Le Pen débouté de sa plainte par la Cour européenne des droits de l’Homme

Un petit tour à Strasbourg, et puis s’en va… Plutôt déconfit et bredouille, le patriarche de l’extrê

dimanche 9 mai 2010

Un petit tour à Strasbourg, et puis s’en va… Plutôt déconfit et bredouille, le patriarche de l’extrême droite française peut ravaler sa fierté, car la Cour européenne des droits de l’Homme ne badine pas avec des propos notoirement islamophobes, réitérés à l’envi, enfreignant toutes les lois en vigueur.

Redoutable pyromane de la cohésion sociale, Jean-Marie Le Pen a fait de l’incitation à la haine un fonds de commerce très rentable dans les années 80, disputant aujourd’hui publiquement à Sarkozy, son pilleur d’électeurs, la paternité de la très efficace stratégie de la recherche de têtes de Turc...

Egal à lui-même, il fut condamné en 2005 à 10.000 euros d’amende au motif de "provocation à la discrimination, à la haine" raciale ou religieuse après avoir déclaré au journal Le Monde en 2003 : "Le jour où nous aurons en France non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont (...) et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux, et vous n’avez plus qu’à filer, sinon vous prenez une trempe".

Des paroles hautement inflammables qui sont assénées comme autant d’expéditions punitives que le leader brutal du nationalisme hexagonal n’aura pu mener, et qu’il a martelées en 2008, certainement pour exorciser sa frustration, dans l’hebdomadaire entièrement acquis à sa cause, le magazine d’extrême droite Rivarol.

Le vieux briscard frontiste, qui s’est résigné à passer le flambeau à sa digne fille en 2011, n’a jamais douté de rien, mais ses récents effets de manche pour défendre le degré zéro de la liberté d’expression auront brassé de l’air pour rien à Strasbourg, la Cour européenne des droits de l’Homme ne l’entendant pas de cette oreille, loin s’en faut : " Les propos de M. Le Pen étaient assurément susceptibles de donner une image inquiétante de la communauté musulmane dans son ensemble, pouvant susciter un sentiment de rejet et d’hostilité", a-t-elle tranché, refermant définitivement un de ces dossiers putrides qui salissent les mains...

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