Mercredi 23 mai 2012
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Le Halal, une éthique en actes, en paroles, et dans sa consommation

L’objectif de toute règle en Islam est d’aider le croyant à cheminer vers Dieu : « Dieu ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants » [Coran 5/6]. Ainsi, rechercher le halal dans ses actes, ses paroles ou sa consommation, est avant tout une démarche spirituelle qui permet au croyant de se rapprocher de son Seigneur.

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Le Halal, d’abord une adoration

L’objectif de toute règle en Islam est d’aider le croyant à cheminer vers Dieu : « Dieu ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants » [Coran 5/6].

Ainsi, rechercher le halal dans ses actes, ses paroles ou sa consommation, est avant tout une démarche spirituelle qui permet au croyant de se rapprocher de son Seigneur. Le Prophète (pbsl) cite en ce sens, le cas d’un homme ayant perdu sa monture en plein désert, lors d’un long voyage. Comportant des signes d’ascèse laissant présager qu’il sera facilement exaucé, il tend alors ses mains au ciel et implore Dieu. Mais le Prophète demande : « … Comment peut-il être exaucé alors que sa nourriture est illicite, que sa boisson est illicite, que son habillement est illicite, et qu’il a été nourri d’illicite ? » [Muslim (1686), Tirmidhî (2915) et Ahmad (7998)].
Le Prophète met en exergue la relation entre la dimension spirituelle et le physique. Comment donc avoir une relation spirituelle saine si tout ce qui nous entoure, ce que nous disons, et ce que nous consommons, est fait d’illicite ?

Certains versets du Coran prolongent cette idée que les œuvres pieuses et la consommation halal sont étroitement liées : « Ô Messagers ! Mangez de ce qui est pur et faites des bonnes œuvres » (Coran 23/51).

Le Halal : un concept juridique

Malgré cette dimension spirituelle, le halal fait débat, notamment entre les juristes musulmans, car comme le dit le Prophète dans un hadith, entre le halal et le haram, il existe une zone équivoque :

« Le domaine du licite est certes clair et le domaine de l’illicite est certes clair. Entre eux deux se trouvent des choses équivoques que ne distinguent pas beaucoup de personnes. Celui qui s’abstient des choses équivoques préservera alors sa foi et son honneur. Et celui qui y succombe tombera dans [le domaine de] l’illicite. Tel le berger qui, à force de faire paître [son troupeau] autour d’un enclos privé, risque de le faire paître à l’intérieur même de l’enclos. Sachez que tout propriétaire a un enclos privé, et que l’enclos de Dieu est constitué par Ses interdits. En vérité, il existe dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rendra sain le corps entier, mais s’il est corrompu, le corps entier le sera. Ce morceau de chair est le cœur » [Bukhârî (50), Muslim (2996)].

Ainsi, les juristes musulmans ont entrepris de classifier les actes selon plusieurs catégories. Cinq selon la majorité des juristes :

Dans ce schéma, les actes obligatoires, recommandables et permis, sont clairement considérés comme halal, et les actes interdits comme haram. Les actes blâmables, bien que non interdits explicitement, doivent être toutefois scrupuleusement évités par celui qui chemine vers Dieu. A cet égard, il est rapporté que certains savants des premières générations allaient jusqu’à s’écarter de choses permises par peur de s’approcher des choses blâmables, susceptibles d’affecter leur cheminement.

Mais il ne faut pas oublier que le halal et le haram ne peuvent être définis que par Le Législateur en la matière : Dieu. Ainsi, tout acte déclaré interdit ou autorisé doit tirer directement ou indirectement sa source du Coran ou de la Sunna.

Le Halal dans le domaine de l’alimentation

Dans le domaine de l’alimentation, c’est le principe de licéité originelle qui prévaut, comme dans les mu‘âmalât en général. Ainsi, dans ce domaine tout est déclaré licite, sauf ce que Dieu a expressément interdit.

Par contre, il faut avoir à l’esprit que certaines limitent s’appliquent à cette règle :

1- Les grands interdits alimentaires sont mentionnés dans le Coran :
« Dis : Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit, à aucun mangeur d’en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc – car c’est une souillure – ou ce qui, par perversité, a été sacrifié à autre que Dieu.” Quiconque est contraint, sans toutefois abuser ou transgresser, ton Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux. » [Coran 6/145].

Mais la plupart des juristes, à l’exception de certains savants malikites, considèrent que d’autres interdits existent. Ils se basent sur un certain nombre de récits prophétiques authentifiés qui prohibent par exemple la consommation des ânes, des rapaces, des félins, etc.

2- Les produits alimentaires contiennent de plus en plus d’ajouts d’ingrédients ou même de transformation.

Dès lors deux règles s’imposent :

  •  Al-istihâla : Si un produit (impur ou pur) subit une transformation au point de changer complètement par rapport au produit originel, il faut alors, pour la majorité des juristes, reconsidérer sa qualification légale et lui en attribuer une qui soit conforme à sa nouvelle nature. Il se peut qu’il conserve sa nature originelle, mais cette qualification dépendra surtout de la possible nocivité du nouveau produit. Toutefois, plusieurs savants en particulier shafi’ite considèrent que c’est la nature originelle du produit qui définira sa stature finale.
  •  Al-istihlâk : Pour la majorité des juristes, si un produit haram est fortement dilué dans un produit halal, alors ce dernier conserve sa pureté et reste donc halal.

    3- Il existe des exceptions au principe de licéité originelle. Ainsi, les produits carnés n’entrent pas dans ce cadre, puisque comme l’affirme Ibn al-Qayyim à travers le commentaire bien connu d’un hadith "la règle générale dans les viandes c’est l’interdiction".

    Le Halal dans le domaine des viandes

    Dans le paragraphe précédent, nous avons fait référence à certains interdits dans le domaine des viandes. Nous avons rappelé que les principales catégories d’interdits sont mentionnées dans le Coran :

    "Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées…" [Coran 5/3].

    Ce verset, au-delà de certaines catégories particulières d’interdiction, nous enseigne que la mise à mort d’un animal, même licite à la consommation, doit répondre à différents objectifs :
    Le Prophète (PBSL) dit : « Égorge de manière rapide . Mange [tout animal] dont on a fait couler [jaillir] le sang, et sur lequel a été mentionné le Nom de Dieu… » [Bukhârî (2324), Muslim (3638)]

    Ainsi :
    1- Le sang de l’animal doit pouvoir s’évacuer correctement. C’est pourquoi la saignée doit être réalisée à l’aide d’un instrument tranchant. Dans le cas des espèces consommées en France, la saignée doit être pratiquée au niveau du coup par section des artères carotides, de l’œsophage et de la trachée artère. Ainsi, nous comprenons que toute autre méthode de mise à mort, y compris par assommage, est interdite.

    2- La mise à mort de l’animal doit se faire dans le respect du rituel rappelant la prééminence de Dieu sur l’Homme et l’animal. Ainsi, à travers cet objectif, l’Homme doit se souvenir que prendre la vie d’un animal n’est pas un acte de pouvoir, mais un acte dérogatoire accordé par Dieu dans sa générosité envers l’Homme. De ce fait, seul un croyant (musulman, juif ou chrétien) peut mettre à mort un animal qui sera considéré comme halal. Mais le plus important est qu’au moment de l’abattage, le nom de Dieu soit rappelé :
    « Au Nom de Dieu, Dieu est plus Grand » « Bismi-Llâh, Allâhu Akbar » [Muslim (3636), Bukhârî (5139)…]

    3- Même si ce n’est pas un élément pouvant rendre l’animal illicite, on constate, à travers ce hadith que l’objectif de l’abattage est aussi d’atténuer le plus rapidement possible les souffrances de l’animal. Un autre hadith du Prophète confirme ce propos : « Dieu a prescrit l’excellence (ihsân) en toutes choses. Lorsque vous tuez [une bête], faites-le de la meilleure façon, et lorsque vous égorgez, faites-le de la meilleure façon. Et que celui qui procède à l’égorgement affûte sa lame, (afin) et qu’il soulage (arâha) sa bête » [Muslim (3615), Tirmidhî (1329), Nasâ’î (4329)…].

    Ces quelques lignes se veulent être une introduction générale à la problématique du halal, mais il faut savoir que son étude est émaillée de détails particuliers, et ce à chacun des niveaux susmentionnés. De plus, le halal (au sens alimentaire) se heurte aujourd’hui à un certain nombre de difficultés supplémentaires relatives à l’environnement industriel et au contexte laïc de production. Nous y reviendrons prochainement, à travers une série d’articles sur le sujet.

    Porte-parole de l’organisation de certification AVS, Fethallah Otmani est un spécialiste de la question, et intervient dans différentes commissions afférentes.

    Son ouvrage, Le marché du Halal, entre références religieuses et contraintes industrielles co-écrit avec Mostafa Brahami, est une référence en la matière, de par sa double vocation : il rappelle le sens spirituel et les règles religieuses qui sous-tendent la production, la certification, et la consommation de viande halal, tout en expliquant le processus de production industrielle et les réalités d’un marché complexe et peu respectueux des exigences du consommateur musulman.



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    Commentaires

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    Très bonne approche du concept "halal" à travers sons sens étymologique ses dimensions historico-juridique et historico-spirituelle.

    Cependant, il manque une autre approche, contextuellement tout aussi importante, le corolaire du "halal", le bon (Tayab) que Fathallah a pourtant évoquée indirectement dans la citation du verset coranique :

    « Ô Messagers ! Mangez de ce qui est pur et faites des bonnes œuvres » (Coran 23/51). où "pur" (ou bon) est la traduction de TAYAB en arabe dans le coran.

    M’hamed Abdou BENMAAMAR, un docteur vétérinaire, n’occulte pas cet aspect lorsqu’il donne en exemple " une personne qui achète une viande Halal et qui la conserve à température ambiante pour plusieurs jours, et qui pourrit par la suite. Cette viande qui est devenu poisseuse, est elle autorisé à la consommation ? bien sûr que c’est NON. Car elle est « Non Tayeb » (Khabith).
    Le Khabith est donc Haram même s’il était initialement Halal. Allah dit (7-157) :...leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises,....
    "

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    La question du hallal nous ramène à un problème tres important : celui de l’esprit (qui vivifie ) et de la lettre (qui tue ?),ou en philosophie du fond et de la forme . Peu de croyants se sont posé la question de savoir pourquoi Allah , maitre de l’univers avait crée le cochon ?
    Il y a lieu de se référer à l’histoire de l’Islam des débuts : lorsque une bête était sacrifiée pour l’alimentation humaine,c’était assez souvent par le chef de famille qui avait alors plusieurs préoccupation : 1 Rendre grace à Dieu et le remercier
    2 fournir aux siens une nourriture saine.
    De façon plus pratique ne pas faire souffrir inutilement l’animal , le diététique moderne n ous dit que la viande provenant d’un animal trop violemment traumatisé serait le véhicule de gènes de désespoir et de douleur nuisibles à notre organisme . Notons qu’une fois de plus la science vient confirmer la religion ,mais c’est là un autre débat !!
    Il existe en Bretagne un établissement qui sacrifie plus de 350000 poulets halal chaque jour ,l’Imam préposé peut-il matériellement veiller à ce que chaque animal soit sacrifié rituellement comme le ferait un bon père de famille ? la réponse est évidente , l’histoire a donc introduit des degrés dans le halal !

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    assalamo alaikoum,

    un article trés interessant,je pense que le livre le sera aussi.le problème aujrdhui c’est qu’on arrive pas à trouver un statut juridique pour le halal en france,toutes les marques ou presque font du halal mais tous on sait que c’est pas du halal.je suis entrain de travailler sur une coopérative alimentaire halal avec d’autres frères et on a du mal à trouver du monde pour participer dans ce projet,les gens sont pas sensibiliser par le halal et meme je peux dire que c’est pas dans leurs interét que la viande soit halal,car elle sera cher,donc il prefere de manger ce qui est moins cher meme si c’est casino qu’il le fait.c’est dommage qu’on peut pas etre tous conscient de ces problématiques.

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    Salam aleykoum,

    Je vous conseille un site : www.misterhalal.com

    Il regroupe les restaurants halal ainsi que prochainement tout ce qui tourne autour et sur les services dédiés a la communauté.

    Wa salam

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    avec sa puissance infini je ne crois pas que Dieu nous tiendrai rigueur si nous aurions consommer des rapaces ou des felins,sa miséricorde est infini,je ne pense pas non plus que c’est la priorité de l’islam et des musulmans actuellement,au lieu de perdre un temps précieux à savoir si l’en doit lacher ou non les mains pendant la prière,il faut plutôt pousser les effort vers la physique et les mathematiques car la science exacte a donné ses preuves concrétes et c’est une recommendation de Dieu tout puissant,alors manger un gateau cuit avec de la graisse ce n’est pas un crime impardonnable,alors qu’il y a des pêchés beaucoup plus graves comme faire du mal à autrui et puis aller faire sa priére après..c’est mon humble avis et Dieu seul sait...

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    à propos de la consommation de viande, est ce que la technique d’abatage compte seule ? Qu’en est-il de l’alimentation( farines d’origine animales) et des conditions d’elevage ????

    un ruminant( donc herbivore) eleve avec des farines d’origine animales( mal cuite de surcoit) est il saint à cosommer ? Si l’ethique était respecté on n ’aurait pas eu les maladies "vache folle" et toutes ces grippes aviaires