Le directeur de France Soir victime de « l’intolérance » d’un homme d’affaires

En publiant « les caricatures du prophète Mohammed », le quotidien France Soir, en faillite permanente,

jeudi 2 février 2006

En publiant « les caricatures du prophète Mohammed », le quotidien France Soir, en faillite permanente, a cru s’offrir une publicité internationale à moindre frais au détriment des musulmans de France, indignés à juste titre par ces caricatures insultantes. Mais la manœuvre pitoyable de cette gazette à l’audience de comptoir de bistrot, n’a pas eu l’effet escompté et s’est même retournée contre son directeur de publication, Jacques Lefranc qui vient de se faire limogé par le propriétaire de France Soir, l’homme d’affaires franco-égyptien, Raymond Lakah .

Adopter la posture du vaillant journaliste épris de liberté d’expression, et menacé par une horde de barbares fanatiques à la pilosité fournie, était un des objectifs de Jacques Lefranc et de son équipe dont l’avenir professionnel dépend essentiellement des milieux d’affaires, à l’instar d’ailleurs des « grands » médias de ce pays, qui sont quasiment tous sous l’emprise des groupes industriels, lesquels ne se privent pas de leur dicter une ligne éditoriale en conformité avec le cours de la bourse.

En publiant ces caricatures, Jacques Lefranc a également éprouvé ce fort sentiment d’impunité que ressentent tous ceux qui anathématisent l’un des maillons les plus faibles de la communauté nationale : les musulmans. Et dans son empressement à vouloir tirer pour France Soir, un profit financier et symbolique de l’opération « caricatures de Mohammed », Jacques Lefranc a omis un détail hiérarchique. Au sein du tabloïd où notre valeureux plumitif est salarié, règne non pas un homme de médias, mais un homme d’affaires qui n’a que faire de la liberté d’expression de la presse, surtout quand ce dernier commerce ou a commercé avec le monde arabo-musulman.

Contrairement donc à la thèse qui commence à se répandre, Jacques Lefranc n’a pas été victime de l’obscurantisme supposé des musulmans de France, mais plutôt de « l’intolérance » de son « patron-homme d’affaires », pour qui vendre un journal ou des savonnettes procède de la même démarche mercantile.

Mais gageons qu’en France, les adeptes du « deux poids deux mesures » qui se recrutent particulièrement parmi une certaine élite intellectuelle et médiatico-politique, viendront nous expliquer, à l’occasion de ce nouveau psychodrame national, que la liberté d’expression dans ce pays est essentiellement menacée par le regain de l’intégrisme dont les musulmans sont exclusivement porteurs.

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