Le sport féminin et l’islam : une compatibilité qui relève d’une élémentaire liberté individuelle

Constamment suspecté de prosélytisme, l’islam est généralement perçu à travers le prisme de représent

mardi 24 février 2009

Constamment suspecté de prosélytisme, l’islam est généralement perçu à travers le prisme de représentations négatives entravant la liberté de choix de tout individu, et l’éloignant de toute forme de vie en société.

A cet égard, la pratique du sport par la gent féminine musulmane est immanquablement traitée par les médias au travers de faits divers marginaux qui amplifient volontairement le caractère communautaire, pour mieux en fustiger les dérives considérées comme antinomiques avec le modèle républicain prôné par la France.

Ainsi, sommes-nous régulièrement abreuvés d’exemples de piscines réservant des créneaux horaires aux femmes, comme ce fut le cas dans l’agglomération lilloise ou à La Verpillière (Isère), ou encore de gymnases municipaux réservés par telle ou telle association culturelle en vue de compétitions de sports collectifs, dont les affiches placardées à l’extérieur en interdisent l’accès aux hommes… Les cas de ce type font les choux gras des reportages TV, ou de blogs incendiaires.

Dans une récente enquête parue dans le Monde, Jean-Philippe Acensi, délégué général de l’Agence pour l’éducation par le sport, qui est en prise directe avec la réalité des banlieues, affirme que "cela reste marginal".

A la lecture de cette énième investigation qui met en lumière de nouveaux projets de clubs de fitness ouverts aux femmes, qu’elles soient de confession musulmanes ou non, deux réflexions essentielles traversent l’esprit :

  •  en près de vingt ans, une véritable évolution des mentalités s’est opérée au sein de la communauté musulmane, les générations de jeunes filles et femmes de 2009 nourrissant de nouvelles aspirations plus en phase avec leur époque, mais dans le strict respect et fidélité à leurs valeurs intrinsèques ;
  •  comment une société qui érige l’individualisme en dogme absolu et dont la libération excessive des mœurs représentent à bien des égards de profondes déviances morales, peut-elle encore s’arroger le droit de critiquer sans réserve la même liberté élémentaire qui revient à chaque française de confession musulmane, guidant ses choix de vie personnels, aussi longtemps qu’ils ne contreviennent pas à la liberté d’autrui ? En d’autres termes, pourquoi ce qui prévaut pour les uns, continue de susciter les foudres pour d’autres ?
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