Samedi 11 février 2012

Le « retour de l’antisémitisme » : discours rituel au dîner annuel du CRIF

Lundi 2 mars avait lieu à Paris le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Constatant une forte hausse des actes antisémites recensés par le ministère de l’Intérieur au début de l’année 2009, son Président, Richard Prasquier, y a déclaré que « L’antisémitisme est de retour » et que « aujourd’hui beaucoup de juifs en France ont peur », a relaté le lendemain matin l’ensemble de la presse écrite, des radios et des télévisions. Une fois de plus, l’on joue ainsi à effrayer l’opinion publique en agitant le fantasme d’un « retour » des horreurs du passé. Ces amalgames, qui durent depuis des années, sont pourtant critiquables et l’on voudrait rapidement expliquer pourquoi.

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Lundi 2 mars avait lieu à Paris le dîner annuel du Conseil représentatif
des institutions juives de France (CRIF). Constatant une forte hausse des actes
antisémites recensés par le ministère de l’Intérieur au début de l’année 2009,
son Président, Richard Prasquier, y a déclaré que « L’antisémitisme
est de retour 
 » et
que « aujourd’hui beaucoup de juifs en France ont peur » style=''>, a relaté le lendemain matin l’ensemble de la presse
écrite, des radios et des télévisions. Une fois de plus, l’on joue ainsi à
effrayer l’opinion publique en agitant le fantasme d’un « retour »
des horreurs du passé. Ces amalgames, qui durent depuis des années, sont
pourtant critiquables et l’on voudrait rapidement expliquer pourquoi.

Mais, avant tout, donnons nos
sources. Il existe en France un organisme public qui collecte, entre autres,
les données statistiques et études diverses relatives à l’évolution du racisme
et de l’antisémitisme, c’est la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH).

Cette commission, créée en 1984, a reçu par la loi du 13 juillet 1990 la mission de présenter un rapport annuel faisant le point
à la fois sur les actes et sur les opinions racistes et antisémites. Et de
fait, cet organisme publie de très volumineux rapports annuels qui sont une
mine de renseignements et que l’on trouve accessibles en ligne sur le site de
la commission (www.cncdh.fr) et sur
celui de son éditeur La Documentation française ( href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/">www.ladocumentationfrancaise.fr).

 Le prochain rapport (sur l’année
2008) devrait paraître dans quelques semaines au plus tard. C’est
principalement de la lecture de ces rapports, et de quelques études
scientifiques publiées ces dernières années, que l’on tire le présent texte.

Un mot enfin pour dire que l’on
utilise dans ce texte des expressions comme « La France », « les Juifs », « les Musulmans » et d’autres, parce que ce
sont les catégories utilisées par ces sondages et ces études. Mais il est clair
que ce ne sont que des approximations grossières qui appelleraient beaucoup de
nuances et de distinctions.

On se situe ici sur un plan d’analyse
très général, mais qui nous semble cependant légitime en ce qu’il vise à
apporter une première réponse à des questions elles-aussi très générales. Une
fois les idées générales remises en quelque sorte dans le bon ordre, il faut
bien entendu aller plus dans l’analyse. Ce qui est la compétence d’autres
chercheurs en sciences sociales.

1) Le pic d’actes antisémites
effectivement constaté en janvier 2009 s’explique par une raison conjoncturelle
bien précise : la guerre de Gaza

La forte augmentation du nombre d’actes
antisémites recensés au mois de janvier 2009 est un fait, mais qui ne traduit
pas un quelconque « retour de l’antisémitisme ». Elle a une
explication conjoncturelle bien précise : la Guerre de Gaza. Et ceci n’est pas nouveau du tout, le même phénomène ayant déjà été observé
au cours la deuxième Intifada en 2000.

Le rapport de la CNCDH de l’année 2000 terminait le chapitre Antisémitisme sur ces mots : «  style=''>Quant à la violence qui a marqué le dernier
trimestre, elle est à mettre essentiellement à l’actif de milieux issus de
l’immigration qui ont trouvé là un exutoire à leur mal-être et à leur sentiment
d’exclusion. Rapidement retombée pour devenir résiduelle dans les derniers
jours de l’année, cette flambée d’agressions concentrées contre les membres et
les biens de la communauté juive est de nature à se développer à nouveau au gré
de l’évolution de la situation au Proche Orient, conclut le ministère de
l’Intérieur
 »  href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1] style=''>.

Et depuis cette date, la corrélation
entre le nombre d’actes antisémites enregistrés mensuellement et la situation
au Proche-Orient n’a cessé de se vérifier. Le mois de janvier 2009 le confirme
simplement une fois de plus. Il n’y a (hélas) rien de nouveau sous le soleil.

2) Il n’y a pas d’augmentation
tendancielle de l’antisémitisme en France, c’est le contraire qui est vrai et
c’est ailleurs que se situe une évolution préoccupante

Il faut en finir avec ce fantasme
d’un « retour de l’antisémitisme ». Il y a maintenant dix ans que les
politologues ont montré quatre choses :

- premièrement style=''> des opinions antisémites existent encore mais elles
ne cessent de diminuer très fortement depuis la Seconde Guerre mondiale : « 
En 1946, un peu plus du tiers de la
population adulte considérait qu’un Français d’origine juive était « aussi
Français qu’un autre Français ». À l’automne 2000 plus des deux tiers
approuvaient l’opinion « les Juifs sont des Français comme les
autres ». Aujourd’hui ils sont près de 90 % », écrit Nonna Mayer style=''>  title=""> style=';'>[2] style=''>. La tendance globale n’est donc pas un retour, c’est
au contraire une disparition progressive de l’antisémitisme.

- deuxièmement ces opinions
sont très minoritaires et ces sondages permettent de dire que la France n’est absolument pas un pays antisémite, l’on a même pu même parler un jour d’une
opinion « philosémite » 
name="_ftnref3" title=""> class=MsoFootnoteReference>[3] style=''>. A titre d’exemple, et pour rester dans la triste
actualité de l’affaire
de l’évêque négationniste Richard
Williamson, le sentiment qu’on parlerait « trop » de l’extermination des
Juifs par les nazis (manière détournée de banaliser voire de nier Auschwitz) ne
concerne que 17 % des personnes sondées, 80 % estimant au contraire
qu’on en parle « ce qu’il faut » voire « pas assez » name="_ftnref4" title=""> class=MsoFootnoteReference>[4].
Apportons ici une précision importante.

Il est incontestable que les opinions antisémites sont plus élevées chez
les Français « issus de l‘immigration », surtout ceux qui se
déclarent musulmans pratiquants  class=MsoFootnoteReference> style=';'>[5].
Mais il n’en reste pas moins que, chez les personnes « issues de
l’immigration » également, l’opinion antisémite demeure minoritaire et
décroît fortement avec les générations (les plus antisémites sont les plus
récemment arrivés en France)  class=MsoFootnoteReference> style=';'>[6]. 

- troisièmement, l’hypothèse d’une « nouvelle
judéophobie » qui permettrait un retour de l’antisémitisme sous couvert de
critique de la politique israélienne, et qui traduirait un déplacement de
l’antisémitisme de l’extrême droite vers l’extrême gauche, est invalidée par
les travaux scientifiques  class=MsoFootnoteReference> style=';'>[7].
Ces travaux montrent en effet que, dans les opinions d’extrême droite, on
observe bien une conjonction ou un amalgame entre antisémitisme et anti-israélisme,
mais que c’est le contraire dans les opinions de gauche et d’extrême
gauche : les plus hostiles à la politique de l’Etat d’Israël sont souvent
en même temps les moins antisémites class=MsoFootnoteReference> style=';'>[8].
L’antisémitisme demeure bien une opinion corrélée avec l’âge (les plus âgés
sont les plus antisémites), avec le niveau de diplôme (les moins diplômés sont
les plus antisémites) et avec les préférences politiques (les plus à droite
sont les plus antisémites).

-
quatrièmement, s’il fallait
chercher absolument une évolution récente un peu inquiétante de l’opinion
française en matière de racisme, c’est un fait qu’on l’a trouverait plutôt du
côté de « l’islamophobie ». En effet, si les mêmes sondages d’opinion
permettent de dire que la France n’est pas davantage un pays globalement
raciste à l’encontre des Musulmans, la minorité faisant le plus l’objet de
craintes et de rejet est bien en réalité la communauté musulmane. 
Et
cette tendance ne s’améliore pas, au contraire.

Comme le relatent les deux derniers rapports (2006 et 2007) publiés par la
CNCDH : « Si l’on constate globalement une plus grande acceptation des
minorités, ces propos doivent cependant être nuancés quand il s’agit de l’Islam
et les musulmans. Depuis quelques années on note une certaine méfiance, voire
un rejet, des populations musulmanes. […] De toutes les religions, c’est celle
qui suscite le plus d’images négatives, avec un niveau d’opinions positives
inférieur de 11 points à celui de la religion juive et de 22 points à celui de
la religion catholique. De plus, 48 % des sondés considèrent que les musulmans
forment un groupe à part dans la société. […] On note par ailleurs, que si 84 %
des personnes interrogées considèrent que les Français juifs sont des Français
comme les autres, la proportion de personnes qui considèrent que les Français
musulmans sont des Français comme les autres n’est que de 69 % 
 »  href="#_ftn9" name="_ftnref9" title=""> class=MsoFootnoteReference>[9].

Rappelons enfin que, si la proportion de personnes se disant d’accord
avec la proposition « Il y a trop d’immigrés en France » baisse elle
aussi en tendance historique, cette baisse est beaucoup moins rapide et cette
proportion est encore majoritaire : elle était de 57 % en 2007  href="#_ftn10" name="_ftnref10" title=""> class=MsoFootnoteReference>[10].
Et derrière cette notion d’« immigrés » se cachent bien évidemment
d’abord les populations d’origine maghrébine et/ou de confession musulmane.

Comprenons-nous bien : il ne s’agit nullement de rentrer dans le
mauvais jeu de la hiérarchisation des racismes, toute forme de racisme étant
également odieuse. Mais, encore une fois, il nous a paru intéressant de noter
que, si l’on voulait absolument chercher une évolution un peu inquiétante des
opinions générales en France, c’est du côté de l’islamophobie qu’on la
trouverait.

3) L’antisémitisme est déjà puni
de la manière la plus sévère qui se puisse concevoir

La stratégie du CRIF consiste
manifestement à entretenir le plus possible une pression sur le gouvernement
français, et cette stratégie fonctionne. C’est ainsi que
le Premier
ministre François Fillon vient à nouveau de déclarer lors de ce dîner du 2 mars
que « une des premières manières de mener cette lutte, c’est de durcir la
répression des actes racistes et antisémites ».

 De tels propos font en réalité partie du rituel, mais ils sont également
critiquables en ce qu’ils peuvent laisser penser que la répression des actes racistes
et antisémites ne serait pas déjà « dure », voire que l’on
n’aurait pas fait grand chose à ce sujet ces dernières années. Or c’est le
contraire qui est vrai. Au cours des dernières années, la France s’est dotée d’un arsenal juridique sans précédent pour sanctionner les actes ou les
simples propos racistes ou antisémites 
name="_ftnref11" title=""> class=MsoFootnoteReference>[11].

La loi du 3 février 2003 a créé de nouvelles circonstances aggravantes
pour les actes ou les propos à caractère raciste, xénophobe et antisémite, elle
a aggravé les peines de prison et les amendes encourues et elle a aggravé aussi
les qualifications juridiques de ces actes en requalifiant en crimes ce qui
n’était auparavant que délits (notamment les dégradations de biens privés par
des moyens dangereux comme l’incendie d’un lieu de culte qui devient un crime
passible de 20 ans de réclusion).

Ensuite, la loi du 9 mars 2004 a encore renforcé cet arsenal en étendant
la liste des infractions susceptibles d’être aggravées par le mobile raciste et
en allongeant les délais de prescription pour certaines infractions prévues par
la loi sur la presse.

Sait-on que l’insulte « sale Juif » est aujourd’hui passible de
6 mois de prison et de 22 500 euros d’amende ? Que veut-on de
plus ? Et ces textes ne sont pas restés lettre morte. En 2005 a aussi été créé la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité
(HALDE) qui développe de nombreuses actions contre les différentes formes de
racisme et de discriminations.

Le 14 décembre 2007, le ministère de la Justice a signé une convention avec la LICRA et avec SOS Racisme pour mobiliser
officiellement les associations dans la lutte contre le racisme, augmenter les
plaintes en justice et sensibiliser encore davantage les professionnels
(policiers et magistrats). Enfin, de nombreuses circulaires sont venues ces
dernières années rappeler et inciter les parquets à poursuivre toujours plus et
toujours plus sévèrement ces actes ou ces propos. Et de fait, le nombre de
condamnations augmente régulièrement : il a plus que doublé depuis le
début des années 2000.

Voilà une évolution dont on ne peut que se féliciter et encourager la
poursuite, plutôt que de faire comme si elle n’existait pas déjà.

4) Ces discours rituels masquent
une incapacité des institutions juives de France à prendre leurs distances
vis-à-vis de l’Etat israélien, ce qui est le pendant et l’amplificateur de
l’incapacité de nombreux Musulmans à distinguer la politique israélienne de la
communauté juive en général.

Il est clair que les auteurs d’actes
ou de propos antisémites ont tendance à amalgamer en permanence la politique de
l’Etat d’Israël vis-à-vis des Palestiniens avec les opinions de l’ensemble de
la communauté juive, et ainsi à « faire payer » à leurs compatriotes
Français de confession juive le prix de la politique israélienne. Mais il est
tout aussi clair que la plupart des institutions juives ne font rien pour les
en dissuader. Rappelons par exemple que, dans l’interview qu’il donnait au
journal
Le Monde
le 1er
février 2009, au début de la guerre de Gaza, le nouveau
Grand
rabbin de France Gilles Bernheim appelait encore à la solidarité totale avec le
peuple et avec le gouvernement israéliens. Dès lors, comment prétendre être
légitime à dénoncer les amalgames des autres lorsque l’on fait la même chose de
son côté ? Ne fait-on pas au contraire que les renforcer ? Et ceci ne
risque t-il pas encore de s’aggraver à présent que l’Etat d’Israël est dirigé
par une coalition de droite et d’extrême droite dont certaines composantes
affichent clairement leurs opinions belliqueuses et souhaitent reprendre la
politique de colonisation de la Cisjordanie ? Jusqu’où les institutions
juives de France demanderont-elles à leurs membres d’être solidaires d’une
telle politique ?

Pour finir, il nous semble que la
seule attitude courageuse et responsable, visant à faire baisser l’intolérance
et le racisme entre les communautés juive et musulmane de France, doit
consister à renvoyer dos-à-dos ces identifications mythiques et émotionnelles,
et à inviter les divers représentants de ces communautés nationales à
travailler ensemble d’une part pour lutter contre les préjugés et les amalgames
de tous types et d’autre part, si elles le peuvent, pour aider la cause de la
paix entre Israéliens et Palestiniens, dans le cadre des résolutions de l’ONU
consacrant le droit de ces deux peuples à avoir chacun leur terre et leur Etat
souverain.

Laurent Mucchielli, sociologue, le 5 mars 2009



name="_ftn1" title="">[1] style='font-size:10.5pt'> La lutte contre le racisme et la xénophobie. Rapport
d’activité de la CNCDH,
2000, p.
8.

href="#_ftnref2" name="_ftn2" title=""> style='font-size:10.5pt'> style='font-size:10.5pt;'>[2] style='font-size:10.5pt'> N. Mayer,
« L’antisémitisme en France à l’aune des sondages », Hommes et
Libertés
, 2004, 127, p. 38-40.

href="#_ftnref3" name="_ftn3" title=""> style='font-size:10.5pt'> style='font-size:10.5pt;'>[3] style='font-size:10.5pt'> O. Duhamel,
« Une opinion philosémite », dans Sofres, L’état de l’opinion 1999,
Paris, Seuil, 1999, p. 177-186.

href="#_ftnref4" name="_ftn4" title=""> style='font-size:10.5pt'> style='font-size:10.5pt;'>[4] style='font-size:10.5pt'> N. Mayer,
« Antisémitisme et judéophobie en France en 2002 », in La lutte
contre le racisme et la xénophobie. Rapport de la CNCDH
, 2002, p. 98.

href="#_ftnref5" name="_ftn5" title=""> style='font-size:10.5pt'> style='font-size:10.5pt;'>[5] style='font-size:10.5pt'> Pour l’analyse statistique des opinions, on se
reportera à S. Brouard, V. style='text-transform:uppercase'>Tiberj, Français comme les
autres ? Les citoyens d’origine maghrébine, africaine et turque
,
Paris, Presses de Science-Po, 2005, p. 99-108. Et pour des analyses
qualitatives : M. Wieviorka,
La tentation antisémite. Haine des juifs dans la France d’aujourd’hui, Paris, Lafont, 2005 ; D. Lapeyronnie
D, Ghetto urbain. Ségrégation, violence, pauvreté en France aujourd’hui, Paris,
Robert Laffont, 2008, p. 380-397 et E. Marliere,
La France nous a lâchés ! Le sentiment d’injustice chez les
jeunes de cités
, Paris, Fayard, 2008, p. 124-135..

href="#_ftnref6" name="_ftn6" title=""> style='font-size:10.5pt'> style='font-size:10.5pt;'>[6] style='font-size:10.5pt'> S. Brouard,
V. Tiberj, Français comme les
autres ?
, Op.cit..

href="#_ftnref7" name="_ftn7" title=""> style='font-size:10.5pt'> style='font-size:10.5pt;'>[7] style='font-size:10.5pt'> C’est l’hypothèse soutenue par P.-A. style='text-transform:uppercase'>Taguieff (La nouvelle judéophobie,
Paris, Mille et une nuits, 2002, ainsi que Les prêcheurs de haine. Traversée
de la judéophobie planétaire
, Paris, Mille et une nuits, 2004) et reprise
par la plupart des discours sur le « retour de l’antisémitisme ».

href="#_ftnref8" name="_ftn8" title=""> style='font-size:10.5pt'> style='font-size:10.5pt;'>[8] style='font-size:10.5pt'> N. Mayer,
« Nouvelle judéophobie ou vieil antisémitisme ? », Raisons
politiques
, 2004, 16, p. 91-103 ; ainsi que N. Mayer, « Transformations in French anti-Semitism »,
International Journal of Conflict and Violence, 2007, 1, p. 51-60.

name="_ftn9" title="">[9] style='font-size:10.5pt'> La lutte contre le racisme et la xénophobie. Rapport
d’activité de la CNCDH
, 2006,
p. 84 et 2007, p. 76.

name="_ftn10" title="">[10] style='font-size:10.5pt'> V. Tiberj,
La crispation hexagonale, Paris, Plon et Fondation Jean Jaurès, 2008, p.
51.

name="_ftn11" title="">[11] style='font-size:10.5pt'> Un Guide sur les dispositions pénales en matière de
lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations est disponible
sur le site du ministère de la Justice : href="http://www.justice.gouv.fr/">www.justice.gouv.fr

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