Le député UMP, Eric Raoult, plaide pour une mission d’information sur l’islamophobie

En proie à la réunionite parlementaire aiguë, nos élus du peuple gagneraient à sérier les sujets brûla

vendredi 28 mai 2010

En proie à la réunionite parlementaire aiguë, nos élus du peuple gagneraient à sérier les sujets brûlants, et à ne réserver leurs fréquents conciles que pour des enjeux politiques majeurs, qui ne seraient pas suspectés d’avoir usurpé leurs lauriers de « cause nationale ».

Plus alarmants qu’une longue étoffe noire confinée à la marginalité, mais certainement beaucoup plus complexes à enrayer, les germes de l’islamophobie ont été semés au vent, au cœur d’une société française amorçant le sinueux virage du multiculturalisme, dans une instrumentalisation lancinante qui, au final, a fécondé le plus noir des terreaux : le sectarisme et le racisme.

Dans une posture à contre-courant qui risque fort de se heurter à des remous contraires, le député UMP Eric Raoult pousse un cri d’alarme en appelant à la création d’une mission d’information sur l’islamophobie. Administrant la ville du Raincy, dans la Seine-Saint-Denis, Eric Raoult, comme nombre de ses collègues plus atones, est aux premières loges de l’aggravation et de la récurrence d’actes foncièrement anti-musulmans, qui le poussent aujourd’hui à sensibiliser le président UMP de l’Assemblée Nationale à l’urgence "d’un débat politique serein pour mieux en connaître les causes et trouver les moyens de l’enrayer avec responsabilité et vigilance".

"Ce serait également une marque de confiance de toute la classe politique envers la communauté musulmane, qui appelle à une vigilance de l’opinion publique, à une lutte permanente des pouvoirs publics et à un combat intransigeant contre cette nouvelle forme de racisme", a-t-il insisté dans une interview donnée au Parisien.

Pétrie de paradoxes, la France a l’indignation de façade facile, mais préfère se retrancher dans une inertie inconséquente face à la recrudescence de violences islamophobes, au risque de ternir son blason de pays des droits de l’Homme, telle la folie profanatrice qui s’est emparée du terroir, saccageant régulièrement des tombes musulmanes.

La politique n’est certes pas un long fleuve tranquille, et encore moins la société française en pleine mutation. Imposer des débats dignes des valeurs républicaines dans lesquelles se drapent confortablement nos députés de tous bords, c’est aussi cela revaloriser le rôle du Parlement.

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