Le caricaturiste danois dément avoir représenté le Prophète

Cinq années se sont écoulées depuis que les dessins du caricaturiste danois, Kurt Westergaard, ont eu le tr

mardi 16 novembre 2010

Cinq années se sont écoulées depuis que les dessins du caricaturiste danois, Kurt Westergaard, ont eu le trait de crayon blasphématoire, venant chatouiller les limites de la liberté d’expression, en croquant celui que nul n’est habilité à incarner.

Des caricatures, publiées dans le journal danois Jyllands-Posten, dont la très hasardeuse causticité fit l’effet d’un outrage irréparable dans le monde musulman, au nom d’un « choc des civilisations entre l’Occident sécularisé et les sociétés islamiques » revendiqué haut et fort par la direction de la gazette.

Victime de sa propre création, Kurt Westergaard, qui est âgé de 75 ans, a désormais l’angoisse pour compagne, après avoir été menacé de mort à plusieurs reprises et échappé à plusieurs attentats. En pleine promotion de sa biographie intitulée « L’Homme sous le trait », l’auteur, qui vit l’enfer d’une existence sous haute protection, vient de faire un démenti retentissant, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il aura pris le temps de la maturation : ses dessins ne représentaient pas le prophète…

"Ce sont les terroristes qui ont pris le prophète en otage", se défend Kurt Westergaard, lançant lors d’une conférence de presse à Copenhague, comme le relate l’AFP : "Je n’ai jamais dit qu’il s’agissait de Mahomet", ajoutant "J’ai voulu montrer qu’il y avait des terroristes qui se servaient de l’Islam et du Coran comme d’une façade".

Une confession étonnamment rétroactive, dont on ne sait quel crédit lui accorder, d’autant plus qu’il est écrit noir sur blanc dans son ouvrage que cette caricature peut être "un dessin de Mahomet comme aussi bien celui d’un homme du Moyen-Orient".

Si la peur qui habite Kurt Westergaard est certainement la pire des prisons, il est devenu le symbole vivant, à son corps défendant, des effets ô combien pervers de l’excès de caricatures. Quoiqu’en disent ses fervents partisans, libérer la détestation et l’incompréhension au nom de la liberté de railler autrui est une bien piètre avancée.

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