Le repentir du président croate, Ivo Josipovic, pour la sale guerre de Bosnie

Sale guerre, mais n’est-ce pas un pléonasme, la division de la Bosnie-Herzégovine aura marqué de son empr

mardi 20 avril 2010

Sale guerre, mais n’est-ce pas un pléonasme, la division de la Bosnie-Herzégovine aura marqué de son empreinte barbare l’entrée dans la décennie des années 90.

Un conflit ethnique qui a semé autour de lui les graines du malheur, fertilisant un terreau de cruautés, où 100 000 personnes, dans leur grande majorité de confession musulmane, ont péri.

Premier responsable de Zagreb à exprimer son repentir au nom de son pays, Ivo Josipovic a choisi symboliquement sa première visite officielle en Bosnie, pour formuler publiquement ses excuses lors de son allocution devant le parlement bosniaque : "Je regrette profondément que la République de Croatie ait aussi contribué à cette calamité et aux divisions qui nous tourmentent encore", a-t-il déclaré.

Un repentir, qui fait ressurgir d’un passé encore proche, un épisode sanglant entre irrédentistes croates de Bosnie et les musulmans, en marge du principal conflit opposant ceux-ci aux séparatistes serbes.

Désireux de tourner la page d’un des chapitres les plus éprouvants des guerres des Balkans, dont les plaies sont toujours à vif, Ivo Josipovic a joint le geste à la parole en se rendant sur le site du massacre de musulmans bosniaques par leurs compatriotes croates, en 1993, dans le centre de la Bosnie, ainsi que dans le village de Krizancevo, où des combattants musulmans, en représailles, ont tué des dizaines de civils croates quelques mois plus tard, en décembre 1993.

Des faits d’armes douloureux, dont certains sont à jamais ancrés dans la mémoire collective, à l’image de l’assaut meurtrier des croato-bosniaques tuant 116 musulmans bosniaques, brûlant toutes les maisons et deux mosquées lors d’un raid contre le hameau d’Ahmici, dans la vallée de la Lasva. Un général du HVO, un dirigeant politique croato-bosniaque et plusieurs hommes du mouvement irrédentiste, auteurs reconnus de ce massacre, ont été condamnés à la prison par le Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie.

Appelant de ses vœux la réconciliation entre deux voisins devenus, au détour cruel de l’histoire, adversaires, le président croate plaide en faveur d’une nouvelle ère, celle de la concorde tournée vers des lendemains plus radieux, aux couleurs de l’Union Européenne.

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