Le « outing » de Claude Imbert ou l’islamophobie comme mode de pensée

La déclaration de M. Imbert, le 24 octobre dernier, sur LCI, où il revendiquait son islamophobie n’est pa

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jeudi 30 octobre 2003

La déclaration de M. Imbert, le 24 octobre dernier, sur LCI, où il revendiquait son islamophobie n’est pas seulement une preuve supplémentaire du climat de haine anti-musulman qui règne en France, elle marque surtout une étape importante dans la banalisation du discours islamophobe. Une tentative d’imposer l’islamophobie comme un mode de pensée, comme une certaine façon de voir la société, bref comme une conviction politique qui nécessite le respect.

La révélation de l’islamophobie de M. Imbert n’est pas un événement en soi. Ces éditoriaux publiés dans l’hebdomadaire Le Point cachaient à peine son racisme anti-musulman et sa haine envers l’Islam. Ses lecteurs se rappelleront sans doute l’enthousiasme avec lequel Le Point avait accueilli la sortie du pamphlétaire raciste de l’Italienne Fallaci. Ainsi l’hebdomadaire de M Imbert soucieux de faire plaisir à ces électeurs lepénistes très nombreux en région PACA, réserva, dans son édition régionale, pas moins de dix pages au livre de la " femme qui ose dire non à l’Islam".

Quand M. Imbert déclare qu’il est islamophobe, il espère surtout faire des émules et provoquer ainsi un débat. Il ne s’agit plus de se demander si l’islamophobie existe réellement et comment on peut la combattre, mais plutôt de savoir si on le droit d’être islamophobe.

M. Imbert utilise donc la méthode du "Outing" pour faire la révélation de son islamophobie. En rendant la chose publique (Raciste et fier de l’être), il lève un tabou. Si le racisme de M. Le Pen faisait honte à une certaine France, celui de M. Imbert est destiné à la libérer de ses complexes et de sa culpabilité ( Il n ’ y a aucune raison sous le prétexte de la tolérance(...) de s’abaisser jusqu’à renier des convictions profondes*).

M. Imbert sait qu’il n’est pas seul ( Je pense et je ne suis pas le seul dans ce pays, que l’ISlam en tant que religion apporte une certaine débilité qui en effet me rend islamophobe*). Il sait donc qu’il peut compter sur la compréhension et la complaisance de ses confrères, voire de leur soutien et provoquer ainsi une série de "outing" en chaîne chez les islamophobes "honteux".

M. Imbert ne craint ni sanction, ni réprobation, ni condamnation. Son islamophobie est respectable. Car c’est un racisme qui vient de la France d’en haut. Il s’oppose au racisme vulgaire et mal poli des bistrots de la France d’en bas.

Amis racistes, ne dites plus " j’aime pas les bicots". Dites plutôt " Je suis islamophobe" !

Amis racistes, ne dites plus " les bougnoules dehors". Dites plutôt " Si l’on aime pas la république française, il faut aller voir ailleurs !**"

 

Notes :

* Déclaration de Claude Imbert le 24 octobre 2003 sur LCI " Je suis un peu islampophobe, ça ne me gêne pas de le dire.(...) j’ai le droit, je pense( et je ne suis pas le seul dans ce pays), à penser que l’Islam, ( je dis bien l’Islam, je ne parle même pas des islamistes) en tant que religion, apporte une certaine débilité(...) qui me rend islamophobe.(...) Il n’ y a aucune raison, sous le prétexte de la tolérance, (...) de s’abaisser jusqu’ à renier des convictions profondes".

**Déclaration de M. Xavier Darcos ministre délégué à l’enseignement scolaire le mardi 14 octobre 2003 sur i Télévision.

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