Le gouvernement français donne de nouveaux gages à Sharon

Les nouvelles sont de plus en plus alarmantes, tant au Proche-Orient où le gouvernement Sharon a réussi à r

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lundi 2 février 2004

Les nouvelles sont de plus en plus alarmantes, tant au Proche-Orient où le gouvernement Sharon a réussi à relancer le "cycle de violences", qu’en France où notre gouvernement donne des gages inacceptables à un gouvernement d’extrême-droite, allant jusqu’à annoncer la visite officielle en France du président israélien à la mi-février et à s’opposer à ce que la Cour de Justice Internationale de La Haye se penche sur la question du Mur.

Le gouvernement français a ainsi apporté lundi sa caution à la construction du Mur de l’annexion par Israël, tout comme Bush et compagnie, mais avec la tartufferie en prime.

Le dossier du Mur doit être ouvert le 23 février prochain par la Cour Internationale de Justice, à La Haye (CIJ), suite à une résolution votée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies. Israël qui ne veut pas entendre parler de cette réunion, a déployé depuis des semaines un arsenal de propagande pour que la Cour jette l’éponge, et renonce tout simplement au dossier. Des médias israéliens ont même rapporté que le gouvernement israélien s’était assuré l’aide, pour cette sale besogne, du groupe de publicité et lobbying français Publicis (dirigé notamment par l’écrivaine Elisabeth Badinter et son époux le sénateur Robert Badinter), sans que cela entraîne de démenti de la firme.

Eh bien, le ministère français a apporté lui aussi officiellement lundi sa contribution à cette l’opération visant à empêcher la voix du peuple palestinien de s’exprimer à La Haye. Le porte-parole de Dominique de Villepin l’a fait de manière particulièrement hypocrite. Il a déclaré que certes, la construction du Mur « de séparation » n’était pas forcément une bonne chose, mais que porter l’affaire devant la CIJ n’était « pas opportun ». Et alors qu’en novembre dernier, lors du vote majoritaire des Nations-Unies renvoyant le Mur à La Haye, la France s’était réfugiée dans l’abstention, lundi, le Quai d’Orsay a précisé que la France venait d’envoyer un mémoire à la CIJ, suggérant au tribunal de se déclarer incompétent. Ce faisant, le gouvernement français se rend complice d’une entreprise que même des hommes politiques israéliens considérés comme modérés, tels le député sioniste Yossi Sarid, appellent désormais par son véritable nom : le Mur est un crime contre l’humanité.

TAPIS ROUGE (DU SANG PALESTINIEN) POUR LE PRESIDENT D’ISRAEL

C’est également lundi que l’Elysée a annoncé officiellement la prochaine venue en France du président de l’Etat d’Israël, Moshe Katzav, du 16 au 19 février, dans le cadre de ce qu’on appelle dans le langage protocolaire une "visite d’Etat ".

En coulisses, les conseillers ministériels glissent aux oreilles complaisantes de journalistes qu’inviter Katzav et Sharon, ce n’est pas la même chose, au motif qu’en Israël, le Président de l’Etat n’a pas de pouvoirs exécutifs, la fonction y étant « honorifique » (pour emprunter la langue de bois officielle). C’est un mensonge grossier : Moshe Katzav est un homme parfaitement représentatif de l’Etat d’Israël, de sa direction, et de la politique criminelle de ce pays vis-à-vis du peuple palestinien.

Politicien professionnel depuis son plus jeune âge, dans les rangs des formations d’extrême-droite (Bétar, puis Likoud) Moshe Katzav a un lourd passé au service de la colonisation des terres palestiniennes. Son premier poste de ministre, par exemple, a été au début des années 1980 celui de la Construction et du Logement, c’est-à-dire le ministère chargé de développer les implantations en cisjordanie et à Gaza. Son action et ses prises de position ne le cèdent en rien à celles de ses compères Sharon, Netanyahou, ou du ministre de la Guerre Shaul Mofaz.

Pour que la coupe soit pleine, Katzav, dont l’ouvre intellectuelle se réduit à quelques discours de politicien madré, doit être fait docteur Honoris Causa au cours d’une séance solennelle le 17 février à l’Université de La Sorbonne (Paris IV).

Un déplacement à Toulouse, où il serait notamment question de coopération militaire, serait également au programme, bien que l’information n’ait pas encore été confirmée officiellement.

LES SHARONIENS DE FRANCE AUSSI ONT DROIT AUX COURBETTES

Pour qu’il n’y ait pas de jaloux, le gouvernement (et une bonne partie du reste des responsables politiques du pays, Verts et extrême-gauche exceptés) a également tenu à faire acte d’allégeance aux sharoniens français.

Pas moins de 17 membres du gouvernement ont ainsi assisté samedi soir au dîner annuel du CRIF, un record paraît-il. Les mêmes s’étaient déjà farcis une semaine plus tôt le congrès annuel de la LICRA (autre association sharonienne). Samedi soir, le président du CRIF, Roger Cukierman, leur a administré le même sermon que celui délivré il y a quelques jours par son ami Patrick Gaubert, président de la LICRA, à savoir qu’il fallait en faire encore et toujours plus « contre l’antisémitisme ».

Et nous apprenons par ailleurs que l’Association pour le Bien Etre du Soldat Israélien prévoit de donner, le 8 mars prochain, un gala au profit de l’armée israélienne, au Palais des Congrès de Paris. Cela fait beaucoup pour un même pays !

Nous vous appelons donc, dans un premier temps, à protester de ces diverses décisions auprès des responsables concernés, à commencer par :

Jacques Chirac, Président de la République

Palais de L’Elysée, 55 rue du Faubourg St Honoré. 75008 Paris

Tel 01 42 92 81 00

Fax 01 42 92 81 17

pour envoyer un mail : http://www.elysee.fr/ecrire/mail.htm

Et M. Dominique de Villepin, Ministre des Affaires Etrangères :

37 quai d’Orsay Paris cedex 07

Tel 01 43 17 53 53

Fax 01 43 17 52 12

Quant aux collectes de fonds en faveur de l’armée d’occupation israélienne, merci de faire parvenir vos protestations à l’attention de :

Monsieur Lucien GIBERT - Président du Palais des Congrès

(ou Madame Veronique de Chanterac-Lamielle - Directrice Générale)

2, Place de la Porte Maillot.

75017 Paris

Fax de Aude Chabany (location des salles) : 01 40 68 27 40

Contact presse :

Tel : 33 (0)1 40 68 14 45

Fax : 33 (0)1 40 68 29 50

[email protected] et de prévenir le Maire du 17ème arrondissement de Paris des troubles à l’ordre public que cette manifestation est susceptible d’entraîner :

Mme Françoise de Panafieu,

Maire du XVIIème arrondissement,

16 rue des Batignolles,

75017 Paris.

Standard téléphonique de la Mairie : 01.44.69.17.17

[email protected]

N’oubliez pas de visiter notre site : http://www.paixjusteauproche-orient.asso.fr

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Auteur : CAPJPO

http://www.PaixJusteAuProche-Orient.com

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