Le « tweet » élimanatoire d’une journaliste de CNN en faveur du Hezbollah

Refaites le monde en "tweets", autant qu’il vous plaira, mais ne vous avisez pas de "tweeter" un hommage pos

vendredi 9 juillet 2010

Refaites le monde en "tweets", autant qu’il vous plaira, mais ne vous avisez pas de "tweeter" un hommage posthume à une figure emblématique du Hezbollah, lorsque vous êtes journaliste à CNN, sinon c’est l’expulsion qui vous attend…

Il en a coûté à la chrétienne libanaise, Octavia Nasr, de s’épancher en toute liberté sur son compte Twitter le 4 juillet, à l’annonce du décès de Mohammad Fadlallah. "Triste d’apprendre la disparition d’un des géants du Hezbollah pour lequel j’avais un grand respect", quelques mots égrenés sur la Toile, il est vrai signés imprudemment "OctavianasrCNN" impliquant ainsi sa célèbre chaîne d’information, qui ont fait l’effet d’une bombe et l’ont poussée illico presto vers la sortie.

Ses 20 ans de bons et loyaux services au sein de CNN en qualité de journaliste et rédactrice en chef en charge du Moyen-Orient n’y ont rien fait, volant en éclat sous une volée de bois vert, en moins de temps qu’il n’en a fallu pour cliquer sur un "tweet", objet de tous les fantasmes, notamment celui d’un militantisme qui s’étend par capillarité : pro-Hezbollah, pro-palestinien, pro-iranien, et inéluctablement anti-israélien.

Plaidant une "erreur de jugement" sur son blog en ces termes : "Ce fut une erreur de jugement de ma part d’avoir exprimé un commentaire aussi simpliste, et j’en suis navrée car il relayait l’idée que je soutenais l’ensemble de l’œuvre de Fadlallah. Ce n’est pas du tout le cas", Octavia Nasr s’est justifiée en évoquant l’interview que ce leader du mouvement chiite libanais lui avait accordée en 1990, ne reniant rien pour autant de "l’ouverture d’esprit sur les questions liées au statut de la femme musulmane" qu’elle lui concédait.

Tweeter ou ne pas tweeter, telle est la question, à la lumière de ce véritable cas d’école, éliminatoire et sans sursis. Si la planète entière n’est plus qu’un océan de clics bruissant d’un flot continu d’informations, où s’arrête aujourd’hui la liberté d’expression de journalistes affiliés à un groupe de presse, écrite ou audiovisuelle, sur leur propre tribune en ligne ?

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