La fulgurante volte-face d’Abdallah Zekri, l’ancien UMP passé au PS, fait grincer des dents

Comment retomber sur ses pieds en politique ? En trouvant le tremplin idoine sur lequel rebondir à coup sûr

dimanche 20 mars 2011

La fulgurante volte-face d’Abdallah Zekri, l’ancien UMP passé au PS, fait grincer des dents

Comment retomber sur ses pieds en politique ? En trouvant le tremplin idoine sur lequel rebondir à coup sûr, à condition de ne pas trébucher sur une volte-face trop périlleuse…

Le découpage, devant les caméras, de sa carte UMP en menus morceaux, sous l’emprise de la colère contre le débat sur l’islam, ne manquait pas de panache, et tout laissait croire que la protestation à forte portée symbolique d’Abdallah Zekri, représentant de la Grande mosquée de Paris pour la zone Sud-Ouest, allait se traduire dans un engagement mû par une certaine hauteur de vue, s’élevant au-dessus des intrigues de bas étage.

Bien malin qui aurait pu prédire son passage direct à l’ennemi – le PS ! – sans phase transitoire de réflexion, à moins que son brusque virement de cuti ne réponde à un scénario cousu de fil blanc…

Revirement capricieux ou bien conversion intéressée ? Un peu des deux, mon capitaine !! D’autant plus que l’ancien responsable d’une section UMP du Gard a fait une entrée très remarquée au parti socialiste Nîmois, en imposant immédiatement de figurer sur une liste aux municipales : "Au nom de la diversité, nous allons créer notre propre liste pour les municipales" a décrété ce dernier.

Loin de réjouir le PS local, cette nouvelle recrue, qui à peine arrivée bouscule l’ordre des choses, fait grincer des dents : "Le parti n’est pas une formation opportuniste qui pratique le communautarisme pour emporter les élections. (...) M. Zekri ne peut pas se présenter comme membre du PS. Il doit se présenter à son secrétaire de section et aux militants dont il ne connaît visiblement pas la diversité" a déclaré Nicolas Cadène, au nom de l’ensemble des secrétaires de section nîmois du PS.

Du côté de l’UMP, la perche tendue par la versatilité d’Abdallah Zekri était trop belle pour ne pas la saisir à pleines mains : "L’envie d’exister, d’être élu, peut-il justifier de tels grands écarts ? Le fait de vouloir imposer des Français musulmans sur les listes justifie justement que le débat sur la laïcité doit avoir lieu" a raillé Richard Tibérino, secrétaire départemental adjoint à la fédération UMP du Gard

Et voilà comment à partir d’une saine contestation, qui aurait pu servir l’intérêt général, l’intérêt particulier, mesquin et invétéré, a non seulement jeté le discrédit sur la personne d’Abdallah Zekri, mais, pire encore, a perverti la cause défendue.

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