Mercredi 8 février 2012

Le « phénomène Ramadan »

A propos de l’ouvrage de Ian Hamel, La vérité sur Tariq Ramadan

[…] Ceux qui s’attendaient à une énième enquête à sensation sur les connections de « Frère Tariq » avec les réseaux islamo-terroristes internationaux seront très certainement déçus, tout comme ceux qui espéraient une œuvre de réhabilitation de leur « héros » auprès de l’opinion publique. L’ouvrage de I. Hamel s’inscrit dans le registre de l’investigation journalistique rigoureuse, refusant de céder à une quelconque facilité du « prêt à clicher sécuritaire » ou du récit héroïque. […]L’ouvrage de Ian Hamel contient des informations et des témoignages inédits qui permettent de restituer toute la complexité du « phénomène Ramadan » et de rétablir une certaine « normalité dépassionnée ».

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style=';'>« Encore un ouvrage sur
Tariq Ramadan !
 » serait-on tenté de dire en découvrant l’enquête
du journaliste Ian Hamel qui fait suite à une longue série de révélations
toujours plus sensationnelles sur le médiatique intellectuel musulman href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1].
Il est vrai que le « phénomène Ramadan » est inédit dans l’espace
public européen. Le caractère iconoclaste et inclassable du personnage suscite
méfiance et suspicion dans l’opinion (cf. la fameuse théorie du « double
langage ») ce qui, loin de nous éclairer sur les origines, les ressorts et
les enjeux de la « posture ramadanienne », tend davantage à brouiller
les pistes. Plus on parle de Tariq Ramadan, moins on a l’impression de le saisir.

style=';'>Il faut reconnaître que le leader
musulman contribue très largement à ce brouillage des « sens » en
adoptant une démarche qui vient remettre en question nos catégories classiques
de perception du fait musulman, lesquelles sont héritées de l’orientalisme href="#_ftn2" name="_ftnref2" title=""> class=MsoFootnoteReference>[2].
Il se réclame de l’universalisme des Lumières tout en adoptant une démarche
communautaire. Il se dit défenseur de la tradition musulmane (sunna)
tout en revendiquant sa filiation réformiste. Il développe une pensée
conservatrice sur le plan des mœurs et des valeurs domestiques, tout en
affirmant son attachement à un certain progressisme social et politique.

style=';'>Mais plus encore, le leader
musulman qui parvient à mobiliser autour de sa pensée des milliers de citoyens
européens de « culture musulmane » est rebelle à une certaine forme
d’institutionnalisation, ce qui renforce davantage le mythe de l’ubiquité du
prédicateur (Tariq Ramadan est à la fois partout et nulle part), personnage
insaisissable et donc incontrôlable. Autant d’ingrédients qui provoquent un
certain désarroi chez les acteurs médiatiques, politiques et intellectuels
européens, virant parfois à l’ostracisme. En France, Tariq Ramadan serait
aujourd’hui le leader musulman à abattre, à l’instar de ce qu’avait pu susciter
Henri Curiel dans les années soixante-dix : juif, égyptien, communiste, de
surcroît partisan de « l’Algérie algérienne », l’action du militant
tiers-mondiste était nécessairement jugée « subversive » et
dangereuse pour notre démocratie occidentale title=""> style=';'>[3].

style=';'>En ce sens, la complexité
ramadanienne secoue notre imaginaire français et européen sur l’islam et les
musulmans. Dès lors nous vient la tentation de réduire cette complexité sur un
mode cathartique par une inflation de discours qui, de manière concurrente ou
complémentaire, contribuent à créer une « légende Ramadan » pour reprendre
la formule de la politologue Khadija Mohsen-Finan.

Des interprétations du « phénomène Ramadan »
marquées idéologiquement

style=';'>A l’heure actuelle, l’on peut grosso
modo
repérer trois types d’énoncés dominants sur le « phénomène
Ramadan ».

La nouvelle incarnation du diable ?

style=';'>Le premier type, le plus répandu
dès lors qu’il s’agit de traiter de la situation de l’islam et des musulmans en
France, relève du registre du dévoilement à forte connotation sécuritaire. Il a
été amplement analysé par les spécialistes des médias : « Tout
journaliste doit tenter de trouver, derrière les raisons officielles avancées,
les raisons cachées, les motivations de l’ombre, les intérêts inavoués parce
qu’inavouables. Mais le dévoilement ne s’acquiert que rarement par une enquête
d’investigation. C’est donc dans l’étude des discours et lors des interviews
que le journaliste tentera de déceler les raisons cachées. Il s’agit de faire
dire aux acteurs ce qu’ils ne veulent pas dire ou ne peuvent pas dire.

style=';'>Il faut chercher a priori au-delà
du discours, parce que c’est dans le non-dit que peut se cacher le scoop
potentiel » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[4].
Ironisant sur la façon « très orientée » dont la plupart des
journalistes ou des experts sécuritaires rendent compte depuis quelques années
de sa démarche, Tariq Ramadan aime à prononcer cette phrase, censée s’appliquer
à sa personne : « Ramadan ne dit pas ce qu’il fait et ne fait pas
ce qu’il dit 
 » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[5]. Dans
cette perspective, le « cas Ramadan » justifierait à lui seul d’un traitement
médiatique spécial, relevant de la posture du dévoilement : démasquer le
« sens caché » de son discours et les motivations secrètes de ses
projets qui sont nécessairement anti-démocratiques, anti-laïques et
anti-républicains.

style=';'>Cette attitude de suspicion
permanente n’est pas récente. Elle imprégnait déjà les représentations
véhiculées par les autorités coloniales sur les mouvements réformistes
musulmans : « Ces jeunes Musulmans quand ils protestent, vous vous
indignez, quand ils approuvent, vous suspectez, quand ils se taisent, vous
redoutez », reprochait au siècle dernier le sénateur Maurice Violette à
ses collègues français class=MsoFootnoteReference> style=';'>[6]. C’est
dans ce registre que l’on peut classer notamment les ouvrages de Caroline
Fourest, Frère Tariq et de Lionel Favrot, Tariq Ramadan dévoilé,
dont les « informations » puisent souvent dans les élucubrations des
« spécialistes » autoproclamés du terrorisme.

Héros malgré lui ?

style=';'>Le second type de discours sur le
« phénomène Ramadan » ressort du registre hagiographique, exprimant
en quelque sorte « la légende dans la légende ». Il est véhiculé par
les militants et les sympathisants de la « cause » qui dépeignent le
leader musulman sous les traits d’un héros des temps modernes. L’on retrouve
ici l’une des variantes du mythe du sauveur title=""> style=';'>[7] :
l’efficacité symbolique du message de Tariq Ramadan sur ses suiveurs (followers)
s’opère à la faveur d’une situation de vide institutionnel et spirituel dans
une communauté musulmane européenne en gestation.

style=';'>Les déclarations de type « c’est
Tariq Ramadan qui a montré la voie 
 » ou « c’est en écoutant
ses cassettes que je suis revenu à l’islam
 » sont fréquentes dans la
bouche de ses auditeurs qui reconnaissent unanimement le rôle pionnier de
l’intellectuel musulman dans le processus de « réislamisation » des
nouvelles générations musulmanes socialisées en Europe. Toutefois, force est
d’admettre que ce registre hagiographique, s’il est présent de manière
récurrente dans le discours de certains sympathisants et militants ramadaniens,
n’a donné lieu à aucun écrit conséquent (une biographie à la gloire du leader
par exemple). L’on ne trouve pas encore dans les librairies (y compris les
librairies islamiques) de panégyrique de Tariq Ramadan, célébrant ses qualités
extraordinaires et ses vertus. Il est d’ailleurs fort probable que
l’intellectuel musulman s’opposerait à une telle entreprise hagiographique qui
viendrait desservir ses projets.

Tribun populaire au secours de l’extrême gauche has
been ?

style=';'>Il convient de s’arrêter, enfin,
sur un troisième type d’énonciation qui relève également du registre militant
mais qui s’exprime cette fois-ci « en dehors » de la communauté de
foi musulmane. C’est un discours que l’on recense notamment dans les cercles
tiers-mondistes et/ou d’extrême gauche, parfois dans certains milieux chrétiens
engagés (les « cathos de gauche ») et qui tend à présenter Tariq
Ramadan comme l’incarnation du tribun, ou plus précisément du leader proche des
« nouvelles classes populaires » héritières de l’immigration, une
sorte de « Malcolm X arabo-musulman », faisant le lien (au sens fort
du terme) entre les « militants révolutionnaires » et le nouveau
prolétariat urbain majoritairement « musulman ».

style=';'>Là aussi, l’on retrouve, en grande
partie, la constellation mythique du « sauveur », déclinée dans sa
version profane : le processus de désaffiliation associative, politique et
syndicale qui affecte les banlieues populaires a créé un vide que seuls des
partenariats avec des leaders « musulmans progressistes », tels que
Tariq Ramadan, pourraient combler. C’est une vision à la fois naïve et
romantique qui tend bien sûr à surestimer les capacités de mobilisation
populaire de l’intellectuel musulman mais qui trouve néanmoins des relais
idéologiques, notamment auprès des militants du Socialist Workers Party (sa
branche française est intégrée à la LCR) et de certains milieux tiers-mondistes
qui prônent le dialogue des civilisations title=""> style=';'>[8].

Ni ramadanophobie, ni ramadanophilie : une
investigation journalistique sans complaisance

style=';'>Où situer l’ouvrage de Ian Hamel
parmi ces multiples registres ? Ceux qui s’attendaient à une énième
enquête à sensation sur les connections de « Frère Tariq » avec les
réseaux islamo-terroristes internationaux seront très certainement déçus, tout
comme ceux qui espéraient une œuvre de réhabilitation de leur
« héros » auprès de l’opinion publique. L’ouvrage de I. Hamel
s’inscrit dans le registre de l’investigation journalistique rigoureuse,
refusant de céder à une quelconque facilité du « prêt à clicher
sécuritaire » ou du récit héroïque.

style=';'>Rien de cela dans ce livre. Au
contraire, s’il fallait définir l’originalité du présent ouvrage par rapport à
ceux qui l’ont précédé, c’est que son auteur a su faire « feu de tout
bois » en ne se limitant pas aux seules sources policières et militantes
mais en se livrant à une forme de « triangulation journalistique »,
interrogeant tour à tour des responsables des services de renseignements dont
les avis sont souvent contradictoires, des experts sécuritaires, des spécialistes
de l’islam européen, des militants de la « cause », des
« concurrents musulmans » de l’intellectuel genevois, des
« pro-Ramadan » , des adversaires déclarés mais aussi des
« déçus du ramadanisme », catégories de témoins et d’enquêtés souvent
absentes des précédents écrits sur le leader musulman. On notera un véritable
travail d’investigation : Ian Hamel suit « son héros » (ou
anti-héros) pas à pas dans de nombreux rassemblements, manifestations et
séances confidentielles, explorant ainsi les moindres recoins de l’univers
ramadanien.

style=';'>Pour toutes ces raisons, l’ouvrage
de Ian Hamel contient des informations et des témoignages inédits qui
permettent de restituer toute la complexité du « phénomène Ramadan »
et de rétablir une certaine « normalité dépassionnée ». Son enquête
aide à saisir les ressorts et les enjeux de l’action de Tariq Ramadan qui
relève, en grande partie, d’une stratégie de leadership à multiples facettes
(religieuse, politique, intellectuelle, médiatique…). De ce point de vue, le
« phénomène Ramadan » peut être assimilé à ce que les auteurs
anglo-saxons qualifieraient de successful leadership, puisant à
plusieurs sources de légitimation et jouant sur de nombreux registres jugés
incompatibles, sinon inquiétants pour notre « système
républicain » : comment peut-on être musulman et avoir une vision
politique ?
  class=MsoFootnoteReference> style=';'>[9].

Le « ramadanisme » : un leadership
multi-facettes

style=';'>A trop vouloir traiter Tariq
Ramadan comme un leader charismatique, on court le risque de verser dans une
représentation néo-orientaliste et culturaliste, comme si les Arabes et les
Musulmans étaient incapables de développer des relations d’autorité autres
qu’émotionnelles et passionnelles : « le thème du leader dit
‘charismatique’, inspiré (trop librement) de Max Weber, apparaît récurrent,
voire obsessionnel, dès lors qu’il s’agit du Monde arabe comme si celui-ci
était culturellement prédisposé à produire de tels leaders » href="#_ftn10" name="_ftnref10" title=""> class=MsoFootnoteReference>[10].
Malgré ces précautions légitimes dans un contexte post-11 septembre où les
discours essentialistes sur l’islam et les musulmans refleurissent à tout bout
de champ, il nous paraît pertinent d’analyser le « phénomène
Ramadan » comme une manifestation du successful leadership et ceci
pour plusieurs raisons relatées dans l’ouvrage de Ian Hamel.

style=';'>On y retrouve d’abord les attributs
de l’hérédité qui contribuent à asseoir son leadership charismatique. Le succès
de Tariq Ramadan dans l’espace public européen doit beaucoup à la mise en scène
d’une filiation prestigieuse, celle de son grand-père Hassan al-Banna,
fondateur du mouvement des Frères Musulmans mais aussi celle, moins connue, de
son père, Saïd Ramadan, acteur visionnaire de l’islam européen. Bien sûr,
l’intellectuel genevois critique ceux qui tendent à réduire son projet
personnel à l’héritage idéologique de son grand-père : « Je ne me
suis jamais dit : « Il faut que je continue ». Mais je comprends
que, de l’extérieur, les choses soient perçues ainsi 
 », déclare
volontiers Tariq Ramadan à ses interlocuteurs. Pourtant, le leader musulman ne
renie pas cet héritage. Au contraire, il l’assume pleinement : « Ainsi
que je le répète depuis des années, je reconnais d’autant mieux cette filiation
qu’elle ne me pose aucun problème. Je suis le petit-fils de Hassan al-Banna, le
fils de sa fille et de Saïd Ramadan. Ce sont des faits dont je suis fier
 » href="#_ftn11" name="_ftnref11" title=""> class=MsoFootnoteReference>[11].

style=';'>Au-delà de cette hérédité
prestigieuse, assumée et revendiquée, le charisme ramadanien doit beaucoup
également à la personnalité du leader (ce qui fait toute la différence avec son
frère Hani par exemple), ou du moins à ses représentations publiques (réunions,
rassemblements, prestations médiatiques) ou semi-publiques (cercles
restreints). A certains égards, Tariq Ramadan apparaît comme une sorte de
« saint vivant », sinon comme un « monstre sacré » au sens
antique du terme. A écouter certains de ses proches et de ses admirateurs,
Tariq Ramadan serait doté de toutes les qualités humaines, sur les plans
spirituel, moral, intellectuel et physique.

style=';'>Il se produit un véritable
phénomène de fascination collective qui ne manque pas d’exaspérer le leader. La
description des attitudes et des comportements de certains de ses auditeurs et
« suiveurs » lors des meetings publics ou des halaqat (cercles) en
fournit de multiples illustrations : l’entrée et la sortie du leader sont
orchestrées comme celles d’une star, sans que l’on sache vraiment quelle est la
part d’organisation et d’improvisation dans la mise en scène.

style=';'>L’hérédité reconstruite et les
qualités personnelles du leader ne produiraient qu’une efficacité limitée sur
les mobilisations et les représentations collectives si elles n’étaient pas
corrélées à une forme d’institutionnalisation de la « parole
ramadanienne ». Les prestations et les rassemblements organisés autour du
leader (et pour lui) font appel à des codes et des rituels spécifiques qui se
sont institutionnalisés avec le temps (1994-2005), bien que Tariq Ramadan ait
toujours rejeté toute idée de « structure » ou
d’ « organisation centralisée ».

style=';'>Sur ce plan, Tariq Ramadan fait
figure aujourd’hui de « petit entrepreneur indépendant » de l’islam
européen, créant et gérant des biens et des services symboliques à destination
des croyants et des pratiquants. L’on retrouve la figure du « nouveau
prédicateur », décrite il y a plus de vingt ans par le politologue Bruno
Etienne qui est plus ou moins transposable - avec beaucoup de précautions - au
contexte européen actuel : « Or nous avons relevé à travers
l’étude de la Da’wa (l’appel) l’apparition de ‘petits entrepreneurs
indépendants’ et d’associations (dont la forme varie) enracinés dans l’Islam en
tant que source de légitimité et entrant en compétition avec les clercs et les
structures orthodoxes pour briser leur monopole de la production des biens
symboliques légitimes. Il faudra à ceux-ci beaucoup d’imagination et/ou de
répression pour contrecarrer ce projet, car la fin n’est rien moins qu’une
société alternative
 » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[12].

style=';'>Toutefois, cette
institutionnalisation de la parole du leader n’est performative que parce
qu’elle s’articule à un « récit ». De ce point de vue, l’ouvrage de
I. Hamel nous donne à voir des éléments « inédits » de la
« légende Ramadan », clef essentielle pour comprendre les fondements
et les enjeux actuels de son leadership dans le paysage islamique européen.

En effet, il est aisé de repérer dans le « succès du
leader » un registre hautement symbolique qui consiste en l’énonciation
d’un « récit », d’une « légende » à la fois individuelle,
familiale et collective : « La dimension individuelle du leadership
tient à la relation entre le leader et ses ‘suiveurs’ (followers),
celui-ci apparaissant comme un narrateur, un acteur qui raconte une histoire (story,
narrative) et symbolise la teneur de ce récit. En la circonstance,
raconter une histoire ne préjuge pas de la véracité historique du récit relaté.

Pas plus que cette activité ne revient à « raconter des
histoires », au sens où le locuteur s’emploierait délibérément à tromper
ou à mystifier ses auditeurs. Le dispositif narratif et symbolique du leadership
se situe dans cet entre-deux de l’histoire (history) et de la
manipulation » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[13]
. Le
récit ramadanien renvoie à un « dispositif narratif captivant » href="#_ftn14" name="_ftnref14" title=""> class=MsoFootnoteReference>[14],
mobilisant les émotions et les passions de ses « admirateurs » comme
de ses « détracteurs » : l’assassinat de son grand-père (Hassan
al-Banna), l’exil forcé de son père en Europe (Saïd Ramadan), la campagne de
dénigrement médiatique qui l’atteint personnellement (la
« ramadanophobie »), autant de scènes d’une « martyrologie
familiale », suscitant tantôt l’agacement, tantôt la compassion. La « légende Ramadan » laisse rarement indifférent.

Elle vient donner un sens à un monde complexe, se greffant sur un
contexte d’incertitude : celui d’une communauté musulmane européenne en
rupture avec ses anciens repères (l’islam consulaire contrôlé par les Etats
d’origine) et à la recherche de nouveaux « jalons » name="_ftnref15" title=""> class=MsoFootnoteReference>[15]
.
Elle est inséparable de l’expression d’un registre victimaire : confronté
à diverses campagnes de diffamation, Tariq Ramadan face à une assemblée
majoritairement musulmane, répète fréquemment cette phrase : « A
travers moi, c’est vous [nous] qu’ils visent
 ».

Ce registre victimaire à la fois individuel (Moi) et collectif
(Vous/Nous) est consubstantiel à l’exercice du leadership de type
charismatique. Comme le rappelle le politologue Michel Camau, « la
fonction charismatique s’exerce sous le signe du bouc émissaire. Elle répond
aux enjeux de l’expression d’une identité de groupe tant en ce qui concerne la
préservation des valeurs transmises que ‘la conquête du devenir’.

Elle s’actualise dans des circonstances où le groupe, percevant une
menace ou aspirant à un devenir, vit son identité sur le mode de
l’unisson » class=MsoFootnoteReference> style=';'>[16]
. La
finalité implicite de la narration ramadanienne, à l’instar du récit des grands
leaders, est la redéfinition de l’identité du groupe de référence (la
communauté musulmane européenne) et la promotion de son intégration à un
ensemble plus vaste.

style=';'>Mais le successful leadership
de Tariq Ramadan sur l’islam européen s’explique aussi très largement par
l’absence de récits concurrents. Sans détenir le monopole, le récit ramadanien
a réussi à s’imposer comme discours de référence sur toutes les questions
touchant à l’islam européen : « L’existence d’un champ de
production spécialisé est la condition de l’apparition d’une lutte entre
l’orthodoxie et l’hétérodoxie qui ont en commun de se distinguer de la doxa,
c’est-à-dire de l’indiscuté. Or, dans la situation actuelle, les producteurs de
biens symboliques concurrentiels en lutte pour le monopole de cette production
puisent dans le même stock, font appel au même capital culturel : l’Islam.
C’est son interprétation et donc son utilisation qui diffèrent 
 » href="#_ftn17" name="_ftnref17" title=""> class=MsoFootnoteReference>[17].
Comme le montre très bien Ian Hamel dans la deuxième partie de l’ouvrage, Tariq
Ramadan a su indiscutablement « faire la différence » par rapport à
divers types d’énoncés déjà existant dans le champ islamique officiel ou le
contre-champ islamique (officieux et/ou oppositionnel), marginalisant du même
coup les discours « importés » des clercs liés aux Etats d’origine,
des leaders islamistes exilés et des « nouveaux prédicateurs »,
pourtant jeunes mais beaucoup moins charismatiques et surtout trop focalisés
sur les aspects purement religieux et cultuels, alors que l’intellectuel
genevois a su insuffler une dimension sociétale à son discours, en l’attelant aux
nouvelles réalités européennes (le chômage, les inégalités sociales, le
racisme, les discriminations, les relations hommes-femmes, l’homosexualité…).

style=';'>Mais dans le même temps,
l’hégémonie du récit ramadanien se fonde sur des ressources précaires (au sens
symbolique comme au sens matériel). Le paradoxe de la stratégie du leader
musulman européen est de chercher à institutionnaliser un discours et une
démarche, tout en rejetant par principe l’idée de « structure ».
Tariq Ramadan prône en quelque sorte « une institutionnalisation
anti-structures », fustigeant la « notabilisation » et la
bureaucratisation affectant certaines organisations islamiques françaises et
européennes qui, selon lui, se seraient éloignées des préoccupations
quotidiennes de la « base musulmane ».

style=';'> A propos du Conseil français du
culte musulman (CFCM), il écrit ainsi : « Sur
le fond, la situation est grave et les musulmans de France ont de quoi
s’inquiéter : on organise sous leurs yeux des élections-mises-en-scène –
parasitées par le mensonge et la magouille les plus indigestes – pour un
Conseil dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’il brille par son
inefficacité […]. Les dés seront alors à rejouer sans doute… tant il est vrai
que la représentation de l’islam de France répond aujourd’hui davantage à un
agenda politique et politicien qu’à la nécessité de structurer dignement et
honnêtement la seconde religion de France » name="_ftnref18" title=""> class=MsoFootnoteReference>[18]
.

style=';;'>Dans une perspective
similaire, Tariq Ramadan rejette avec virulence toute idée de constitution
d’une « minorité musulmane » à l’échelle européenne, n’hésitant pas à
porter la controverse à certains théologiens proches ou membres de l’UOIF qui
tentent, eux, de jeter les fondements d’une « sharia des minorités » href="#_ftn19" name="_ftnref19" title=""> class=MsoFootnoteReference>[19] : « je pense, affirme
t-il, que cette approche strictement ‘minoritaire’, de surcroît entretenue par
une course éperdue vers une ‘adaptation’ qu’il faut continuellement prouver,
est piégée et mène à une impasse » href="#_ftn20" name="_ftnref20" title=""> style=';;'>[20].

Un intellectuel solitaire ?

style=';;'>Quelle alternative
organisationnelle Tariq Ramadan propose-t-il donc aux musulmans de France et
d’Europe pour « résister » - sinon contenir - à ces dérives
oligarchiques, caractérisant aujourd’hui la plupart des associations et des
mouvements islamiques ? Mise-t-il sur l’émergence à moyen terme d’un
« mouvement ramadanien » autonome, ancré dans la « société
civile musulmane » européenne, une sorte d’UOIE-bis name="_ftnref21" title=""> class=MsoFootnoteReference>[21] mais davantage marquée à
gauche ? C’est une hypothèse peu probable que nous avons déjà eu
l’occasion d’examiner. S’il convient de reconnaître style=';'>qu’aucune personnalité islamique
n’avait acquis une telle audience dans les milieux musulmans et au-delà, dans
les cercles intellectuels européens, en dehors de tout appui d’une organisation
structurée et hiérarchisée, force est d’admettre que ce qui fonde aujourd’hui la
« puissance » du leader charismatique pourrait très bien se
transformer en faiblesse.

style=';'> A l’instar de la gauche
autogestionnaire des années soixante-dix, la ‘mouvance Ramadan’ joue
actuellement le rôle de ‘laboratoire d’idées’ de l’islam européen, pionnier et
devancier en matière de « réformes islamiques » name="_ftnref22" title=""> class=MsoFootnoteReference>[22],
mais en marge des ‘logiques de pouvoir’ qui animent les grandes fédérations
musulmanes, toujours prêtes au compromis, voire à la compromission href="#_ftn23" name="_ftnref23" title=""> class=MsoFootnoteReference>[23].

style=';'>Rebelle aux
« structures », peu à l’aise dans les partenariats avec les autres
organisations musulmanes (il l’est davantage avec les mouvements laïques et
tiers-mondistes), trop pragmatique pour se lancer dans une aventure politique
et électorale (il sait que le « vote musulman » est une illusion) href="#_ftn24" name="_ftnref24" title=""> class=MsoFootnoteReference>[24],
il nous paraît plus probable que Tariq Ramadan soit conduit à délaisser
progressivement toute prétention à bâtir un leadership de type institutionnel
pour revêtir l’habit de l’intellectuel solitaire au risque de perdre
tout pouvoir d’influence directe sur sa propre communauté de foi mais d’en
gagner autant dans le reste de l’opinion publique européenne. Leader
communautaire au départ, Tariq Ramadan deviendrait progressivement une
« élite transnationale », ce qui implique bien sûr une forte
visibilité mais pas forcément une organisation de suiveurs et de fidèles.

style=';'>Au-delà des élucubrations
sécuritaires habituelles, c’est tout le paradoxe de la trajectoire de ce
« leader musulman », dont nous rend compte Ian Hamel dans son livre,
La vérité sur Tariq Ramadan
.



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name="_ftn1" title=""> style='font-size:10.0pt;;'>[1] style='font-size:10.0pt;;'> A l’exception de
l’ouvrage de Aziz Zemouri, Faut-il faire taire Tariq Ramadan  ?,
L’Archipel, 2005, qui repose sur un entretien approfondi avec le leader
musulman, les écrits sur T. Ramadan relèvent principalement des registres
sécuritaire et sensationnaliste. Cf. Jack-Alain Léger, Tartuffe fait Ramadan,
Denoël, 2004 ; Lionel Favrot, Tariq Ramadan dévoilé,. LyonMag,
2004 ; Elie Ayoub, Tariq Ramadan ou la Tentation de Dieu,
Jacques-Marie Laffont, 2004 ; Caroline Fourest, Frère Tariq,
Grasset, 2004 ; Paul Landau, Le Sabre et le Coran, Tariq Ramadan et les
Frères musulmans à la conquête de l’Europe
, Editions du Rocher, 2005.

href="#_ftnref2" name="_ftn2" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[2] Vincent Geisser, « A propos du double
langage de Tariq Ramadan », publié dans le dossier « Tariq
Ramadan : islamiste ou citoyen ? », Politis, 20 janvier 2005.

href="#_ftnref3" name="_ftn3" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[3] Henri Curiel avait été l’objet d’une campagne
de presse diffamatoire menée entre autre par Georges Suffert dans
l’hebdomadaire Le Point qui l’accusait d’être « le chef des réseaux
d’aide au terrorisme ». Il. sera assassiné le 4 mai 1978 par deux tueurs
« non identifiés ». Cf. Gilles Perrault, « Henri Curiel citoyen
du tiers-monde », Le Monde diplomatique, avril 1998. Cf. son
ouvrage, Un homme à part, Paris, éditions Bernard Barrault, 1998.

href="#_ftnref4" name="_ftn4" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[4] Arnaud Mercier, Le journal télévisé,
Paris, Presses de Sciences Po, 1996. Sur la posture du dévoilement, cf. aussi
l’ouvrage de Thomas Deltombe, L’Islam imaginaire, La Découverte, 2005.

href="#_ftnref5" name="_ftn5" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[5] Phrase prononcée par T. Ramadan lui-même lors
de ses conférences publiques, notamment celles données au cours des deux
dernières années qui coïncident avec la campagne de « harcèlement
médiatique » dont le leader musulman aurait été l’objet. Notes
personnelles, Vincent Geisser, 2004 et 2005.

href="#_ftnref6" name="_ftn6" title=""> style='font-size:10.0pt;'> style='font-size:10.0pt;'>[6] style='font-size:10.0pt;'> Cité par Amar Naroun, Ferhat
Abbas ou les Chemins de la souveraineté
, Denoël, 1961, p. 59 et Guy
Pervillé, Les étudiants algériens de l’université française 1880-1962,
Alger, Casbah Editions, 1997, p. 74.

href="#_ftnref7" name="_ftn7" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[7] Sur le « mythe du sauveur », cf.
Raoul Girardet, Mythes et mythologie politique, Paris, Seuil, 1986.

href="#_ftnref8" name="_ftn8" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[8] Alex Callinicos, leader du SWP déclarait
ainsi : « Cce qui est pratiquement devenu "la question musulmane"
est le test de la capacité des révolutionnaires à se lier à la classe ouvrière
telle qu’elle est, et non telle qu’elle était il y a trente ans ou dans les
livres que nous avons lus », cité par Eddy Fougier, « Altermondialisme, le
nouveau d’émancipation ? ». Se reporter plus particulièrement au
paragraphe intitulé « 
Les limites de l’élargissement : le cas du rapport
entre altermondialistes et organisations musulmanes », href="http://www.lignes-de-reperes.com/">www.lignes-de-reperes.com,
13 juillet 2005.

href="#_ftnref9" name="_ftn9" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[9] C’est notamment le type de questions que se
pose Bernard Cassen pour qui le mélange des genres entre « islam » et
« politique » ne peut être synonyme que d’islamisme ou d’islam
radical. Cf. son texte, « Altermondialisation et Islam. Bernard Cassen
répond à Tariq Ramadan », Politis, juillet 2003.

href="#_ftnref10" name="_ftn10" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[10] Cf. nos remarques dans notre ouvrage co-écrit
avec Michel Camau, Le syndrome autoritaire, Presses de sciences po, 2003,
p. 78. Pour une illustration de ce type d’analyses culturalistes sur les
musulmans, cf. Bernard Lewis, Le langage politique de l’Islam,
Gallimard, 1988.

href="#_ftnref11" name="_ftn11" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[11] Aziz Zemouri, Faut-il faire taire Tariq
Ramadan ?
, L’Archipel, 2005, p. 95.

href="#_ftnref12" name="_ftn12" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[12] Bruno Etienne, « La moelle de la prédication. Essai sur le prône politique dans l’Islam contemporain », Revue
française de science politique
, année 1983, numéro 4, p. 711.

href="#_ftnref13" name="_ftn13" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[13] Michel Camau, « Leader et leadership en
Tunisie : potentiel symbolique et pouvoir autoritaire », dans M.
Camau et V. Geisser, Habib Bourguiba. La trace et l’héritage (dir.),
Paris, Karthala, 2004.

href="#_ftnref14" name="_ftn14" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[14] Ibid.

href="#_ftnref15" name="_ftn15" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[15] Dans le présent ouvrage, I. Hamel rappelle
que « Jalons » est le nom du premier bulletin diffusé par T. Ramadan.
Une référence explicite, selon l’auteur, à Jalons sur le chemin de l’islam,
l’un des ouvrages les plus connus de Sayyed Qutb, penseur majeur du mouvement
des Frères musulmans.

href="#_ftnref16" name="_ftn16" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[16] Michel Camau, « Leader et
leadership… », op. cit.

href="#_ftnref17" name="_ftn17" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[17] Bruno Etienne, « La moelle de la prédication. Essai sur le prône politique dans l’Islam contemporain », op. cit.,
p. 708.

href="#_ftnref18" name="_ftn18" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[18] Cf. le texte de T. Ramadan sur le blog de
Xavier Ternisien, « Tariq Ramadan réagit », href="http://ternisien.blog.lemonde.fr/ternisien/2005/06/tariq_ramadan_r.html"> style=''>http://ternisien.blog.lemonde.fr/ternisien/2005/06/tariq_ramadan_r.html
,
20 juin 2005. Dans la même perspective critique, cf. l’article de Yamin Makri,
fondateur de l’Union des jeunes musulmans (UJM), organisation proche de T.
Ramadan, « Les nouveaux notables de la République. Entre mutation et compromission ? », style=''>www.oumma.com, 25 avril 2005, href="http://www.oumma.com/article.php3?id_article=1485"> style=''>http://www.oumma.com/article.php3 ?id_article=1485.

href="#_ftnref19" name="_ftn19" title=""> style='font-size:10.0pt;'> style='font-size:10.0pt;'>[19] style='font-size:10.0pt;'> Cf. L’analyse de du recteur de la
Mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou (UOIF), dans le livre d’entretien publié avec
Leïla Babès, Loi d’Allah, loi des hommes, Albin Michel, 2002.

href="#_ftnref20" name="_ftn20" title=""> style='font-size:10.0pt;'> style='font-size:10.0pt;'>[20] style='font-size:10.0pt;'> Cité dans Aziz Zemouri, Faut-il
faire taire Tariq Ramadan ?
, op. cit., p. 115.

href="#_ftnref21" name="_ftn21" title=""> style='font-size:10.0pt;'> style='font-size:10.0pt;'>[21] style='font-size:10.0pt;'> L’UOIE est l’Union des
organisations islamiques en Europe dans la principale composante est la branche
française (UOIF).

name="_ftn22" title=""> class=MsoFootnoteReference>[22] Lire entre autres son
« Appel international à un moratoire sur les châtiments corporels, la
lapidation et la peine de mort dans le monde musulman », publié le 30 mars
2005. Pour consulter le texte original et les réactions suscitées dans le monde
musulman, cf. www.tariqramadan.com.

href="#_ftnref23" name="_ftn23" title=""> style='font-size:10.0pt;;'> class=MsoFootnoteReference>[23] Vincent Geisser, « A propos du double
discours de Tariq Ramadan », Politis, op. cit.

href="#_ftnref24" name="_ftn24" title=""> style='font-size:10.0pt;'> style='font-size:10.0pt;'>[24] style='font-size:10.0pt;'> Interrogé sur ses prétendues
ambitions politiques et électorales, T. Ramadan répond : « Quant à
l’idée d’utiliser l’appartenance à la communauté de foi musulmane pour
encourager un mouvement politique, je m’y suis opposé depuis longtemps :
c’est la pire des choses à faire », cité dans Aziz Zemouri, Faut-il
faire taire Tariq Ramadan ?
, Paris, L’Archipel, 2005, p. 251. Cf.
Xavier Ternisien, « Existe-t-il un vote musulman ? », Le
Monde
du 19 avril 2004.

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Commentaires

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Enfin un livre objectif sur Tariq Ramadan, ce qui nous permettra de mieux cerner le personnage

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Si Monsieur Ramadan avait été chauve, parlant le français avec un accent, il aurait suscité indifférence et mépris. Mais il est brillant, il est donc haï par ses ennemis, car il renvoie une image brillante de l’islam forcément incompatible avec celle qui est la leur, celle de musulmans archaïque et comploteur

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J’apprécie les articles de Ian Hamel. J’espère que les "journalistes" reconnaîtront qu’ils se sont trompés en se fiant sur des enquêtes délirantes d’autres journalistes au sujet du cas Ramadan

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Je ne suis pas un fan de Tariq Ramadan, j’estime cependant qu’il a été calomnié avec une incroyable férocité. La vérité surgit toujours !

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Tariq Ramadn doit être évalué uniquement sur ses propos et son action, le reste n’ a aucun intérêt.

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Je vous écris de Manchester, Tariq Ramadan est très apprécié en Angleterre, il est respecté et fréquente l’élite intelecctuelle et politique. Il n’ y qu’en France, où il est attaqué, on se demande pourquoi d’ailleurs.

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Tariq Ramadan est un penseur de niveau mondial incontounournable. La réforme de l’islam peut venir de lui, car il a une double culture.

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Encore une fois, cet article nous met face à notre responsabilité : comment nous laissons les médias pro-néoconservateurs étasuniens et sionnistes, diaboliser notre élite universelle (et pas uniquement musulmane). Elite, qui essaie de dire la Vérité et un autre son de cloche, et qui appelle à la paix entre les peuples, Tous les humains ! Ceux qui savent écrire et parler ont le devoir de dénoncer, à la manière de Ian ou de Vincent l’imposture de ces médias ! Merci Ian, Merci Vincent !

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Merci pour cette mise au point. Les détracteurs de Tariq Ramadan vont en prendre pour leur grade !

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Tariq Ramadan est trop médiatisé, je l’invite à plus d’humilité dans sa démarche, le reflexion s’effectue loins des lambris et de la lumière médiatique

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Le monde occidental a en général un regard hautain vis à vis du monde arabo-musulman.
Tout ce qui met en cause ce sentiment de supériorité de l’occident à l’égard de l’orient, provoque des réactions de violences verbales, de suspicions, d’accusations...le phénomène "Ramadan" n’échappe pas à cette relation...Tariq est un intellectuel, brillant penseur et orateur et il a le "tort" de discuter d’égal à égal avec les penseurs occidentaux et de rappeler ainsi que l’intelligence, la finesse de l’analyse, la clairvoyance...n’est pas l’apanage de l’occident.
Des musulmans de l’acabit de Tariq, vous pensez que la France en veut...oh que non. La France aime bien les musulmans dociles, fragiles, peureux, et s’ils se mettent à critiquer leurs congénères et s’ils sont connus, alors là, ils ont des chances d’avoir un strapontin dans un parti quelconque...

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S’il y a une chose que je souhaite ardemment de tous, c’est qu’avant que quiconque émette un avis, il ait LU...

LISEZ...avant de dire quoi que ce soit sur le livre...

LISEZ au lieu de dire untel a dit que...

LISEZ avant de penser voilà un livre objectif parce qu’untel l’a dit...

LISEZ pour vous faire tout seul(e) votre opinion...

Petit rappel : tous les livres qui ont parus sur Tariq Ramadan et que Vincent Geisser cite sous la note [1] ont été jugés objectifs par certaines personnes et certains médias ou plutôt certains journalistes de ces médias...

Ce qui sous-entend, et même dit clairement que l’objectivité est relative.

Relative à soi.

Relative à sa vision du monde.

Relative au contexte.

Relative quoi...

Alors encore une fois LISEZ !

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Il ne faut pas passer de la diabolisation à l’idéalisation. Soyon objectifs et dépassionnons le débat sur Ramadan

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Votre Tariq Ramadan n’est certainement pas dangereux, mais il est loin d’être un intellectuel du niveau de BHL, Pascal Brukner, ou de Mohammed Arkoum. Je l’invite donc à s’élver dans certains domaines pour permettre le débat avec ces géanst de la pensée.

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salam,c’et pluto aux bhl,bruckner,et arkoum de sortir de leur dogmatisme,et surtout d’arrèter de disqualifier les gens,pour fuire le débats.Rapelons que bhl et arkoum refusent toujours les débats avec ramadan,de plus sur l’islam arkoum,ne dit tien de nouveau,il repète ce que disaient le moutazilites il y a des siecles,avec une touche contemporaine.
bruckner,n’est pas un penseur de haut niveau,il pratique une philosophie d’enfermement,d’idéologie de la peur et il est de plus incohérent,il dit que l’occident de ne doit pas se repentir des crimes de la colonisation et de l’esclavage(mais qui a parler de repentir,et qui a dit que c’est tou l’occident ?),mais appel les responsable musulman à demander pardon,pour les injustices qu’ont subi les non musulmans dans l’histoire,quelle grandeur intellectuelle(hypocrisie surtout)
Lorsqu’on voit les discours de bhl et bruckner sur l’islam et la plaestine par exemple,on ne peut pas dire que l’on voit des géants de l’intelligence,ni de l’humain d’ailleurs,tellement,ils se taisent,voi rdéfendent des crimes indéfendables,salam

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Je n’ai pas lu le livre de I.Hamel,mais permettez-moi un humble avis sur T.ramadan après avoir lu cet article.
Je dirais qu’au delà de son statut d’intellectuel qu’il assume bien,Tarik est tout simplement un musulman qui a bien connu et compris sa religion et qu’il pratique avec un ésprit du 21è siècle ;en témoigne la dernière version de la Sira qu’il vient de publier.

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Je lis : "Il faut reconnaître que le leader musulman ....." je vous pose la question : leader de quoi , de qui ????en islam il n’y a pas de leader, même les D Afghni , Med Abdou ou Ibn Badis n’ont été des leader musulman, mais des penseurs , des auteurs ; des réformateurs . Ibn Badis à présidé les Oulemas sans être le leader des musulmans d’Algérie. Un titre trop occidental à conotation de meneur, TR se défend d’être le représentant des musulmans d’Europe (face à M Gallo).

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Encore un ouvrage sur notre frère... O Seigneur, puisse-Tu protéger Tariq de tous les yeux, de toutes les langues, de toutes les plumes braqués sur lui. Puisses-tu le bénir et le préserver ainsi que sa famille. Amine.
Il n’est après tout qu’un être humain.

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Ma cha Allah quel beau gosse, qu’Allah Ta’ala te préserve cher frère.
Oui, je sais l’essentiel n’est pas là. Ce n’était qu’une remarque en passant.
Salam alaykoum

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Je pense aussi comme un intervenant + haut : Tariq gagnerait à s’éloigner de toute cette fitna médiatique ne serait-ce que pour son salut.
Salam

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Quel que soit le rayonnement de toute civilisation, aucune n’a eu le privilège de demeurer éternellement sur scène et aucune n’est parvenue à maintenir un repère universel susceptible de rester centrée sur l’être humain et de l’épanouir durablement. Force est de constater qu’au démarrage, les pionniers fondateurs de chaque civilisation sont caractérisés par l’humilité, l’écoute de l’autre, la quête farouche du Patrimoine universel de l’humanité et des valeurs morales qui forcent le respect de la postérité. Or, à l’opposé, proche du crépuscule, quand le pendule est sur le point de terminer le cycle d’épreuve, c’est le contraire qu’on constate : les partisans de la civilisation en déclin croient être originaires des cuisses de Jupiter, d’être des dieux immortels, deviennent arrogants et méprisent ceux qui ne font pas partie de leur repère étroit, n’accordent plus d’importance aux opinions des peuples différents et l’un des signes extrêmes est souvent la dégénérescence dans les perversions sexuelles… Par exemple et quoi que l’on puisse dire, les Arabes qui furent les pionniers du monde musulman, donnèrent l’exemple au départ et pendant quelques siècles, ils parvinrent positivement à créer une synergie et à rayonner … Mais, le panarabisme a fini par éclipser l’universel du message initial, les contes des mille et une nuits sont expressifs sur les signes du déclin et d’autres peuples ont pris la relève pour véhiculer les lois divines conformément à la loi universelle de l’alternance : « Ô les croyants ! Quiconque parmi vous renie sa religion... Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime… Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient. » Coran (5, 56)

Actuellement, en Occident, il y a une difficulté à concevoir qu’il puisse exister d’autres modes d’approches du monde, autres que ceux habituels en Occident. Si, de bonne foi, Tarik Ramadan propose une vision nouvelle et suscite des polémiques aujourd’hui, après les temps de turbulences, son action deviendra claire. En d’autres termes, s’il porte au fond de lui-même les convictions des pionniers, alors son mot voyagera sûrement loin et dans le futur. Enfin, nul repère n’est absolu, c’est le mouvement inexorable du pendule qui éléve ou écarte les civilisations… Sûrement, celles qui pratiquent durablement les valeurs immuables durent plus longtemps !

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Tarik Ramadan est symbolique de la mutation de la pensée musulmane, de son REVEIL au contact de l’occident, en Europe comme ailleurs. Les musulmans ne lui demandent pas d’être parfait, mais nous apprécions cette première vraie réussite d’intellectuel certes mais surtout de musulman fidèle aux sources et moderne comme notre religion aurait dû toujours l’être. Tarik Ramadan m’a apporté dans ses livres, k7, interventions télévisuelles un vrai espoir de renouveau... Je demande à Allah de l’aider pour cela et j’encourage tous nos frères et toutes nos soeurs à pousser loin, très loin leur savoir, à se resourcer vers le Prophète (sAaws) et les Compagnons et à suivre cette démarche moderne parce que basée sur les bases solides de notre foi (Allah a aggréé la "Religion parfaite" pour nous !). Islam + effort d’analyse = réveil du géant islamique endormi et fertilisation en retour des pays musulmans sclérosés par la dictature et la pensée figée. Occident + Orient = retour de notre foi comme à son commencement ! Assalamou alaïkoum !

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En ce moment je lis le dernier ouvrage de Tariq Ramadan sur "vie du Prophète MUHAMMAD, les enseignements spiriruels et contemporains". Ce compte rendu de lecture de V. Geisser est une occasion pour moi d’inviter les musulmans comme les non musulmans à lire ce livre pour comprendre ce message qu’ est l’Islam par le biais de celui qui portait, incarnait le Coran.
Pour revenir à l’auteur, je pense que c’est une autre facette de lui que nous découvrons à travers son derneir ouvrage. Je demande à Allah de nous le garder et qu’il veille sur sa famille. Merci aussi à Ian Hamel pour ce beau livre et à Vincent Geisser pour ce compte rendu de lecture.

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Françisgénais a raison quand il dit que Tariq RAMADAN est loin du niveau de Bernard-Henri LEVY, Pascal BRUCKNER et Med ARKOUN parce que son niveau est forcèment au dessus et en plus sa chemise est toujours boutonnée.

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Différentes réaction dans ce forum, qui donne l’impression encore et encore du phénomène complexe ramadan, pourtant, rien n’est complexe si on est un peu objective et dépassionné pendant qu’on lis ou qu’on écoute ramadan ainsi que ces détracteurs d’ailleurs.
les propos du genre : enfin un livre qui permet de cerner le personnage, à mon sens coulent d’une grande paresse intellectuelle !!pourquoi ?
il est à préciser qu’un livre de ce genre aide à comprendre les choses, le personnage mais en aucun cas ne doit être considérer comme une bible pour la simple raison que son auteur malgré ce qu’on peut dire sur son honnêteté , son vrai travail d’investigation et son rattachement à la déontologie du métier de journaliste qu’il exerce sera toujours tiré même de très haut d’une certaine forme d’idéologie à la quelle il adhère ou il a des affinités (en tous cas en ce qui me concerne).
pour comprendre les choses il faut aller à la source, il faut lire à Monsieur ramadan, et non qu’on se fasse lire ; et quand on lit il faut faire l’effort de comprendre un peu la complexité des choses et la subtilité des propos sans pour autant avoir l’âme d’un philosophe ou d’un poète.
un petit mot pour Françisgénais ici dans ce forum pour lui dire qu’un grand penseur est grand par son âme et son engagement, et comparer T.RAMADAN à BHL "grand maître de la pensée" est une insulte à la pensée humaine, et on se rappelle bien du livre <> de BHL : QUI A TUÉ DANIEL PEARL ? je te propose de le lire sans vouloir faire de pub à de telle médiocrité, mais si ça peut t’éclairer et d’arrêter de comparer l’incomparable serait une bonne chose de faite.
T. RAMADAN dit plus haut ce que beaucoup de musulmans pensaient bat par peur de trahir leurs références , ou par manque de sciences, parce que s’adapter à son entourage c’est facile quand il s’agit d’un travail individuel, mais le faire et se contextualiser (se faire une mise à jour si j’ose dire) tout en restant soit même, là ; la tâche peut s’avérer difficile, mais Tariq nous donne les moyens de le faire.....Merci Tariq.
citoyen et fier de l’être, je veux dire citoyen de confession musulmane et fier de l’être...
y’en a marre d’avoir ce sentiment de vouloir se justifier tout le temp.
bon allez c’est parti..
signature:citoyen français.

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Salam alaykum

Il y a trés certainement quelque chose d’’émergent’ dans la place qu’a prise ( où qu’on lui a donné) le Professeur Tariq Ramadan mais cela ne doit pas nous aveugler sur l’origine du véritable phénoméne ( en tant que fait ’nouveaux’, qui surprend étonne...) qui est cette quasi-permanence au sein de la pensée occidentale d’oser penser qu’elle posséderait le monopole de la vérité, cellle vers laquellle nous devons tous tendre. Alors quand un musulman, arabe, arabophone francophone, formé au sein du systéme universitaire occidental, petit fils de Hassan al-Banna ( que Dieu lui accorde Sa miséricorde) vient interférer dans débat sur une question essentielle ( la question du sens en Occident), il ne faut pas s’étonner de voir pondre les livres les uns après, les autres. Car la question du sens cela fait vendre, preuve que c’est aussi une question (re)-devenue essentielle, ici même au coeur du Vieux-Continent.

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Tariq Ramadan doit encore faire ses preuves, car pour l’instant sa "pensée" n’ a aucun écho sur le monde arabo-musulman. Son influence se limite uniquement aux musulmans d’Europe. Or il ne peut avoir de réforme de l’islam sans que le centre de l’islam qu’est le monde musulman ne participe à cette réflexion, sur la nécessaire réforme de l’islam, au sens effort d’interprétation à la lumière de la "modernité". Tariq RAMADAN PRÊCHE DONC DANS LE DESERT !

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Elimane vous êtes trop fort :

Hier, vous remerciez Ian Hamel pour son beau livre...qui sort aujourd’hui en France !

Je vous invite à lire ou à relire mon post plus bas mais surtout A LIRE toujours la source avant de faire un commentaire.

La 1ère sourate du Coran ne dit-elle pas LIS ?

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Lecteur de Tariq Ramadan, je note qu’il lui manque une maîtrise rigoureuse des auteurs musulmans qui plaident pour un aggiornamento de cette grande religion en conformité avec la tradition philo-rationnaliste de l’islam. Tariq Ramadan demeure imprégné d’une lecture islamo-progressiste qu’il tente de plaquer sur le courant altermondialiste. Il n’ pas l’audace d’un Nasr Abou Zaid, d’un Ansary, d’un Ali Mérad, ou dans un passé récent d’un Malek Benabi. Ceci dit, je condamne tous les procédés utilisés contre Tariq Ramadan qui visent à le présenter une menace intégriste. Tariq Ramadan est un démocrate ouvert au débat. Je salue à ce titre le livre de Ian Hamel dont je ne doute pas de l’intégrité.

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Il n’est pas sain pour la qualité du débat de focaliser sur un seul homme, il est vrai que Tariq Ramadan à tendance à verser dans la starisation. C’est un reproche que je lui fais, et espère qu’il évoluera vers plus de discrétion.

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En tant que musulman, Tariq Ramadan est au centre de deux extrêmes qu’il faut éviter, celui incarnés par les frères musulmans de l’UOIF et l’autre courant vidée de sa spiritualité, celui du mufti Soheil Bencheikh et toute sa petite bande qui ne représentent qu’eux-mêmes. Tariq Ramadan se situe vraiment au centre, celui du juste milieu.

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Salamo’likoum,

Le problème c’est que Tariq Ramadan dérange beaucoup de monde, il dénonce le pouvoir français et ces organisations « musulmanes » en quête de pouvoir (et non de reconnaissance de ceux qu’ils sont censés représentés) de vouloir mettre main basse sur la gestion du CFCM, la politique belliciste américaine, la politique ambiguë de l’Europe, la corruption des gouvernements à la tête des pays à majorité musulmane, le double discours de certains "pseudo"intellectuelles à la mémoire sélective qui ont construit leurs succès plus à coup de pressions financières et de discours démagogues qu’à coup de pensées constructives. Une personne avait dit l’Islam n’est pas seulement une religion mais un mode vie (al hibadat oua al moh’amalat), c’est cela que tant de monde en France ignore à propos des multi facettes de T.M., le musulman ne peut avoir une conduite schizophrène même si il se dit partisan de La Laïcité (espace neutre où chaque courant religieux ou philosophiques aura sa place) et non de cette nouvelle laïcité dogmatique dénoncée par Mr. Tévanian . Ce que cherche Tariq Ramadan c’est que la communauté musulmane s’émancipe, cesse d’être spectatrice, se prenne charge, construise son avenir, arrête de se positionner en victime et acquiert une maturité qui puisse lui permettre d’être prise en compte au niveau du paysage européen, c’est pour toutes ces choses que Tariq Ramadan est l’homme à abattre. A QUAND LE DEBAT TARIQ RAMADAN et BERNARD-HENRI LEVY, ce dernier préfère enchaîner dérobade sur dérobade ou peut être se frotter à des personnes triées sur le volet et n’ayant pas les compétences nécessaires pour participé à un débat de fond.
Je me souviens du débat entre Tariq Ramadan et Daniel Cohn-Bendit, ce dernier l’accusant du double language et à Tariq Ramadan de lui répondre « m’avez-vous lu »
et à Daniel de répondre « vous allez pas m’obliger à vous lire »…

Allah’i’aoun

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Saurons-nous jamais qui est rellement Tariq Ramadan ?

Il ne pese qu’aupres d’une partie des musulmans Europeens francophones, il est ignore en Egypte, en Arabie et en Asie, reservoir de quelques 89% des musulmans de ce monde.

J’ai lu les reactions a l’article, et l’article lui-meme.

Ce que beaucoup de musulman en Europe nient, c’est la difficulte extreme d’adapter la regle religieuse du Coran a une modernite qui est ce qu’elle est : porteuse ici de bienfaits, et là de malheurs, a l’image de la vie d’ailleurs.

Il existe chez beaucoups de musulmans cette nostalgie d’un passe fait de conquetes et d’expansion. Et beaucoup d’autres, souvent les memes, voudraient voir fleurir un nouvel empire islamic.

L’histoire est sans pitie avec de telles vues : il n’y aura pas de nouvelle Grece, une nouvelle Egypte des Pharaons Modernes, un Nouvel Empire Romain ou une France Glorieuse.

L’Empire Anglo-Saxon est encore la pour des decennies, et les grands conglomerat Asiatiques et sans doute Sud Americain seront les Empires et les puissances de demain.

Les masses musulmanes ne donnent aucun signe d’adaptation a la "modernite" qui apporte puissance et prestige. Elles sont frustrees, lassees, extremement susceptibles aussi.

Mes periples dans le monde musulman d’aujourd’hui ne me laisse guere d’espoir de voir ces grandes lignes perturbees, bien au contraire : de grands signes de divisions profondes sont toujours plus visibles, revendiques du Maroc a l’Indonesie...

Je crois que l’idee directrice de Ramadan (ancrer l’Islam en Europe, l’adapter au monde moderne d’aujourd’hui et de demain, et l’exporter vers le monde musulman d’Afrique et d’Asie) revet un charactere utopique. Sa foi lui fait tout de meme entreprendre cette tache ardue, et c’est hautement respectable, mais vain, tout comme sont emprunts de vanite les faits de guerres de l’alliance Anglo-Saxonne dont l’utopie n’est autre que d’imposer la democratie par l’invasion, les massacres de masses et la torture generalisee.

Que les musulmans soient libres et maitres de leur destin, car l’Occident n’a que trop longtemps pollue ces contrees aux mentalites, moeurs et coutumes tellement differentes. Et que Dieu eclaire les musulmans d’Occident, qui n’ont d’autre alternative que de s’adapter a une societe non musulmane, au risque de se faire sans cesse insulter, critiquer, diaboliser, mepriser, et finalment cantonner a un statut de sous citoyen.

Dramatic ? Vraiment ? C’est mon opinion du moment. Merci de m’avoir lu.

Reza

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Je pense qu’il n’y a pas de "phénomènene Ramadan". Car phénomène signifirait que c’est quelque chose d’éphémere qui ne durera pas. Or Ramadan comme il est parti, est voué a resté sur le débat public pour longtemps.Ses qualités humaines et intellectuelles y sont pour beaucoup, mais aussi sont intrensigeance à ne pas négocier ce qui n’est pas négociable. On sait que ce qui est Coran et Hadith, il ne touchera pas, il y réfléchira et cherchera des solutions sociales voire religieuse à l’opposé d’autres intellectuelles dit musulmans qui chercheront à expurgé des commentaires du Coran par exemple. La deusième des choses, c’est que Tariq Ramadan est un intellectuel de type nouveau. L’intellectuel musulman jusqu’a présent ne s’était pas encore imposé dans le débat public. Il en existaient, mais ils n’étaient pas complétement intégre et reconnu par la communauté. Arkoun, Meddeb, Chebel ou Bencheikh, c’est bon pour les plateaux télé ou les discussions sociologiques mais leur audience au sein de la communauté musulmane est nulle. Ramadan par contre joue sur un double terrain, d’un côté, celui académique et universiatire et de l’autre celui de sa communauté religieuse qu’il tient à présérvé. La troisième des choses c’est aussi que Ramadan est doté, au delà de ses qualités, d’un passé et d’une famille prestigieux et inédit qu’aucun intellectuel musulman ne posséde. Petit fils, et fils de.... ajouté à cela ses muliples formations religieuse (familiale, académique et en Egypte) et qu’il n’est pas de France. Et enfin il y a le côté controversé du pesonnage qui fascine et suscite la curiosité. Jolie cocktail n’est ce pas.

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Ramadan est tros brillant pour qu’on admette en France qu’un musulman peut être à cette hauteur

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Salam alaykoum

pas mal le débat, en vous lisant toutes et tous je remarque que grace au Tout Puissant et à travers tariq il y a de l’elite qui sort de l’ombre, continuons, neanmoins, quel est le sujet du livre pour ceux qui l’ont lu svp, peut on me faire une chouiya synthese qui me donnerai l’envie de le lire, et lui meme qu’en pense t-il, a t-il participé au livre ou bien est-ce à nouveau de l’intox, svp et merci. J

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salam aleikoum,elhamdoulilah,nous avons t Ramadan ,un cheikh juste son sourire me suffit,un grand homme,ils peuvent pas le briser car un mur le protege inchallah.eux ils ont les bhl ect..et nous c’est MONSIEUR T RAMADAN que dieu le protège inchallah defendons le on achetant ces livres et les faire sadaka wa salam aleikoum

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Commentaire de Philippe

L’article de Vincent Geissler à propos du livre de Ian Hamel sur Tariq Ramadan dit beaucoup de choses justes même un point, que je souhaiterai développer, suggère de mon point de vue, que Vincent Geissler ou Ian Hamel font fausse route sur tout un aspect de la démarche de Tariq Ramadan.
Il en effet tout à fait frappant de voir Tariq Ramadan qualifié de « leader musulman » tout en contestant le fait que l’on puisse le considérer comme un « leader charismatique ».
En effet , le terme de leader comporte une dimension politique et si on peut l’appliquer à des personnalités comme Nasser, leader charismatique du Nationalisme arabe, il n en n’est pas de même pour Ramadan.
Tariq Ramadan a en effet un pouvoir de conviction très important, mais c’est plutôt celui que j’ai observé chez plusieurs scientifiques de premier plan qui subjugaient leur auditoire, qui conservait quand même son esprit critique. Tariq Ramadan n’a pas d’ambition politique en tant que leader des musulmans européens, même s’il défend des positions qui proposent des orientations appelées dans un de ses articles sur le site Oumma « Islam, la réforme radicale ». A la différence d’un leader, Tariq ne veut pas diriger la dite réforme mais convaincre les musulmans au plus profond d’eux mêmes de changer leur manière de vivre l’islam et donc de changer par eux même leur comportement. Ce qu’il propose, c’est une voie du juste milieu qui peut correspondre à un point de rencontre raisonnable des musulmans.
Il est fidèle en cela à l’esprit du Coran qui parle à plusieurs reprises d’une religion du juste milieu destiné à des êtres doués d’intelligence.
Ayant assisté à un débat autour de son dernier livre sur la vie du Prophète (PSL), J’ai été frappé par la manière dont de nombreux jeunes buvaient et retranscrivaient ses paroles mot à mot et par une question demandant comment un (une) jeune musulman (e) devait « faire ». J’ai entendu, à la sortie la déception en privé de l’auditeur trouvant la réponse pas assez précise oubliant qu’elle n’avait pas affaire à un gourou lui dictant jusqu’au moindre de ses actes, mais à Tariq lui proposant une orientation générale respectueuse de l’individu et faisant appel à sa capacité intrinsèque de réflexion. Ce type de question traduit le désarroi que l’on peut éprouver lorsque l’on est coincé entre l’islamophobie d’un côté et un clergé autoproclamé de l’autre… Il y aurait peut être un boulevard pour un leader charismatique,capable de remplir les stades mais à ma connaissance il ne s’est pas encore manifesté, fort heureusement…En effet, un tel « leader ne saurait représenter la voie du juste milieu qui suggère une intériorisation personnelle et non une soumission aveugle.
Par contre, il existe des gourous de la liberté de penser, comme Sarkozy ,BHL… et des gourous religieux avec un sceptre et un flingue dont la devise commune est » vous serez sauvés aussi longtemps que vous m’obéirez ».
Il est évident que Tariq Ramadan rencontre l’hostilité des organisations religieuses quant il prend des positions contraires à des habitudes comme l’enseignement de l’islam aux enfants où, lors de la Conférence, il a proposé que l’on enseigne la spiritualité avant d’enseigner « les règles » opinion à laquelle je souscrit pleinement connaissant très bien un jeune élevé avec l’approche « traditionnelle » qui a beaucoup de mal à assumer les contradictions que cette approche génère en opposition avec une société qui véhicule une idéologie selon laquelle tout serait permis… cette opinion ne signifie pas que le respect des règles soit secondaire bien au contraire, mais il sera assumé et non le fait de l’obéissance non réfléchie.
Mais plus grave pour les opposants de Tariq, est la position défendue dans l’article « Islam, la réforme radicale », où Tariq préconise un dialogue équilibré entre les ulamas des textes et les ulamas de contexte (les spécialistes de sciences exactes, humaines), ce qui remet en cause l’exclusivité des ulamas des textes, dont il dit « le monde avance, ils le suivent ». Ce suivisme me rappelle l’attitude des spécialistes de Bioéthique, juristes de formation et de pratique, qu’ils soient islamiques ou aussi occidentaux face à des problèmes comme la manipulation des embryons humains. Après diverses contorsions juridiques étrangères au profane que je suis, survient une interdiction qui est la seule chose que je suis sensé retenir. Vient ensuite la phrase fatidique « Si cet événement proscrit venait à se produire, nous serions amenés à reconsidérer la question ». Peut être vaudrait il se donner tout de suite les conditions d’une réflexion approfondie avec un dialogue entre les tenant des lois et ceux du contexte.
La position de Tariq ne peut qu’indisposer également les détenteurs du pouvoir réel en occident qui préfèrent avoir affaire à des « masses musulmanes » confinées dans leurs banlieues, plutôt qu’à des citoyens critiques au bon sens du terme…
Concernant le commentaire de FrancisgénaisJe souhaiterai ajouter que ce qui caractérise BHL , c’est surtout l’immensité de son égo et de l’injustice dogmatique de ses positions. Quant à Mohamed Arkoun, c’est un universitaire spécialiste de l’histoire de la civilisation musulmane, dont l’érudition est impressionnante mais qui ne poursuit pas du tout le même objectif que Tariq. Il faudrait donc comparer ce qui est comparable…

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tout ceci est en fait une question franco francaise,une question relative à cette immense culture salvatrice qui dans sa grande sagesse a tenu à offrir à l humanité entière SA VISION des choses sur un certain nombre de principes.les "mlieux" francais dans leur ensemble qu ils soient politiques,médiatiques ou intellectuels ont gardé cette fâcheuse habitude de ne vouloir voir consciemment ou pas qu un seul côté des choses.alors deux questions:la vision négative et très suspicieuce d une grande partie du peuple francais à l égard des musulmans ne découle-t-elle pas directement de cette même culture francaise ?les résistants algériens n étaient-t-ils pas déja appellés des terroristes ?je suis blasé !la bien pensance médiatique nous écrase. la médiocrité rôde parout et nombreux sont les pièges à éviter pour ne pas se faire engloutir par ce laisser aller général de la pensée,du questionnement et des valeurs humaines essentielles

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On peut être ou ne pas être d’accord avec Tariq Ramadan ou ne voir en lui que le chantre de l’intégrisme "salafiste", proche des frères musulmans et expert en double langage, il ne laisse pas indifférent. Ce personnage médiatique controversé, professeur de sciences islamistes dans les plus prestigieuses Universités du monde est sans doute un des plus brillants intellectuels de sa génération. Difficile de dire en quoi il peut être démoniaque, sinon dans la séduction qu’il exerce avec une habileté redoutable car ni sa pensée politique ni son engagement religieux ne sont en eux mêmes répréhensibles. Du moins pas encore. Les réactions indignées et les polémiques que certaines de ses thèses et prises de position ont suscitées chez les intellectuels français de salon(Finkelkraut, BHL, Max Gallo, Adler...) pourraient même le rendre sympathique. Une chose est certaine, s’il faut l’affronter, c’est dans le domaine des idées et non pas avec des méthodes contestables de caricature à la Oriana Falacci, d’imprécations ou de falsification comme le prouve cette récente mésaventure d’un journaliste suisse avec un éditeur parisien, Flammarion. Ian Hamel qui a écrit de nombreux articles sur la "mouvance islamiste est régulièrement accusé d’être en sympathie avec "les Ramadans". Ce qui reste à vérifier. lecyrnaute.com ayant été lui même accusé de prosélytisme"islamo-marxiste" et de faire le jeu des"barbus"à la suite de la pétition pour Mr El Houcine Mallah, il nous a semblé intéressant de lui donner la parole.

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a m francisgenais vous dites que bhl est haut hahaha ce bhl et ses amis eli semoun ,t hardisson ect ect ont cassés l humouriste dieudonné et ce bhl a soutenu le prout de filousophie redecker ma question .si dieudonné avait émitait un musulman quel serai la reaction de bhl ?merci

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Article intéressant, mais un point me laisse perplexe : la critique selon laquelle il serait "Rebelle aux « structures »".
Comment dans le passage qui suit, l’auteur (Geisser citant Hamel) peut-il en déduire que T. Ramadan est hostile aux structures ?
Voici le passage :

"A propos du Conseil français du culte musulman (CFCM), il écrit ainsi : « Sur le fond, la situation est grave et les musulmans de France ont de quoi s’inquiéter : on organise sous leurs yeux des élections-mises-en-scène – parasitées par le mensonge et la magouille les plus indigestes – pour un Conseil dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’il brille par son inefficacité […]. Les dés seront alors à rejouer sans doute… tant il est vrai que la représentation de l’islam de France répond aujourd’hui davantage à un agenda politique et politicien qu’à la nécessité de structurer dignement et honnêtement la seconde religion de France »[18]."

La fin de cette citation de Ramadan montre bien qu’il n’est pas contre une structuration puisqu’il pense même que c’est une "nécessité", mais que cela doit être fait dans la dignité et l’honnêteté. Ce qu’il accuse, et ce que n’importe quelle personne soucieuse d’élections libres devrait dénoncer, c’est la manière dont ces membres du CFCM ont été élus, certains co-optés, désignés. Tout ceci participe du registre de l’infantilisation et de la manipulation que dénonce, à juste titre, T. Ramadan.

Qu’il y ait des critiques, elles sont les bienvenues. Chacun doit avoir des divergences sur tels ou tels points avec lui ; peu, j’imagine, doivent l’idéaliser au point de penser que rien, dans sa pensée ou dans sa vie ne doit être discutée. Donc le problème n’est pas là.
Mais si l’on doit faire des critiques de sa pensée, elles doivent être justifiées et fondées. Il serait regrettable que des auteurs respectables pour leurs travaux, décident, de peur de paraître trop "pro-ramadaniens" et par conséquent de peur que leurs écrits soient discrédités, décident donc de mettre quelques critiques, par ci par là, afin de "nuancer" un propos qui donnerait l’impression d’être trop élogieux.

De plus :

"Dans une perspective similaire, Tariq Ramadan rejette avec virulence toute idée de constitution d’une « minorité musulmane » à l’échelle européenne"

Que signifierait la constitution d’une minorité européenne ? S’il appelait à cela, on l’accuserait de communautarisme. Mais de toute façon, à quoi cela ressemblerait-il ? A une sorte de groupe de pression musulman, au niveau national ou européen ?
Je crois en effet que cette idée est absente de sa pensée.

De même, dire qu’il est "trop pragmatique pour se lancer dans une aventure politique et électorale (il sait que le « vote musulman » est une illusion)" c’est lui prêter des intentions qu’il ne nourrit peut-être pas. Peut-être pense-t-il qu’il est plus utile ainsi, en menant une vie d’enseignant chercheur qui discute avec les musulmans. Peut-être un jour pensera-t-il que l’engagement politique est nécessaire pour lui. Mais là, nous sommes en train d’émettre des hypothèses sur ses intentions, autant dire que nous parlons dans le vide.

Ce qui est sûr et ce qui apparaît dans ses écrits, c’est qu’il appelle les musulmans à participer à cette société, non en formant un groupe ou un parti supplémentaire, mais en intégrant les structures (eh oui, les structures) déjà existantes. Que ceux qui se sentent proches de la gauche, aillent à gauche, et ceux qui se retrouvent à droite n’ont qu’à y aller (et le centre et l’extrême gauche etc...). Donc un vote musulman au sens lobbyiste, qui voterait comme un seul homme quand le leader les appelle à le faire, non seulement ça n’existe pas (en effet), mais il ne souhaite sans doute pas que ça existe.

Je m’arrête là, ça devient long.
Désolé pour la longueur de ce message.