Le Fatah et le Hamas serrent les rangs pour la Journée du prisonnier palestinien

Oubliant leurs rivalités, les frères ennemis de la Palestine, le Hamas et le Fatah, ont célébré samedi da

lundi 19 avril 2010

Oubliant leurs rivalités, les frères ennemis de la Palestine, le Hamas et le Fatah, ont célébré samedi dans la bande de Gaza la Journée du prisonnier palestinien, unis dans une seule et même revendication : la libération de 7.000 détenus des geôles israéliennes, au lendemain de la mort de l’un d’entre eux, 19ème victime décédée en détention en l’espace de dix ans.

L’heure n’est plus aux querelles intestines, quand le rivage de la paix semble s’éloigner, et que la détention illimitée et illégale de centaines de palestiniens est au cœur de négociations qui prennent l’eau.

Plus de 7.000 Palestiniens, dont 270 âgés de moins de 18 ans, croupissent dans l’enfer carcéral israélien, trois prisonniers battant le triste record d’emprisonnement avec plus de 30 ans passés derrière les barreaux, talonnés par 315 de leurs congénères privés de liberté depuis plus de 15 ans. 264 sont en détention administrative, incarcérés sans jugement, tel est le grave bilan publié par le Bureau central palestinien des statistiques qui pèse lourd dans la pacification de la région.

En Cisjordanie, à Ramallah, c’est un millier de personnes qui ont manifesté, brandissant les portraits de détenus, notamment du leader Marwan Barghouthi, chef du Fatah condamné en 2004 à cinq peines de prison à vie par un tribunal israélien. A Gaza, devant les locaux de la Croix-Rouge, ce sont des familles de détenus et des militants internationaux qui se sont rassemblées pour observer une grève de la faim de 24H.

Se faisant écho, le représentant du Fatah, Raafat Hamdouna, a déclaré que cette journée "doit permettre de mettre fin aux divisions (..) Il faut que nous mettions de côté tout ce qui peut nuire à notre unité", tandis que Mahmoud Abbas a souligné " qu’il ne pouvait y avoir de paix sans un règlement définitif de la question des prisonniers et la libération de tous les détenus palestiniens des prisons israélien".

Une journée émotionnellement forte, placée sous le signe de l’action et de la concorde d’un peuple, mais également de ses factions politiques au nom d’intérêts supérieurs. Une journée qui a indéniablement créé l’événement, déjouant les plans sur la comète de tous ceux qui misent sur l’irréversibilité des dissensions du Fatah et du Hamas pour accorder un blanc-seing à Israël.

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