Le député maire PS Georges Frêche remet ça !

Le député maire PS de Montpellier multiplie les propos insultants à l’encontre des musulmans de Montpelli

mardi 4 juin 2002

Le député maire PS de Montpellier multiplie les propos insultants à l’encontre des musulmans de Montpellier les qualifiant tour à tour d’ "Analphabètes", "fanatiques", "primates", "nazis"…

Selon le Comité de Réflexion et d’Innovation « de véritables méthodes discriminatoires ont vu le jour lors des meetings de campagne tenus par Georges Frêche. A l’entrée des meetings : contrôle au faciès, présentation de la carte d’identité française, insultes racistes (« y’en a marre des bougnouls », « rentrez chez vous », etc. …) et misogynes, agressions physiques( un membre du CRI a reçu un coup de pied dans le ventre ). »

Nous publions la déclaration du Comité de Réflexion et d’Innovation qui réagit à la fois aux propos du député maire PS Georges Frêche, mais aussi à un article paru dans le journal le Midi Libre et, jugé particulièrement partisan par ce même Comité de Réflexion et d’Innovation.

 

 

Déclaration solennelle du C.R.I.

(Comité de Réflexion et d’Innovation )

Montpellier, juin 2002.

 

Citoyennes, citoyens, messieurs les élus.

 

Nous, citoyennes et citoyens français, administrés de la ville de Montpellier, républicains, démocrates et électeurs, avons formé un comité pour alerter tous nos concitoyens de la situation gravissime que nous vivons actuellement à Montpellier. La cohésion nationale est aujourd’hui mise en péril. La politique sociale et économique ainsi que l’idéologie développées par le député maire Georges Frêche est une atteinte aux fondements même de la République.

Nous avons décidé de réagir suite aux déclarations publiques diffamantes et à l’attitude discriminatoire de Georges Frêche à l’égard des français musulmans. "Analphabètes", "fanatiques", "primates", "nazis", "interdiction du port du foulard", "tunnel entre Montpellier et Ouerzazate", etc. ..., tels sont les propos insultants tenus par le maire pour qualifier les français musulmans.

De plus de véritables méthodes discriminatoires ont vu le jour lors des meetings de campagne tenus par Georges Frêche. A l’entrée des meetings : contrôle au faciès, présentation de la carte d’identité française, insultes racistes (« y’en a marre des bougnouls », « rentrez chez vous », etc. …) et misogynes, agressions physiques( un membre du CRI a reçu un coup de pied dans le ventre ).

Pour l’éveil des consciences civiques et la mise en place d’un débat national sur l’identité plurielle de la nouvelle France, l’ombre s’est faite humaine.

Les discours et les méthodes de Georges Frêche ne sont que le fruit d’une stratégie politique visant à récupérer l’électorat de l’extrême droite.

 

Nous dénonçons ardemment et sans équivoque ces procédures digne du stalinisme.

Nous dénonçons également la politique sociale menée par le maire de la ville et son équipe qui a aboutit à une véritable considération à deux vitesses entre d’une part les citoyens français de "souche" et d’autre part les français issus de l’immigration et à fortiori les étrangers. Sur ce point la politique d’urbanisme est très significative puisque nous assistons depuis des années à une véritable ghettoïsation de certains quartiers tels la Paillade ou le Petit Bard qui se transforment peu à peu en véritable zones d’exclusions où la précarité et le chômage sont fortement développés. A cela s’ajoute des problèmes de logement dont l’acquisition est là aussi compromise par une mise en application du principe cher aux partis d’extrême droite, la préférence nationale.

Enfin, nous défendons une laïcité de droit qui offre le choix à celles qui souhaitent volontairement porter le voile islamique, car c’est pour elles le signe d’une dignité, de le faire en toute liberté et sans craindre des jugements basés sur l’intolérance et le mépris.

Ainsi nous, Comité de Réflexion et d’innovation, demandons à Georges Frêche :

- de reconsidérer son discours et ses positions à l’égard des français musulmans et notamment des femmes qui portent le voile et de présenter des excuses publiques lors d’une conférence de presse organisée par le C.R.I..

- de repenser une politique sociale qui prenne en compte tous les habitants de Montpellier et en particulier les exclus du système concernant les questions d’emploi, de logement et d’urbanisme ( ghettoïsation ).

- de permettre à tout un chacun de s’exprimer librement et de pouvoir participer à la démocratie de proximité en refondant la composition et les modalités de fonctionnement des pseudo-conseils de quartiers actuels.

- de reconsidérer sa position concernant le droit de vote aux immigrés et de prendre parti contre la loi indigne de la double peine.

 

Telles sont les préoccupations citoyennes et les réclamations que nous avançons en vertu des droits républicains que les lois de notre pays nous garantissent.

Pour ce faire, nous appelons les pouvoirs publics et tous les citoyens responsables et soucieux de la cohésion nationale de ce pays, à se manifester et à exprimer leur participation à notre action ou leur soutien.

Une délégation du C.R.I. se tient à disposition de toute idée, proposition et conseil.

Le Comité de Réflexion et d’Innovation

[email protected]

 

Article du journal LE MIDI LIBRE

 

Montpellier : des femmes voilées perturbent Georges Frêche

Elles perturbent les réunions du candidat Frêche. Sont-elles manipulées ?

Manifestation, jeudi soir, devant une salle de C Clapiers, près de Montpellier

La scène se renouvelle lors de chaque réunion publique électorale de Georges Frêche. Une haie de musulmanes voilées accueille le député-maire, candidat sur la 2e circonscription de Montpellier, aux cris de « On n’oubliera pas ». Ou encore « On n’a pas les oreillons », en référence à une vieille allusion de Georges Frêche. Le 30 juin 2000 lors de l’inauguration du tramway, apercevant une femme voilée, il avait lâché : « Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n’a que les oreillons ».
L’affaire avait suscité un malaise parmi les associations de défense des droits de l’homme et SOS Racisme, vite dissipé. La blague était douteuse mais elle avait permis à Georges Frêche d’affirmer des principes de laïcité qu’il a amplifiés depuis.
Deux ans plus tard, l’affaire ressurgit donc à la faveur d’une campagne électorale. Non sans virulence. Après une première apparition lors de l’inauguration de la permanence de Georges Frêche, une quinzaine de femmes voilées, et autant d’hommes à leur côté, ont perturbé l’entrée de deux réunions, entraînant une intervention des forces de l’ordre et la fermeture prématurée des portes. François Hollande devait être présent au second meeting, jeudi soir à Clapiers, mais avait annulé sa venue pour cause de négociations nationales.
Pour expliquer ces désordres, Georges Frêche n’hésite pas à évoquer des manipulations de groupes fondamentalistes musulmans. A la tribune du meeting de Clapiers puis, hier, lors d’une conférence de presse, il a évoqué « deux associations, l’une proche du GIA algérien ; l’autre aux mains des frères musulmans au Maroc ». « Ce n’est pas un hasard si Zacarias Moussaoui a eu des liens à Montpellier », ajoute-t-il.
Selon Georges Frêche, 50 à 70 membres de la communauté musulmane seraient « suivis par la DST ». Les Renseignements Généraux ne confirment pas. Mais ils ont été chargés d’une enquête. Le maire de Montpellier évoque encore la saisie, dans un appartement, de 300 cassettes d’un discours de cheik Yassine (*).
La communauté montpelliéraine serait-elle infiltrée ? Les manifestants et manifestantes récusent formellement tous liens avec des groupes extrémistes religieux. « On n’est pas des intégristes, on ne fait pas de prosélytisme, expliquent Mounira et Céline, étudiantes. On croit à la laïcité mais on doit avoir le choix de porter ou pas le foulard ». Pourquoi ont-elles attendu les élections pour manifester ? « Parce qu’on pouvait faire face à M. Frêche et que nous votons ».
Les opposants qui dénoncent « le mépris » de Georges Frêche viennent de constituer une association, le Cri (Cercle d’alerte et d’innovation). Mais ils semblent minoritaires à l’intérieur d’une communauté musulmane, discrète dans sa large majorité, et perturbée par ces événements. L’association des Franco-Marocains de La Paillade a ainsi réuni 160 chefs de famille pour appeler au calme et inviter au « respect des élus ».
Candidat vert sur la 2e circonscription, et personnalité en vue dans la communauté franco-maghrébine, Olivier Abdu Taoumi ne croit pas à une manipulation des manifestants. « Ils recherchent tout simplement des excuses ». Mais ce haut fonctionnaire partage les mêmes craintes que Georges Frêche sur la présence d’intégristes à Montpellier - « Il y a des fondamentalistes, c’est sûr » -, tout en avançant une explication moins consensuelle : « La mainmise de la municipalité sur les mosquées a entraîné une prolifération de lieux de cultes secrets ».
Georges Frêche fait une analyse contraire. C’est pour éviter le développement des mosquées clandestines qu’il a décidé d’en ouvrir une dans le quartier sensible du Petit-Bard, et qu’il vient de lancer un projet similaire à La Paillade. « Il est hors de question que ces mosquées échappent à tout contrôle. Si l’une tombait entre les mains d’intégristes, le bail serait immédiatement rompu ». De fait, le contrôle de la future mosquée pourrait expliquer les tensions actuelles. Mais à qui profiteront-elles dans cette campagne électorale, très tendue elle aussi ?

Jean Marie GAVALDA

MIDI LIBRE Samedi 18 Mai 2002

Email MIDI LIBRE : [email protected]

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