Malgré l’ampleur des moyens affectés à leur mise au point, les armes de lutte contre le terrorisme viennent une nouvelle fois de démontrer les limites de leur efficacité. Des dizaines de citoyens innocents ont à nouveau payé le prix de cette carence manifeste de notre défense.
Malgré
l’ampleur des moyens affectés à leur mise au point, les armes de lutte contre
le terrorisme viennent une nouvelle fois de démontrer les limites de leur
efficacité. Des dizaines de citoyens innocents ont à nouveau payé le prix de
cette carence manifeste de notre défense. Ils vivaient hier à Londres. C’est
demain à Copenhague, à Rome ou ailleurs que d’autres encore pourraient mourir. Peu
d’explications de nos experts en contre terrorisme sont à ce jour réellement
convaincantes. Faut-il « fermer les universités islamiques du
Golfe » comme le suggère celui-ci ? Intensifier le programme de réforme
de la culture de l’autre et le rythme de son apprentissage de « la
liberté », des « droits de l’homme » et de « la
démocratie » comme celui-là en semble convaincu ? Faut-il dresser de
nouveaux murs ? Faut-il renforcer, encore et toujours, suspicion et
répression et, sans craindre d’améliorer les performances de la vieille
« machine » répressive « à fabriquer des poseurs de
bombes », construire de nouveaux Guantanamo ?
Il se
pourrait pourtant qu’une arme autrement plus efficace ait d’ores et déjà été
identifiée. Et que seul un refus aveugle de la mettre en œuvre soit à l’origine
de l’échec retentissant et répété de notre offensive contre le fléau terroriste
du XXIème siècle. C’est son coût qui préviendrait, semble t-il, ceux
qui en ont les moyens, de la mettre en œuvre et de protéger leurs concitoyens.
Cette
arme est, il est vrai, particulièrement coûteuse ; et les nantis, petits
et grands, « occidentaux » ou « musulmans » de l’ordre
mondial du XXIème siècle naissant semblent peu enclins à vouloir en payer le
prix. On les comprend : l’arme s’appelle en effet « partage ».
Et elle vise...tout ce que précisément, ils n’entendent pas partager. Les ressources
économiques et financières bien sûr, à l’échelle de la planète ou à celle de chacune de ses nations. Le pouvoir politique ensuite, accaparé par tous les
leaders au long cours qui d’ « élections » en « réélections » en privent
toute une génération. La Palestine aussi, dont le partage, promis depuis si
longtemps, est devenu aujourd’hui une parfaite fiction. Il faudrait également partager...
l’émotion, devant toutes les victimes de toutes les violences, et
dénoncer pour ce faire le monopole que s’arrogent en ce domaine les humanistes
à géométrie variable. Partager, également, et peut être plus encore, le droit
de faire connaître et valoir sa vérité, son histoire, petite et grande et sa
vision du monde aux heures de grande écoute, sur les écrans ou dans les hauts
parleurs d’une presse de moins en moins plurielle.
Partager,
en effet, ne veut pas toujours dire donner. Il peut s’agir aussi de savoir prendre.
C’est le cas pour... l’avis des autres. Or, si nous « fabriquons » notre information au
lieu de la collecter, si les voix du monde ne nous parviennent plus que par des
canaux dont nous avons pris le contrôle, si nous en arrivons à ne plus entendre
que le son de notre propre voix, nous nous privons du bénéfice d’une denrée
absolument vitale : le point de vue des autres, celui-là même qui nous
permet de nous connaître dans notre relativité et, éventuellement, dans nos
faiblesses et nos erreurs. Un tel enfermement ressemble vite à une forme
d’autisme. C’est peut être bien ce mal là qui guette aujourd’hui une partie de
l’establishment médiatique et politique de notre planète
style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana'>. Et qui l’empêche de partager,
style='font-size:10.0pt;font-family:Verdana;color:#003300'> en quelque sorte,
le poids des responsabilités de « la terreur ».
Le
partage ou la terreur. Le choix, pour l’heure, est encore le nôtre.