Le Grand Mufti de Dubaï ouvre la voie à des femmes mufti

Devançant la portée symbolique de la Journée internationale de la femme, le 8 mars prochain, le grand mufti

jeudi 5 mars 2009

Devançant la portée symbolique de la Journée internationale de la femme, le 8 mars prochain, le grand mufti de Dubaï, Ahmed Al-Haddad, s’illustre véritablement en précurseur de la parité dans les Emirats arabes, à travers une fatwa quasi révolutionnaire proclamée en février dernier et qui donne accès aux femmes pour la première fois à la fonction de grand mufti officiant aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

Se référant à la pionnière que fut Aïcha, la femme du prophète Mohammed, en la matière, rien ne s’oppose selon lui dans le Texte à ce que la femme prétende briguer cette haute responsabilité, aussi longtemps qu’elle en a les compétences et les connaissances théologiques requises. Une avancée exceptionnelle qui bouscule tous les préjugés, aucun pays musulman ne comptant à ce jour de femmes muftis dans ses rangs religieux, alors même que de nombreuses portes professionnelles restent hermétiquement fermées à la gent féminine, notamment dans la magistrature, le notariat pour délivrer des actes de mariage, le rôle d’imam de mosquée, ou encore dans l’armée…

Jusqu’à présent, seule l’opiniâtreté d’une femme, Soad Saleh, professeur des études islamiques au Caire, s’était fait entendre en 2003 au plus haut niveau pour exiger la désignation d’une femme mufti dédiée exclusivement à ses coreligionnaires féminines.

La démarche d’ouverture dont fait preuve le grand mufti de Dubaï fédère d’autres savants musulmans qui le rejoignent dans son approche et son analyse scripturaire : « La masculinité n’est pas une condition pour devenir mufti. Une femme peut le devenir » affirme le docteur Abdallah Attayar, ce en quoi il est rejoint par le mufti de la mosquée de Paris qui confirme bien que : « Un mufti doit bien connaître le Coran, la langue arabe, la Sunna, les coutumes et les précédentes fatwas. Il n’a jamais été dit qu’il faut qu’il soit un homme. »

Relevant d’une décision politique pour être définitivement entérinée dans les Emirats arabes, cette fatwa avant-gardiste fait malheureusement face à une réelle pénurie de femmes suffisamment compétentes pour remplir cette mission de premier plan.

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