Le maire du XVIIIème arrondissement de Paris choqué par les conditions de recueillement des musulmans

S’il y a bien une constante dans l’art de gouverner, c’est l’incapacité confondante des élus à pré

mercredi 15 décembre 2010

S’il y a bien une constante dans l’art de gouverner, c’est l’incapacité confondante des élus à prévoir les situations inextricables, même quand elles s’enlisent sous leurs yeux, et pire à anticiper le retour cyclique des frontistes, à chaque fois remis en selle par leurs propres manquements.

D’un côté, il y a la tornade blonde du Front National qui a été à bonne école pour mettre le feu aux poudres, et de l’autre côté, il y a les édiles de tous bords, rompus à la dangereuse politique de l’autruche, notamment quand la question sensible des lieux de culte musulmans est sur le tapis.

Si Daniel Vaillant, le maire socialiste de l’arrondissement parisien qui fâche, le XVIIIème, et de la rue qui met les nerfs à vif, la fameuse rue Myrha, a jugé « choquant » au micro de l’AFP que des fidèles musulmans n’aient d’autre alternative que de prier dans la rue, l’heure n’est pour autant plus au constat, mais à la solution, grâce à l’ouverture de deux nouveaux lieux de culte placés sous l’égide de l’Institut des cultures d’islam.

Le bout du tunnel se profile donc, mais ne sera en vue que d’ici à deux ans. Une broutille après plus de quinze années de prières collectives à même le bitume, qui constitue toutefois une situation d’attente encore infiniment longue et délicate pour tous, dont on peut craindre les lendemains mouvementés en pleine course pour la présidentielle. "Je n’ai pas voulu demander au préfet de police dont c’est la responsabilité d’interdire aux musulmans de prier dans la rue parce que c’était le risque d’échauffourées", a ajouté l’ancien ministre de l’Intérieur déjà mis sur la sellette par les semeurs de trouble des « apéros saucisson et pinard ».

Entre les métaphores fielleuses et les inerties irresponsables, si l’on devait décerner les palmes du spectacle le plus affligeant, elles reviendraient indéniablement à l’odieuse dénonciation de l’immobilisme politique par Marine Le Pen, plus enragée que jamais pour servir ses propres intérêts, mais aussi pour taire sa politique du néant, elle qui voit rouge à la moindre ébauche d’une mosquée...

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