Le Premier ministre turc à Paris : l’escale du parler vrai

Pays star de la saison culturelle française qui vient de s’achever, la Turquie laïque et aux velléités e

jeudi 8 avril 2010

Pays star de la saison culturelle française qui vient de s’achever, la Turquie laïque et aux velléités européennes a marqué sa différence, lors de l’escale fracassante de son Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, hôte de marque de l’hôte français de l’Elysée.

Le tapis rouge de la République avait beau être déroulé sous ses pieds, l’homme fort d’Ankara n’a pas pour autant brossé dans le sens du poil, diplomatique, Nicolas Sarkozy, dont le champ de vision européen, obstrué par un horizon très limité, ne s’étend pas jusqu’au Bosphore.

Une visite, qui a choisi sa tonalité, le parler vrai, et son registre : un gros coup de semonce fustigeant Israël et la marche forcée vers la pénalisation du voile intégral.

Une visite, qui sans nul doute aura frappé les esprits les plus chagrins du pouvoir, notamment lorsqu’Israël a été qualifié de «  principale menace pour la paix régionale » par un Recep Tayyip Erdogan très remonté, déclarant : "Si un pays fait usage d’une force disproportionnée, en Palestine, à Gaza, utilise des bombes au phosphore, nous n’allons pas dire bravo. Nous lui demandons comment il peut agir de la sorte", avant de renchérir : "Il y a eu une attaque qui a fait 1.500 morts (à Gaza) et les motifs invoqués sont des mensonges".

Loin de circonscrire son intervention à la politique israélienne, le Premier ministre turc a brisé d’un coup le ronronnement d’un consensus franco-français pétri de certitudes et replié sur un ultra-protectionnisme, en critiquant sans détour le refus de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, au sujet de laquelle Nicolas Sarkozy, il y a peu, jetait de l’huile sur le feu en lançant : « Si la Turquie était européenne, ça se saurait », la politique à l’égard de l’Iran, mais également la frénésie législative anti-voile intégral.

Ainsi, ce dernier a fait part de sa stupeur face à l’ampleur passionnelle d’un tel débat dans un pays laïc par excellence, confiant : « La France est l’un des points d’ancrage les plus importants de la laïcité. Il y a six millions de musulmans en France. Chacun a ses propres croyances et s’habille à sa façon". Fermez le ban !

Alors que l’escale Elyséenne de Recep Erdogan avait pour objectif de défendre l’entrée de son pays dans l’UE, celui-ci n’a rien concédé, et surtout pas les sujets brûlants, pomme de discorde fondamentale, qui donnent un tout autre relief au grand dessein européen.

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