Le tocsin n’est pas pour demain !

Il n’est certainement pas facile d’avoir un rapport « critique et nuancé » de l’actualité et notam

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mardi 13 janvier 2004

Réflexions d’un itinérant, sur les nouveaux enjeux de la communauté de foi entre « réveil et repli sur soi ».

Sans préalable, analyse d’une régression. !

Il n’est certainement pas facile d’avoir un rapport « critique et nuancé » de l’actualité et notamment en ce qui concerne sa propre communauté de foi.

Sans « communautarisme », ni subjectivité exagérée on peut dire que le contexte franco-français inspire de plus en plus méfiance à l’égard de la population de confession musulmane.

Le déchaînement médiatique, sur ses citoyens(nes), au demeurant parmi les plus respectueux du cadre légal est inquiétant. Au quotidien, sur tous les médias on leur assigne des accusations dignes d’une lointaine période de protectorat.

Nostalgie historique, Cruauté passagère ou impôt de l’intégration ! Difficile dilemme, sauf pour les partisans du prix à payer. Ces nouveaux « sociologues » qui expliquent la situation des « musulmans » par un passage obligé « d’humiliations voir de sacrifices abjects » dont toutes les populations dites « d’origine étrangère » sont passées « italiens, polonais, ... » l’argument est léger voir cruel.

On pense plutôt que le but recherché est au contraire de disqualifier et d’exclure du débat public sur les questions touchant l’avenir de notre pays une partie de la population, en théâtralisant les évènements et en ethnicisant les contributions.

Nous sommes devant une hallucinante orchestration politique, où des hommes de tous bords prennent le relais en donneurs de leçons d’une laïcité souvent « frileuse » et instrumentalisée pour d’autres fins ( sic d’espoir ).

Depuis, quelques mois, le paysage politique français est saturé par des questions qui ne représentent même pas 0,1% de l’intérêt national. L’exemple de la question du « voile » est très illustrant, de la commission Stasi à la commission Debré, de « reportage en reportage », ceci se vend bien, et ça permet d’occulter les vrais problèmes.

Selon le dernier sondage, plus de 41% des français sont contre une loi. Sans être adepte des sondages on peut retenir deux éléments, la nuance et la diversité de la société qui ébrèchent la thèse de l’unanimité officielle sur cette question. Rappelons que l’une des conséquences désastreuses de cette « loi » est l’exclusion et la déscolarisation des filles.

Ainsi, le débat sur les signes religieux et politiques à l’école, est biaisé et voué à l’échec parce qu’il instaure l’injustice et s’acharne à trouver un bouc- émissaire au sein d’une partie de la population.

La surenchère médiatico-politique semble atteindre son triple objectif :

1- dénoncer l’outrage à la laïcité,
2- déplacer et polluer le débat tout en évitant de poser les vrais problèmes,
3- mettre les « intellectuels et cadres associatifs » de confession musulmane sur la défensive en posture de justification, tout en prenant soin de mettre à rude épreuve la « patience » du simple français musulman.

La procédure est enclenchée, il ne vous reste plus que la justification. Si par malheur vous êtes pédagogue, exigeant et vous privilégiez le dialogue, désormais on vous colle un avertissement de « double discours », on vous accuse d’entretenir des relations hautement « inqualifiable ». En cette période post 11 septembre, il n’est pas permis d’avoir une autre voix, ni d’envisager de cheminer sur une autre voie.

Point de problème, la République retrouve ses repères et les siens, un front uni contre les « intrus » toujours relégué à leur origine - voire déclarations de Mr Darcos et de monsieur C.Allegre lors de l’émission Campus sur FR3 le jeudi 4 décembre* - qui tanguent entre « filiation et affiliation », entre « communautarisme et ghettoïsation », entre « surveillance policière et manipulation politicienne », et entre « précarisation et radicalisation ».

Du sommet de l’Etat au simple citoyen de préférence avec un prénom à consonance « arabe », prosélyte laïc, libéré de sa « culture-croyance » et bien dompté par les maîtres penseurs d’une « République en danger », tout est parfait, pour démontrer la thèse de l’unanimité à la fois contre le symbole de la menace du voile et contre la voix de l’islam authentique spirituel et engagé.

Donner l’impression d’ouvrir le débat, tout en inondant les journaux et les ondes par la pensée unique, ce qui rappelle l’analyse pertinente de l’historien israélien Jacob L.Talmon(1916-1980 ). Les origines de la démocratie totalitaire (1952)* « .. Le rationalisme des lumières aurait engendré deux courants démocratiques : le libéralisme empiriste et pluraliste, et le totalitarisme, holiste et messianique ; Le premier prônant une amélioration graduelle et pragmatique de la société, en respectant son autonomie par rapport à l’Etat, le second aspirant à conformer par la force l’humanité à un ordre idéal préétabli. »

Point de problèmes de retraites ou d’enseignants, point de risque de récession économique, même le débat sur la constitution européenne ne fait pas le poids, quant à celui de l’école il est d’emblée réduit à une chambre d’enregistrement et aux doléances sur « le voile ». Le chômage a beau grimper, et l’exclusion dépasser le seuil de l’intolérable ; le consensus sur « le péril vert » est déconcertant. A cet égard les propos de monsieur Juppé sont très rassurants « Peut-être n’évitera-t-on pas un conflit avec l’islam ? » Libération 29/11.

Pire, encore, les propos du médiateur de la république, Bernard Stasi, et président de la commission Stasi, « ...Il y a en France indiscutablement des forces qui cherchent à déstabiliser la République et qu’il est temps que la République réagisse.. », Le message de la peur, est diffusé. Faire peur et culpabiliser le citoyen français de confession musulmane. Une lapidation des dignités en haut lieu et en boucle sans aucune réaction d’indignation !

On observe donc, un durcissement des positions qui gagne tous les partis politiques, en ce qui concerne la visibilité de l’islam, un durcissement visant à radicaliser, à tout prix la base, discréditer les intellectuels et acteurs associatifs musulmans et donner un coup de pousse aux quelques « dupes » de la génération « ne touche pas à mon pote », comme si vingt ans d’infantilisation n’avaient pas suffit pour le sevrage. Certes ceci est un autre débat qui fâche moins, l’utilisation abusive et contre productive du concept « intégration- assimilation » est patente. L’entretien de cette illusion fait partie de la pire démagogie, qui cherche à gommer les diversités et aggraver les exclusions.

A travers un prisme faussement laïque et souvent démagogique, l’Islam est dénigré, les musulmans sont diffamés, voir rejetés sur les bancs des accusés. Ceci n’est pas une note de victimisation, ni de la réactivité à l’agression mais le fruit d’un constat amer qu’il va falloir changer.

La déclaration de nommer « un préfet » au seul mérite d’être « musulman », confirme l’insulte à une communauté de foi et nous attendons la condamnation du conseil constitutionnel de cette mesure qui scelle l’échec de la politique sociale en France.

Notre République a-t-elle oublié ses défenseurs « chair à canon » d’hier  ?

Notre République a-t-elle oublié ses hommes qui ont contribué à l’édifier économiquement, à l’enrichir humainement ?

Notre République renoue -t-elle avec ses vieux démons d’hier ?

Où sommes-nous ? Dans le pays des droits de l’homme... ou dans les arènes des gladiateurs. !

La suspicion est monnaie courante, mais le pire est à venir, sans être alarmiste, il semble que nous sommes rentrés dans l’ère du « détestable ». Au même moment, où les acteurs associatifs « Musulmans » par souci de sagesse et pour éviter de faire des vagues se donnent un mal fou pour calmer la tempête, en météorologues de toutes les circonstances ils prédisent souvent le beau temps. Signe discret, gloire de salon, et bénédiction de circonstance. Cette démarche visant à dédramatiser à outrance, est injustifiée voir incompréhensible et fait partie des écueils à surmonter.

Le cas Ramadan.

Monsieur Ramadan, de prénom Tariq est au gré des circonstances, d’origine égyptienne, suisse, ou en instance de naturalisation, « Français » par fantasme journalistique,(le monde 17/11), un coup présenté comme « imam », un autre, comme « représentant » de telle ou telle tendance obscurantiste, toujours coincé dans la logique de la « filiation et affiliation ». Une autre fois, on le désigne comme « prédicateur » avec des photos sombres, mais rarement comme intellectuel européen de confession musulmane, il n’est pas considéré comme penseur par ses détracteurs.

On daigne à peine le qualifier d’enseignant. D’emblée on essaye « méthodiquement » de porter l’opprobre sur un des prestigieux acteurs du champ européen concernant les questions de l’enracinement et de la contribution des citoyens de confession musulmane.

Qui est - il au juste ? Question qui alimente la rumeur, entretien le soupçon, suppose le danger. La façon de le présenter vise à construire une « représentation mentale » de lui qui fait peur, et qui vise à le « débusquer » dans l’imaginaire de chacun d’entre nous. Dans la mesure où on n’a pas pu critiquer sur le fond de ses écrits - d’ailleurs ses livres sont souvent cités mais très peu lus-, l’homme doit être sali, une campagne virulente s’est enclenchée, quitte à lui offrir au passage une surmédiatisation qui participe de « l’étouffement et de la justification ».

Encore une fois la même logique de disqualification, tous les « éclairés » d’une antenne de Radio ou de TV, tous les inspirés de la plume ceux qui la trempent bien dans « la haine » et qui fantasment dans leur tête sont là pour instruire le procès, témoigner à charge et sans vice de procédure prononcer la sentence : Double discours, intégrisme avéré, excès de zèle et troubles aux consciences coloniales. Monsieur Ramadan dérange, celui qui dissipe les peurs, fait peur, mais pourquoi au juste ? Quel est son vrai impact sur le terrain ?

Monsieur Ramadan a eu le mérite d’éveiller les consciences critiques, de contribuer avec des écrits, des conférences, des ateliers et des séminaires de formations au processus de la prise en charge intellectuelle des musulmans, à réfléchir sur eux-mêmes sur les questions les concernant, à rapprocher les points de vues, dans les différentes sphères et -pas seulement dans les banlieues- à faire bouger les mentalités, à essayer d’accompagner les « cheminements » avec exigence et compréhension, d’éduquer avec qualité, modestie et présence du cœur.

Ville après ville il est l’initiateur d’un dialogue fraternel d’une autre dimension avec son entourage, il conquit les cœurs et les esprits même quand on est critique vis à vis de lui, on est séduit par une mansuétude mystique et rassurante.

Certes, on peut lui reprocher, d’être moins disponible qu’il y a deux ans et de ne pas pouvoir toujours prolonger les échanges avec lui dans une réflexion profonde, surtout que son action souffre parfois de critiques constructives de la part de son entourage proche.

Un autre point, qui favorise son impact positif sur le terrain, est qu’il n’use pas de la langue de bois et qu’il est un des rares a avoir dénoncé le « communautarisme », avant qu’il ne devienne à la mode dans la bouche des « experts autoproclamé ». A maintes reprises dans ses interventions Tariq Ramadan a dénoncé le vrai communautarisme « économique », et « géographique » de toute une partie de la population, parquée dans des zones de transit. C’est peut être une question de politique intérieure qu’on ne lui pardonnera pas.

En fait ce qui lui procure une nouvelle légitimité, après celle de sa « compétence/pertinence », et son courage de tous les instants, c’est son indépendance qui fait grincer les dents des « intra et extra communautaire » et son dévouement aux principes au-dessus des siens, tout en restant fidèle au message spirituel et pragmatique de l’islam authentique, l’islam des lumières.

C’est pour cela que nous continuerons à l’aimer tel qu’il est, à le soutenir avec esprit critique et loyauté exigeante, sans complaisance, ni voix de perroquet.

Une communauté de foi riche de 1001 facettes.

Il ne s’agit pas seulement de le défendre, dans un sursaut émotionnel, mais de le soutenir dans sa démarche de promouvoir une citoyenneté active et une « lecture contextuelle et éclairée » des Sources. Un soutien critique et non consensuel. Il faut comprendre et admettre que le procès fait à Tariq ramadan est avant tout celui fait à l’Islam et à « la médialité » de l’Islam. C’est le procès d’une partie de la communauté. Car on préfère faire la promotion des « extrémistes » que celui des citoyens honnêtes, impliqués et légalistes. A travers les diatribes envoyées au professeur R on vise à déstabiliser toute une communauté de foi, à bousculer la dynamique associative lancée depuis quelques courtes années et à faire douter.

Même s’il est encore tôt, pour mesurer l’impact de l’émission 100 min pour convaincre plutôt « de campagne présidentielle » du 20 novembre. Nous avons observé quelques lignes d’embarras, d’hésitation et de colère au sein des musulmans de France, liées à plusieurs facteurs, nous citerons deux :

1- l’offense faite à l’islam et aux musulmans par le Ministre de l’Intérieur et des cultes devant 6,6 millions de téléspectateurs.
2- la déception et la fracture dans l’imaginaire d’une « minorité » de ceux qui ont trop idéalisé le professeur Tariq Ramadan, et qui ont manqué de contextualisation ce jour-là. Dans tous les cas il est souhaitable d’analyser cet « incident révélateur », au-delà de tout propos vaseux ou de tout jugement hâtif.

Quant aux conséquences positives, elles sont nombreuses, nous en citerons deux :

  • La plus importante, est celle du besoin ressenti de s’engager davantage.

  • D’inscrire ce réveil dans la durée et d’enraciner l’action dans une démarche d’ouverture construite, tout en refusant le « repli sur soi ».

Surtout qu’il est intéressant de prendre en compte toutes les réactions de la dite « communauté », Une communauté riche d’hommes et de femmes aux parcours extraordinaires, pleine de compétence, mais hélas affaiblit par les siens, meurtrie par les divisions, et paradoxalement habitée par l’espoir. Certes, il est illusoire de croire rapidement à une communauté unie, de par sa nature la communauté de foi est de facettes multiples avec plusieurs courants et différentes aspirations, mais il est à souligner que de plus en plus est présent en son sein une prise de conscience de l’enjeu de l’engagement.

Un engagement responsable qui rompra avec le flottement et le laxisme actuel, et qui petit à petit vaincra l’état de morcellement actuel.

Notre communauté est hétérogène,- et elle doit demeurer dans la diversité-, avec l’espoir de faire émerger toutes les potentialités de toutes les sensibilités dans une synergie visant la consolidation du processus d’amélioration des conditions de cette « communauté ».

Un processus qui doit rattraper le retard dans les domaines de la formation, de l’accès aux droits à l’amélioration de l’habitat avec une « réelle mixité sociale et économique », et l’accès aux différentes sphères de représentations sociales, économiques, intellectuelles et politiques.

Notre « cohésion interne », notre capacité à dialoguer, à aplanir les difficultés et à mettre des priorités communes au-dessus de toute logique partisane est la clé de la réussite du processus de normalisation de notre présence.

Le danger qui nous guette, est plus important au niveau interne et il est loin d’être seulement sur le registre « islamophope », nous ne devons pas sous-estimer deux choses

1 - notre discours sur l’islam et les musulmans
2 - les craintes générées par nos propres lectures des sources et de la société.

L’antisémitisme et nos peurs.

Un autre mal tourmente la République et les choses sont plus sérieuses, point de relâchement, l’antisémitisme est malheureusement de retour, et sa condamnation doit être totale, sans hésitation ni ambiguïté (des faits sont établis et pour tout Homme ils sont à condamner).

Oui l’antisémitisme inquiète en haut lieu et l’initiative prise lundi 17 novembre par le président de la République est salutaire, et elle doit être élargie à toutes les confessions, pour éviter toute interprétation abusive ou récupération malhonnête.

D’un autre coté, gardons-nous de simplisme en ce qui concerne ce fléau, à l’instar de ces quelques-uns des « intellectuels » -pyromanes de passion-, désigner le coupable avec son « portrait robot » d’arabe-musulman, c’est commettre une horrible et triple erreur :

è 1- Se substituer à la justice et ouvrir la porte à toutes les dérives « présomption d’innocence » oblige.

è 2- Pire, stigmatiser davantage la communauté musulmane et aggraver le délit d’islamophopie dont excelle de plus en plus journalistes, intellectuels et hommes politiques.

è 3- Attiser les peurs, oui sans misérabilisme, nous ne sommes pas exempts de craintes, nous avons comme musulmans cumulés les peurs et les discriminations et je pense que nous avons aussi droit à une attention Républicaine égalitaire.

Propositions de travail pour un éventuel réveil.

Après un échange courtois, intéressant mais un peu « contrariant » voir acerbe avec quelqu’un que j’aime bien et pour qui je dois beaucoup, je me suis forcé de sortir de ma léthargie et de proposer modestement ces éléments de réflexion pour un éventuel réveil du cauchemar :

Bien évidemment, le préalable de cette reforme est de continuer le travail entamé concernant la clarté et la solidité de notre discours, incluredans notre réflexion la dimension de ce que produit notre « implication- participation »au débat sur « l’ouverture » ou « la crispation » des mentalités.

1- Une évaluation minutieuse des dynamiques, des partenariats et des enjeux devient urgente pour nous.

2- Une mise en place de rencontre sous forme d’assises ou / et des états généraux de toutes les sensibilités, pour un vrai dialogue intra-communautaire. Produire une réflexion actualisée sous forme de code de « la laïcité, de la citoyenneté et du fait religieux- spirituel » dans notre société avec les responsables associatifs et les personnes ressources.

C’est un véritable défi qui s’impose à nous, de faire bouger nos lignes « idéologiques » faussement positionnées et sortir du « cloisonnement » associatif et avancer davantage dans l’exigence et la confiance.

3- Refaire les chartes et les collectifs avec un autre esprit, certes en respectant les spécificités et l’indépendance de chaque association mais de grâce sortons de ce silence « complice » et de ce tâtonnement qui n’a de la stratégie que le bricolage et l’aveuglement.

4- Essayer de mettre en place un mouvement citoyen alternatif et ouvert. Une synergie entre les associations, structures « musulmanes » existantes et les forces vives est indispensable, pour une mobilisation de toutes les bonnes volontés de la société sans distinction de croyance religieuse ou/et idéologique.

5- Pérenniser le dialogue, la réflexion et éviter l’affrontement, en investissant davantage nos devoirs de citoyens.

Mise en garde : S’il est indispensable de s’investir comme tout citoyen dans le champ politique, c’est un dangereux leurre de poser les problématiques de notre société seulement en terme électoraliste, notre contribution doit réhabiliter le politique, rompre avec une certaine « pratique clivée et médiocre », souvent relevant de l’agitation publique visant à anesthésier les consciences plutôt que du débat des idées.

Gardons-nous de tomber dans le « piège » du traitement passionnel des questions épineuses de la société. Convaincre, c’est aussi vaincre l’indifférence et accepter d’interroger ses propres références pour un meilleur vivre ensemble.

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Auteur : Hakim Lablan

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