L’abordage meurtrier d’Israël contre le convoi de la Liberté

C’était dimanche 30 mai, et voici ce que l’on pouvait écrire alors sur le cheminement du convoi humanita

lundi 31 mai 2010

C’était dimanche 30 mai, et voici ce que l’on pouvait écrire alors sur le cheminement du convoi humanitaire pour Gaza dans des eaux territoriales internationales, sans pour autant présumer d’un abordage assassin d’Israël, qui, après ses crimes de guerre en décembre 2008, le met définitivement au ban des Nations. Comble du cynisme d’un Etat bourreau, le ministre israélien du Commerce et de l’Industrie déclare aujourd’hui : " Je sais que ça va devenir une grosse affaire et j’espère que les Arabes israéliens réagiront de façon raisonnable". La police israélienne a élevé son niveau d’alerte en Israël pour faire face à "d’éventuels désordres" parmi les Arabes israéliens.

Toutes voiles dehors, bravant les menaces de représailles qui grondent, la flottille internationale aux couleurs de Gaza maintient le cap vers sa destination finale, qu’elle escompte atteindre ce lundi.

En dépit d’un comité d’accueil israélien sur les dents, menaçant de déployer sa force navale pour l’intercepter et lui faire rebrousser chemin, ce convoi fluvial courage, mû par une détermination sans faille, vogue au secours d’une population anémiée et meurtrie, tout en mesurant pleinement les risques d’une confrontation avec la marine de l’Etat hébreu, qui serait pourtant fort mal avisée de passer à l’abordage, manu militari.

Si le gouvernement de Netanyahou, replié dans son bunker de certitudes, est encore conscient d’une chose, c’est bien de son image tombée dans des abîmes de disgrâce, qui serait irrémédiablement ternie par de nouveaux faits d’armes maritimes, sous les caméras du monde entier. Autre aspect de nature à tempérer les ardeurs israéliennes, le montant de la facture d’une démonstration de force en haute mer, estimée à des dizaines de millions de dollars, pourrait infléchir une décision politique intempestive.

Cela étant, la tentation est grande pour les autorités de l’Etat juif de refouler, sans ménagement, ce qu’ils perçoivent comme un insupportable chiffon rouge agité sous leur nez. : "Il s’agit d’une provocation visant à délégitimer Israël", vitupérait le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon.

Pendant que M. Khoudari, un des responsables du convoi, exigeait la protection de la communauté internationale, Gaza se préparait à accueillir dans la liesse une « flotille de la liberté », composée de 700 militants et sympathisants de la cause palestinienne, dont des parlementaires européens et l’ONG française le Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens, tous entrés en résistance pour une seule et même cause : la survie d’un territoire littéralement asphyxié.

Tandis que plusieurs navires de guerre israéliens quadrillaient une zone maritime au large de la bande de Gaza, des barques de pêche gazaouies, ornées de drapeaux palestiniens, grecs, irlandais, suédois et turcs - les pays représentés dans la flotille - ont levé l’ancre pour aller à la rencontre du convoi, des manifestants lâchant au même moment des dizaines de ballons à l’effigie d’enfants, innocentes victimes de la dévastatrice offensive israélienne contre la bande de Gaza fin 2008-2009.

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