Dahak lui était perdant.

C’est pourquoi le Prophète a dit ’ N’empêchez pas votre voisin de planter un clou dans un mur si cela ne vous dérange pas ’.

Vous avez un mur mitoyen, ton voisin veut y accrocher quelque chose. Il veut planter un clou dans ton mur. Si ton mur n’est pas endommagé et que cela ne coûte rien, pourquoi tu l’empêche de le faire.

Donc, il faut qu’il y a de la solidarité entre voisins, sinon il y aura de la jalousie après de la haine, puis de la dispute, de la guerre.

Il n’y a rien de pire que de se retrouver au tribunal avec ses voisins. Si tu es en conflit avec un étranger, il est loin. Mais, si tu es en conflit avec ton voisin, c’est plus grave car tu le côtoies.

Aujourd’hui, on enseigne plus aux enfants le respect des voisins. Il faut donner dans les cours d’instruction civique plus de leçons de morales aux enfants, car ils ont en besoin. Aussi, les parents doivent être des modèles, et eux aussi ont un rôle important dans cette éducation. Il faut donc enseigner la culture du voisinage sinon c’est la catastrophe. En effet, aujourd’hui, il y a beaucoup d’affaires judiciaires dues aux conflits entre voisins. Ces conflits durent et n’aboutissent presque jamais. En effet, on se fatigue. C’est pas la loi qui va résoudre les problèmes. La loi est nécessaire, mais pas suffisante. Le plus important est ce que l’être humain a dans sa tête et son cœur. Changer le cœur de quelqu’un demande beaucoup de sacrifices et de travail, mais c’est ce qui donne le plus de résultats.

Anecdote :

Une chrétienne française s’est convertie à l’islam dans le 5ème arrondissement. Ses voisins et voisines de palier ont été choquées par cette nouvelle. Ils ont été bouleversés car, maintenant, ils ont une voisines musulmane, donc c’est une terroriste, fondamentaliste, intégriste.

Inconsciemment, les voisins se sont tous coalisés et ont décidé de ne plus la saluer, lui sourire… On dirait qu’ils avaient affaire à une étrangère. Elle a beaucoup souffert parce qu’elle était restée naturelle, même si sa tenue vestimentaire a un peu changée, mais c’était toujours la même personne. Elle était toujours agréable, souriante… Elle a dit : ’ Mon combat, mon combat (Jihad) ’. Il s’agit de montrer à ses gens que la conversion en Islam est mieux : elle ne fait d’elle un monstre. Au contraire, elle fait d’elle un citoyen exemplaire. Après des années de lutte (ce n’est pas évident lorsque des personnes vous regardent de travers, vous insultent. La seule envie est de leur claquer la porte au nez et de déménager), elle a eu une récompense : tous ses voisins à l’unanimité, lorsqu’ils partent en vacances lui donnent les clés de leur maison. Elle s’occupe de leur demeure. Tous les voisins ont fait son éloge et ont dit : ’ On la considérait comme une intégriste, alors qu’elle est meilleure qu’un ange ’.

Cette femme s’appelle Malika Dif. Elle a combattu contre elle-même, contrôlant sa colère, et cela a donné des résultats.

Ainsi, on a tous des efforts à faire sur nous-mêmes, sur notre entourage, pour changer les choses et les mentalités.

Tiré de la conférence de Hassan Iquiousen du samedi 11 juin 2000 à l’UOIF (20 rue de la prévôté 93120 La Courneuve).

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