Au cours de l’année 2005-2006, 25 000 pèlerins musulmans résidant en France sont allés en Arabie Saoudite pour accomplir le pèlerinage faisant partie des rites musulmans et des 5 piliers de l’islam. Sur place, d’autres pèlerins de plus de 100 nationalités diverses cohabitent et coexistent avec les pèlerins français sur un Territoire géographiquement limité et une période allant de 3 à 40 jours.
Au cours de l’année 2005-2006, 25
000 pèlerins musulmans résidant en France sont allés en Arabie Saoudite pour
accomplir le pèlerinage faisant partie des rites musulmans et des 5 piliers
de l’islam. Sur place, d‘autres pèlerins de plus de 100 nationalités diverses
cohabitent et coexistent avec les pèlerins français sur un Territoire
géographiquement limité et une période allant de 3 à 40 jours.
La particularité du pèlerinage
réside dans le fait qu’ un groupe allant de 2 à 200 personnes soit géré par un
seul guide affilié à une agence de voyage, ce qui complexifie le rapport entre
les échelons décisionnels et les principaux émetteurs des représentations du
groupe face aux valeurs du sacrifice.
Chaque année, des incidents ont
lieu, la mort en rituel dans la foule écrasante, la mort du fait de l’irrespect
des normes de sécurité et d’urbanisme concernant le logement, les hospitalisations
répétitives du fait de la chaleur et de l’excès physique, la contestation des
pèlerins dont les inaptitudes éventuelles concernant le droit français et
l’analphabétisme ont été abusées.
La mort devient idéologiquement
banalisée, en raison de la représentation idéale du martyr de Dieu, chez les
pèlerins les plus âgés et généralement ceux mariés ou veufs. Parfois, les
circonstances de la mort sont provoquées par les pèlerins recherchant la Mort
« en Terre Sacrée ». C’est ce qui parait intéressant d’approfondir.
Le sacrifice devait
initialement se faire pour Dieu, dans les représentations des
pèlerins. Mais les Guides vont intervenir comme intermédiaires et comme
étant des intercesseurs contribuant arbitrairement au Salut de chacun, et ce au
détriment de la liberté de conscience des pèlerins, de leur dignité et même de
leur sécurité.
Il semble pertinent d’étudier
le pèlerinage sous l’angle de la relations entre les centres de pouvoir et
les sources de normes dans le cadre du sacrifice.
Comment s’effectuent les
interactions religieuses, ethniques, générationnelles, sexuelles contribuant Ã
la reconstruction ou à la créativité d’une identité musulmane française
d’immigration en pérégrination ? C’est ce qui semble pertinent d’étudier
en détail.
Les valeurs
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class=MsoFootnoteReference>[1]
des pèlerins sont pluridimensionnelles, celles liées au sacrifice
s’entrecroisent afin de se concurrencer, il s’agit de normes théologiques,
juridiques, sociales, et culturelles.
Cependant, nous verrons que le
sacrifice n’est pas toujours effectué librement, il n’est pas toujours éclairé
et consenti en raison de la confusion des modalités d’y parvenir instaurées par
le Guide.
La vie pèse aussi sur le
quotidien du pèlerinage, avec des mariages, des naissances, la célébration de
guérison des pèlerins, la présence de nourrissons et d’enfants.
La focal sera alors, durant
l’étude, placée sur le lien entre 3 objets ; croyances, normes et
pratiques, puis entre deux acteurs ; pèlerins et guides, contribuant à la
créativité renouvelée d’un référentiel commun ou communautaire pour une grille
de lecture du thème du sacrifice.
Comment interagissent les
entrepreneurs de normes liées au sacrifice et les croyances des pèlerins
pendant le pèlerinage ?
Eléments de Présentation du
Pèlerinage en général :
Le pèlerinage est intériorisé par
ses acteurs comme une relation interne ou collective au divin , fondée sur le
sacrifice de Soi dans un objectif de pardon et une finalité de proximité
divine, selon Joseph de Maistre « il se sent sous la main d’une
Puissance irritée contre lui, d’abord mais qui va l’apaiser ensuite ».
Inversement aux trois religions
monothéistes, le sacrifice originel tendait à tuer symboliquement la divinité
pour pouvoir lui dérober sa puissance et la détourner au profit des hommes.
Dans le judaïsme, il s’agit du
sacrifice du retour à Yahvé par une offrande d’oiseaux au temps de Jésus avec
un jêune deux fois par semaine et la pratique de l’abstinence des
interdictions pour obtenir le Pardon, le sujet effectue une reconnaissance
de sa culpabilité.
Concernant le Christianisme,
Jésus, prophète Galiléen est une Victime innocente qui doit racheter les fautes
de l’Humanité, c’est le serviteur volontairement souffrant de Dieu, il se
choisit lui même comme victime, et réclame son imputabilité, alors qu’il n’est
pas coupable.
En Islam, ce qui compte c’est
davantage la servitude à Dieu que la rémission des péchés. La fête du sacrifice
du mouton de l’Aïd el Kébir pendant le pèlerinage est la simple commémoration
du sacrifice de substitution offerte par Abraham à la place de son fils Ismaël,
c’est un acte de reconnaissance de l’unicité divine. L’engagement est pris pour
Dieu , mais aussi pour le fils car l’enfant serait placé entre les mains de
Dieu.
Le sacrifice musulman et le sacrifice islamique :
Au sujet du sacrifice musulman, nous
constatons dans les représentations la confusion entre la volonté de
rémission des péchés d’un coté, et la recherche de la proximité divine de
l’autre. Le sens du pèlerinage musulman est dénaturé par la perte de sa
spécificité, comme si les musulmans avaient hérité, historiquement, d’un
« Message » puisé dans la sommation de la représentation des 3
religions monothéistes dans une totale confusion du sens attribué au pèlerinage
spécifiquement musulman. Il faut alors distinguer le sacrifice musulman hérité
des traditions religieuses monothéistes et des traditions sociales d’un coté,
et le sacrifice en Islam qui est le résultat de la doctrine liée au dogme
islamique de l’autre coté.
Concernant le sacrifice
islamique, le sens du pèlerinage véhiculé par l’islam est celui d’unÂ
« effort de paix sur le chemin de Dieu ».C’est en cela qu’il est
appelé effort sur soi, « djihad el Nafss », combattre ses défauts
empêchant l’Homme d’être en paix. Le djihad el Nafss est le grand Djihad qui
se distingue du petit, de nature militaire, appelant uniquement à une légitime
défense, nécessairement armée sous conditions normatives de proportionnalité
et d’ immédiateté de l’attaque subie par rapport aux moyens de défense
employés.
Chaque fidèle vient offrir ses
peines « c’est un léger souffle de vent sur une mer agitée » selon
le philosophe et Imam Ghazali. Il offre sa fatigue, son argent, son être même
au sacrifice.
Le pèlerinage est un rite
d’origine préislamique dont la valeur s ‘émancipe jusqu’à attester la
volonté de renoncer à « soi-même ». Mais ce renoncement ne se fait
pas en faveur de l’humanité dans l’imputabilité d’une peine individuelle dont
les sujets auraient du être les hommes pêcheurs. Ici, il ne compense pas la
souffrance par le pardon dans une culpabilité volontairement recherché.Mais
c’est une responsabilité dans un engagement par recherche de la récompense
personnelle.
Par ailleurs, les signes de
pérégrination sont visibles, oraux et gestuels. L’esthétique des pèlerins
témoigne d’une volonté de se conformer aux recommandations de la tradition
prophétique.
Le pèlerin appelé Hadji , la
pèlerine appelée Hadja, et le pèlerin en général ,appelé Hadj, sont vêtus
conformément à « El ihram » .C’est le fait de porter un vêtement
blanc sans couture pour l’homme, image de Adam lors de sa conception, image de
renaissance, mais aussi d’innocence et de purification.
La femme porte les vêtements
qu’elle désire, la seule condition étant « la décence », une notion
sujette à diverses interprétations, selon la source de la norme et la culture
nationale d’origine du pèlerin.La déclaration verbale, el Talbiya « je me
rends à toi mon Dieu » preuve de l’entière soumission à Dieu, sans
conditions, marque le commencement du pèlerinage dans son aspect rituel. Le
sacrifice du Mouton marque le pèlerinage à Arafa, qui rappelle le geste
d’Abraham.
Mais dans le langage quotidien
des confessions monothéistes, le sacrifice a un aspect plus moral que le
rituel, et plus symbolique, car il implique une privation volontaire et une
activité de compensation. C’est un contrat que nous pourrions qualifier comme
inégal, car il subsiste toujours un sacrifice sans retour qui varie selon la
religion.
Concernant le pèlerinage en Islam,
nous pourrions affirmer que l’inégalité est discutable.En effet, il y aurait
inégalité au niveau de la force décisionnelle de chaque partie au contrat, Dieu
et le pèlerin, en particulier le pouvoir de décision divin serait
incomparablement supérieur au pouvoir de décision humain. Pourtant, il
semblerait pertinent d’évaluer la proportionnalité et l’équilibre entre la
somme des privations terrestres pour un pèlerin et l’infinité des bienfaits
dont l’amour divin qui lui seraient promis en échanges par Dieu au Paradis en
cas de bonne conduite
Il s’agirait alors de sacrifier
la manifestation de toutes ses mauvaises intentions , mais aussi d’agir
positivement par les actes d’adorations, ainsi le sacrifice regrouperait des
actions par omission(ostentation, associationnisme) et des actions positives(la
purification des intentions).
Nous pourrions donc avancer
l’idée que les représentations des pèlerins, partie au contrat
« sacrifice contre paradis », ne seraient pas forcément lésés et que
le contrat ne seraient pas absolument inégale dans la valeur des éléments
sacrifiés par rapport à ce qui est compensé ou récompensé. Au contraire, il y
aurait disproportion entre ce qui est éphémère et sacrifié dans la vie
terrestre et l’éternité des récompenses infinies promis au paradis.
En outre, le contrat du sacrifice
contre paradis contiendrait des clauses de risques, aucun pèlerin n’a la
certitude de gagner le paradis , il remettrait ainsi sa confiance en Dieu, et
c’est en patientant activement qu’il réalisera que l’amour de Dieu serait la
récompense ultime et qu’il existerait déjà dans la vie terrestre comme
commencement de preuve de sa récompense.
Le rôle du guide, établir la
confusion entre le sacrifice en Islam et le sacrifice musulman :
Cependant, tous les pèlerins ne
sont pas toujours instruits par le dogme religieux, en raison de
l’inaccessibilité à la langue arabe littérale. Ainsi, les guides du pèlerinage
vont avancer des us et coutumes de la traditions arabes maghrébines afin de les
promulguer collectivement comme étant des règles de Droit issues de la volonté
de Dieu ou du Prophète. Les pèlerins en viennent alors à sacrifier leur dignité
et leur liberté alors que le sacrifice était initialement adressé à Dieu. Cette
personnification humaine du sacrifice serait un associationnisme passif
inconscient qui dénaturerait le sacrifice d’unicité envers Dieu.
La fonction du guide sera alors la distribution dans la
monopolisation des biens de Salut. L’ensemble des épreuves du corps et de
l’esprit seront traduites comme Bienfaitrices par les Tawaf, pourtant les
Pèlerins tarderont à les percevoir comme étant un travail de trahison du Tawaf
et non un effort de traduction.
Comment le guide présente –il la souffrance comme
bienfaitrice ?
Au cours du Pèlerinage la souffrance globale réside dans la
douleur du corps épuisé mais également l’exaspération de la foule, de la
chaleur, de l’activité physique intense et des exigences spirituelles. En fait ,
ce qui est gênant pour le Pèlerin c’est particulièrement cette lutte acharnée
entre l’effort physique et la rigueur spirituelle. Comment donner une dimension
spirituelle au rite alors que le corps est épuisé et l’esprit préoccupé ?
Les Tawaf se chargent de normaliser cette souffrance en
rendant sa gravité proportionnelle à la satisfaction divine. Pour lui, la règle
est simple. « Plus vous avez d’épreuves, plus vous gagnez des Hassanates
(capital et épargne de points spirituels) ».
Souffrir pour devenir un être spirituelle devient la norme .
Cette offre mystifiée par les Tawaf répond alors à une demande des Pèlerins. Warda
explique ; " J’ai commis beaucoup de pêchés et je dois aussi faire
pardonner les pêchés de ma descendance. D’abord je n’ai pas reconnu le mariage
de ma grande fille car elle avait choisi de se marier avec un musulman européen
converti à l’islam, je voulais qu’elle prenne un époux arabe ou un berbère. Ensuite
mon grand fils est décédé, il y a 5 ans, sans avoir la possibilité de faire le
pèlerinage, c’est à moi de faire le pèlerinage pour lui qui est décédé".
Rania complète " Oui, nos deux fils âgés respectivement
de 27 et 29 ans se sont suicidés depuis maintenant 4 ans, laissant leur
famille, femme et enfants en bas âge. Ils se droguaient et se sont suicidés par
intraveineuse, une overdose. Le suicide étant interdit en Islam, il nous
appartient de demander le Salut pour eux et la guidance pour leurs enfants
".
Les Pèlerins effectuent aussi le Pèlerinage non seulement
pour se rapprocher de Dieu à travers un amour spirituel divin, mais en plus ils
sont là pour son Pardon.
Rania ajoute pour finir : " Il y a 5 ans, j’étais
allée en Algérie, du jour au lendemain j’ai perdu mes capacités de mobilité en
demeurant 2 ans sur un fauteuil pour handicapé. Je décidais alors de voir un guérisseur
expert dans la mystique. Il m’a fait une Roquiya ( désenvoûtement). C’est à ce
moment là que je comprenais que j’étais victime de sorcellerie, que Dieu
m’avait guérie en retrouvant la marche ".
Les Pèlerins effectuent le Pèlerinage par adoration
divine, besoin de pardon et aussi de gratitude envers Dieu. Ce sont
particulièrement cette souffrance et l’attente de la guérison, ou à défaut,
l’attente de la satisfaction divine qui seront instrumentalisées par les Tawaf,
car les Tawaf s’imposent comme les intermédiaires, délégués de Dieu dans la
distribution des biens de Salut.
-Extrait du journal : " Dans l’enceinte de la Kaaba,
c’est à dire du lieu sacré du Pèlerinage dans la Grande Mosquée autour de la
Kaaba, le Haram, nous effectuons notre circumambulation pour ensuite se
désaltérer avec l’eau de Zam Zam. Aucune femme n’approche les sources d’eau,
pourtant directement accessibles. Les Tawaf s’occupent alors personnellement de
remplir les gobelets pour ainsi en faire la distribution et rappeler les
formules invocatrices avant de l’absorber ".
J’ajouterais que cette fonction est aussi monopolisée.
En effet Warda, une Pèlerine veuve aux jambes atteintes de
varices réclame ma présence afin de l’amener à la Kaaba pour déverser du Zam
Zam sur les jambes lourdes car elle croit aux propriétés thérapeutiques de la
source héritée des récits des Prophètes de l’Islam. Rapidement le Tawaf opposé
à cette initiative, prétexte que c’est une forme d’irrespect que d’asperger
avec le Zam Zam ses jambes et pieds. Par ailleurs je lui rappelle une pratique
du Prophète pratiquant les ablutions petites et grandes avec le Zam Zam, recommandée
après aux croyants, ce qui impliquait le lavage des jambes aussi. Il finit par
me dire, « je préfère m’en occuper moi-même pour Warda. »
Le Tawaf est distributeur de biens de Salut, mais aussi un thaumaturge.
Pour lui, sa fonction est personnalisée et personnifiée .Il met en scène des
qualités d’ascèse en considérant sa fonction, comme mission divine issue du don
de Dieu.
Mais croit-il, lui –même, en sa fonction divine ?
Le récit des bagages permet de donner une réponse. Lors de
la réception de nos bagages, seuls les bidons de 5 litres de Zam Zam ne sont
pas parvenus. 10 jours après le retour en France il me répond : " Chez moi
c’est pas grave pour les bidons, c’est le moins important . L’essentiel
c’est que vous ayez récupéré les autres biens plus coûteux ".
Ainsi le Tawaf ne croit pas aux propriétés de cette eau car
il dévalorise les cadeaux de Zam Zam que les Pèlerins offrent à leur visiteur
au retour de leur Pèlerinage. Ne croyant pas à la dimension mystique de cette
outil, il ne croit pas , par conséquent, aux propriétés magiques de leur «Â
utilisateur – distributeur », c’est à dire la fonction de Tawaf.
Malgré la prise de conscience de son incompétence mystique
il continue à se mettre en scène et à distribuer des biens de Salut aux
Pèlerins qui consomment passivement.
Extrait du journal : " A plusieurs reprises, il
refuse de transporter les Pèlerins malades chez le médecin et à l’hôpital car
il avance l’idée que la souffrance est bienfaitrice pour la spiritualité dans
ce bas monde(Dounia) et elle est bénéfique dans l’eau delà (Akhira) ".
Je lui demande cependant de visiter un médecin pour la
deuxième fois. La première fois j’étais malade, mais cette fois je m’amuse. Il
ne peut pas me le refuser car il connaît mon statut de chercheuse qu’il peine
d’ailleurs à comprendre. Pour lui, ma fonction se situe entre une journaliste,
une avocate, une diplomate, une théologienne.
En m’accompagnant, il ose rester durant la visite du
médecin, c’est parfait puisque c’est ce que j’attends. Il dit que je tombe
souvent malade « car Dieu m’éprouve puisqu’Il me veut ».
Ensuite il se contredit, disant que ceux qui ne guérissent pas c’est la
réception du châtiment de Dieu.
Ensuite, il préconise, tel un médecin, un ensemble de
produits pharmaceutiques, des plantes médicinales de propriétés surnaturelles
qu’il aurait essayé dans sa famille.
Extrait du journal : " Plusieurs produits sont vendues
dans des pharmacies non officielles ou par des marchands ambulants.
D’abord il y a des plantes contre l’alcoolisme, l’asthme, le
rhumatisme. Mais aussi des liquides dans le domaines de l’activité sexuelle et
de la reproduction, il s’agit de lutter contre la frénésie de la masturbation
et en même temps d’encourager le coït anal afin de favoriser la sécrétion d’une
concentration forte en spermatozoïdes chez l’homme. La stimulation des désirs
et de l’activité sexuelle en générale serait augmentée par un mélange d’épices
asiatiques diverses, ajoutées à l’ail et au cumin.
Contre l’adultère et la fornication, des femmes exportent
un échantillon de viande de mouton, qu’ils ont sacrifiés depuis l’Arabie
Saoudite jusqu’en France.
La demande et les produits sont perçus comme une extase
nécessaire devenant une substance issue de la souffrance provoquée, mais aussi
interprétée comme un mal nécessaire par les Tawaf.
CONCLUSIONÂ :
Au cours de cette étude, il a été
déterminent d’avoir à l’esprit cette distinction entre le sacrifice islamique
ou de l’Islam et le sacrifice musulman. Le sens et la récompense du sacrifice
islamique seraient divins et le cheminement intérieur demeurerait intime entre
le pèlerin et le Divin.
Cependant , au cours du
pèlerinage à la Mecque, il est très fréquent que les guides issus des agences
de voyage en France imposent arbitrairement une grille de lecture
traditionnelle et quasiment suicidaire des étapes du pèlerinage et une
interprétation héroïque du statut du mort, au profit de l’obéissance aux
guides, et au détriment de la violence symbolique ressentie quotidiennement par
la majorité des pèlerins de France.
Les causes de la dénonciation collective des conditions de
pérégrination à la Mecque étaient de nature principalement matérielles,
sanitaires, économiques et financières.
Mais les libertés spirituelles ne doivent pas faire
exception dans un rite aussi essentiel que le pèlerinage, car c’est
particulièrement l’essence de l’homme qui est redécouverte.
Aujourd’hui ,les sujets de droits, en tant que citoyens
musulmans de France, revendiquent l’autonomisation de leurs pratiques mais
aussi de leur pensée.
Ce n’est pas parce que le pèlerinage est une renaissance
pour le pèlerin que les agents doivent abuser de leur innocence en permanence.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;'>[1]
Bindé ,Jérome,Ou sont les valeurs ?, Paris, Albin Michel, 2004